name one hero who was happy (odd)

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 name one hero who was happy (odd)

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member / settler of astoria
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INSCRIPTION : 05/12/2016
MESSAGES : 114
IDENTITÉ : FERN
FACECLAIM : matthias schoenaerts, alas.
MULTILINKS : lilith la démone & winnie the beuh
POINTS : 328

STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
ARME DE PRÉDILECTION : trouvaille d'y il a quelques mois, un coup de poing américain taser dont il ne se sert que très rarement.
ÂGE : trente-six années.


MessageSujet: name one hero who was happy (odd)   Mer 21 Déc - 3:18

Le corps a cessé de bouger, lorsqu'il l'a vu sortir. L'homme n'a pu continuer d'avancer, et le coeur s'est douloureusement serré. Il ne pourrait dire pourquoi ; la peur, peut-être. Mais elle est toujours là, dans chaque parcelle de son pauvre corps, de son coeur. Et elle le hante, toujours un peu plus, les jours où il voit son visage apparaître, surtout. Les nuits sont lourdes de tourments et les journées trop longues, pour son corps dément.
Et il reste là encore, aujourd'hui comme hier, et comme les autres jours avant, lorsqu'il avait assez de courage, pour s'approcher un peu plus de lui. Il le dévisage dans l'ombre d'un cyprès, observe son vieil ami s'éloigner, une canne de pêche sur l'épaule, et ne bouge pas. Car il ne peut ; malgré cette envie qu'il a de lui parler, le corps se laisse toujours porté par cette peur certaine. C'est l'homme qui devient petit garçon fasse aux mensonges qu'il aimerait bien dire, haut et fort. C'est l'homme qui tremble face à la dureté de ses gestes, au sang absent, sur ses doigts, au contraire de la mort. Une mort propre qu'il porte sur ses épaules, et qu'il aimerait partagé. Il se souvient encore ; Odd était injoignable, lors du procès. Personne ne trouvait quoique ce soit, pour rentrer en contact avec l'ex-mari de la femme, et Alfons a fini par exiger qu'on le laisse tranquille, lorsqu'il a accepté de plaider la défense.
Alors, sait-il ? Sait-il, pour le meurtre de sa femme ?
Alfons baisse les yeux, malgré l'absence de spectateur à sa culpabilité. Le démon est là, au creux de ses entrailles, dévorant doucement des parts oubliés de son être ; il se meurt un petit peu plus chaque jour, perdant une part de bonté pour gagner quelque chose qu'il préfère taire, simplement. Car il sait ; sait, ce qu'il devient. La folie n'était peut-être pas qu'une simple excuse pour éviter la prison, qu'il se dit, certains soirs, lorsqu'Artemisia n'est pas en sa compagnie et que le noir est trop noir. Et il cherche, ces soirs là, quelque chose pour calmer la tempête de pensées et de réflexions qui ne cessent de traverser son esprit, pour faire taire, se taire surtout, au moins un instant.
Il lève les yeux une seconde. Voit ; l'homme est parti, encore. Une autre journée où il est faible, encore. Incapable de s'approcher totalement de lui, de se mettre là, face à lui, et de lui dire les choses telles qu'elles sont. La peur est trop grande, les larmes trop nombreuses, au coin de ses yeux. Et lorsqu'il ose les fermer, il les voit ; les images de cette pénible nuit. Il en rêve de plus en plus, depuis qu'Odd est de retour dans sa vie, même de loin.
Et le pire, c'est que certains soirs, le visage de la femme devient celui de Misia, et les doigts serrent plus forts, malgré les larmes sur ses joues.
Deux jours plus tôt, Artemisia l'a réveillé, secouant son épaule, ébranlée par les sanglots émanant de lui. Il s'est terré dans la salle de bain de nombreuses minutes, avant de lui donner la mort de Martha, comme excuses.  Il se hait, pour lui mentir.
Il se hait, pour mentir.
Alors ; alors, il avance. Il avance de la maison d'Odd, à défaut de se rapprocher de lui, et finir par savoir là, simplement devant, sur les escaliers du perron. Le coeur bat d'une vitesse folle, trop affolé pour faire quoique ce soit correctement ; l'allemand regarde autour de lui, persuadé que quelqu'un lui dira de bouger, ou lui demandera ce qu'il fait là, mais les gens sont absents et ceux qui passent dans la rue se contentent de lui adresser un simple signe de tête.
Il reste là, un moment ; Alfons ne pourrait dire, mais le soleil bouge, dans le ciel, et les pages défilent, entre ses mains. Le carnet est usé, par les années. Les mots n'ont rien de très glorieux et son écriture est maladroit, mais il préfère déposer ses pensées quelque part plutôt que de les tourner en boucle, sans fin, dans sa tête.
Un bruit, devant lui. L'astre solaire est plus loin, dans sa course, et le bord de sa main est noirci, par les pages écrites. L'allemand lève les yeux et croise le regard sombre d'Odd. Il lui rappelle celui de Misia, un instant ; il se redresse, vivement, lui barrant le passage, pour les escaliers. L'autre bouge ; veut-il s'éloigner ou simplement le contourner ?
- S'il te plait Odd, s'il te plait; qu'il lui dit, en avançant d'un pas. Il le fait doucement, comme si l'homme était une bête sauvage et qu'il ne désirait pas lui faire peur. Alfons le dévisage avec tristesse, le coeur un peu lourd, peut-être. Il n'a pas oublié leur amitié, et d'une manière, la présence de l'autre lui a manqué, avec les années. Il est le seul à avoir réellement été là pour lui, à une certaine époque.
Un autre pas en sa direction, aussi lent que le précédent.
- J'ai besoin de te parler. De quelque chose d'important. Ne me fuis pas, Odd. Un pâle sourire effleure ses lèvres ; il sent le poids de ses futurs mots, déjà, et ses paupières lui semblent déjà si lourdes, comme s'il avait déjà pleuré. Il essaie pourtant, si fort. Allez, Houdini.
Le mot fait étrange, après tant d'années ; un surnom à la con qu'il a osé lui balancer, lorsqu'il lui a montré quelques dessins, un soir, devant un match football à la tv - pas que l'un d'eux en soit forcément fan -. Houdini, pour la magie qu'il a, entre les doigts.
Il le regarde un instant, une seconde, porte son regard sur les escaliers, à côté de lui. D'un geste, il les lui désigne.
-Tu - tu veux t'asseoir à côté d'moi ? Qu'on parle...
Et qu'ils aient l'air moins cons, comme ça, tout deux, dans l'entrée de la maison.

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MessageSujet: Re: name one hero who was happy (odd)   Sam 24 Déc - 1:21



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Alfons & Odd



“I am not what happened to me, I am what I choose to become”


Il puait. Il empestait la poiscaille et la sueur. C'est pas qu'il ait fait beaucoup d'effort pour pêcher les quatre malheureux machins, il a juste remis la même chemise qu'hier et peut-être qu'avant-hier. Juste le t-shirt à changé, mais le tissu à carreaux garde toujours les traces et odeurs du passé. Aucun risque de retrouver une sirène au lac, il n'avait aucune raison de prendre soin de lui pour passer quelques heures autour d'un plan d'eau. Et même si la plus belle des créatures venaient à sortir sa belle chevelure de la source, Odd n'aurait d'intérêt pour elle qu'à cause de ses formes à croquer sur un carnet afin de conter son aventure à Dacre. Mais le pêcheur trouvait dans ces légendes un air effrayant. Des femmes à la beauté éblouissante, capables de rendre fou les hommes même les plus forts grâce à leur chant. Des merveilles sanguinaires jouant des faiblesses pour séduire. A croire que Cordelia en était une. A croire que son chant l'avait rendu sourd des évidences et quand ce dernier s'est transformé en cri strident il était déjà en train de se noyer.
Cordelia
Le diable porte un doux nom, Odd en était persuadé. Elle était le Mal. Un démon déguisé en ange. Cordelia et ses longs cheveux corbeaux. Cordelia et ses yeux en amande d'un vert inoubliable. Un vert incroyable qui l'avait fait rougir et perdre ses moyens. Le pauvre gamin qu'avait été Odd avait mis énormément de temps avant d'oser vraiment la regarder dans les yeux. Ce vert soutenu dont il avait mis des semaines avant de réussir à recréer parfaitement la teinte. Ce vert qu'il avait tant aimé pour ensuite le haïr. Cette couleur complètement bannie de ses œuvres. Les yeux jamais fait de jade pour ne pas se souvenir. Pour ne plus trembler. Pour ne plus être celui qu'il était.
Oublier le passé comme on oublie une liste de course. Simple quand la vie nous aide et permet aux morts de se relever. Tout lui était donné pour être un nouvel homme. Tout était là. Même lui. Malheureusement. La première fois il n'y a pas cru. Ça ne pouvait être qu'un homme lui ressemblant. Lui qui lui avait enlevé femme et enfant. Odd avait ignoré, mais au fond il savait. Ca ne pouvait n'être que lui. L'artiste avait paniqué, s'attendant à voir débarquer la furie qui l'aurait rendu de nouveau servile. C'était certain, il l'aimait autant qu'il la détestait. Cordelia. Elle avait ce pouvoir sur lui. Celui de rendre un homme complètement soumis. Celui de le rendre chose. Il n'avait cessé de l'ignorer, de l'éviter. Alfons ne rimait qu'avec abandon. Déception.
Le seau était lourd. L'eau débordait régulièrement laissant sur le passage d'Odd des tâches humides. A l'intérieur les poissons profitaient de leurs derniers moments avant de sentir la lame froide entre leurs écailles. Il lui arrivait de les vider directement au bord du lac, mais aujourd'hui il avait eu envie de faire ça proprement. En fait, il aurait même bien laissé cette nécessité à ceux qui lui prendrait les poissons. Car autant il adoré sortir les bêtes de l'eau, faire glisser l'hameçon hors de l'entaille, il n'en mangeait quasiment jamais. Il détestait l'odeur et le goût fort. Comme un gamin, il préférait en manger avec une bonne dose de sauce rouge pour cacher un maximum cette saveur. Le rythme soutenu, l'homme voulait se débarrasser de cette odeur à présent complètement écœurante. Sous les ongles un peu de sang, sur sa paume une ou deux écailles. A sa ceinture pendait un morceau brun de tissu. Un torchon sur lequel il essuyait ses doigts après avoir installé les leurres ou après avoir libéré les poissons du crochet. Le même à chaque fois, encore plus crade que le reste. Quelques morceaux rouges d'intestins avaient durci sur le tissus lui donnant un relief dégueulasse.
La baraque se dessina à l'horizon. Dans ses pensées, Odd ne vit pas la silhouette de suite. Encore heureux de rentrer chez lui pour prendre une bonne douche et se débarrasser de ce fardeau. Il s'arrêta net en scrutant le visage. Ses traits s'étaient complètement durcis. Les lèvres crispées, les poings refermés au maximum. Il le laissa parler. Complètement impassible même à l'évocation de ce surnom ridicule. Quand il eut terminé, les prunelles glaciales quittèrent Alfons pour la porte d'entrée. La tristesse sur le visage de cet homme ne lui fit rien. En tout cas il voulait s'en persuader. Il devait déjà gérer cette vague atroce de souvenirs et d'émotions qui déferlait dans tout son corps. Odd s'en foutait que l'autre soit au milieu de l'escalier,  il s'avança et le percuta pour passer. Une épaule forte. Ne désirant pas lui faire de mal, juste passer pour entrer chez lui et lui faire comprendre qu'il n'a rien oublié.
La porte se referma. Odd à l'intérieur. Alfons à l'extérieur. Seuls. L'un comme l'autre. Avec le passé comme compagne muette.
La porte claqua de nouveau. « Rapidement j'ai des poissons à vider. » Le ton grave et toujours glacial. Il ne lui accorda même pas un regard ni un geste, il alla directement s'asseoir sur les marches. « Si tu veux parler d'elle, tu perds ton temps, mais surtout tu me fais perdre le mien. » En posant dans l'entrée le seau, Odd s'était dit que le passé méritait peut-être bien une discussion. Que si Alfons avait fait l'effort de venir à sa porte, le moustachu lui devait bien quelques minutes. « J't'écoute. » Le regard sur ses doigts sales, Odd s'attendait à entendre le nom du cauchemar retentir. Elle était ce lien entre les deux hommes. Mais malgré tout, il avait cette étrange impression que ce moment allait tout changer.
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ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
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MessageSujet: Re: name one hero who was happy (odd)   Mer 4 Jan - 2:49

Les mains se pressent l'une contre l'autre, tandis que les paroles déferlent entre ses lèvres gercées. Alfons ne cesse de les mordre, sans réellement savoir pourquoi, une part de lui cherchant le goût de fer qui se effleurer ses pupilles, à certaines occasions. Il ferme les yeux, léger, fort pourtant, et essaie de contenir. De contenir le tremblement qui aimerait habituer son corps entier, mais qui ne prend plus qu'au travers de ses doigts usés, usés par le temps et les derniers années, surtout. Ils craquent, trop ; ils ne cessent de craquer, ses pauvres doigts, et parfois de bloquer. Il lui arrive parfois lorsqu'il cuisine, ou simplement lorsqu'il tourne la page d'un roman, qu'un doigt ne veuille pas suivre le mouvement, incapable de faire quoique ce soit.  Alfons retient son souffle, alors, pendant une seconde. Il le dévisage, presque inquiet, curieux également, comme si la chose lui arrivait pour la première fois. Et puis, d'un geste lent, il le replace, entend le craquement léger, le petit bruit des os, se frottant l'un autre l'autre. Il lui faut toujours quelques secondes pour reprendre ses activités, ensuite, une part de lui étant ébranlé par cette réalité si sournoisement affichée.
Il est brisé.
Un amas de cassure, de fracas sans gênes aucune, les uns assemblés sur les autres, pour faire un ensemble décousu qui, au final, donne cette personne étrange qu'il peut être.
Certains jours, l'homme se dévisage dans le miroir, ou simplement dans le néant de ses questions, et se questionne. Les questions restent fuyardes, tendres tortionnaires de son esprit, et il se contente de soupirer, alors, l'homme, avant de passer à autre chose.
Il sait, aujourd'hui.
L'épaule d'Odd percute la sienne. Le carnet tombe sur le sol.
Et Alfons, il sait.
Il est l'homme qui a tué l'ex-femme de son meilleur ami d'autrefois.
Il est l'homme qui a tué Cordelia.
L'ex-femme d'Odd.
Le regard se perd dans les craquelures de la peinture du parquet. Alors qu'il se penche pour ramasser le carnet, les ongles effleurent les écailles de peinture et il en arrache une avec une étrange douceur, d'un geste laborieux.
La porte claque. C'est une vague d'angoisse qui émane de son corps pendant un instant ; le regard qui s'accroche au sien, le souffle qui se tait un moment et le coeur, tamboure, qui emporte avec lui une part certaine de ses paroles.
L'Allemand est silencieux tandis qu'il s'assoit de nouveau, en sa compagnie de cette fois-ci. Si les paroles n'ont cessés de tourner dans sa tête tout au long de la journée, il ne parvient plus à les trouver. Ils sont tous dans le carnet, au sol, mais Alfons ne tend pas les doigts, n'en a pas la force. Il écoute la voix. Cette voix chaude et lourde qu'il écoutait, autrefois. Des heures durant, lorsque le sommeil ne venait pas, surtout après les fêtes d'hiver, quand la solitude était pesante et que les fascinations de l'homme parvenaient un peu à calmer ce vide qu'il ressentait, à l'intérieur de lui. Il aimait le voir, une lueur dans les yeux, parler de ces choses qui le fascinaient, mais détestait quand l'éclat perdait vie, face à l'autre d'une femme.
Leurs regardent portent la même ombre, maintenant. Alfons n'a pas besoin de le regarder pour savoir qu'ils abordent les deux ce même vide certain, à la pensée de la belle maudite.
- J'devrais m'taire, pour te faire plaisir ; il aborde un petit rictus, la tête penchée vers l'avant, le regard fixé sur les mains liées et tremblantes, même s'il ne les voit pas vraiment. Mais y'a des choses que tu dois savoir, Odd.
Un instant, un soupir ; non, une longue inspiration, plutôt. Plusieurs fois même, avant qu'il ne trouve le courage pour tourner les yeux et regarder son profil. L'homme n'a pas changé, si ce n'est des pattes d'oie qu'il s'est pris, au coin des yeux. Mais on les voit à peine, car il ne sourit pas. Sourit-il parfois ? Maintenant qu'il n'est plus là. Il semble si grave, si sérieux ; Alfons l'a observé, au cours des derniers mois. Et au fil des jours, un point s'est formé dans ses entrailles, un lourd poids toujours présent, presque comme un vide, étouffant.
Il a cherché son sourire aux abords des rues et ne l'a pas trouvé, et l'allemand a eu cette impression d'avoir échoué ; d'avoir presque tout échoué, sauf peut-être lui.
- Ils parvenaient pas à te contacter, les avocats, après le divorce. 'fin non c'était... trois ans. Trois ans après l'divorce, j'crois. T'étais pas là alors j'imagine que tu sais pas. 'fin j'étais pas là, non plus. On m'a dit qu't'es pas venu aux funérailles...
Il sait, quand.
Il sait l'année, le mois, le jour, l'heure.
- Cord -
Le mot se bloque dans sa gorge, les remords le retiennent ; l'homme déglutit avant de continuer ;
- Elle est morte, le 3 mars 2010.
Il détourne les yeux, vif, de peur qu'Odd l'observe enfin. Il ne veut pas qu'il voit. Qu'il voit, dans ses yeux, qu'il en est le responsable.

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MessageSujet: Re: name one hero who was happy (odd)   Ven 6 Jan - 0:37



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Alfons & Odd



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Les mains frottaient l'une contre l'autre dans un geste nerveux et totalement incontrôlé. Assis par ce temps plus que frais sur les marches menant au perron de la demeure où il survivait depuis une année, Odd était perdu. Hors de question de le faire rentrer chez lui comme il avait pu le faire par le passé. Rapidement, le pêcheur passa en revue toutes les choses que l'allemand pouvait lui piquer cette fois. Sa chambre, ses carnets où dormaient quelques secrets, son couvre-lit, son oreiller et pourquoi pas même ses sous-vêtements ? Visiblement rien ne gênait Alfons pour prendre ce qu'il désirait. Que ce soit une bague au doigt ou un lien aussi fort que celui d'un père et son enfant. Et s'il était là pour recommencer ? Ses poings se refermèrent, les ongles s'enfonçant dans la paume. Son regard s'était assombri quand ses pensées s’arrêtèrent sur le doux visage qui faisait battre son cœur plus rapidement. Dacre. Mais il ne le savait pas. Il ne pouvait pas le savoir car personne ne le savait. Ce dernier venait tout juste de partir en mission. Leur relation encore fraîche de quelques heures. Le bouclé avait été clair là-dessus, personne ne devait le savoir. Le temps qu'il s'assume pleinement. Il ne pouvait pas le lui prendre s'il ne savait pas. Sauf qu'il était sans doute malsain au point d'avoir vu le truc venir et de recommencer le jeu. Se faufiler aux côtés d'Odd. Faire le bon ami pour mieux baiser sa femme, enfin Dacre maintenant. Non. Impossible. Il pouvait pas être là pour ça. Le pêcheur desserra ses poings. Les articulations blanches semblaient vouloir exploser hors de l'épiderme. Les doigts un peu endoloris s'ouvrirent avant de s'étendre dans des craquements graves. Et il recommenca. Les paumes l'une contre l'autre. Rugueuses par l'ancien métier et son activité de pêche. Encore crades de quelques écailles et hémoglobine animale, il les sentait s’abîmer l'une sur l'autre. Ça lui faisait du bien d'éprouver cette sensation de dureté. De percevoir la force qu'il pouvait avoir encore et qu'il n'hésiterait pas à claquer contre le faciès d'ange du démon assit à ses côtés.
Il martyrisait aussi l'intérieur de sa bouche. Les dents arrachaient de minuscules lambeaux de muqueuse puis de lèvres jusqu'à ce que la saveur du fer tapisse sa langue. Alfons le rendait nerveux. Plus que les femmes. Il n'aurait pas cru ça possible et pourtant c'était le cas. Et dire qu'ils avaient été amis. Bon amis. Aujourd'hui il était l'un de ses pires cauchemars. Odd ne se doutait pas encore que dans quelques secondes sa haine se verrait décupler. Il ne l'aurait même pas cru possible et pourtant il le verrait... Le moustachu lui a dit qu'il l'écoutait et pourtant il a l'impression d'attendre depuis des décennies que l'autre daigne ouvrir sa gueule. Son mollet se mit à se contracter. Sans même s'en rendre compte, son genou tressaillait légèrement. Mais qu'il parle ! Le monde autour d'eux le narguait à ralentir alors qu'il menaçait d'exploser d'impatience, de rage, de tristesse. Il alla même jusqu'à regretter de ne pas voir sa capricieuse ex-femme à la place d'Alfons. Car il aurait pu exploser directement, lui dire toutes les choses qu'il n'avait pas réussi à lui hurler pendant toutes ces années. Qu'il l'ouvre qu'on en finisse! Il le fit et Odd soupira de dépit. Le prenait-il pour un con ?Le reste de la phrase arriva et il prit une grande respiration. On y était. Il allait lui parler d'elle, de comment ils avaient vécu après la disparition du pauvre Odd Galindo. Mari trompé. Homme bafoué. Pantin désarticulé. Vas-y, crache tes saloperies! Du coin de l'oeil, il entrevit le visage se tourner vers lui. Serait-ce un sourire qu'il devina ? Son imagination s'emballa et donna du poids à la vision qu'il avait du pauvre homme venu lui annoncer les tristes événements. Odd lui ne se tourna pas. Le regard accroché le plus loin possible à l'horizon. Il ne regardait rien, sa vision ne consistait qu'à un voile sombre et flou. Brouillée par la peur et la haine. Achève moi comme elle n'a pas pu le faire! L'artiste n'en pouvait plus. Au bord de l'implosion, les souvenirs se mélangeaient pour ne former qu'un amas informe et bordélique dans sa caboche. Il mélangeait les instants, les visages, les voix. Jusqu'à ce que celle d'Alfons le ramène à la réalité.
Les avocats. Le divorce. Les funérailles. Odd comprit les deux premiers mots, mais le troisième resta coincé. Funérailles ? Le mot était sorti de nul part. Alfons avait du se tromper. La première syllabe de ce prénom tant redouté prit vie. La gorge se resserra à tel point qu'une sensation désagréable naquit. Elle était en feu. Non ! Qu'il se taise! Odd avait compris malgré lui. Mais il ne voulait pas. Ne pouvait pas l'accepter.Qu'il ferme sa gueule ! Les mains formaient une boule compacte et pâle. Tellement serrée que bientôt l'engourdissement le gagna.
Le mot ricocha et il entendit le rire lointain de celle qu'il avait aimé. Il l'entendit chuchoter amoureusement son prénom. Une légère effluve de vanille et de fumée de feu de bois sortit de sa mémoire permettant à une larme de perler puis glisser sur sa joue.
Il y avait déjà pensé. Avec le retour des morts, le pourcentage qu'elle ait trouvé la mort était plus qu'élevé, mais jamais il n'avait pensé à la possibilité qu'elle soit morte avant tout ça. Toutes ces années à la détester alors qu'elle se décomposait dans sa boite.
Morte. Cordelia. Sa Cordelia. Un sanglot agita son poitrail. Les mains se détachèrent douloureusement l'une de l'autre. Le genou s'était mis à remuer sans aucun contrôle. Sa paume se plaqua contre sa joue, écrasant la larme déjà glacée. « C'est tout ? » la voix ne trahissait aucune émotion. Odd ne voyait plus rien. Les larmes embrumaient sa vision, il releva les iris vers le ciel afin de les empêcher de couler. Pas le droit de chialer. Pas devant lui. « T'as terminé ? » La question n'en était pas réellement une. Odd ne voulait plus rien entendre venant d'Alfons. Il souhaitait partir, s'enfuir et s'enfermer chez lui, là où il ne pourrait pas le suivre, mais il en était incapable. Ses muscles ne répondaient plus. Sa lèvre inférieure tremblait. Ses jambes étaient faibles comme le jour où elle avait demandé le divorce. Odd sous le choc, n'était plus qu'un corps balayé dans un ouragan d'émotions qu'il ne pouvait pas contrôler.
La femme de sa vie venait de mourir.  
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MessageSujet: Re: name one hero who was happy (odd)   Ven 20 Jan - 3:47

Les mots s'envolent, le poids reste. L'homme tâche de ne pas faire de mouvements, par peur de se briser en milles morceaux. Il est fissuré de partout, depuis longtemps déjà. La dépouille n'est qu'un amas de morceaux de porcelaine, et sa constitution se résume à la glue qui le tient en place, encore.
Sinon, il n'est rien. Rien d'autre qu'un homme brisé par ses propres coups contre son propre corps. Mais les lèvres restent scellées et il ne pipe mot, incapable de dire quoique ce soit, après de telles paroles. Le pire dans tout cela, c'est qu'il n'a rien dit, encore. Il n'a pas dit, non, qu'il est responsable de la mort. Il n'a pas dit les mots véritables, car une part de lui a compris, avec les années, que Odd ne cherche pas réellement la vérité.
Sinon, ils seraient restés amis. Sinon, il l'aurait cru.
Mais cela n'est jamais arrivé.
Alors Alfons se contente d'observer la rue ainsi que les maisons s'y trouvant. Il dévisage l'horizon sans réellement voir les quelques personnes qui s'y trouvent, ni les arbres, ni le ciel. Tout est flou, car l'esprit est occupé dans un ailleurs où il est perdu depuis longtemps, maintenant. Le souffle disparait un peu, au bord de ses lèvres, et il ferme les yeux. Pour ne plus voir, même s'il sait que la chose est impossible. Ses doigts se serrent, douloureux, et il essaie de se contrôler, sans réellement savoir ce qui l'appelle, à l'intérieur de lui-même.
Le regard ose de nouveau affronter son profit, pour une seconde. L'éclat d'une éphémère tristesse qu'il voit, sur sa joue, éveille une nouvelle blessure, contre la porcelaine de son être. Alfons baisse les yeux, aussitôt. Il est brulé. Brulé par ce sentiment qui se joue, à côté de lui, par sa faute, peut-être bien.
Non, pas peut-être bien. Il en est responsable. Pour lui dire, mais également pour en être le responsable.
Les épaules se voutent, une seconde, et la tête disparait un peu, entre eux. L'homme ne sait que dire, faire. Il aimerait continuer, pour son bien personnel peut-être, et lui dire tout ce qu'il y a à dire de la situation. Mais la solitaire qui perlait le long de sa joue lui serre la gorge, lourdement. Il ne sait. Il ne sait pas réellement, non, que dire pour se soulager d'un tel poids.
Mais peut-être, au final, n'a-t-il pas besoin d'être soulagé. Les lèvres se pincent, durement, tandis que les paroles s'évadent de la gorge d'Odd. Il aimerait le prendre dans ses bras, ou du moins poser une main contre son épaule, en lui demandant pardon. Il aimerait pouvoir comprendre ce qui se passe réellement, car une part de lui-même ne peut accepter qu'un homme soit triste pour pareil monstre. Sous les dentelles de sa fine personne, Cordelia n'était qu'un monstre finement dessiné. Qu'une déesse aux dents trop longues.
Et il secoue la tête. Il la secoue vivement, à cette pensée, tandis qu'Odd lui pose sa question. Alfons pense ; il pense, se souvient de la belle, de la belle et de ses caresses obscènes, de la belle et ses sourires salauds, de ses paroles creuses et douloureuses.
Il ferme les yeux, une seconde, pour sentir contre les courbes de son âme le toucher qu'elle a laissé, malgré les années. Une caresse trop lourde et douloureuse pour être oublié. A-t-il beau être homme, une agression reste une agression. Et le corps, pourtant fort, porte encore les blessures fantômes de ce qui aurait pu être un viol.
- Non je - non, Odd. J'ai pas fini. Elles glissent hors de ses lèvres comme un torrent sous la pluie, ses paroles. Alfons secoue la tête, empressé et perdu, passe ses deux mains dans sa crinière, inspire et expire. Dans ses yeux aussi, le reflet de la mer. Dans ses yeux aussi, les vagues sont si fortes qu'elles ne demandent qu'à sortir et glisser contre le sable qu'est sa peau.
Il ne comprend pas ses larmes, il ne comprend pas ses tristesses. Une part de lui rage, fort, face à tout cela.
La mort, elle la méritait. Si fort.
C'est ce qu'il essaie de se faire croire, chaque soir. Et c'est peut-être ce qu'il croit, maintenant.
Oui, c'est la seule chose à laquelle il croit.
-Tu ne devrais pas la pleurer ; la voix tonne, dure. Alfons tourne les yeux vers lui, et cette fois-ci, il cherche son regard sans détourner les yeux.
Un regard bleu, presque gris, comme une mer déchainée.
- Elle s'est servie de toi. Elle ne t'aimait pas. Cordelia voulait que tu lui appartienne tandis qu'elle jouait à autre chose, et elle a voulu faire la même chose, avec moi.
Un tressaut, dans la voix. Alfons tremble, sans réellement s'en rendre compte. Et les larmes, sur ses joues. Les larmes, sur les joues d'Odd, qui alimentent sa colère.
- Cesse de pleurer ! Un ton plus fort, une voix cruelle. Ses flots de tristesse le rendent fou. Il aimerait pouvoir lui faire comprendre, mais l'homme est aveuglé, et ce, malgré qu'elle soit fantôme. Elle ne mérite pas tes larmes, arrête.
Il tremble, Alfons.
- Arrête ; la voix tremble, les larmes coulent.

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MessageSujet: Re: name one hero who was happy (odd)   Sam 28 Jan - 23:53



name one hero who was happy
Alfons & Odd



“I am not what happened to me, I am what I choose to become”


Au premier regard le gamin était tombé fou amoureux de cette crinière obscure contrastant avec le jade de ces iris. A la première parole il avait été envoûté par la voix mélodieuse qui s'échappait des pulpeuses roses. Dès la première caresse il était devenu accro à cette peau laiteuse et ces formes séduisantes. Pantin avant même de s'en rendre compte. Il ne lui avait nécessité qu'une demi-seconde pour foutre à genoux le gaillard un peu naïf. Lui venant de son petit coin, sa petite vie banale et peu intéressante. Elle, la belle princesse élevée dans l'abondance et le mérite. Tellement différents, qu'Odd s'était laissé aveugler par le conte de fées. C'est qu'il n'avait jamais ressenti ça, jamais aussi vite, jamais aussi fortement. Elle le rendait fou d'un amour pur et démesuré. Elle le rendait chose alors qu'il n'avait jamais été réellement homme. Qu'un gamin qui avait passé la bague au doigt d'une gosse capricieuse et manipulatrice. Mais l'amour rend aveugle. L'amour rend débile. Il se souvenait encore de son odeur. Son rire aussi habitait toujours une partie de son esprit. Cordelia n'avait jamais cessé de le hanter. Cet amour à moitié haine l'animait toujours même dans l'absence. Il restait un homme marié même si la bague ne décorait plus l'annulaire depuis des années. Pour toujours qu'ils avaient dit. Et aujourd'hui, maintenant qu'il était seul dans sa misère. Seul dans ses larmes, il comprenait l'importance des deux mots. Rien ne pourrait être aussi vrai que cette promesse.
Morte. La dure réalité frappa l'homme de plein fouet. Tout devenait certain, plus jamais il ne pourrait revoir ce minois si détestable ni entendre son affreuse voix. Il était triste, plus qu'il ne l'aurait pensé. Odd avait espéré pendant longtemps que la misère s'abatte sur la tête de son ex-femme. Qu'elle soit désespérée comme il l'avait été. Qu'un homme fasse d'elle une chienne pathétique et obéissante. Il avait tout souhaité, sauf son décès. Ça, jamais car un monde sans sa présence restait une idée effrayante. Cordelia encore et toujours un repère. Bien qu'éloignée, bien qu'absente, l'imaginer vaquer à ses occupations de femme débordée le rassurait quand même. L'imaginer quelque part dans ce mon ravagé, tentant désespérément de survivre avec leur fils, son fils, était une idée qui réchauffait son cœur. Le monde sans l'image de la garce était devenu étrangement froid et angoissant. Qui haïr à présent ? Sur qui rejeter la faute ? Un de ses piliers venait de s’effondrer, ébranlant complètement les fondations du gaillard. Il tremblait tout en tentant de faire le fort. Il pleurait tout en tentant de rester froid et distant.  Son torse s'emballait sous sa chemise. Malgré les températures de saison, il n'avait qu'une chose en tête, l'enlever pour libérer sa cage. Il sentait la bile remonter jusqu'à ses lèvres tremblotantes. La peine prenait en otage tous ses membres. Pourquoi avait-il dont accepté de lui parler ? Une idée à la con qu'il devait à présent assumer.  C'est qu'il avait pas terminé. Bien sûr, la souffrance devait continuer.
Les paupières se fermèrent, Odd espérait ainsi, stupidement le faire taire. Comme si ses yeux clos empercheraient les paroles d'Alfons d'atteindre ses oreilles. Il aurait voulu ne pas pleurer. Pas devant lui du moins. La tête bascule de gauche à droite. L'une des mains vint se plaquer contre ses yeux. Qu'il se taise. Sa voix ordonna et le poing se ferma. Le moustachu ne supportait plus de l'entendre. Il avait déjà trop parlé et maintenant qu'il lui donnait presque un ordre, il sentit la rage l'envahir. Assailli par les souvenirs heureux et encore amoureux de sa belle, il ne pouvait qu'haïr celui venant lui annoncer sa mort. Sur lui, le regard d'Alfons, il le ressentait comme des millier d'aiguilles transperçant sa cuirasse. C'était atroce comme douleur. Un mélange de trahison et de déception. Des envies violentes et des mots acerbes. Mais il encaissait les paroles même les plus blessantes tandis que ses muscles reprenaient vie. Ses larmes coulaient. Son corps entier vibrait, mais plus de tristesse. Ce n'était plus un homme accablé, mais un homme furieux. Comment pouvait-il oser après tout ça ? Comment osait-il encore lui parler ainsi ? Les émotions d'Alfons n'avaient aucune importance pour Odd qui ne voyait que sa colère. Qui ne voyait que son ex-femme se décomposer dans un cimetière inconnu.
Puis les larmes s'arrêtèrent subitement.
Les yeux secs et rouges. D'un seul bond il se leva, quittant cette proximité qui l'irritait de plus en plus. Il se murmurait des choses. Tournant le dos à Alfons, ses poings serrés, il respirait avec difficulté. « Stop ! » Un presque hurlement quitta ses poumons. Il n'en pouvait plus de l'entendre parler. De lui dire qu'elle ne méritait pas les larmes. Qu'il devait cesser de pleurer. Il n'en pouvait plus d'entendre cette voix qu'il avait espéré ne plus jamais entendre il y a de cela des années. Odd se tourna brusquement vers le traître et s'en approcha. « Je t'interdis ! » Sa voix grave semblait si fragile, encore pleine d'émotions. « Tu entends ? Je t'interdis de parler d'elle, de nous, de notre mariage ! » Bien sûr qu'elle l'avait aimé. Elle n'était devenue un monstre que plus tard. Le début de leur relation avait été vrai, un amour partagé. Odd le pensait encore et il voulait toujours y croire. « Ne compare pas mon mariage à ta relation ! Tu ne sais rien ! Tu ignores toutes les choses qu'on a vécu avant que tu arrives. Elle n'était pas parfaite, elle était atroce même, mais c'était ma femme ! » La seule femme qu'il n'ait jamais aimé et qu'il ne pourrait jamais aimé. Il ne supportait pas qu'on dise du mal d'elle, il pensait être le seul à pouvoir. C'était sa récompense pour l'avoir supportée, c'était son truc à lui. Mais il refusait catégoriquement qu'on se mêle de sa relation, qu'on en parle. Cordelia était une salope, une véritable connasse manipulatrice, mais elle restait sa femme et il se devait de protéger la petite part d'amour véritable sur laquelle leur relation reposait. « Pars d'ici ! Je ne veux plus jamais que tu m'adresses la parole. » Puis, faiblement mais agressivement il laissa sa langue écorcher encore un peu Alfons « Tu n'existes plus pour moi, agis comme tel. »  
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