You make me strong. (Odd)

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 You make me strong. (Odd)

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MessageSujet: You make me strong. (Odd)   Mar 3 Jan - 15:49

you make me strong
from head to toe
Odd ✧ Dacre
Dacre dormait à poings fermés. Il était plus de onze heures mais le ravitailleur était plongé dans un profond sommeil, emmitouflé dans d'épaisses couvertures rajoutées avec la venue de l'hiver. La fatigue lui était tombée dessus telle une véritable massue. Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis le sauvetage et son retour à Astoria. Les souvenirs de cette semaine de captivité restaient douloureux pour Dacre qui ne sortait plus depuis qu'il avait mis les pieds dans la chambre d'Odd, soit dès sa sortie de l'infirmerie. Il ne refusait pas de parler de ce qu'il s'était passé, mais n'était pas non plus le premier à raconter ce qu'il avait vécu. Tout ce qu'il voulait retenir, c'était qu'Odd était venu. Pour lui. Qu'il faisait partie de ceux à qui il devait la vie. C'était tout ce qui comptait à ses yeux. Perdu dans les bras de Morphée, il n'avait pas senti son compagnon se glisser hors du lit. Point de rêves pour le sprinter dont la respiration lente et régulière se faisait légèrement entendre. C'était un sommeil réparateur, bienfaiteur qui le berçait. Petit à petit, sa conscience émergea, lui amenant à l'esprit des pensées concernant Odd, ses compagnons ravitailleurs, lui-même. Puis, ce furent des sons, et des odeurs. Il ouvrit doucement les yeux, et la lumière ambiante l'éblouit quelque peu. Il parvint à enfouir son visage sous un pan de couverture, puis poussa un petit soupir. Il rouvrit les yeux, émergeant de sous la couette avec un air d'incompréhension totale. Où était-il, criaient ses traits tirés. Il voulut s'étirer mais une douleur semblable à un coup de couteau l'assaillit et il poussa une petite plainte à peine audible. Progressivement, il bascula sur le dos. Ses ôtes fêlées protestèrent vivement, mais le coureur se fit violence. Ses yeux observèrent autour de lui et ce fut alors qu'il aperçut Odd. Placé près de la fenêtre, une feuille et un crayon en main, le moustachu était concentré sur son œuvre du moment. D'une main maladroite, Dacre se frotta un œil, puis l'autre. Il repensa au moment où il avait reconnu Odd dans cet entrepôt, parmi les autres personnes venues les sauver. Son cœur n'avait jamais battu aussi vite et aussi fort dans sa poitrine. « Bonjour, » dit-il d'une voix éteinte, rauque. Il étira ses jambes en veillant à ne pas trop faire de même pour son buste. La chaleur des couvertures était si confortable. Il ne voulait pas en sortir. Dacre bâilla. Il avait dormi, et pourtant il se sentait toujours aussi fatigué. Misérable. Quitter ce lit qui ne lui appartenait pas était chaque jour un calvaire, même s'il ne s'agissait que pour aller à la salle de bain se soulager ou se laver. La douleur liée à ses côtes fêlées était insupportable, aussi, à son grand regret, Dacre évitait-il de trop se déplacer. Cette semaine passée à n'avaler que quelques miettes l'avait considérablement affaibli, Wentle n'étant plus habitué à autant de privation. Il avait retrouvé dans cet entrepôt quelques similitudes avec ce qu'il avait vécu avant d'arriver à Astoria. La peur, la faim, la soif. L'incertitude. Cette méfiance qu'il avait tenté de minimiser depuis qu'il faisait à nouveau partie d'une communauté. Il se considérait comme extrêmement chanceux d'avoir réchappé à cet enlèvement, mais aussi extrêmement chanceux d'avoir Odd avec lui. Les bras de l'artiste étaient devenus son refuge, son sanctuaire, son arche de survie. Wentle ne parvenait pas à imaginer ce que serait sa vie sans lui. Dacre grimaça tout en se redressant pour se retrouver un position assise. Les cheveux en bataille, il n'avait pas bonne mine. Son visage était émacié, et son regard terne. S'il avait pu, il se serait levé pour prendre Odd dans ses bras. C'était tout ce dont il avait envie, à l'instant. Mais l'homme qu'il aimait se trouvant loin, il n'en fit rien. Il se contenta de lui adresser un maigre sourire et de tendre la main dans sa direction avec l'espoir qu'il la saisisse, et qu'il le rejoigne dans ce lit. La faim commença à le tirailler à mesure qu'il se réveillait complètement, mais il n'avait pas envie de se rendre à la cuisine, ou même d'envoyer Odd. Généralement, le pêcheur ne lui laissait pas son mot à dire et se chargeait de lui apporter à manger, et même s'il n'aimait pas ça, Dacre n'avait pas le cœur à refuser ces petits gestes de tendresse ou blâmer cette bonté d'âme qui animait son amant.
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Jeu 5 Jan - 0:16



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Dacre & Odd



“Nobody looks good in their darkest hours. But it’s those hours that make us what we are.”


Les épreuves meurtrières s'étaient acharnées sur son beau roi. Sa majesté des boucles. Toujours aussi beau, le visage le même juste accompagné de quelques traces supplémentaires, mais il était différent. Tellement différent sous les coups de mine du dessinateur. Les traits pourtant identiques ne le satisfaisaient plus. Quelque chose avait changé. Quelque chose à l'intérieur, mais qui ressortait sous les traits gris. Odd n'y arrivait plus. Un détail le chagrinait dans ses portraits depuis le retour de Dacre. Les morceaux de papier s'étaient retrouvés dans son poing, les fibres mortes broyées par la paume énervée. Il se rendit compte que ce n'étaient pas ses dessins le problème, mais ce qu'il voyait en les regardant. Le traumatisme. Le danger. Les risques. La fin. L'absence de Dacre. Il aurait pu y rester, Odd aussi en jouant les sauveteurs. Il y avait laissé une partie de lui-même d'ailleurs, quelques cellules de son épiderme et des gouttes de sang. Une belle entaille sur l'avant-bras gauche qu'il n'avait vu qu'une fois le soulagement d'avoir Dacre près de lui. De ses portraits émanaient la triste vérité de cette vie. Il voyait son compagnon éteint. L'étincelle d'innocence complètement morte. Sa joie absente. Wentle n'était plus que l'ombre de lui-même. Odd se sentait atrocement mal de ne pas avoir été là pour lui. Pas là dans l’entrepôt. Il ne savait rien de ce qu'il avait vécu et jamais il ne le saurait. Les souvenirs que Dacre souhaitait bien lui raconter n'y changerait rien. Et même, Odd ne voulait pas savoir. Alors il était là pour lui maintenant. Ne le quittant que très rarement pour ne faire que le nécessaire. Égoïstement, Odd voulait être là pour voir l'étincelle renaître dans le regard ténébreux de Dacre. Il en avait besoin pour être certain de ne pas avoir perdu à ce moment l'homme qu'il aimait.
Le prince-chevalier était à présent la belle au bois dormant. Galindo en arrivait à jalouser le plumard. C'est qu'il était devenu l'amant privilégié de Dacre et comme à présent, Odd ne pouvait qu'être témoin de leurs ébats. Jamais il n'avait été gros dormeur et rester des heures à ne rien faire l'insupportait. Ainsi, le pécheur avait tourné un moment dans la chambre puis dans le reste de la maison avant d'attraper crayon et carnet et se mette à faire ce qu'il faisait le mieux. Le cul sur une chaise, les pieds sur la table, ses doigts menaient la valse presque érotique. La mine caressant puis léchant à grandes lignes le papier. Il aurait pu très bien le dessiner sans même le regarder. Connaissant par cœur ce visage et ce corps. Mais il ne se lassait jamais de poser ses yeux amoureux sur la silhouette ensevelie sous de nombreuses couvertures. La pulpe de son majeur vint estomper une zone sombre pour créer une ombre. Le visage prenait vie et Odd soupira.
Galindo avait cru être maudit à l'effroyable annonce. C'était comme si l'homme n'avait pas le droit de partager sa vie avec quelqu'un d'autre que la solitude. On lui avait enlevé sa douce Cordelia pour lui laisser son double maléfique. On lui avait volé cruellement Rory alors qu'il ne lui restait plus que lui. Et Dacre... il l'avait presque perdu. Ils venaient juste de se trouver et tout était menacé. Jamais il n'aurait pu s'en remettre.
Depuis son retour, les deux amants ne se quittaient quasiment plus. Dacre avait emménagé dans la chambre d'Odd pour le soulagement de ce dernier qui ne trouvait le repos qu'en sentant son compagnon tout contre lui. Le moustachu s'était demandé si cela était une bonne chose surtout que Wentle avait émis le souhait de rester discret. Ce rapprochement ne pouvait tromper personne, mais Odd s'était tu. Ils avaient besoin l'un de l'autre et c'était tout ce qui comptait en ce moment. Le regard des habitants ne l'intéressaient pas et secrètement il espérait que cette épreuve donne à Dacre le désir de vivre leur relation à fond et en plein jour sans se cacher. Il l'espérait tellement. Mais c'était trop tôt pour le partager, son bouclé devait encore se remettre de ses blessures.
Il affinait les derniers détails autour des yeux, les pattes d'oies du rieur quand une voix grave s’éleva du silence. La salutation sortit le moustachu de sa concentration. Ses prunelles se levèrent plus vite que sa tête et un sourire naquit immédiatement en voyant sa marmotte s'éveiller. « Te voilà enfin. »  La solitude d'Odd venait de prendre fin, il en était heureux pour une fois. Inconsciemment, il s'était mis à taper le bout de son crayon sur son carnet à un rythme régulier. La grimace d'effort fit soupirer le dessinateur. La tête baissée, il regarda son dessin et vit à quel point il était différent des autres. Terne et imparfait. Galindo ferma les yeux et quand il les rouvrit une main se tendait vers lui. Les pieds tombèrent sur le sol. Odd se débarrassa vulgairement de son carnet sur le bureau. Encore un portrait raté.
Tout doucement il se glissa dans le lit. Dans son lit qui était devenu le leur. «Alors ? On a besoin de moi ?»  dit-il en arrivant à sa hauteur. Il l'embrassa avant de saisir sa main et d'y déposer ses lèvres aussi. Sans perdre de temps, le propriétaire de la chambre s'installa. La tête posée sur les cuisses du sportif. « Tu peux déjà plus te passer de moi, c'est tellement mignon. »  Il avait gardé la main entre les siennes. Faisant tourner ses doigts sur le dos de cette dernière. Ce contact le rassurait plus que la chaleur émanant de ce cocon de couvertures. « Tu sais que tu es moins beau vu sous cet angle ? »  Quelques doigts se posèrent sous le menton de Dacre qu'ils caressèrent. « T'as de la chance que j'sois plus grand pour ne pas avoir à subir cette vision tous les jours. »  Le sourire incrusté sur son visage donnait à sa voix une légèreté rare ces derniers temps. Bien évidement qu'il trouvait Dacre magnifique même sous cet angle. «  Monsieur a besoin de quelque chose ? »  Reprenant un peu son sérieux, il laissa sa main couler le long du cou puis du torse de Dacre. L'autre toujours dans la sienne.
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Ven 6 Jan - 1:19

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Odd ✧ Dacre
Dacre ne supportait pas cette situation ; d'être dans l'incapacité de se déplacer sans avoir l'impression de se prendre des coups de couteaux à chaque pas, de ne pouvoir ni rire, ni tousser, ni faire le moindre effort. Et pourtant... malgré toutes ces incommodités, Dacre parvenait à trouver quelques points positifs. Odd passant les trois quarts de son temps avec lui en faisait bien évidemment partie. Et lorsque le pêcheur partait maltraiter la poiscaille, Dacre ne se réveillait jamais avant son retour. Dormir longtemps avec ses avantages, également. Il avait encore pas mal de sommeil à rattraper, n'ayant jamais dormi sur ses deux oreilles dans l'entrepôt. Sur le plan de l'inconscient, Wentle pouvait s'estimer heureux de ne pas avoir affaire à des cauchemars. Il lui était juste arrivé, surtout au début, de se réveiller en pleine nuit le cœur battant la chamade, pris de sueurs froides. À chaque fois, Odd avait été là pour le rassurer, lui murmurer des paroles pour calmer à la fois son esprit et son palpitant. Les bras de l'artiste étaient presque devenus indispensables pour qu'il puisse s'endormir en toute quiétude, bercé par les battements du cœur de Galindo, lové contre son torse. Le sprinter ignorait totalement comme il aurait fait s'il s'était retrouvé sans personne dans cette situation. Plus les jours passaient, et plus il ressentait le besoin de se défouler dans un bon et long footing. Mais dans son état, ce n'était même pas la peine d'y songer. Il ne ferait pas deux pas. Il lui faudrait attendre... et cette attente était totalement nouvelle pour le ravitailleur, qui, lorsqu'il participait encore à des compétitions de haut niveau, avait connu le bonheur et la chance de ne jamais se blesser. Pas une entorse, pas de déchirures musculaires, rien. Une santé de fer qui lui avait permis de maintenir sa forme physique jusqu'à un âge assez avancé pour un athlète, un âge où la plupart tiraient le rideau ou s'orientaient vers autre chose. Une santé de fer qui lui avait permis de survivre à cette apocalypse. Sans son endurance ou sa vitesse de course, jamais il ne serait arrivé jusqu'à Astoria. Très voire trop peu belliqueux, Dacre ne s'était alors jamais vraiment battu, mais depuis qu'il avait rejoint cette communauté, il avait tenté d'y remédier en apprenant auprès d'autres habitants. À croire qu'il n'avait pas assez appris. Les bleus qui tapissaient son épiderme en étaient la preuve. Les marques avaient commencé à tourner au violet, avec quelques marques jaunâtres le long de sa hanche droite. Des marques qu'il cachait, honteux de n'avoir rien pu faire, même s'il avait eu les mains ligotées au moment où les coups de pieds s'étaient écrasés contre son corps. Dacre ne voulait surtout pas se trouver d'excuses. Il aurait dû riposter, mais il n'avait rien fait. Et le résultat était là. Il était en vie, certes, mais brisé, et de bien des manières. Le peu de confiance qu'il avait en lui s'était totalement volatilisée, remplacé par un doute constant. Dacre ne se faisait pas d'idées ; la confiance reviendrait, mais le processus serait long. Très long.

Et Odd était loin. Trop loin. À quelques pas, en réalité, mais quelques pas que le ravitailleur ne se risquerait pas à faire. Le visage encore marqué par le sommeil, il avait tendu cette main vers Odd, réclamant sa présence. L'artiste se débarrassa de son œuvre du moment pour le rejoindre dans le lit. Alors ? On a besoin de moi ? Dacre ferma les yeux en sentant les lèvres de Galindo épouser les siennes. La main qu'il avait tendue fut saisie et la chaleur de cette paume lui fit du bien. Tout chez Odd était source de réconfort. La douceur de son regard, la courbe de son sourire. La légèreté de ses paroles. Le propriétaire du plumard s'installa, et sa tête se retrouva posée sur les cuisses de Dacre. Tu peux déjà plus te passer de moi, c'est tellement mignon. Wentle secoua la tête en souriant. Le pêcheur avait toujours le bon mot au bon moment, et ses discussions avec lui l'emportaient toujours à mille lieues de la réalité. Tout en emmêlant ses doigts aux siens, il laissa les cinq autres se perdre dans la chevelure de son amant. Les répliques qui suivirent le firent rire, et Dacre le regretta aussitôt en sentant la douleur l'assaillir. Il poussa un petit soupir, puis déclara tendrement : « Tu devrais avoir honte de me faire rire, Odd Galindo. » Et pourtant, il y avait ce sourire. Celui qui le laissait rêveur, celui qui lui mettait du baume au cœur. Ce sourire fanfaron accroché aux lippes de l'artiste. Monsieur a besoin de quelque chose ? Dacre prit le temps de réfléchir. Il porta à ses lèvres la main d'Odd qu'il tenait toujours et embrassa sa paume. « J'ai besoin d'une douche. Et j'ai faim. Et je veux courir. Ces jambes ne demandent que ça. » Il marqua une pause, puis ajouta en levant les yeux au plafond : « Je sais, c'est trop tôt. » Une triste réalité qu'il ne digérait toujours pas. Dacre prit une grande inspiration, puis il haussa les épaules. « Tu m'aides ? » La question était inutile, mais le sprinter, encore et toujours en proie au doute, voulait être certain qu'il ne serait pas livré à son incapacité.
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Dim 8 Jan - 23:30



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Les doigts se mêlaient à sa chevelure. Agréable caresse qu'il appréciait encore plus maintenant qu'il savait ce moment éphémère. Dacre était revenu en un seul morceau. Physiquement du moins. Abîmé, mais entier. Le corps marqué qu'Odd n'osait toucher par peur de déclencher une douleur qu'il ne pourrait soulager. Son sportif était devenu une poupée en porcelaine que les doigts du garde-chasse redoutaient de briser dans un geste trop brutal. Il se forçait à éteindre son côté brusque en entrant dans la pièce. Les couvertures formaient un écrin douillet dans lequel reposait le plus précieux des joyaux du moustachu. Il ne savait plus trop quoi faire de ses mains le Galindo alors il dessinait ce corps sans une égratignure, sans un hématome. Il le dessinait comme il était ce jour où ils s'étaient donnés l'un à l'autre avec passion et amour. Odd se retrouvait souvent à regretter cette journée où ils avaient été heureux. Innocents presque, oubliant le danger qui était revenu d'un coup afin de rappeler l'atroce réalité dans laquelle ils évoluaient. Avaient-ils été heureux depuis le retour de Dacre ? Oui et non. Ravis de se retrouver. Comblés de s'aimer. Mais quelque chose avait changé. Un petit éclat s'était perdu en route, mais au fond, Odd savait que ce bonheur ressenti avant le drame reviendrait un jour. Ce n'était qu'une question de temps. La durée que le sportif se remette de ses blessures autant physiques que mentales.  
Pour le moment, l'un comme l'autre se contentaient du temps inestimable qu'on leur laissait. Jamais assez d'après l'artiste qui ne ratait pas une occasion de se blottir contre son grand blessé ou d'être entièrement à sa disposition. Odd ne pouvait imaginer une seule seconde ce que son compagnon avait vécu là-bas même s'il s'était rendu sur place et surtout il ne pouvait s'imaginer ce qu'il vivait à présent. Presque cloué sur ce lit comme un incompétent, obligé de demander de l'aide même pour la plus insignifiante action. Ne plus pouvoir courir surtout devait être le pire, l'artiste s'imagina ne plus pouvoir dessiner et une vague d'angoisse resserra sa gorge. Pauvre Dacre. Mais si Odd était certain d'une chose à présent -en dehors de ses sentiments pour le bouclé- c'était la force dont son amant était capable. Il s'en remettrait peut-être avec du temps, mais il serait capable de bientôt pouvoir reprendre ses habitudes. A la fois soulagé et triste à l'idée de perdre son rôle indispensable, mais tellement heureux de le revoir recouvrer ses capacités.
Honte de le faire rire ? Il en était fier, oui ! Complètement amoureux de son sourire, il voulait le voir habiller ce si beau visage. Bien évidemment qu'il se sentit un brin coupable voir même cruel de le faire rire alors que ses côtes attendaient la moindre occasion pour le faire souffrir. Il ne répondit que par une expression de fierté débile. Les yeux plissés et un énorme sourire. Il regarda ensuite sa main se rapprocher des lèvres de Dacre et ce dernier déposer un baiser dans sa paume. Son autre main avait quitté le torse du sportif, c'était une tentation qu'il ne pouvait pas se permettre dans cet état. Elle avait alors rejoint les draps afin de rester sage.
A disposition de son bien-aimé, il attendait que ce dernier liste ses besoins. C'était une routine à présent et bien qu'Odd se doutait de la suite des événements, il laissait toujours Dacre parler. Il ne devait rester que le petit -grand- lutin l'aidant à accomplir ses tâches. « Alors alors... » Son regard se tourna vers le plafond, l'artiste fit mine de réfléchir. « Je sais pas trop. J'ai tellement de choses à faire. » Il se tourna entièrement vers le blessé, gardant sa tête sur sa cuisse. Ses doigts se promenaient sur la couverture, suivant les formes de la silhouette qui se trouvait en dessous. « Je dois déjà aider un autre mec à se foutre à poil pour que je puisse admirer son magnifique fessier. » Les prunelles ténébreuses voguaient sur le mur sans réellement se poser. « Tu sais que c'est difficile d'être un artiste ? » Puis elles se posèrent sur Dacre. Tout ceci n'était que mensonge pour le taquiner. Il se releva, enfourchant  les cuisses sans s'y poser. Bien que pas très lourd, il ne voulait pas appuyé de son poids sur la carcasse encore fragile de son compagnon et lui éviter de nouvelles douleurs. « Mais je peux peut-être m'arranger.... » dit-il en l'embrassant. Ses mains contre la tête de lit, une de chaque côté de Wentle. « Qu'as-tu à m'offrir en échange ? » Bien qu'il n'attendait absolument rien en échange, il aimait se montrer taquin. Il l'embrassa de nouveau avant de lui glisser à l'oreille : « Je te confirme, tu as vraiment besoin d'une douche. » Un troisième baiser, mais cette fois déposé sur sa mâchoire, près de son oreille. Il s'écarta, son sourire amusé plaqué stupidement sur sa face.  
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Lun 16 Jan - 1:18

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Dacre n'avait d'yeux que pour Odd, que pour cet homme à qui il devait tant. Plonger son regard dans le sien ne faisait plus rougir le sprinter. Du moins, pas autant qu'auparavant. Mais Galindo parvenait toujours à trouver le bon mot, à doser son regard d'une étincelle de grivoiserie certaine d'avoir raison des émois du ravitailleur. Il suffisait d'un contact visuel, d'un geste, d'un signe, et les joues de Wentle s'embrasaient. Une manie dont Odd semblait raffoler, et à laquelle Dacre ne pouvait absolument rien. Tout comme il ne pouvait rien contrôler quand un sourire venait orner les lèvres du pêcheur. Un sourire qui pansait ses coups et ses blessures, et mettait un peu de chaleur dans son cœur. Odd y arriverait toujours. Il était cette bouée de sauvetage à laquelle il s'était accroché dans ce naufrage qu'était devenu la vie. Il était son repère. Et, par-dessus tout, l'homme qu'il aimait. En se réveillant et en trouvant le moustachu concentré sur son dessin, Dacre et son esprit embrouillé par le sommeil n'avaient pas réalisé à quel point Galindo veillait sur lui. Tenait à lui. Maintenant qu'il avait émergé et que Odd se trouvait allongé près de lui, Dacre le savait. La douceur dans son regard ne pouvait tromper, et son cœur se serrait à mesure qu'il comprenait, et revoyait la scène. Odd ne le laisserait jamais. Cette réalité lui aurait mis les larmes aux yeux si le pêcheur ne s'était pas mis à faire l'andouille, déclenchant chez Dacre un léger rire qui martyrisa légèrement ses côtes. Mais son cœur se serra un peu plus dans sa poitrine, et sa gorge se noua. Il ne remercierait jamais assez le destin d'avoir placé ce moustachu sur son chemin. Chanceux. Il l'était vraiment. Dacre n'aurait jamais cru pouvoir trouver autant de bonheur au beau milieu de cette apocalypse, quand terreur et chaos régnaient aux quatre coins du monde. Il voulait se réveiller dans les bras d'Odd jusqu'à la fin de ses jours, croiser son regard jusqu'à ce que ses paupières se ferment pour de bon. S'il n'envisageait pas encore de quitter ce lit et cette chambre, Dacre savait pourtant que cela devrait se produire. Un jour ou l'autre. Il ne supportait pas cette oisiveté, et pourtant, il ressentait le besoin de s'isoler ainsi. Une mise à l'écart réparatrice, en quelque sorte, se disait-il quand le doute l'assaillait sur ce qu'il faisait. Il ressentait déjà le manque lié à la course, et c'était bon signe. Bientôt, il sortirait. Quand la douleur se sera tue et qu'il en aurait la volonté.
Pour le moment, les besoins étaient tout autres. Primaires. Une faim de loup lui broyait les entrailles depuis qu'il s'était éveillé, et il s'était aussi rendu compte qu'une douche lui ferait le plus grand bien. Mais Dacre aurait besoin d'Odd pour tout ça. La peste soit de ces maudites côtes, gronda intérieurement Dacre qui détestait le fait d'avoir été privé de son indépendance par quelques coups de pieds. Il ne put néanmoins qu'annoncer minablement à Galindo ce dont il avait besoin et envie. Il vit le regard de l'artiste se lever vers le plafond et une mine songeuse prendre possession de ses traits. Je sais pas trop. J'ai tellement de choses à faire. Dacre haussa un sourcil, tout en cachant son amusement face au jeu d'acteur de son amant. L'alibi qu'il lui sortit, complètement débile et uniquement voué à le taquiner, acheva Dacre qui cette fois ne put s'empêcher de sourire. Odd se redressa soudain, et enfourcha ses cuisses sans cependant s'appuyer sur lui. Dacre glissa une main dans la nuque de Galindo au moment où celui-ci venait l'embrasser, et il répondit à son baiser avec la plus grande délicatesse. Il frotta le bout de son nez contre celui de l'artiste alors que celui-ci ajoutait : Qu'as-tu à m'offrir en échange ? Une lueur rieuse passa dans le regard de Dacre. Nouveau baiser, qui lui fit fermer les yeux. Il réfléchissait à une réponse lorsqu'il entendit la voix rugueuse de Galindo ronronner à son oreille : Je te confirme, tu as vraiment besoin d'une douche. Dacre rouvrit les yeux et plongea son regard dans le sien. « Espèce d'idiot, » murmura-t-il avant de l'embrasser longuement. « J'irai, » ajouta-t-il, une lueur de défi dans le regard. « Avec ou sans ton aide. Même si ça doit me prendre deux jours. » Pareillement, il n'était pas sérieux. Il secoua doucement la tête, puis il passa un bras par-dessus l'épaule d'Odd. « Aide-moi, s'il te plaît. » Se mettre debout était un exercice encore compliqué pour le ravitailleur, et lorsque Galindo et lui se trouvèrent debout près du lit, Dacre garda un main appuyée sur l'épaule de son amant. Il enchaîna plusieurs prises de respiration, jaugeant son corps, puis il hocha doucement la tête pour montrer qu'il était prêt. Il ne portait sur lui que ce jogging en toile devenu une sorte de pyjama. Il s'était placé de sorte à ce que les bleus qui tapissaient son abdomen soient cachés par Odd. Fort heureusement, la salle de bain ne se trouvait pas loin. Il espérait ne croiser personne sur le chemin, et le chance sembla être de son côté, car ce fut le cas. Ses mains s'agrippèrent aux rebords du lavabo, libérant Odd de son poids. Il laissa à celui-ci le soin de fermer la porte derrière lui, et jeta un coup d'oeil dans le miroir qui lui faisait face. Il leva un main tremblante jusqu'à son visage et caressa cette barbe qui lui donnait une petite allure de bagnard. Il se tourna vers Odd, pâle. Le voyage, même minuscule, lui avait semblé jonché d'obstacles avec cet estomac vide qu'était le sien. Il ne voulait plus non plus faire face à cette silhouette amaigrie dans le miroir. Son regard, baissé jusqu'ici au même titre que sa tête, chercha celui de Galindo. Chercha le réconfort dans tout le brun de ses prunelles.
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Ven 20 Jan - 0:17



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Dacre & Odd



“Nobody looks good in their darkest hours. But it’s those hours that make us what we are.”


La vision était affreuse. La sensation aussi. Contre ses doigts, sous ses longues phalanges amoureuses son cœur saignait. Il sentait la fragilité de son cher et tendre tout contre lui. Il sentait les épreuves qu'il avait traversées sans qu'Odd ne puisse rien faire. Comme une odeur souvenir, comme une cicatrice encore boursouflée dans son esprit. Incapable de protéger l'être aimé, alors à quoi pouvait-il bien servir dans ce monde fétide ? Incapable il l'avait été, mais aujourd'hui même s'il devait périr il le protégerait coûte que coûte. La fatigue se dégageait de Dacre comme la chaleur du Soleil. Rien qu'à le regarder, même quelques secondes, cela était évident. Mais en plus d'être épuisé, son petit sportif était aussi tout cassé. Contusionné, mais vivant et c'était ce dernier mot qu'Odd voulait retenir. Malgré les marques, la peur, la haine et la tristesse, il était bien vivant. D'autres n'avaient pas eu cette chance. Et même s'il n'était pas dans son meilleur état, ce n'était que temporaire. Juste quelques jours, quelques semaines tout au plus. Galindo voyait déjà l'amélioration – ou il croyait en voir une – et Dacre ne tarderait pas à la sentir. Petit, amaigri, mais il pesait quand même son poids. Appuyé sur l'épaule de l'artiste, ce dernier le laissait tout guider. Ajustant sa hauteur à celle qui semblait plus confortable pour son amant. Calant sa vitesse sur celle des pieds exténués. Dans le lit, au milieu de ces oreillers et de cette couette il ne faisait pas si...faible. Debout, presque chancelant, chaque pas étant une épreuve, Odd voyait bien l'état pitoyable qui lui collait à la peau. Son regard fuit dès la première seconde, ce corps qu'il avait embrassé quelques jours auparavant encore vigoureux et appétissant. Une de ses mains reposait sur les côtes. Juste posée là, comme une plume, aussi légère presque absente. Sous la pulpe de ses doigts, il sentait les os danser une valse macabre sous la fine peau. Sa gorge sèche se serra, lui arracha une douleur chaude. Il ne pouvait pas le regarder pour ne pas fléchir. Il devait être fort pour eux. Pour leur couple. Pour Dacre. Son autre main rejoignit inconsciemment celle posée sur son épaule. Il caressa le dos de la pogne avant de l'enlacer de ses fines phalanges. Le court chemin, pourtant si long étrangement dans cette situation fut silencieux. La gorge encore nouée de Galindo ne laissait sortir aucun mot. Leur aventure n'était rythmée que par la respiration irrégulière du puant. Dans une autre situation il lui aurait accordé ce surnom avec un sourire gamin sous sa moustache, mais la vision de ce corps aimé venait de lui exploser à la face et il accusait encore le coup.
Si on lui avait dit qu'un jour son cœur battrait de nouveau pour quelqu'un, Odd aurait sans doute rit. Encore et encore jusqu'à en avoir mal au ventre et les larmes aux yeux. L'amour n'existait pas ou plus. Il avait cru être fou amoureux de Cordelia pendant des années pour finalement perdre sa propre identité. Si c'était ça l'amour, ne devenir qu'une ombre, un pantin désarticulé il refusait d'y replonger. Il y avait eu Rory ensuite, avec lui il n'avait jamais été question d'amour. Juste un attachement, une attirance inexplicable. Torride et addictive qui faisait encore vibrer son corps quand il y repensait. Dacre était arrivé tel un miracle, inattendu dans le pire merdier qui puisse exister. Dacre avait été son trait coloré dans un dessin en noir et blanc. Une lueur d'espoir qu'il avait cru perdre alors qu'il venait tout juste de l'effleurer. Et alors qu'il avait pensé se voir enlever le beau ravitailleur, tout son monde s'était écroulé. Et là il avait su. Une évidence. Il était amoureux. Un sentiment certain et adulte. Amoureux de Dacre Wentle. Passionné par ce corps de sportif aux lignes imparfaitement sublimes. Entiché de ces boucles ténébreuses et dessinées avec précision. Épris de ces joues vermillon brûlantes à son contact. Amoureux. Cruellement. Égoïstement. Somptueusement amoureux.
Le pas de la porte passé, Odd cru ressentir ce que son compagnon avait bien pu ressentir en franchisant la ligne d'arrivée après une course. Il attendit que Dacre se maintienne complètement au lavabo avant de s'écarter. Gardant momentanément une main derrière lui. Galindo recula lentement, le regard dans le vide. Loin de la silhouette pour laisser un peu d'intimité. Puis il se tourna et ferma la porte. Le verrou entre son pouce et son index était froid, mais il le garda longtemps entre ses doigts. Le contact lui fit du bien. Son dos se colla contre le bois de la porte. Bien que présent dans la salle de bain, il désirait se faire le plus petit possible. Présent que pour aider son compagnon en cas de besoin et rien de plus. Il était là pour lui tendre la serviette ou lui savonner le dos. Une petite souris qui disparaîtrait rapidement pour aller préparer le repas. Le regard respectueux se tenait sur le sol. Dacre n'avait pas besoin de se sentir observer et Odd ne voulait pas être témoin des retrouvailles avec son reflet. Mais les yeux ancrés sur sa personne lui fit relever le regard. Un maigre sourire, douloureux, naquit sur son visage tandis qu'il se décollait de la porte. Ses mains se posèrent sur les joues velues de son survivant préféré. Il se balança un peu, d'un pied sur l'autre puis seulement les épaules. Gardant toujours ce pauvre sourire plein d'amour. « Tu restes le plus bel homme qui m'ait été donné de dessiner. » Pudiquement il déposa un baiser si doux, si léger sur le front de Wentle. Les mots se dessinèrent sur le bout de sa langue, la bouche s'ouvrit pour laisser la première syllabe s'envoler et frapper l'interlocuteur, mais elle s'éteignit aussitôt. Ce n'était pas le moment. Ses mains descendirent afin d'étreindre Dacre. Il se rapprocha de lui au maximum sans pour autant le serrer. Son corps contre le sien, il n'y avait pas meilleure sensation. Pas meilleur réconfort. « Ça pendra du temps, mais je suis là et à deux tout ira plus vite. » Dans le dos du ravitailleur, une main allait et venait de bas en haut puis de haut en bas. Calmement, elle se promenait sur la colonne. « Vois les bons cotés. Tu as encore tes belles boucles. Une belle barbe, t'as pas tout perdu de ton beau fessier, mais surtout le plus important, c'est que tu es chanceux de m'avoir. » Le visage se recula afin de gagner les prunelles de l'autre. Son sourire plus franc puait la connerie et la fierté. « Tu peux tout me demander et je le ferai. J'sais pas trop si c'est de l'amour ou de la stupidité, mais en tout cas tu as intérêt à prendre soin de moi pour éviter qu'un autre mâle nécessiteux ne m'enlève à toi. » Ses deux pognes descendirent jusqu'à atteindre le haut du jogging dans le dos de Wentle. Attrapant le haut du vêtement, Odd embrassa le cou laissé à sa merci de sa moustache. « A la douche le crado ! Déjà qu'on va mettre trois jours à revenir dans la chambre, si tu veux manger, va falloir accélérer la cadence. »  Il se décrocha difficilement, mais rapidement de Dacre, allant faire couler l'eau le temps pour gagner un peu de temps.  
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Sam 28 Jan - 0:23

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Le reflet était dans le miroir était cruel pour Dacre, qui ne supportait pas de voir ce jumeau à l'allure décharnée. C'était un rêve, un songe éveillé. Un état second, qui jouait avec ses nerfs et ses émotions. Cruel, parce que ce corps amaigri lui rappelait la privation et la captivité subies. Cruel, parce qu'à la vision de ces bleus sur son abdomen il ressentait presque à nouveau les coups de pied reçus dans ses côtes. Cruel, parce que ce reflet n'épargnait pas Odd. Dacre plaça une main sur sa peau pour cacher les ecchymoses qui avaient tourné au violet. Un geste qu'il aurait voulu plus efficace ; il pria pour que les marques aient disparu mais en déplaçant légèrement sa paume, il réalisa que ses espoirs étaient vains. La cage thoracique se levait et se soulevait, le ravitailleur sentait ses poumons se gonfler puis se vider. Les yeux mi-clos, il profita presque de cette simple réalité. D'avoir la possibilité de se laisser aller. De ne plus penser au chaos qui régnait derrière les murs d'Astoria, de ne plus angoisser. Le stress pouvait et devait le quitter, mais étrangement, il restait, telle la plus coriace des taches sur un vêtement. Alors, Dacre posait les yeux sur Odd, et le mal qui le rongeait s'en allait. Il n'y avait qu'une paire d'yeux au monde capable de l'apaiser. Galindo, et lui seul. L'effet était instantané. La chaleur de ses prunelles savait toujours trouver le chemin qui menait au palpitant de Wentle. Dépendant qu'il était, le Floridien. De ses yeux comme de ses lèvres. De sa présence comme de ses mots. Odd était devenu son indispensable, son tout. Et bien que Dacre n'assumât pas le moins du monde toutes ces choses, il savait pourtant qu'un jour viendrait où il le faudrait. Il n'avait pas l'intention de laisser le pêcheur lui filer entre les doigts. Il l'aimait, tout simplement. Désespérément. Ça avait tellement d'importance à ses yeux, et même s'il ne l'avait pas encore dit à haute voix, il ne le pensait pas moins. Mais si l'amour était bien présent dans ses yeux lorsqu'il les posait sur Odd, c'était surtout un profond sentiment de honte qu'il ressentait à l'heure actuelle. La honte d'infliger cette vue qu'était la sienne à son ami et amant. Et pourtant, il restait là, Odd. Et Dacre, qui cherchait dans ses yeux de quoi le rassurer, sentit deux mains se poser de chaque côté de son visage. Il ferma les yeux à leur contact, savourant la douceur de ces paumes contre ses joues. Tu restes le plus bel homme qui m'ait été donné de dessiner. Dacre rouvrit aussitôt les yeux, et il leva sa main libre pour la poser sur une de celles d'Odd. On ne lui avait jamais fait plus beau compliment. « Odd... » Submergé par une immense vague d'émotion, le ravitailleur cherchait ses mots. Galindo vint déposer un baiser d'une tendresse infinie sur son front, et son cœur loupa un battement. Sans réfléchir, le sprinter se laissa aller tout contre cet homme aux multiples visages. Il enfouit son visage dans son cou comme il aimait tant le faire, et ses mains partirent se poser dans le dos du dessinateur. C'était tellement bon. Juste son corps contre le sien. Dacre aurait pu rester ainsi pendant des heures entières. Il aurait tant aimé dire à Odd tout ce qu'il avait sur le cœur, tous les sentiments qui l'habitaient. Dacre débordait d'amour. Ça prendra du temps, mais je suis là et à deux tout ira plus vite. Dacre hocha doucement la tête, convaincu par les propos de Galindo. Cette main qui allait et venait tendrement dans son dos achevait de le rassurer. Les paroles qui suivirent ne purent que faire sourire le sportif. Odd se recula et Dacre plongea son regard dans le sien. Suspendu à ses lèvres, qu'il aurait bien voulu embrasser. Il mordit sa lèvre inférieure quand les mains de son amant attrapèrent le haut de son jogging et qu'il plaqua ce baiser dans son cou. De l'amour ou de la stupidité. Cela ressemblait à une déclaration, et cela ne pouvait pas rendre Wentle plus heureux. Il sourit, et supporta tant bien que mal l'éloignement exercé par Odd. Il tira sur les liens qui formaient un nœud devant son jogging tandis que Galindo s'occupait de faire couler l'eau. « Odd, » souffla-t-il, la voix presque tremblante tant l'émotion l'avait gagné plus tôt. Il attendit de croiser à nouveau le regard du moustachu pour prononcer à mi-voix : « Merci. » Un merci pour bien des choses. Un merci pour tout ce que Galindo avait fait et faisait pour lui. Un merci qui venait droit du cœur, empreint d'une sincérité qui ne trompait pas. Dacre baissa ensuite les yeux sur son jogging, puis le fit chuter à ses pieds. Quelques pas sur place pour s'en débarrasser, puis il se retrouvait nu comme un ver. Pas que la situation était inhabituelle auprès d'Odd. Dacre n'avait jamais fait preuve d'une grande pudeur. Il s'approcha de la cabine de douche et s'y glissa avec précaution, avant de faire coulisser la porte derrière lui. La température de l'eau était délicieuse, et il alla se placer sous le jet pour en profiter pleinement. Il leva prudemment une main pour rabattre en arrière la masse de cheveux qui venait de lui tomber sur le front. Il localisa le gel douche, puis hésita un instant, avant de faire à nouveau coulisser la porte de la douche. « Eh, » dit-il à l'intention du moustachu, un sourire espiègle aux lèvres. « Tu viens m'aider ? » La demande sonnait comme on voulait l'entendre, et même si Dacre avait mis dans sa voix un brin de séduction, il ne changeait rien au fait qu'il avait réellement besoin de l'aide de Galindo.
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Mer 1 Fév - 23:59



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Les nombreuses nuances étaient si belles et pourtant si dramatiques. Sous d'autres circonstances Odd serait tombé amoureux de toutes ces teintes harmonieuses. De ces couleurs douleurs retraçant la triste réalité. Les cicatrices de ce monde perdu ornait l'épiderme du bien aimé, mais surtout elles habitaient les sombres iris qui à présent brillaient d'une étrange lueur. Il les aurait tant aimées si ce n'était pas ce corps qu'il aurait préféré indemne qu'elles marquaient. Ce corps qu'il aimait intact et bien portant. Ce corps pur et cette âme sauve. Il les aurait tant aimées si Dacre n'en avait pas honte ainsi. Le voir se donner tant de mal à les cacher ou tenter de les faire disparaître brisait le cœur d'Odd qui lui voyait dans les marques la force de son amant. Sa survie. Leurs retrouvailles. Il n'osait ni les toucher ni les regarder alors qu'il ne désirait que les admirer avant qu'elles ne disparaissent. Il les aurait tant aimées si on lui en laissait l'occasion, mais son rôle n'était pas celui-ci. L'homme devait prendre soin de son compagnon. Maintenant plus que jamais. Il devait lui faire oublier ce passé et les teintes que son corps prenait. Il devait l'aider à remonter la pente aussi raide soit-elle. Il devait être son pilier dans cet univers sans repères. Il devait être son tout quand il n'y avait plus rien. Il devait être son secret et pourtant son ombre. Odd se doutait que ce brusque déménagement dans sa tanière éveillerait la curiosité, de nombreuses personnes se doutaient sans doute du lien que les deux avaient tissé. Mais Dacre ne voulait rien dévoiler. Dacre voulait attendre de se sentir prêt. Dacre devait prendre soin de lui dans un cocon qu'Odd rendait confortable et rassurant.
Malgré son envie de rester collé à sa muse presque nue, Galindo se détacha afin d'aller faire couler l'eau. Ça devenait trop sérieux, trop important, trop difficile pour le petit cœur tout sensible du moustachu. La zone de confort d'Odd était minuscule. Ses sentiments pour Dacre étaient certains, mais les choses étaient différentes entre le lui montrer comme il faisait à présent et lui en parler directement. Les gestes plus simples que les mots. Son nom retentit aussi fragile que du cristal entre les lèvres de l'amant rappelant alors à lui toute l'attention que le moustachu avait délibérément détourné pour ne pas craquer. La tête à demi baissée se tourna vers le ravitailleur. Ses yeux, comme n'attendant que ça, agrippèrent la silhouette abîmée. La faible voix prononça un remerciement qu'Odd ne comprit pas. C'était son rôle d'être là pour lui et pour ça, il ne méritait aucun merci. Pour réponse, l'artiste se contenta d'un simple sourire embarrassé qui disparut bien vite tandis que son regard restait, lui, figé à ce corps tant désiré. Ses iris restèrent alors que celles de Dacre prirent une autre direction. L'homme en profita pour l'admirer. Lui et ses hématomes. Ses hématomes et lui. Les courbes intimes commençaient à se dévoiler sous cette descente de tissus quand Odd détourna le regard. Sa présence n'était pas un frein à son intimité et le pêcheur le respectait trop pour ne pas lui accorder rien qu'un instant privé. En plus, il connaissait déjà ce corps par cœur, il lui suffisait de faire renaître les souvenirs bien chauds de leur amour naissant.  La tête baissée, le regard coincé sur le carrelage au sol, il apercevait dans son champs de vision, un Dacre en train de piétiner son jogging pour pouvoir s'en débarrasser. Il esquissa  un sourire amusé avant de secouer la tête. La cabine de douche avala la nudité de son amant et la tête se releva.
Il était en train de ramasser le jogging abandonné à même le sol quand on demanda son attention. Odd se doutait bien de la suite de la demande. « Ai-je vraiment le choix ? » La question ne voulait pas de réponse et son volume sonore ne permettait presque pas d'en obtenir. Il déposa le bas près du lavabo avant d'y ajouter ses affaires. Son t-shirt en premier, son pantalon en second et son boxer pour terminer. Il se glissa à l'intérieur de la cabine et murmura à l'oreille de Dacre : «C'est une mauvaise habitude que tu es en train de prendre, tu sais ? » Une main gourmande alla se poser sur le fessier. L'autre prit ses quartiers dans les boucles trempées. Réajustant la tignasse pour dévoiler un maximum les traits. Deux baisers déposés tendrement. Sur la bouche. Sue le bas d'une joue. « A force, je vais devoir te faire payer mon aide. »  Il mit fin à sa phrase en l'embrassant de nouveau. « Bon, en quoi puis-je t'être utile ? » Contrairement à son comportement passé, Odd s'accorda un regard intéressé sur le physique certes marqué de Dacre, mais toujours aussi plaisant. Le sourire en coin lui donnant un air presque d'homme affamé prêt à dévorer à tout moment son délicieux repas. «Ne perdons pas de temps, je sais pas combien de temps je vais pouvoir rester sage. » Galindo lui accorda un clin d’œil. La main posée sur le fessier remonta jusque dans la chevelure trempée de son sportif préféré.  « T'es vachement sexy tout mouillé. » Une observation qu'il allait bientôt croquer de son crayon.
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Sam 4 Fév - 1:44

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Tout était si simple, et à la fois si compliqué. Simple, depuis que Dacre s'était ouvert à Odd. Depuis que les deux hommes partageaient cette relation intense, fusionnelle, au-delà de tout ce que le ravitailleur avait espéré. Simple, parce qu'il avait ces sentiments pour Galindo. Tus jusqu'ici, mais qui ne demandaient qu'à être exprimés, libérés. Dacre était désespérément amoureux, et s'il gardait cette chose pour lui pour le moment, il tâchait de le faire comprendre à Odd dans ses gestes, ses regards. C'était surtout si simple d'assumer partiellement cette attirance qu'il éprouvait à l'encontre du moustachu. Même si cela restait dans le domaine du privé, Wentle n'avait plus peur de refouler ces envies qui le torturaient jusqu'alors. Il pouvait se faufiler dans les bras de l'artiste et y rester, un peu comme à l'instant présent, dans ce salle de bain. Dacre pouvait embrasser ces lèvres quand bon lui semblait, et même si les deux hommes n'avaient jamais vraiment passé le pas, il n'en désirait pas moins son amant avec la même fougue qu'un adolescent. Peu pouvaient se vanter d'avoir trouvé l'âme sœur en pleine apocalypse, et Dacre comptait bien profiter de chaque instant en compagnie d'Odd. Mais c'était aussi compliqué. Sa santé, autant physique que mentale, fragilisée depuis ce kidnapping dont il avait été victime avec d'autres ravitailleurs. Si Dacre restait et resterait à jamais un éternel optimisme, la pente était néanmoins longe à remonter. Mais il s'en sortait. Petit à petit. La confiance revenait, l'assurance aussi, et en grande partie grâce à Odd. Seul, Dacre savait déjà qu'il ne s'en serait jamais sorti, ou pas aussi bien. Aussi, tout seul dans cette cabine de douche, le ravitailleur prit-il conscience qu'il ne voulait pas être seul. Il voulait Odd près de lui. Orphelin de ces bras dans lesquels il tombait, de ce torse contre lequel il se blottissait et de ce cou dans lequel il avait pris l'habitude d'enfouir son visage pour sentir ce parfum musqué, fort, propre à Galindo. Il ne put se retenir de requérir la présence de son amant, et si la demande fut teintée d'une note terriblement séductrice, Dacre ne se faisait pas d'idées. Il ne se passerait rien. Pas tant qu'il ne retrouvait pas son autonomie et que les douleurs intercostales étaient toujours présentes. Ai-je vraiment le choix ? Dacre esquissa un sourire, puis secoua la tête pour lui-même. Il se tourna dans la douche en sentant l'air frais s'engouffrer dans la cabine quand Odd le rejoignit. D'une main, il augmenta légèrement la température de l'eau en tournant le robinet. C'est une mauvaise habitude que tu es en train de prendre, tu sais ? En sentant une main se poser sur son fessier, il se cambra légèrement, et lorsque la deuxième prit ses quartiers dans ses mèches, il ferma les yeux. Pourquoi fallait-il que Galindo soit si... tentant ? Dacre se mit à penser que c'était une erreur monumentale que d'avoir attiré le dessinateur avec lui dans la douche. Il rouvrit les yeux et ses prunelles dévalèrent le corps du moustachu avec gourmandise. Il rougit légèrement, puis glissa une main dans la nuque de Galindo tandis que celui-ci couvrait sa peau de baisers aux saveurs d'extrême-onction. Odd ne pouvait pas s'empêcher de raconter des bêtises, et quelque part, tant mieux. Dacre pouvait se concentrer sur sa voix plutôt que sur ses... gestes. Il capta la regard intéressé du grand brun après qu'il lui ait demandé en quoi il pouvait lui être utile. Ne perdons pas de temps, je sais pas combien de temps je vais pouvoir rester sage. Dacre ne put s'empêcher de rire, ce qui provoqua une légèrement douleur au niveau de ses côtes. Pourtant, il s'en fichait. Il frotta le bout de son nez contre celui de Galindo, heureux, si heureux de l'avoir avec lui malgré le caractère tentateur de la situation. Un compliment suivit, et les joues du ravitailleur s'empourprèrent comme jamais. La main d'Odd, entre-temps, avait quitté son fessier, et Wentle frissonna sous les caresses qu'il recevait. « Hmm, » laissa-t-il monter, semblable au ronronnement d'un félin. Dacre chercha autour de lui un instant, puis il prit une de mains de l'artiste pour la poser sur son avant-bras, plaçant son pouce à un endroit bien précis. Une petite cicatrice blanche, fine, de la taille d'une agrafe. L'œuvre d'un hameçon appartenant à son amant. Il déclara, ignorant momentanément la question, ses lèvres frôlant celles d'Odd tandis qu'il parlait : « Je t'ai dans la peau, Odd Galindo. » Il laissa quelques secondes s'écouler avant de reprendre la parole. « J'me souviendrai toujours de la tête que tu faisais, ce jour-là. J'ai cru que j'étais fini, » plaisanta-t-il, un large sourire, radieux, illuminant son visage. Il cueillit un long et langoureux baiser sur les lèvres du moustachu, puis il se tourna doucement pour attraper le shampoing. Il le tendit à Odd tout en le fixant de ses grands yeux havane. Puis, il ajouta : « J'm'en voulais tellement, tu sais. Mais quelque part, on en serait sans doute pas là si j'avais pas fait l'andouille... hein ? » Dacre parlait avec cette innocence propre aux enfants, les yeux illuminés chaque fois qu'il les posait sur l'homme qui faisait battre son cœur.
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Lun 6 Fév - 0:09



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Les doigts entremêlés dans les boucles imbibées provoquaient chez l'artiste une sensation étrangement réconfortante. Il s'agrippait à cette vie, à cette chance qu'on lui avait donnée comme un noyé pouvait s'accrocher à la bouée qu'on venait de lui envoyer. Juste le hasard ou un merveilleux coup du destin, Odd ne savait qu'une chose : il était heureux. Totalement comblé de pouvoir partager son lit, sa douche et le reste de sa vie avec Dacre. Il se retrouvait à ne penser qu'à lui. A ne vouloir dessiner que les courbes musclées du sportif, trouvant les autres presque ennuyantes à côté. Il se retrouvait à vouloir tout partager et ne plus vouloir le quitter. Il souhaitait lui dévoiler tous ses secrets, même les pires. Avec les années et durant son mariage l'homme avait perdu la notion du véritable amour. Celui qui nous transporte et nous fasse rêver. Celui qui est autant merveilleux qu'effrayant. Pour lui, les sentiments n'étaient qu'un piège qu'il avait prévu d'éviter jusqu'à la fin de ses jours, mais c'était sans compter la présence du sportif qui venait tout chambouler. L'existence paisible du survivant en tout premier. D'abord, Odd était tombé sous le charme de cette carrure bouclée. De ce physique mêlant force et innocence. Ensuite, le comportement du ravitailleur l'avait complètement fait craquer. Rougissant comme ce n'était pas permis et pourtant se foutant à poil dès que possible pour quelques portraits. Galindo aimait cette contradiction qui fleurissait à son contact. A présent il lui était plus rare de voir les joues s'empourprer ou d'observer la timidité emménager dans les traits de Dacre. Pourtant les deux hommes n'avaient pas passé énormément de temps ensemble depuis leur premier baiser. Le temps volé qu'ils ne pourraient jamais récupérer, mais Odd restait persuadé que bientôt leur histoire pourrait reprendre pleinement son cours. Ces derniers jours, le pêcheur avait été plus infirmier que compagnon et bien qu'il trouvait ce rôle gratifiant, il avait hâte de l'abandonner pour celui d'amant.
A cette vision du corps nu, un lot indécent de pensées lubriques lui traversa l'esprit. Le mâle qu'il était, reprit momentanément le contrôle, imaginant toutes les choses qu'il pourrait, mais surtout voulait faire dans cette douche. Ses yeux avaient parcouru la silhouette tel un oasis en plein désert, ce ne fut qu'une fois les prunelles rencontrant les hématomes que l'homme se rappela de l'état dans lequel se trouvait son compagnon.  Son désir, encore bien présent, diminua aussitôt. Il ne pouvait pas lui demander ça tout en sachant pertinemment qu'il allait en souffrir. Bien que les mots n'étaient encore jamais sorti de cette bouche moustachue, Odd aimait tellement Dacre qu'il aurait pu attendre des semaines, des mois, des années avant de partager à nouveau un moment charnel. La seule chose qui comptait à présent c'était l'état physique et mental de son survivant. Rien d'autre ne comptait. Ainsi, il passait la plus grande partie de ses journées non loin de la marmotte qu'était Wentle. Ne créant une distance que pour le nécessaire, il se hâtait pour revenir au plus vite et que son grand blessé ne remarque rien. Par chance, Odd avait toujours été un peu solitaire et cette nouvelle façon de vivre ne le changeait pas réellement de d'habitude. Seule la présence, même endormie, de Dacre lui suffisait. Il tentait quelque fois de s'ouvrir un peu, de se socialiser, mais ça ne durait jamais longtemps. Le ravitailleur étant l'un des rares à avoir réussi à l'apprivoiser.
La main s'envola, guidée par son compagnon, Odd le regarda faire sans objecter, trop curieux de voir ce qu'il avait en tête. La cicatrice sous la pulpe de son pouce le fit frisonner. Il avait presque oublié ce détail. Pour Odd, leur rencontre remontait à bien avant ce jour bien que leur premier véritable échange avait eu lieu à ce moment. L'artiste avait flashé sur le nouveau survivant peu après la fin de sa quarantaine, cependant ça n'avait été que l'artiste voyant une inspiration pour ses dessins. Le coeur, lui, avait cédé bien après. Il sourit à l'évocation de sa colère. Faut dire que Dacre avait ce jour-là bien foutu sa merde dans les lignes du pêcheur. Non seulement il avait cassé sa solitude mais surtout fait fuir les poissons.  Sous les lèvres de son compagnon, il referma légèrement son emprise sur le bras. Dans un autre contexte, il lui aurait fallu beaucoup moins pour le plaquer contre le mur. Odd usa toute sa volonté pour se contrôler. Toutes les bonnes choses ayant une fin, les lèvres de Dacre quittèrent les siennes. Profitant de l'éloignement rapide, les prunelles s'égarèrent sur le fessier qui se présenta à elles. Il recueillit le shampoing qu'on lui tendait avant de soupirer d'amusement à la phrase du dépendant. « L'andouille ? » Un rire éclata, il n'y avait que Wentle pour parler ainsi. « C'était totalement con. » Acquiesça-t-il en souriant. Odd déversa sur la crinière trempée de son ami un peu de shampoing puis posa le flacon à sa place. « Peut-être oui... » La phrase resta en suspension tandis qu'il caressait doucement la chevelure pour la faire mousser. Les iris descendirent jusqu'à leurs voisines. « Pour tout te dire, je t'avais remarqué bien avant cet acte complètement stupide. » Le pêcheur en profita pour remettre une couche tout en gardant un sourire moqueur. Les prunelles remontèrent pour se poser sur la mousse qui émanait de la masse sombre des cheveux. « Je te trouvais très intéressant à dessiner, mais je pensais pas une seule seconde qu'il était tout aussi intéressant de partager mes draps avec toi. » Ses lèvres se posèrent sur la joue de Dacre avant de dévier à son oreille. C'était plus fort que lui, il ne pouvait s'empêcher d'aller sur ce terrain qui était plus que glissant à ce moment précis. « Dépêche toi de guérir qu'on puisse recommencer. » murmura-t-il avant de s'éloigner innocemment. Odd reprit son sérieux et se remit à laver les cheveux du bouclé. Il prenait son temps. Appréciant la sensation de la mousse lui filant entre les doigts. « J'ai tellement eu peur Wentle. » Pour la première fois il osait lui dire ce qu'il avait ressentit pendant le drame. Il osait évoquer ses émotions et ce moment qu'il aurait préféré oublier. « J'ai eu tellement peur de te perdre. J'avais mis du temps à me décider, à tenter quelque chose et voilà qu'à peine quelques heures après on t'enlevait à moi. » Ses mains étaient descendues dans la nuque et ses yeux ne quittaient plus ceux de Dacre. Il devait parler. Il devait tout lui dire. Les mots lui brûlaient la gorge, Odd ne se doutait pas que c'était l'émotion qui créait cette sensation désagréable. « Ce moment j'en ai rêvé. Te retrouver c'était tout ce qui comptait. » Il soupira avant de se pincer les lèvres. « Je n'ai pas seulement envie de toi, Dacre. J'ai besoin de toi. » L'inconfort pouvait se voir. Odd n'avait jamais été doué pour parler de lui ou de ses sentiments et encore moins à la personne concernée. Effrayé de totalement se dévoiler, mais tout nu dans cette douche, cette peur semblait tellement ridicule.
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Jeu 16 Fév - 2:28

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Odd ✧ Dacre
Il était vrai que si les circonstances avaient été différentes, Dacre aurait sans doute été moins sage dans cette cabine de douche, avec Odd à sa disposition. Mais même avec toute la bonne volonté du monde, le ravitailleur n'aurait été bon à rien avec la petite forme dans laquelle il se trouvait. C'était tout juste s'il parvenait à tenir debout, et la proximité avec Odd dans la douche, bien qu'immensément apaisante et excitante, était surtout rassurante aux yeux du sprinter. Devoir dépendre d'autrui pour la plus simple des choses était vraiment un aspect auquel il n'était pas du tout habitué, et même s'il était extrêmement reconnaissant envers Galindo pour tout ce qu'il faisait, il n'avait qu'une hâte : retrouver son autonomie et ses capacités physiques d'antan. L'isolement avait été nécessaire pour lui, le temps de digérer le kidnapping et tout le stress ressenti ces dernières semaines. Mais maintenant, Dacre commençait à ressentir ce manque lié à sa passion de toujours, la course. Il voulait enfiler une paire de chaussure, sortir et courir jusqu'à n'en plus pouvoir. Jusqu'ici, courir l'avait toujours aidé à garder les pieds sur terre, à relativiser, à avoir ce genre de réflexion qu'on a dans des moments de lucidité exceptionnelle. Cette chambre avait beau avoir été son refuge pendant quelques temps, Dacre avait besoin de sortir. Comme un conducteur en doute après un accident de voiture, il devait retrouver le monde. Le vrai monde. Celui qui, derrière ces murs et au-delà de ces barrières, était bien là. Celui qui avait pris tant de vies déjà. Dacre n'était déjà pas le mec le plus confiant du monde, et il ne le serait sans doute jamais, mais il avait besoin de retrouver le peu de confiance qu'il avait en lui s'il comptait reprendre sa place au sein de l'équipe de ravitaillement. Odd l'aidait énormément à retrouver cette confiance. Ce qui était en train de se construire entre eux était d'une force incroyable, et Wentle comptait profiter de cette relation autant que possible. Il savait d'ores et déjà et que les départs en mission seraient douloureux. Que quitter Odd, même pour quelques jours, quelques semaines, serait un véritable crève-cœur. Chaque départ était une prise de risque dont chaque ravitailleur était conscient, et Dacre redoutait ces risques maintenant que sa relation avec Odd avait pris un nouveau tournant. Il lui faudrait pourtant passer au-dessus de ces craintes, car malgré tout, le sprinter chérissait l'expression de joie sur les visages de gens à qui il rapportait des petites bricoles de ces excursions. Plus particulière la joie sur le visage du moustachu lorsqu'il tombait, par chance, sur un carnet ou quelques feutres. Le dessin était si important aux yeux de Galindo, Dacre le savait et le voyait. Odd avait besoin de s'exprimer en croquant des visages et des silhouettes comme lui avait besoin de se défouler en courant.

Affaibli, mais animé d'une attitude mi-fanfaronne mi-romantique, Dacre s'était emparé de la main du moustachu pour la poser sur cette petite cicatrice qui ornait son bras. Souvenir de leur rencontre, et de l'idiotie dont il avait fait preuve ce jour-là. Le sourire sur le visage de Galindo, Dacre l'aurait dévoré s'il avait pu tant il l'aimait. Il se contenta d'effleurer ses lèvres des siennes tandis qu'il parlait, faisant de son mieux pour résister à la tentation qu'elles représentaient. La réplique d'Odd provoqua chez lui un large sourire. Oui, ça avait été totalement con, c'était bien vrai. Tandis que le pêcheur déposait un peu de shampoing sur le sommet de son crâne, Dacre se rapprocha un peu plus et pencha la tête en avant afin de faciliter la tâche à son amant. Les mains de Galindo s'activaient dans sa chevelure et bientôt sa tête fut recouverte d'une mousse aux senteurs exotiques. Pour tout te dire, je t'avais remarqué bien avant cet acte complètement stupide. Dacre releva la tête et ses prunelles accrochèrent celles de son interlocuteur. « Sérieux ? » répondit-il, à la fois surpris et content de cet aveu. Il n'aurait jamais imaginé que ça soit le cas. La suite des explications fut accueillie par un petit sourire de la part de Dacre. « Tu as changé d'avis depuis, je suppose... » Il ferma un œil en sentant un peu de mousse lui dégringoler sur la paupière, et frissonna en recevant ce baiser sur la joue et sur l'oreille. Il posa ses deux mains sur le torse d'Odd, autant pour s'appuyer contre lui que pour profiter de ce contact physique. Dépêche toi de guérir qu'on puisse recommencer. Dacre ne put s'empêcher de rougir un peu, et il baissa la tête en souriant. « Bientôt, » assura-t-il dans un murmure. D'une main, il chassa la mousse qui lui tombait dans les yeux, tandis que les mains de Galindo reprenaient leur travail et lui massaient doucement les cheveux. Après un moment de silence durant lequel Dacre savoura cet instant de légèreté, Odd reprit la parole. J'ai tellement eu peur, Wentle. Une nouvelle fois, le nommé releva la tête pour regarder le moustachu dans les yeux. Cette soudaine confidence avait des sonorités graves, et la gorge de Dacre se noua d'émotions. Une de ses mains remonta pour se poser sur la joue d'Odd et l'accompagner dans son initiative. Il soutint son regard pendant tout le temps où le dessinateur lui livra son ressenti, et lorsque sa voix s'éteignit, Dacre avait ressenti son malaise au millième. « Et je suis là, » répondit-il d'une voix qui n'avait jamais été aussi assurée. « J'ai pas l'intention de laisser ça se reproduire, » enchaîna-t-il en secouant la tête. « Hors de question. J'ai cru que je te reverrai plus jamais... » Il se laissa aller dans les bras d'Odd, posant sa tête sur son épaule et s'exposant sous le jet de la douche qui rinça progressivement ses cheveux. Il sentit les larmes lui monter aux yeux et, pour une fois, ne les refoula pas. Quelle importance. Il ferma les yeux. « Je t'aime tellement, putain. » C'était sorti, comme ça. À vif. Le cœur tant et tellement gonflé qu'il n'avait pu faire autrement que mettre des mots sur ce qu'il ressentait, sur ce sentiment qui brûlait en lui.
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Dim 19 Fév - 22:59



You make me strong
Dacre & Odd



“Nobody looks good in their darkest hours. But it’s those hours that make us what we are.”


Il y avait des instants, des secondes où le cœur lourd déversait sans limite ses mots les plus secrets. Des gerbes d'intimité que l'homme n'avait jamais su faire jaillir ou plutôt que les autres n'avaient jamais réussi à provoquer. Là, ça avait été trop fort pour qu'il ne le maîtrise et tel un gamin sans barrière, il laissa sa langue se délier et exposer ce qu'il avait vécu. Besoin de Dacre plus que tout. Plus qu'avant. Les liens invisibles se tissaient entre eux jours après jours, minutes après minutes et pourtant, étrangement Odd eut l'impression que le plus gros entre eux s'était créé pendant l'absence de Dacre. Des kilomètres les séparant, mais les rapprochant aussi. C'était difficile à avouer et l'artiste s'en voulait rien qu'à l'idée de le penser. Rien qu'à l'idée de voir cet événement tragique comme aussi une bonne chose pour eux. Sans ça il n'aurait sans doute pas vu aussi rapidement son attachement. Il n'aurait pas ressenti toutes les choses qui le rendaient mal à l'aise. Il aurait été toujours ce vieux con distant ne pensant qu'à dessiner, pêcher et niquer. Aujourd'hui, son monde était différent. Sa planète tournait dans un autre sens qui lui donnait encore un peu le tournis pourtant la sensation lui devenait agréable car il savait à qui s'accrocher pour ne pas tomber. Même si sa petite sécurité ne tenait pas encore très bien sur ses guibolles, il restait assez fort pour l'empêcher de faiblir. A présent, Odd ne pensait plus qu'à Dacre, pendre soin de lui, l'aimer comme il le méritait, dessiner, surtout lui pendant les très très longues siestes. Bien qu'il l'appréciait plus réveillé et bavard, le pêcheur avait un petit faible quand les traits du sportif complètement vautré dans les bras de Morphée étaient légers et ne portaient plus la douleur. Et quand un petit filet de bave lui coulait de manière atrocement séduisante au coin de la lèvre. Odd aimait capturer ces moments et comme il lui était impossible de le plaquer sur du papier photo, il devait s'aider de sa main droite. Agile Ginette qui de quelques coups virtuoses posait les bases d'un futur souvenir.
Les yeux de Dacre, dardés dans les siens n'aidait pas l'homme à se sentir mieux. Toutefois, dans la poitrine battait un cœur plus léger. Emprunt encore un peu à une certaine angoisse de perdre le contrôle. Les souvenirs d'un bien malheureux mariage ne le quittant jamais réellement. Pourtant, il voulait y croire. Chaque relation était différente et jamais son Dacre ne pourrait devenir un monstre d'égoïsme et de domination. Odd avait encore tellement à dire, il aurait voulu pouvoir ouvrir la bouche et laisser un second flot de sentiments jaillir sauf qu'il resta muet. Par chance son compagnon prit le relais. Il était là. Oui, mais pour combien de temps ? La capacité de vivre une nouvelle perte, une désillusion était proche du néant. Le risque élevé de partir avant l'heure valait-il le coup de dévoiler ses pensées et donc les rendre réelles ? Cette relation pouvait durer des années comme juste quelques jours avant qu'un nouveau drame arrive cette fois à les séparer éternellement. Odd eut la sensation d'avoir été un véritable salaud égoïste en déposant ce premier baiser. Ce monde n'était pas fait pour construire quelque chose. Comment pouvaient-ils espérer construire une relation alors que tout autour d'eux n'était que ruine et désastre. Étaient-ils stupides ou au contraire assez malins pour déposer ensemble la première pierre d'un meilleur futur.
Ses poumons se gonflèrent et ses paupières se fermèrent quand Dacre s'installa entre ses bras. C'était bien là qu'il le préférait. Son étreinte se resserra tandis que ses mains se positionnèrent dans la nuque et dans le dos. Il prit soin d'éviter les côtes et les hématomes. Il voulait ce câlin aussi délicat que fort ne s'attendant pas une seule minute à ce qui allait suivre.
Le temps s'arrêta.
Son cœur se stoppa net avant de reprendre à une allure folle.
Ses poumons oublièrent de se remplir pendant de longues secondes.
Il l'avait dit.
Tout prenait du sens.
Tout devenait réel.
Et a cet instant précis, Odd comprit qu'entre ses mains reposaient deux vies. Deux cœurs battant à l'unisson d'une relation discrète. Deux corps abîmés qui pouvaient ensemble se reconstruire.
Il le comprit et ses mains s'éloignèrent. Ses yeux s'ouvrirent sous la surprise. Sous la panique envahissant son être. Tout se mélangeait dans sa tête. Il n'avait pas le droit de lui dire ça. Il ne pouvait pas car Odd était incapable de lui répondre la même chose. Même avec toute la volonté du monde, il était incapable de le lui dire ou glisser un stupide moi aussi. Il se sentit étouffer dans la cabine de douche. Ses jambes menaçaient de le lâcher. « Je suis désolé. »  balbutia-t-il avant de se séparer entièrement de Dacre. Il recula jusqu'à sortir de la douche. Bien évidemment qu'il aurait voulu réagir autrement, lui déclarer lui aussi ce qu'il ressentait. L'embrasser fougueusement, mais surtout amoureusement et lui faire oublier pour quelques minutes le reste du monde. Dégoulinant sur le sol, Odd s'appuya sur le lavabo. Une main balaya son visage le débarrassant d'eau et de larmes. Il se rendit compte qu'en quarante années, c'était la première fois qu'on lui disait ça. Jamais pendant son mariage elle avait usé sa voix pour lui chuchoter à l'oreille son amour, mais que lui, il l'avait fait à ne plus savoir compter.
Tout venait d'exploser dans sa caboche. Comment Dacre pouvait-il l'aimer ? Comment pouvait-on aimer un mec comme lui ? Comment osait-il lui dire ça alors qu'il était incapable d'assumer devant les autres leur relation ? Pourquoi s'évertuer à tenter de construire quelque chose alors que l'univers allait tout détruire encore ? Dacre sera-t-il heureux ? Une fois dans un meilleur état sera-t-il toujours là ? Ce qu'il ressentait était-il réel ou alors juste une volonté de connaître une dernière fois une certaine sécurité avant d'y passer ? De toutes les questions, Odd n'avait qu'une réponse. Aimait-il Dacre ? La réponse était oui et c'est sans doute ce qui l’effrayait le plus.  
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MessageSujet: Re: You make me strong. (Odd)   Lun 13 Mar - 0:00

you make me strong
from head to toe
Odd ✧ Dacre
La peur. Celle qui prenait aux tripes, glaçait les os, rendait débile. Dacre ne la connaissait que trop bien. Il n'avait jamais été de ceux ayant su maîtriser cette peur plutôt universelle. Il l'avait subie. La peur de décevoir autrui. La peur de se trahir en laissant son regard traîner trop souvent du côté des corps masculins. La peur avait pris une toute autre forme quand le monde s'était embrasé, et que les suppôts de Méphistophélès avaient commencé à peupler ce monde, remplaçant petit à petit les vivants par les morts. La peur, avait jailli. Dacre avait dû prendre les armes, combattre ses larmes. Surmonter des morts toutes autant horribles les unes que les autres. Celle de son jeune frère l'avait particulièrement affecté. Wentle ne pouvait s'empêcher de repenser, par moments. La peur l'avait rendu impuissant et ce à bien des reprises. La peur l'avait fait courir plus vite que lors de n'importe quelle compétition, aussi. La peur, ou un régime qui l'avait maintenu en vie, malgré tout. Mais quelle vie que celle de fuir sans cesse ? Quelle vie que celle de ne plus trouver le sommeil qu'en cas d'extrême fatigue ? Dacre avait connu des insomnies et des crises de panique. La peur le suivait à la trace. Elle avait été cette saleté sous ses ongles, cette crasse sur ses vêtements, ce vide dans son regard. Mais la peur semblait s'en être allée depuis que le sprinter avait passé les portes d'Astoria. Plus ou moins. Car elle ne le quitterait jamais vraiment, et Dacre le savait. Il avait vécu trop longtemps sous son joug pour pouvoir en être totalement débarrassé. Et la peur l'avait retrouvé dans cet entrepôt, quand l'expédition avait tourné au cauchemar et qu'ils avaient été capturés. Mais Odd... Odd l'avait énormément aidé à combattre cette alliée de toujours. Odd et ses bras. Odd et ses baisers. Les nuits du ravitailleur étaient moins mouvementées depuis qu'il les partageait avec Galindo. Ils s'étaient apprivoisés l'un l'autre, même s'il leur restait beaucoup encore à découvrir et à dévoiler. Odd était si mystérieux, mais Dacre aimait ça. Cette part de il-ne-savait-quoi qui rendait le dessinateur si envoûtant. C'était sans aucun doute la plus belle rencontre qu'il avait faite depuis le début de ce merdier. Il avait toujours été là, et Dacre savait qu'il pouvait compter sur lui. Surtout ces derniers temps, puisqu'il se retrouvait assez limité dans ses mouvements. Aussi, ce moment seul à seul dans cette douche était terriblement bénéfique pour Dacre qui pouvait profiter de la petite taille de la cabine pour se blottir tout contre son amant. Les sentiments n'avaient pas mis bien longtemps à naître pour le sprinter à partir du moment où il avait commencé à tisser des liens avec Galindo. Bon, il fallait dire que les nus avaient un peu aidé, aussi. Voir Odd le croquer du regard avait facilité les choses et si Dacre n'était pas le moins du monde pudique, il ne se déshabillait pourtant pas pour n'importe qui. L'eau chaude qui lui coulait dans le dos était un pur délice, mais les mains d'Odd courant sur sa peau et dans ses cheveux étaient toutes aussi exquises. Dacre aurait souhaité que cet instant dure éternellement, pourtant, alors qu'il se laissait aller dans les bras de Galindo, son cœur se serra, et il crut idéal de mettre des mots sur ce qu'il ressentait au plus profond de lui. Il se heurta cependant à un mur de silence, mais dans ses bras, il sentit la faiblesse de son aîné, et dans sa voix aussi. Je suis désolé. Dacre, qui ne comprenait pas la raison de ces excuses, resta hébété, tandis que Galindo se dégageait et sortait de la cabine de douche. Dacre s'empressa de couper l'eau, du mieux qu'il put car le geste lui arracha une petite grimace. Puis, il se tourna vers Odd, qui s'était appuyé sur le lavabo. « Hey, » souffla-t-il en mettant un pied hors de la cabine. Puis un autre. Il fit un pas de plus, difficilement, supportant la douleur du mieux qu'il pouvait, et ajouta : « Odd, tu sais que j'pourrai jamais te mentir. Tu le sais. » Wentle avait décidé de miser sur la douceur face au trouble de cet homme qu'il aimait passionnément. Il attrapa une serviette posée sur un meuble et avec une extrême lenteur, la tendit au pêcheur. « Je ne te demande pas de t'engager dans quoi que ce soit... mais je tiens à toi, et, je te tenais à te le dire. » Et je sais que toi aussi. Mais cela, il ne le dit pas, cette phrase résonna seulement dans ses pensées. Dacre se contenta d'attendre, suspendu aux lèvres de Galindo comme il ne l'avait jamais été, en proie à une espèce d'espoir naïf, mais aussi à cette peur qui ne l'avait jamais vraiment quitté.
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