charlotte ▬ dancing on dead corpses

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 charlotte ▬ dancing on dead corpses

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MessageSujet: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:02


Charlotte Annabelle Wyattt
/ i fall but never break down /

âge ≡ Bien qu'ayant du mal à me faire à ce nombre et surtout bien que considérant qu'il ne fait pas la valeur ou l’expérience d'une personne, j'ai désormais trente ans.  date et lieu de naissance ≡ C'est le premier jour du printemps dix-neuf cent quatre-vingt six que j'ai vu le jour, à Chicago, dans l'Illinoisorigines ≡ Si ma mère est d'origine finnoise, mon père est un américain pure-souche et je possède la nationalité américaine pour être née sur le sol des Etats-Unis. ancien métier ≡ Après de nombreuses années de carrière en temps que ballerine, je me suis reconvertie en professeur de danse classique pour les enfants, réunissant ainsi deux passions de toujours. ancien lieu d'habitation ≡ Tout comme je suis née, j'ai vécu à Chicago toute ma vie, bien qu'ayant profité de petites représentations et ballets, ainsi que des déplacements de mon père, pour voyager en Europe et en Asie. statut civil ≡ Depuis le trois janvier deux mille quinze, je porte le nom de mon époux. Homme que j'aime et que j'essaie de choyer depuis six ans en dépit des obstacles qui se dressent sur notre chemin. orientation sexuelle ≡ Je me suis longtemps pensée asexuelle et panromantique, mais l'arrivée de celui qui est maintenant mon mari a tout changé et c'est ainsi que je me suis découverte demisexuelle. Indépendamment du genre de l'autre, je suis dans l'incapacité de ressentir une attirance sexuelle pour quelqu'un si je n'ai pas déjà tissé un lien fort et particulier avec cette personne. situation familiale ≡ Fille unique, je suis toujours sans nouvelle de mes parents et même si l'espoir se tarit au fil des jours qui passent, j'espère que tous deux vont bien et sont en sécurité quelque part. En réalité, j'évite d'y penser même si des cauchemars récurrents me ramènent à mes parents dès que je ferme l'oeil. date d'arrivée au camp ≡ Je suis arrivée le cinq octobre deux mille seize, en compagnie de mon mari. Ou plutôt, en poussant à bouts de bras mon mari à moitié mort dans une brouette. Véritable paradis sur le chemin des enfers. place dans le camp ≡ Afin d'aider au mieux et suivant mes capacités, je suis devenue nutritionniste au sein du camp, seul poste actuel où je me sente vraiment utile. Même si depuis quelques temps, l'inaction me ronge et tend à me pousser vers de nouvelles activités. aptitudes de survie ≡ Petite fille unique d'une famille plus qu'aisée de par le poste de gouverneur de mon père, je n'ai jamais manqué de rien. Je n'ai jamais connu le manque, ni le froid. Petite princesse qui n'est pourtant pas devenue capricieuse. Parce que les choses que je voulais vraiment, je me suis battue pour les avoir. Comme ma carrière de ballerine que je ne dois qu'à ma persévérance et mes efforts acharnés. J'ai toujours été sportive par ailleurs, et cette aptitude n'a fait que s'accroître pendant les deux dernières années. Grâce à mon époux, j'ai appris les bases du maniement des armes à feu bien qu'évitant au maximum d'avoir à m'en servir, et plus spécifiquement au combat au corps à corps qui m'étais plus accessible. Il va cependant sans dire que je suis loin d'être une guerrière, et mes véritables atouts résident plus dans l'écoute de chacun, l'organisation (être fille de gouverneur habitue aux agendas de ministres et aux emplois du temps cadrés à la minute) et dans le soutien de tous. J'essaie, à mon niveau de simple femme dans un groupe, d'aider chacun de la manière la plus adaptée et personnelle pour que personne n'oublie que nous sommes humains avant tout, pour que dans ces temps difficiles chacun garde au fond cette petite lueur qui nous fait avancer. L'espoir.  armes de prédilection ≡ Certainement pas les armes à feu ! Je suis beaucoup plus à l'aise avec les armes blanches telles que les dagues ou les poignards, silencieux et plus discrets. Directs, et moins impersonnels. Néanmoins, et bien qu'elles ne me soient pas très utile dehors, les armes que je maîtrise le mieux sont encore les mots et leur impact sur les foules. traits de caractère ≡ Je ne sais pas si je suis la personne la mieux placée pour me décrire, parce qu'il parait que j'ai tendance à être ce genre de femme qu'on adore, ou qu'on déteste. A l'extrême. Parce qu'il paraît que je suis parfaite, que j'ai toujours tout eu pour réussir et que la vie m'ouvrait généreusement les bras. Laissez moi vous dire que c'est faux. Laissez moi vous dire que tout posséder, ne m'a rendue que plus généreuse et altruiste. Laissez moi vous dire que plus l'on reçoit d'amour, plus on devient aimante et sociable. Mais laissez moi aussi vous dire que la vie n'a pas été toujours facile, et que je ne dois ma présence aujourd'hui qu'à ma force de caractère et, sans doute, à mon esprit borné et têtu. Je suis une battante, et surtout prête à faire ce qu'il faudra pour protéger ceux que j'aime en dépit de mon côté diplomate et presque pacifiste. Si cela fait longtemps que je ne suis plus la petite princesse à son papa, je n'en reste pas moins douce et souriante dans la mesure du raisonnable. Parce que je ne suis pas naïve et encore moins idiote, ma confiance est difficile à obtenir et j'offre ma rancune tenace rapidement lorsque j'estime qu'on bafoue cette confiance.  
the killer within

(i) Bien qu'avec son emploi du temps de gouverneur mon père était très absent, tout comme ma mère qui le suivait dans ses déplacements, et que j'ai souvent été confiée à des gouvernantes ou des gardiennes... Nous avions une relation grandement fusionnelle. Parfois à distance, c'est vrai, mais qu'importe leurs journées, mes parents n'oubliaient jamais de m'appeler tous les soirs, avant que je ne doive me coucher. S'ils étaient absents, ils n'ont jamais manqué les fêtes de noël, ni mes anniversaires, et ma mère surtout assistait à tous mes spectacles de danse depuis mon plus jeune âge. Je n'ai donc jamais manqué d'amour même si nous avions notre train de vie particulier et une façon spéciale de nous le montrer. (ii) On pourrait presque dire que je danse depuis toujours, ayant commencé les cours dès que j'eus appris à marcher. Ce qui au départ n'était qu'une simple activité de luxe idéale pour une fille de gouverneur, est rapidement devenu une passion grandissante et dévorante. A l'âge de dix ans, je me voyais déjà devenir une étoile sur les plus belles planches parisiennes. Mais cela n'a pas duré. A la fin du lycée, mes parents ont insisté pour que je fasse des études qui me permettrait d'avoir, ce qu'ils aimaient appeler, un véritable métier. C'est ainsi que je me suis lancée dans la médecine, chose que je ne regrette pas aujourd'hui, mais que j'ai quand même arrêté à la fin de la troisième année. Je voulais devenir danseuse, et je comptais bien y arriver coûte que coûte. Malgré quelques contrats et représentations hors du pays avec ma troupe, ma carrière n'a jamais vraiment décollé malheureusement. Mais puisque je n'étais plus le genre de fille qui se laisse abattre, j'ai décidé d'user de ma passion et de mes rêves pour avoir un véritable métier, et suis devenue professeur dans une petite école de danse classique pour enfants à Chicago. Si je n'avais pas réussi à atteindre mon rêve, je pouvais au moins aider d'autres passionnés à réaliser le leur.  (iii) Pourtant, tout ne fut pas toujours rose dans mon monde de petite fille en jupon de tulle rose poudré et de lacets de soie. Au début de l'adolescence, et finalement comme beaucoup de jeunes filles de mon âge mais étant beaucoup plus influencée par l'univers de la danse classique, j'ai sombré brutalement dans l'anorexie. La nourriture était devenue tentation et vice ultime qui, si j'en abusais, alourdirais ma silhouette. Ôterais de ma grâce. Entacherais ma délicatesse. M'empêcherais d'être parfaite. Parfaite Charlotte, comme je l'entendais souvent répété par mes parents, leurs collègues, les professeurs. Je devais donner une image de moi parfaite en tant que fille de, et je savais que je ne l'étais pas. Ni dans ce domaine, et encore moins en danse. Alors les démons ont fait leur travail et la nourriture est devenue ma pire ennemie. Obsession physique, que si je n'étais pas parfaite à l'intérieure, je devais au moins le paraître pour les autres. Pour l'image publique. Il aura fallu deux ans à mes parents pour s'en rendre compte, mais je ne leur en ai jamais voulu. Ils étaient effondrés, et ont tout fait pour m'aider. Ce fut dur, ce fut long. Ce fut presque la fin, un soir d'hiver alors que je fuyais les chocolats pré-noël pour m'enfermer dans la salle de bain. Le goût de la bile, acidité dans le fond de la gorge alors que je tentais d'arrêter les gargouillements de mon ventre à coups de lame de rasoir. Comme si m'arracher l'estomac mettrait fin au supplice. Aujourd'hui encore, les cicatrices s'étendent sur ma peau comme des souvenirs indélébiles. Mes parents auraient put abandonner, ils ne l'ont pas fait. Ils ont continué de me soutenir jusqu'à ce que je m'en sorte, et cela aura duré presque six ans. Six longues années pendant lesquelles je me suis battue contre moi-même, contre mon corps, contre mon esprit. Je suis fière d'en être sortie, de pouvoir dire que j'ai surmonté ça non pas parce que je suis devenue parfaite, mais parce que je me suis acceptée. Non pas parce que j'étais une adolescente dans une famille parfaite et qui avait tout pour elle, mais parce que je me suis battue pour ne pas tout perdre. Bien sûr, on ne sort jamais vraiment totalement de ce genre d’événement, et la dépression est une vieille amie sournoise qui n'attends que la moindre petite occasion pour refaire surface. Mais aujourd'hui et plus que jamais, je ne compte pas laisser la noirceur reprendre place dans ma vie. (iv) La noirceur est cependant vicieuse, puissante, et au début de l'épidémie je n'ai pas sut la combattre totalement. Pas seule. Sans nouvelle de mes parents, angoissée et tombant parfois dans une hystérie qui ne me ressemble pas, le monde que j'avais toujours connu s'écroulait et je me suis appuyée sur mon mari comme on s'accroche désespérément au bord de la falaise qui s'effrite. Les pieds qui dérapent, les genoux qui s'écorchent. Et la peur de la chute. Les roches en contrebas, acérés, frappés par une houle salée et violente. Et encore une fois ce leitmotiv de la nourriture dans ma vie. La faim qui transforme les meilleures des personnes en monstres. Sans mon époux, je ne sais pas ce que je serais devenue. Il m'a soutenue, m'a appris ce que j'avais besoin de savoir, m'a aimé plus que jamais. Grâce à lui, je me suis relevée encore une fois, grâce à lui je suis en vie et j'ai envie de le rester. Il a toujours eu ce don là, de faire ressortir le meilleur de moi-même. De me faire sourire même dans les pires moments. Je n'imagine pas ma vie sans lui. (v) J'ai toujours aimé les enfants et, étant fille unique, j'ai toujours rêvé d'en avoir plusieurs. Bien qu'un pour commencer ne serait pas mal. Mon couple a tellement bien commencé d'ailleurs qu'il semblait évident pour nos amis respectifs et mutuels à Rory et moi, que je n'allais pas tarder à pointer du nombril. Ce ne fut jamais le cas, le sujet ne fut même jamais abordé. Parce que le mariage était déjà sans cesse repoussé pour de diverses raisons, financières puisque je refusais que mon père ne subvienne à mes besoins et que je tenais fièrement à mon indépendance, et puis... Cette distance, qui s'est insinuée entre Rory et moi au bout de quelques temps. Son travail, dont j'avais beau comprendre l'importance, je n'arrivais plus à accepter au bout d'un moment. Et tout qui a basculé du jour au lendemain avec l'épidémie... Finalement, sans elle, peut-être que nous ne serions pas encore mariés. Parfois je doute, de moi-même. De mes capacités à rendre cet homme heureux, même s'il s'agit de mon unique but désormais. Je ne sais pas si je lui convient quand je me réveille et qu'il n'est pas là. Je ne sais pas s'il fuit mon regard parce qu'il ne m'aime plus, ou parce que je ne l'aime pas assez pour lui. Pourtant j'essaie, de lui offrir tout ce que je peux. Si je lui appartiens, que je lui ai toujours appartenu, j'ai cette mauvaise impression que ce n'est plus réciproque. Et ça me fait peur. Et ça me terrorise. J'essaie d'éviter d'y penser, de continuer à sourire, comme si de rien n'était. Encore montrer une image parfaite alors que je voudrais hurler à m'en arracher la gorge.
weekly appointment

≡ qui étiez-vous avant que l'épidémie se déclenche ? Qu'importe qui j'étais, il ne vaudrait pas mieux savoir qui je suis ? Pardon, je suis un peu fatiguée. J'étais -et je suis toujours quoi qu'il arrive- la fille de Clinton Shepard, gouverneur de l'Illinois. Après une brève et pas très florissante carrière de ballerine, je me suis reconvertie pour enseigner la danse classique aux enfants. Il n'y a guère de choses exceptionnelles à dire de plus. Ah, si, pour les désirs de mes parents qui ne pensaient pas -à raison visiblement- que la danse serait un métier viable pour moi, j'avais commencé des études de médecine. J'ai fais trois ans avant de tout plaquer mais j'ai des bases qui peuvent servir. Qui m'ont déjà servies d'ailleurs...
≡ comment avez-vous changé depuis le début ? Comment... C'est difficile à dire. J'aimerais dire que je suis la même personne qu'avant, mais vous comme moi saurions que c'est un mensonge. Un déni abyssal qui s'insinue dans les entrailles comme du venin. Je ne sais pas comment j'ai changé, il faudrait peut-être poser la question à mon époux, il serait plus apte à vous répondre. Disons que je suis sortie de ma zone de confort et que je me découvre d'une façon que je n'aurais jamais imaginé. Mais l'important au final, est que je reste humaine. Dans tous les sens du terme, et qu'importe les épreuves.
≡ combien de rôdeurs avez-vous tué ? combien d'humains ? pourquoi ? Peut-on vraiment tuer ceux qui ne sont plus vivants ? Oui, répondre aux questions par une autre question est purement une habitude de politicien, l'héritage familial. Je ne sais pas combien de rôdeurs j'ai tué, parce que je ne me souviens réellement que du premier. Quant aux hommes... Il y en a eu trois, directement. Ainsi qu'une femme. Quatre personnes, et uniquement pour abréger leurs souffrances ou parce qu'ils étaient condamnés.
≡ qu'attendez-vous d'astoria ? J'hésite. Je suis tiraillée entre le soulagement, l'espoir d'une vie en communauté un peu meilleure, l'optimisme en fait... Et la lassitude, le sentiment que les choses ne sont pas faites pour durer ainsi, et qu'un jour ou l'autre tout va basculer dans le chaos. Pardon, je ne devrais pas dire ça, mais il est encore un peu trop tôt pour que je réponde autrement à cette question. Vous devriez me la reposer dans un mois.
≡ qui avez-vous perdu ? Ma famille. Mes amis. Mes élèves. Mes souvenirs qui peu à peu s'estompent inévitablement. Ma vie, tout simplement. Presque toute ma vie. S'il n'y avait pas mon époux, j'aurais abandonné depuis longtemps. C'est grâce à lui que je suis encore debout et que je trouve la force de me relever sans cesse. Pour lui. Pour nous.
≡ quel(s) espoir(s) vous reste-t-il ? J'imagine que c'est le cas de tout le monde, ou tous ceux qui sont sans nouvelles de leurs proches : j'espère que mes parents vont bien, qu'ils sont en sécurité. J'espère que tout n'est qu'un cauchemar et que je vais me réveiller dans l'appartement où je vis avec mon mari, que nous allons nous pousser gentiment pour accéder à la salle de bain en premier et que le perdant devra préparer le café et les pancakes. Je perds toujours vous savez, parce que les pancakes de Rory sont immondes. J'ai des espoirs pour un monde qui n'existe plus.
rory, romane
âge ≡ 23 ans. fuseau horaire ≡ Paname. comment êtes-vous tombé sur le forum ? ≡ A cause de Bobbi. fréquence de connexion ≡ All days. des questions ? des suggestions ? ≡ Le design pastel contraste tellement avec le contexte et c'est BEAU. un dernier mot ? ≡   .


Dernière édition par Charlotte Wyatt le Dim 15 Jan - 12:26, édité 16 fois
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:02

once upon a dream
/ little doll become a woman /
Je trébuche. J'arrive à peine à marcher. L'odeur nauséabonde qui emplie mes narines ne me dérange pas autant qu'elle est censée le faire. Je tombe. Je me redresse. J'ai l'impression de suffoquer et de ne pas respirer à la fois. J'ai soif. J'ai faim. Je ne sais pas. Peut-être les deux, en fin de compte. J'avance en traînant des pieds. Corps frêle qui ne m'a jamais paru aussi lourd. Le marbre de la demeure familiale sous mes pieds. Je le salit à chacun de mes pas. C'est l'heure de manger. Papa m'a appelé. Pour une fois qu'il est à la maison, je ne dois pas arriver en retard à table. Mais elle me semble si loin. Si dure à atteindre. Nausée étrange. Incongrue. J'ai faim. Et je ne me rends même pas compte que j'atteint la salle à manger. Je laisse tomber mon corps sur la chaise luxueuse dans un craquement. Est-ce mon dos ? Est-ce mon coeur ? Mange, que la voix de mon père me dit. Je lève les yeux vers lui. Il est flou, je ne distingue pas son visage. Comme si je l'avais oublié. Je voudrais soupirer, seul un râle s'échappe de mes lèvres sèches. Mes yeux retombent vers l'assiette. Mange. Soupe rougeâtre, liquide pourpre et épais. Des morceaux étranges, caoutchouteux sous mes dents. Qui glissent entre mes doigts décharnés. Chaire humaine que je dévore sans pouvoir m'arrêter. C'est si bon. Autour de moi, mon père qui applaudit, qui me féliciter. Mange, mange ma petite. Il te faut des forces. Je ne peux pas m'arrêter de toutes façons, je m'abreuve de cette chaire tendre avec un appétit vorace et sans fin. Jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Jusqu'à ce que mes dents heurtent la porcelaine. Jusqu'à ce que je vois mon reflet au fond de l'assiette. Visage en décomposition.

Et je hurle. A m'en déchirer les poumons. Avant que ma voix ne se bloque au fond de ma gorge. En sueur, tremblante, je me redresse dans ce lit désespérément vide. Froid. Que mon corps brûlant n'a pas réussi à réchauffer pendant le sommeil agité et secoué de cauchemars.
Péniblement, je me redresse et passe une main fébrile sur mon visage en soupirant, me mettant finalement sur mes pieds pour rejoindre la salle d'eau. Eau qui vient comme une délivrance rencontrer l'épiderme de mon visage crispé, balayant les sillons salés qui se sont éparpillés sur mes joues pendant mon sommeil. Horreur liquide et iodée.

Le silence règne, seuls les battements sourds et désordonnés de mon coeur retentissent contre mes tympans. Je ne pourrais pas me rendormir. Je le sais, ce n'est pas la peine d'essayer. M’emmitouflant quand même dans la couverture, j'erre jusqu'au salon où je me laisse tomber sans grâce sur un fauteuil, ramenant mes pieds nus contre moi. Pieds abîmés, orteils torturés pendant de nombreuses années par la danse. Je n'ai jamais compris, et ils m'ont toujours exaspérée, ceux qui parlaient sans savoir des « beaux pieds de danseuse ». C'est comme pour les métiers manuels, ceux qui sont menuisiers ont rarement de belles mains, bien au contraire. Nos extrémités sont marquées par les efforts et les années. Histoire qui s'inscrit littéralement dans nos corps, nos peaux. Nos squelettes. Éternelle.

Machinalement, mes yeux parcourent la pièce obscure pour finir leur chemin sur la fenêtre aux volets ouverts sur la nuit. Le calme est maître, silencieux et apaisant. On pourrait presque croire que tout est normal. Que rien n'a changé.
Evidemment, tout a changé.

Et cette constatation qui s'impose à moi chaque jour serre mon coeur alors que mes doigts tournent d'un air distrait mon  alliance autour de mon annulaire. Voilà déjà plusieurs mois que je suis ici avec Rory. J'y ai trouvé ma place, chacun trouve sa place à Astoria, parce qu'il y a toujours a faire. Et pourtant, contrairement à certains, je ne me sens pas chez moi. D'ordinaire, il suffit que Rory soit à mes côtés pour que je me sente à la maison, quel que soit l'endroit.
C'était le cas, dans ce stade érigé en forteresse de fortune où nous avons vécu, survécu, pendant onze mois. Malgré le monde qui s’effritait, je me sentais légitime, à ma place dans ce groupe. Avant que tout ne s'écroule, que tout ne bascule encore une fois. Et encore une. Ultime. Le pire sous mes yeux. Je ne comprends toujours pas comment nos compagnons ont put me proposer de les suivre, de laisser Rory derrière alors que la mort l'attendait. Je ne comprendrais jamais comment ils ont put penser ne serait-ce qu'un instant que je l'abandonnerai. Ma raison. Mon passé. Mon avenir, incertain, mais tout de même.

Mes doutes, mes peurs, je les terre au fond de moi. Parce que j'ai déjà été faible assez longtemps, parce que ce n'est pas ainsi que j'aiderais Rory en quoi que ce soit. Parce que ce n'est pas ainsi que j'arriverais à le garder près de moi, face aux démons du passé qui semblent resurgir de nulle part alors que nous avions la chance de recommencer une nouvelle vie ici, à Astoria. Alors je me tais, je souris comme je sais si bien le faire. La communication se fait rare, moi qui suis d'ordinaire si portée sur l'échange au sein des relations. Mais la perspective de l'inévitable me terrifie alors je fuis, en pensant naïvement que cela suffira.

Un tintement me sort du gouffre que forment mes pensées. A force de triturer mon alliance, elle est tombée sur le parquet. Je me laisse glisser le long du fauteuil pour la récupérer et la glisser à sa place originelle. A nouveau, un soupir, et mon dos qui s'appuie contre le fauteuil. Je n'ai même pas la force d'y remonter et, sans que je m'y attende, le sommeil las m'accueille à nouveau dans ses tentacules.

Je fuis dans les méandres des songes. Même si je sens au fond de moi que la fuite ne sera pas éternelle. Que mon calme apparent ne fait que cacher la tempête. Mais je laisse doucement les vagues se retirer de la plage, toujours plus loin. Annonciatrices de l'ouragan qui dévastera tout sur son passage jusque dans les terres les plus recluses.


Dernière édition par Charlotte Wyatt le Dim 15 Jan - 13:24, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:06

Rooooooooh elle est trop mignonne, je suis amoureuse
bienvenue ici I love you si tu as des questions, n'hésite pas!
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staff / ruler of astoria
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STATUT CIVIL : marié, à la femme qu'il aime depuis bientôt six ans, et qu'il a eut la chance de pouvoir garder à ses côtés.
ANCIEN MÉTIER : agent spécial au FBI mais si vous lui demandez, il répondra qu'il était inspecteur dans la police
PLACE DANS LE CAMP : de la brigade de surveillance externe, il est passé à la résistance externe
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ARME DE PRÉDILECTION : un glock 22, le même modèle que son ancienne arme de service, mais même les mains vides, il est capable de faire des dégâts
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:08

MA FEMME MA FEMME MA FEMME À MOIIIIIIIII QU'EST LA PLUS BELLE ET LA PLUS GENTILLE !!! À. MOI. /calme la psychopathie/

Au risque de me répéter ENCORE MERCI de te lancer avec mon scénario et d'accepter mes caprices /sbaff/, j'ai hâââte de lire ta fiche, de discuter avec toi, et qu'on se lance dans le RP

Oh j'allais oublié un petit mot : BIENVENUUUUUUUUUUUUUE

Et Jill qui me crame la première place oklm toi tu vas voir tes fesses ( )

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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:14

ç'aurait dû être moi la première d'abord
merci d'me rejoindre ici. j'crois qu'j'avais besoin d'quelqu'un capable d'supporter ma folie, et t'es toute destinée pour ça mon chat.
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:15

Always first, j'ai envie de dire que c'est une prophétie (XD)

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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:23

bienvenue & bonne continuation pour ta fiche !
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:26

Jillian la plus belle ▬ Merci beaucoup beauté Garde moi une place au chaud dans tes liens

Rory husbando ▬ Hiiiiiii ♥️ J'ai déjà dis beaucoup sur le topic du scéna, mais j'espère que mon interprétation de Charlotte te plaira  

CHATON ▬ Bobbi de moi Je te déteste de m'avoir envoyé ce lien, j'ai craqué et je orgjsroig

Clay ▬ Merci beaucoup
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:29

avec grand plaisir
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:33

Bienvenue parmi nous
J'ai hâte d'en savoir plus sur ton personnage
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Sam 14 Jan - 23:49

OSCAR
ISAAC
pardon
j'ai eu un orgasme
*tousse*

Merci beaucoup
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Dim 15 Jan - 0:01

OMG OA. OA quoi...*dies* et en plus en ancienne ballerine. Mais c'est noël, ce scéna' c'est juste une tuerie.
Bienvenue parmi nous, de si bons choix, bonne chance pour la suite
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Dim 15 Jan - 0:12



Je m'excuse d'avance pour Billy, elle va pas être super sympa pour ton marriage

Bienvenue et super choix de scenario!

Un petit bonus, viens on laisse Rory et on fait des bébés:
 

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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Dim 15 Jan - 0:15

Merci beaucoup Shacor, t'es adorable

Hiii Billy ♥️ Je décède de ton avatar soit dit en passant Merci beaucoup beauté, vivement le drama hein
(Et je valide soooooooo much ce gif omgey my ovaries)
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MessageSujet: Re: charlotte ▬ dancing on dead corpses   Dim 15 Jan - 0:22

Mes feels sont so confused right now

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