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MessageSujet: you don't own me.   Mer 18 Jan - 10:34

You don't own me. - Lesley Gore (1963)
/ avec mercy finch /


Il fait celui qui ne comprend pas. Dans la pénombre accablante de la chambre, il n’y a qu’à lui qu’Elliot saurait mentir. Personne ne le lorgne. Et presque personne ne sait qu’il est là. Pendant qu’on vidait l’espace médical de tous les rétablis, il est demeuré, en silence. On ne fait pas attention à ceux qui ne disent rien, c’est une leçon qu’il a apprise à ses dépens et dont il récolte à présent les fruits. Alicia Reinhart n’a pas non plus fait attention à lui – ou, plutôt, elle a très bien fait semblant. En éteignant les lumières, elle a dit bonne nuit, Elliot et il a simplement retenu sa respiration. En le laissant occuper un lit, elle lui fait une faveur. Il ne sait pas pourquoi, mais il estime ce cadeau à sa juste valeur. Quand il relâche son diaphragme et que l’air investit pleinement ses poumons, il se sent soulagé, et bien, et protégé. Tant qu’il est là, dans les quelques mètres carrés qu’on affecte aux soins médicaux et à la survie chirurgicale, il a la sensation, totalement spécieuse, qu’à toutes ses plaies sera porté le remède. Ici, on ne peut rien contre lui. Ici, ni ses peurs ni Mercy Finch ne peuvent l’atteindre.
En tous les cas, Mercy Finch ne peut pas.

Il a encore mal dans les côtes, surtout quand il se retourne d’un flanc vers l’autre. Mais, dans l’ensemble, son corps est habitué, et insensible. Le plus difficile, c’est la crainte. Doucereuse, elle a investi toutes ses plaies et elle manipule ses cauchemars. On dirait qu’elle l’infecte, qu’elle le gangrène. Bien sûr, Elliot sait comment l’apaiser, où la ranger, presser les paupières, fort, et la chasser, un temps. Il existe néanmoins un talus de ses peurs, quelque part. Et il lui taraude les tempes chaque fois qu’il se laisse trop longtemps vagabonder. C’est aussi pénible et décourageant qu’une main qui le rattrape par le col, ou qui serre fort le poignet. Cette main est paternelle, difficile, et refuse de le voir s’échapper. Alors il a pris l’habitude de se tapir, dans un coin de son esprit enclavé dans un coin de son crâne calfeutré dans un coin de la chambre. Il n’y a personne et il fait noir. Il est protégé par tout Astoria, en bonne santé (toutes proportions gardées) et sauf. Cette fois non plus, il n’est pas mort. Pas tout à fait vivant, mais pas mort non plus.

Ça fait deux semaines que les membres d’Echo sont partis, et un peu moins d’une semaine qu’il est entièrement remis. En dehors, tout du moins. En-dedans, ça a toujours été mal fichu, en vrac, conçu pour aller et venir sans très bien fonctionner. Vingt-quatre ans après avoir été craché d’un ventre négligent, Elliot sait composer avec son désordre intérieur. Seulement, cette fois, il a l’impression prégnante d’être menacé. S’il était un rien plus intelligent (ou si sa vie ne l’avait pas autant abruti), il concevrait facilement que son passage à tabac, pendant la mise à sac de novembre, a ravivé son souvenir et ranimé ses traumatismes. Mais il est con, Elliot. Pas méchamment. Simplement con. Il s’en remet à ses fantômes, à ses démons, à ses monstres, à la sale sensation qu’une chose, qui échappe totalement à son contrôle, devrait l’atteindre dans cinq, quatre, trois, deux, un... Il a du mal à retenir un cri, et il glapit presque autant qu’il gronde quand la porte pivote sur ses gonds. Son coeur, l’enfoiré, frotte douloureusement contre ses côtes. Et, où que se porte son regard, il ne trouve rien à empoigner. Que ce soit pour se défendre vraiment ou pour s’ouvrir la gorge. Le réflexe est un peu idiot et, heureusement, Elliot n’a pas autant de courage que sa bêtise. Alors il s’enfonce davantage dans les draps, l’ajuste sur son nez. Et souffle fort. Pour quoi faire ? Les enfants sont des imbéciles ou, il faut être indulgents avec eux, Elliot n’est plus un enfant. Il devrait contrôler les pulsations de son myocarde et le liquide glacé qui lui coule dans le ventre. Ce n’est pas son sang, c’est l’angoisse. Et ce n’est ni un fantôme, ni un monstre qui entre. Ce n’est même pas un démon. C’est le Diable.
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