i'm (not) fine (alf)

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 i'm (not) fine (alf)

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member / settler of astoria
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INSCRIPTION : 16/12/2016
MESSAGES : 619
IDENTITÉ : Arté, Agathe
FACECLAIM : morena baccarin, alfons-bb <3 (code sign©neon demon / gif©peterparker / bann bidon©arté)
MULTILINKS : la reine du squat, naine rouquine bigleuse (Queenie) + la psychopathe au crochet (Imogen)
POINTS : 1599

STATUT CIVIL : elle a besoin de lui, de ses bras, de leur langage germano-italo-américain, d'eux, pour tenir (#power couple zero chill)
ANCIEN MÉTIER : opératrice radio de l'armée américaine qui était présente à Sherwood avec son unité et a entendu en même temps que son supérieur l'ordre d'abandonner les civils. obviously, elle est restée.
PLACE DANS LE CAMP : DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU CAMP PAR ECHO : Misia a été balancée au gardiennage d'enfants, le lieu le plus loin des armes à feu possible, et le plus loin de tout en fait. Elle enrage, ronge son frein, vomit régulièrement et essaie de paraître normale auprès des mioches qui lui ont été collé dans les mains. Niveau fiabilité : 10/20. (AVANT : a commencé dans la brigade de surveillance extérieure, devenue par une suite logique d'événements bras droit du chef de la sécurité depuis avril 2016 / supervise en particulier la brigade de surveillance externe, en tant qu'ancienne)
HABITATION : Higgins Hill, #11 (w/ alf, javi, thomas, swan et maxou)
ARME DE PRÉDILECTION : Plus d'arme, plus rien que ses poings et ses pieds. Autant dire qu'elle est pas très heureuse de tout ça. (AVANT : un micro-uzi, mais cette merde s'enraye de temps en temps ; sinon une pelle qu'elle a améliorée joyeusement pour en faire une arme de choix, si si.)
ÂGE : trente-huit ans (depuis le 17 février, youpi, les gens d'Echo lui ont vraiment fait un beau cadeau d'anniversaire en retard)


MessageSujet: i'm (not) fine (alf)   Mar 24 Jan - 18:38

i’m (not) fine
/ alfons & misia /
Elle a l’impression que ça fait une éternité qu’elle garde le lit. Depuis ce merdier dehors, il a été décidé à son insu qu’elle resterait au lit tant qu’elle ne serait pas complètement rétablie. Deux semaines et demi qu’elle ne peut pas foutre un pied hors du camp : à peine si on l’autorise à se lever pour aller faire ses besoins. Elle déteste être comme ça, surprotégée, surveillée, couvée. Elle étouffe, Misia. Elle étouffe et tout ce qu’elle veut, là, c’est de faire un remake de la grande évasion et sortir de la baraque. Oh, c’est même pas une question d’air pur ou de lumière du soleil, Alfons aère régulièrement la chambre, malgré le froid de canard qu’il fait dehors, en plein hiver, l’ensevelissant sous plusieurs couvertures empruntées dans les autres chambres quand il fait ça. C’est juste qu’elle veut marcher, elle veut courir, elle veut réutiliser sa pelle et la coller violemment dans la tronche du premier mort-vivant qu’elle pourrait croiser. Ça, ou la mettre sur la gueule d’un type d’Echo. Ou les deux. Les deux c’est bien aussi.

Oh, elle sait qu’elle est pas encore totalement en état : Zelda est passée la voir hier, a touché les contusions, regardé les croûtes qui se sont formées sur ses plaies cicatrisantes, bref elle l’a auscultée, avant de secouer la tête, arrachant un râle dépité à Misia, qui l’a remerciée d’être passée quand même. Et depuis hier, donc, Sacramoni réfléchit à un moyen de forcer les choses. Tant pis pour son épaule droite qui continue de la lancer et a été réveillée par ses dernières blessures, ce putain de nerf qui se bloque trop facilement entre ses os et qui la pétrifie de douleur. Elle devrait s’y être habituée depuis le temps, mais rien n’y fait. Tant pis aussi pour sa cuisse droite qui a pris pas mal cher, a pissé le sang, et est désormais recousue et couverte d’un hématome qui a viré au vieux jaune pisse. Tant pis pour cet aspect limite de revenante qu’elle avait en arrivant au camp, celui qu’elle avait sur le lit de l’infirmerie pendant quelques jours avant d’être transférée dans la baraque.

Elle a repris un peu des forces et s’est quelque peu remplumée, elle doit le reconnaître. À ne pas sortir toutes les nuits, à rester à dormir, plus forcée que volontairement, à manger sous l’œil attentif d’Alfons. Les cernes se sont résorbées, un peu -pas totalement, elle continue de faire des cauchemars et tout son corps reste sensible pour l’heure. Mais même ça, si elle reste sans rien faire encore longtemps, ses muscles vont fondre et elle va devoir reprendre l’entraînement pour retrouver la forme, voire ne serait-ce que la vitesse de course.

Elle s’est réveillée quant la lumière du soleil lui a chauffé le bout du nez, et a tendu la main pour attraper un bouquin qu’un des gars de la sécurité était allé lui chercher à la Bibliothèque. L’Art de la guerre, de Sun Tzu. Super adéquat, et qui ne la calme pas du tout à l’égard de son état présent. « Fuck it. », finit-elle par souffler, plusieurs heures après avoir entamé la lecture. Elle est vêtue -Zelda lui a filé un coup de main avant d’aller au boulot, Alf était parti plus tôt. Elle peut bien aller faire un tour, ou au moins se lever, merde, et se dégourdir les jambes, voire sortir. Elle nie, bien entendu, qu’elle a du mal à faire deux pas avant de sentir sa jambe droite la tirer. Et tandis qu’elle pose le bouquin sur le lit et se dresse pour aller récupérer ses chaussures à l’autre bout de la pièce, elle entend la porte d’entrée s’ouvrir, et un pas familier s’approcher dans le couloir. Le temps qu’il arrive, elle s’est accroupie avec précaution, a récupéré les chaussures et est revenue s’asseoir sur le lit. Et lorsqu’il ouvre la porte, c’est pour la trouver en train d’enfiler ses rangers et de nouer les lacets de la première chaussure. Elle lève son visage vers lui, et lui dit d’un ton parfaitement calme et sûr de ce qu’elle fait : « Faut que je sorte, j’vais pas rester mille ans enfermée ici. Au moins faire le tour de—aïe »

Le problème, c’est que vu qu’elle regarde en haut, elle surveille pas ce qu’elle fait, et elle vient tout simplement de s’arracher une grosse croûte qui ornait le dessus de son pouce gauche, en faisant la boucle du lacet, et que ça se met à pisser le sang, ce qu’elle ponctue par un « Meeeerda. » qui sent bon l’Italie, tout en cherchant des yeux un truc d’essuie-tout, ou un mouchoir, ou n’importe quelle merde pour éviter de tout salir.

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Fight, gentlemen of England! fight, bold yeomen! Draw, archers, draw your arrows to the head! Spur your proud horses hard, and ride in blood. Amaze the welkin with your broken staves! — Shakespeare.

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FACECLAIM : matthias schoenaerts, alas.
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STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
ARME DE PRÉDILECTION : trouvaille d'y il a quelques mois, un coup de poing américain taser dont il ne se sert que très rarement.
ÂGE : trente-six années.


MessageSujet: Re: i'm (not) fine (alf)   Sam 4 Fév - 7:04

Le coeur rate un battement ; c'est une mélodie qui, autrefois étrangère, lui est devenue bien trop familière. Alfons n'y porte plus réellement attention, maintenant. Il continue de ce qu'il fait, sans cesser ses mouvements, sans réellement en prendre peur. Il sait, maintenant ; sait que le monde n'est que fracas, et que la peur, toujours, restera présente dans ses veines. C'est qu'il n'a jamais été le plus fort des hommes, et le monde se brisant en milles morceaux n'aide pas grand chose, à son pauvre sort. Mais l'homme reste sans mots, toujours, certes l'échine un peu plus courbé qu'autrefois, mais les poings serrés, comme les dents, et supportant le fardeau, qu'importe lequel il puisse être, sur ses épaules. Le regard reste froid, dur ; il dévisage la noirceur du monde et essaie d'y percevoir la moindre lueur, tandis que ses pas fracassent le sol, un peu hésitants, sans qu'on ne puisse le remarquer réellement. Il porte ce masque stoïque, contre ses lèvres ; celui-là même qui a toujours orné ses traits, depuis sa tendre enfance. C'est qu'on lui disait, toujours ; un visage terne, si maussade. La pauvre mère se plaignait que son fils était sans expression, lorsqu'il était gamin. Et une certaine gamine le titillait, un peu agaçante, tandis qu'ils jouaient dans la rue, quitte à devoir se supporter. Il la détestait, au début. Elle parlait trop fort, disait toujours ce qu'elle pensait, riait trop fort, aussi. Mais pleurait tout bas, pourtant, lorsqu'elle tombait de son vélo. Elle serrait les dents et reniflait bruyamment, mais ne laissait pas ses plaies l'empêcher de remonter derrière le volant ; elle y retournait, qu'importe la douleur, désirant suivre ses frères dans les rues du village. Alfons la dévisageait, un peu agacé par son comportement - enfant unique, sans cousins ni cousines, il ne savait pas réellement c'était quoi, une fille, à l'époque - et la voyait plus comme une plaie qu'autre chose.
Il stoppe son pas, dans la rue ; il voit la maison et dévisage la fenêtre où se trouve leur chambre.
Une plaie, oui. Artemisia n'a pas réellement changé, depuis le temps. Il sourit légèrement, en y pensant, même si la chose, au final, ne fait que l'énerver plus qu'autre chose. Comme à l'époque, au final. Certaines choses ne changent jamais, il faut croire. Elle ne fait toujours pas preuve de bons sens, qu'importe la situation. Que ce soit derrière le volant de sa bicyclette ou un gun à la main, elle reste aussi chiante. Il la déteste, pour cela.
Il la déteste pour une tonne de raisons, en fait. Il ne pourrait pas réellement tous les trouver, car certains jours, il en trouve des nouvelles, de raisons, et il ne peut qu'être surpris. Avec les années, il croirait avoir fait le tour, et pourtant. Pourtant, elle ne cesse de l'irriter toujours plus, l'italienne.
C'est peut-être pour cela qu'il l'aime autant. Pour ses conneries perpétuelles. Au final, c'est peut-être elle qui aura raison de lui, après tout. La chose ne serait même pas surprenante ; elle le tue à petit feu depuis qu'il est gamin.
C'est après tout de la faute à l'intrépide s'il s'est cassé le fémur lorsqu'il avait huit ans, en essayant de monter dans un arbre. Tout ça pour un simple cerf-volant ; Misia avait beau serré les lèvres et dire qu'elle n'en avait rien à faire, il avait bien vu, Alfons, dans ses yeux, l'éclat de quelques larmes.
Et si quelque chose l'énervait plus qu'une Misia qui riait trop fort, c'était bien une Misia trop silencieuse.
Il secoue la tête, le ravitailleur ; le passé reste où il est. Son regard s'attarde un instant sur le sac qu'il porte, au bout de ses doigts, avant qu'il ne reprenne le pas. Son dos porte quelques aigus de douleur, selon sa démarque, et il essaie de bien positionner ses épaules pour se soulager, mais la chose n'aide pas réellement. Le sac passe de la main gauche à la droite, avant qu'il ne grimace ; non, aucun changement.
Une grimace sur les lèvres, il ouvre la porte, dépose le sac sur le comptoir de la cuisine, tout en jetant un regard aux escaliers.
Il sait qu'elle est réveillée, à l'étage. Elle est incapable de réellement faire une nuit complète, comme lui, et qu'importe qu'elle soit blessée. Alfons serre un peu des gens, retire son veston de laine, avant d'aller à l'étage, tranquillement. Peut-être pour se calmer ; une part de lui reste agitée en permanence, encore plus depuis qu'elle s'est retrouvée à l'infirmerie. Il n'a encore rien dit, pourtant ; le visage stoïque, un feu dans les yeux, pourtant.
Il les ferme, une seconde, ses yeux. Pour calmer les braises, peut-être. Pour taire la rage qui bouillonne dans ses veines depuis quelques jours, sans qu'iil ne puisse faire quoique ce soit. Il n'aime pas perdre le contrôle de sa personne ; il n'aime pas être contrôlé par ses émotions. Une part de lui, quelque part, les considère toujours comme une nuisance. Il n'arrive pas à penser proprement, lorsqu'ils sont là, à bourdonner dans sa tête.
Il tourne la poignée, minutieusement, tranquillement. Sans réellement s'en rendre compte, Alfons exerce un léger exercice respiratoire, avant de poser ses yeux sur elle. Le calme danse sur la mer calme, tandis qu'au loin, les nuages grondent. L'oeil terne se pose sur les rangers de la femme, tandis que la main, lourde, glisse de la poignée pour tomber le long de son corps. Il reste silencieux, mais le vent est fort et les nuages s'avancent. « Faut que je sorte, j’vais pas rester mille ans enfermée ici. Au moins faire le tour de—aïe » La mâchoire se braque et l'oeil dévisage les perles de carmin qui glissent contre les doigts de la belle.
L'homme inspire, une fois. Il n'expire pas, pourtant.
Les nuages sont déjà là et les vagues, si calmes, s'élèvent dans les cieux.
- Certains jours, j't'arracherais la tête. La voix tonne tandis qu'il s'avance vers elle pour s'agenouiller. Il le fait sans la moindre grimace, qu'importe la douleur qui maltraite son être entier. Peut-être car il ne la sent pas réellement.
Les gestes sont brusques ; les doigts s'emparent du pied et arrachent presque le lacet pour le défaire, avant d'envoyer le ranger valser à l'autre bout de la pièce. Le second, quant à lui, passe le cadre de la porte sans hésitation, et s'écrase contre le mur au travers d'un bruit sourd.
Si Misia pense à aller les chercher, le regard sombre d'Alfons la stoppe peut-être.
- Schwantzkopf ; il gronde en se redressant, toujours porté par la rage. Il perd de sa douceur éternelle, dans ses gestes. L'oeil s'attarde sur la plaie et il l'essuie avec le bas de son t-shirt sans y penser, enroulant le tissu avant perfide autour du doigt meurtri.
Un peu pressé contre elle à cause du bandage improvisé, le dos un peu courbé pour être à niveau. La douleur gronde, une main posée contre le matelas, l'autre tenant sa main. Penché vers elle, Alfons la dévisage ; une part de lui aimerait retrouver son calme, l'autre sait parfaitement qu'il n'y parviendra pas.
- T'es fière de toi, franchement ? La prochaine fois, c'est quoi ? Tu vas t'ouvrir l'aine en allant pisser ? Bordel de ---
Il serre des dents, Alfons ; soupire un peu, aussi. Les mots sortent sans qu'il les pense, résultats de son inquiétude.

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MessageSujet: Re: i'm (not) fine (alf)   Lun 20 Fév - 18:48

i’m (not) fine
/ alfons & misia /

« Certains jours, j't'arracherais la tête. » Pas de douceur, un simple constat. Ça aurait pu être une plaisanterie, dite avec un sourire en coin, une raillerie un peu mesquine, un peu gentille. Il n’en est rien, la voix gronde trop chez l’homme pour qu’il soit guilleret et la réprimande tendrement. Elle a porté sa main à sa bouche pour en aspirer le sang, vampire dans un monde apocalyptique, n’ayant rien de propre pour l’essuyer. Et tandis qu’elle est occupée à faire ça, le voilà qui s’en emparé de ses rangers et les a envoyées valdinguer à l’autre bout de la pièce. Elle avait arrêté de sucer le sang de son pouce pour dire quelque chose, protester maigrement, mais le regard noir de l’Allemand l’interrompt dans sa lancée. Prudence est mère de sûreté, doit-elle se dire, alors qu’il la traite de tête de nœud dans un teuton aimable comme une porte de prison, et s’empare de sa main où le sang s’était remis à couler.

Ils se toisent en chiens de faïence, dans une tension qui n’a rien de sexuel, mais qui annonce un orage à l’horizon, une tempête qui pourrait bien se déclencher dans leur chambre. « T'es fière de toi, franchement ? La prochaine fois, c'est quoi ? Tu vas t'ouvrir l'aine en allant pisser ? Bordel de — » Elle pourrait lever les yeux au ciel, mais elle n’en fait rien. Elle pourrait ricaner, mais elle n’a pas l’esprit à cela. Elle pourrait protester, mais elle se tait et, alors qu’elle soutenait son regard d’un bleu sombre, elle abaisse ses prunelles noires. C’est de la colère, qu’elle a trouvée dans les yeux d’Alfons. De la colère, décuplée, et mêlée à une forme d’anxiété. C’est assez pour qu’elle sache qu’il a raison, en partie.
En partie seulement, parce qu’elle devrait pouvoir sortir. Et parce qu’elle est quand même loin de risquer de s’ouvrir l’aine en allant pisser : ce risque-là est quand même extrême par rapport à ce qu’elle a connu.

Elle soupire, les lèvres closes, les yeux toujours bas. Intérieurement, même si elle comprend qu’il puisse avoir peur pour elle -elle est quand même revenue dans un état déplorable- elle considère qu’elle s’en est remise. Et que c’est qu’une putain de croûte.
Et qu’il pourra pas toujours être là pour la protéger, chose qu’elle sait depuis bien longtemps.

« Alf… », elle commence, doucement, avant de relever la tête vers lui. Son pouce toujours dans l’étoffe du t-shirt de son vieil ami, vieil amant, vieil amour, elle sent la chaleur qui émane du ventre du barbu. « Tu sais, j’allais juste faire un tour dehors. Prendre l’air. Marcher un peu. » Elle essaie de se justifier, consciente de marcher sur des œufs. Elle est à tâtons, et elle cherche dans le regard adverse une lueur de compréhension, d’approbation, de pardon même. « Écoute… Je sais que j’avais vraiment une sale gueule quand je suis revenue au camp, mais ça m’arrivera plus. Hein… ? » Sourire timide, elle essaie de le rassurer, et de se rassurer elle-même dans la foulée. Ça n’arrivera plus. C’était une erreur qu’elle n’aurait pas dû faire, et elle ne la fera plus, elle a bien appris la leçon. Quand ça pue la merde, faut suivre ses instincs, et y faire confiance, plutôt que de se fier aux autres, peut-être… « Y aura pas de prochaine fois, promis. » Et elle fait une promesse tout en sachant qu’elle n’aura aucune certitude de la tenir pour de bon. C’est pas des promesses qu’il faut faire, ça. Les yeux virent des billes de Böhm à ses lèvres, plus proches, plus féroces, des lèvres aux billes. Elle n’arrive pas vraiment à soutenir son regard, et elle voudrait qu’il lui fasse confiance de nouveau, au moins pour faire gaffe à ses propres miches. « Promis. », elle répète, comme pour engager le destin à l'aider à respecter cette promesse.

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