fuck 'em all (alf)

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 fuck 'em all (alf)

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member / settler of astoria
Misia Sacramoni
INSCRIPTION : 16/12/2016
MESSAGES : 619
IDENTITÉ : Arté, Agathe
FACECLAIM : morena baccarin, alfons-bb <3 (code sign©neon demon / gif©peterparker / bann bidon©arté)
MULTILINKS : la reine du squat, naine rouquine bigleuse (Queenie) + la psychopathe au crochet (Imogen)
POINTS : 1599
fuck 'em all (alf) 190903-This-Is-War
STATUT CIVIL : elle a besoin de lui, de ses bras, de leur langage germano-italo-américain, d'eux, pour tenir (#power couple zero chill)
ANCIEN MÉTIER : opératrice radio de l'armée américaine qui était présente à Sherwood avec son unité et a entendu en même temps que son supérieur l'ordre d'abandonner les civils. obviously, elle est restée.
PLACE DANS LE CAMP : DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU CAMP PAR ECHO : Misia a été balancée au gardiennage d'enfants, le lieu le plus loin des armes à feu possible, et le plus loin de tout en fait. Elle enrage, ronge son frein, vomit régulièrement et essaie de paraître normale auprès des mioches qui lui ont été collé dans les mains. Niveau fiabilité : 10/20. (AVANT : a commencé dans la brigade de surveillance extérieure, devenue par une suite logique d'événements bras droit du chef de la sécurité depuis avril 2016 / supervise en particulier la brigade de surveillance externe, en tant qu'ancienne)
HABITATION : Higgins Hill, #11 (w/ alf, javi, thomas, swan et maxou)
ARME DE PRÉDILECTION : Plus d'arme, plus rien que ses poings et ses pieds. Autant dire qu'elle est pas très heureuse de tout ça. (AVANT : un micro-uzi, mais cette merde s'enraye de temps en temps ; sinon une pelle qu'elle a améliorée joyeusement pour en faire une arme de choix, si si.)
ÂGE : trente-huit ans (depuis le 17 février, youpi, les gens d'Echo lui ont vraiment fait un beau cadeau d'anniversaire en retard)


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MessageSujet: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptySam 11 Mar - 0:59

fuck ‘em all
/ alfons & misia /
C’est d’un pas peu assuré que la brune rejoint la maison 11. Ses yeux sont cernés, ses pupilles alertes et craintives scrutent Higgins Hills. Ils l’ont relâchée il y a à peine dix minutes, et elle a mis un temps fou, il lui semble, à retrouver son chemin, ses marques, ses repères. Brisée ? Non, quand même pas. Éreintée, écœurée, trahie et choquée, meurtrie et mortifiée. Elle a encore échoué, et ses erreurs se sont révélées être à l’origine d’un chaos encore plus grand que celui de novembre dernier. Tremblante, mais déterminée, elle monte les quelques marches du perron de la maison. Les coups de feu qui ont retenti régulièrement dans le camp l’ont tenue éveillée, et elle n’a pas vraiment réussi à fermer l’œil pendant les deux nuits en taule, à osciller entre détention et interrogatoires, à être sous la surveillance d’un geôlier dont elle n’aurait pas cru un tel revirement possible -agent double, fils de pute d’agent double doublé d’un sacré connard.
Échec après échec, Misia s’est endurcie, au fil des années. Si elle semble profondément secouée par les derniers événements et si on a l’impression, à la voir, qu’elle n’en mène pas large, elle a toutefois reconstitué une sorte de carapace dans la prison, et a enfermé quelques certitudes en son for intérieur. L’ancienne soldate a retrouvé une force de caractère insoupçonnée, surprenante, salvatrice aussi. Le pas peu assuré se meut, aussitôt qu’elle passe la porte de la baraque et la referme derrière elle, en une démarche plus déterminée. Elle se débarrasse de sa veste en cuir, laisse les rangers crottées dans l’entrée -elle les nettoiera plus tard, elle a plus urgent à faire.

« Alf ? », elle appelle en avançant dans la baraque, cuisine puis salon… Elle monte les escaliers un peu plus anxieuse qu’elle n’aurait souhaité. Parce que mine de rien, elle ne sait pas ce qu’il est devenu, après l’exécution immonde d’Octavia, qui méritait tellement mieux que cette fin atroce et si injuste. La voix vibre alors qu’elle l’appelle une seconde fois, arrivant en haut de la volée de marches. « Alfons ? » La porte de leur chambre est fermée, il ne l’a probablement pas entendue. Parce qu’il doit être là, il le faut… Parce que sinon, s’il est ailleurs, alors elle imaginera qu’il est mort et… Elle ne peut pas, elle ne peut pas le perdre à ce moment-là. Pas maintenant.

Elle ouvre la porte et se retrouve avec une pièce vide, déserte, et le cœur de se serrer d’autant plus qu’elle n’arrive pas à rester rationnelle. Il n’est pas là. Plus là ? Plus jamais là ? Les lèvres tremblantes, les yeux brillants, Artemisia contemple ce qui aurait pu être, qui ne sera probablem—

Le bruit de la chasse d’eau, dans son dos, dans le couloir l’interrompt dans ses réflexions et inquiète, partagée entre l’espoir et le désespoir, elle se tourne vers la porte des toilettes qui s’ouvre.
Alfons.

Elle le trouve là, sain et sauf, potentiellement en bonne santé. Elle ne s’attarde pas à scruter le moindre hématome possible, ou à savoir s’il s’est lavé les mains, elle n’est pas là pour ça, pas pour le moment, pas maintenant. Non, là, ce dont elle a besoin, c’est de lui, de ses bras, de sa chaleur, de sa présence. Le palpitant a été broyé si fort par la peur qu’elle se jette dans ses bras et enfouit sa tête dans son cou et commence à sangloter contre lui. Des hoquets coupent ses paroles saccadées qui, en substance, et dans un italien dramatique, lui signalent qu’elle a eu tellement peur pour lui, pour eux, pour cette histoire, tellement peur de le perdre, de ne plus jamais le revoir. S’il y a bien quelque chose qu’elle a appris depuis leur dernière engueulade, c’est qu’elle avait le droit d’avoir peur, et qu’elle avait aussi le droit d’espérer quelque chose, quelque part, à un moment.

Plus tard, lorsque les sanglots se sont taris, elle renifle enfin, la gorge sèche, tousse, et relève une tête échevelée, les yeux rouges et le visage bouffi, la mine défaite qu’elle essaie de transformer en une figure qui ne lâchera rien, qui n’abandonnera pas : « Pardon d’avoir… » craqué. Le mot ne sort pas, elle tousse, déglutit, reprend et plante son regard noir dans les billes bleues de son compagnon de chambrée, de lit, peut-être un jour de vie. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Ça fait deux jours ? Trois ? Je ne sais même pas. » L’accent de la colère roule sous sa langue, l’ire mauvaise, l’ire furieuse, qui gronde dans le sang de l’italo-américaine.

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Alfons Böhm
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STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
ARME DE PRÉDILECTION : trouvaille d'y il a quelques mois, un coup de poing américain taser dont il ne se sert que très rarement.
ÂGE : trente-six années.


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MessageSujet: Re: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptyDim 12 Mar - 3:00

Il ne pense pas ; l'esprit est ailleurs, le corps est vide. Il bouge, Alfons, mais ne sait pas réellement ce qu'il fait, de ses journées. L'oeil est attentif, le corps un peu tendu, les cernes trop présentes, sous ses prunelles. Il retient son souffle, plus souvent qu'il ne l'expire. Les journées sont longues, et pourtant, il ne voit pas les heures passées. Tout bouge, autour de lui; et pourtant, il lui semble qu'il n'a jamais vu les autres aussi morts, léthargiques. Les derniers jours lui semblent comme l'écho de l'impact d'une bombe, le long grésillement qui malmène l'ouie, qui torture l'esprit. Il a vu ; dans les rues, le temps d'un regard, certains morts. Il a fixé d'un oeil morne les dépouilles abandonnés avant le grand bûcher. L'odeur est là, encore ; elle est là, au creux de ses narines, lui levant le coeur depuis trop longtemps, maintenant. Le goût de la centre contre sa langue, la saveur certaine du porc, contre ses papilles. Et le ventre ; le ventre qui grognait au pire moment, la faim présente, la terreur angoissante. Les yeux fermés, fort, et les larmes au bord des yeux. Le coeur dans la gorge, avec la bile et le dégoût.
Il ne sort plus ; il a tout fait, hier. Dans les rues tranquilles, sous le ciel trop bleu, il a marché sans réellement savoir ou aller. Le poing serré, l'allemand a dévisagé le bâtiment, au loin, où son coeur était enfermé. Il a voulu ; voulu tuer, égorger, lacérer pour aller la chercher. Ou cogner, juste un ou deux cons, simplement pour la rejoindre. Mais Alfons n'a pas bougé, pas pendant quelques minutes du moins, quelques larmes de sang dans la main, par les ongles trop enfoncés. L'homme s'est détourné lorsqu'un des salauds d'Echo l'a dévisagé ; la tête baisse, enfouie dans son foulard, il s'est détourné, le froid mordant son visage, allant à la recherche d'une chose qu'il ne connaissait pas. Il a trouvé ; il ne sait pas encore quoi, mais il a trouvé. Au détour d'un regard, au travers de certaines paroles, dans l'éclat d'un regard colère, une promesse de vengeance, de représailles. Les mots ont été peu nombreux, les regards plus significatifs ; ils n'ont jamais été de ceux à parler, par la maigre relation qu'ils partagent, mais certaines choses ont été comprises pour l'un, comme pour l'autre. La bête s'est calmée, assez pour ne plus demander de sang, dans le creux de ses entrailles. Le souffle tremblant au bord des lèvres, il a échangé un regard certain avec Ashley, avant de s'éloigner d'un pas lent. Dans ses narines, l'odeur de la mort est resté, qu'importe si la distance se faisait toujours un peu plus grande entre lui et le foutu bûcher.
Et il est rentré ; dans une maison qui n'était pas ce qu'on peut appeler un foyer, par le vide de sa présence. Le regard égare, l'esprit perdu ; il a regardé le soleil exécuter sa trajectoire sans réellement être capable de manger quoique ce soit, la gorge serrée. Il a bu, pour compenser ; pas d'alcool, mais assez d'eau pour parvenir à se noyer l'esprit, du moins un peu.
Et il pisse, du coup.
C'est bien la seule chose qu'il fait de normal, uriner. Se vider les entrailles à défaut de le faire autrement. Se vider la vessie à défaut d'être capable de se vider le coeur, simplement.
Et il est lourd, contre sa poitrine, le coeur. Lourd et douloureux, si bien que l'esprit se torture lui-même, à entendre des bruits qui ne sont pas là, des voix qui n'existent pas.
Du moins, il croit. L'esprit est fou, flou, par le vide de sa présence, et lorsqu'il ouvre la porte des chiottes, il lui faut un moment avant d'en croire réellement ses yeux. Une ride apparaît sur son front, par le froncement de sourcil ; il la dévisage, elle, si belle, si sale, si déglinguée dans ce monde de tarés. Il étouffe, par sa simple vue. Et il expire enfin, par sa douloureuse étreinte. Le corps tombe contre le sien et les bras se soulèvent, d'instinct, pour la capturer fortement. Alfons ne sait pas s'il la serre trop fort ; il ne se pose pas la question. Peut-être que d'une certaine manière, il aimerait pouvoir fusionner avec elle, pour qu'elle ne puisse plus s'éloigner de la sorte aussi longtemps. C'est un sentiment qu'il ne comprend pas réellement, peu importe depuis combien de temps il la porte dans son coeur. Mais elle est là, du moins pour le moment, et il la serre, et il hume l'odeur de ses cheveux, qu'importe qu'ils soient sales, car au moins sentent-ils autre chose que la mort, la fumée.
Et il entend, aussi ; il capture ses paroles qu'importe les sanglots qui les traversent, et pose des baisers tremblants contre sa tête. Il pleure aussi, peut-être bien ; l'allemand ne sait pas réellement. Il lui faut une part énorme de sa concentration pour entendre ses mots plutôt que les battements paniqués de son propre coeur. Alfons a cette impression de ressentir d'un coup ce qu'il n'a pas ressenti, depuis le bordel monstre. Il étouffe, mais il respire enfin. Et elle aussi, un peu du moins. Et elle est belle, malgré la morve sur son visage, malgré le rouge de ses yeux, de son nez. Elle est belle, simplement car elle vit. « Pardon d’avoir… » Il fronce des sourcils, et c'est peut-être ce qui l'empêche de continuer. Car elle n'a pas à s'excuser, et Alfons désire qu'elle le sache. Il la garde contre lui d'une main, tandis que l'autre va contre ses traits, pour essuyer ses larmes, la morve aussi. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Ça fait deux jours ? Trois ? Je ne sais même pas. » Il ferme les yeux, un instant. Une part de lui aimerait ne pas se rappeler. Mais il sait aussi que Misia ne fermera jamais les yeux sur des choses comme la justice et son contraire.
Alfons serre les lèvres, alors, chassant encore les larmes sur le visage de sa guerrière ; il ne peut s'empêcher de penser qu'elle est forte, au travers de ses propres pleurs.
- Astoria est tombée, Misia.
Les mots sont simples, mais signifient tant de choses. Il avale difficile, le respire encore incertain, tente de lui sourire, même s'il a oublié depuis un moment comment faire.
- Tu es revenue, tu - tu es en vie, c'est l'essentiel.
Et dans sa voix, un noeud trop lourd, douloureux. Porteur de mots qu'il ne peut pas, pas aujourd'hui ni demain, peut-être jamais, prononcer. Mais dans ses yeux, l'écho de ces interdits qu'il ressent avec trop d'émotions.

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PLACE DANS LE CAMP : DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU CAMP PAR ECHO : Misia a été balancée au gardiennage d'enfants, le lieu le plus loin des armes à feu possible, et le plus loin de tout en fait. Elle enrage, ronge son frein, vomit régulièrement et essaie de paraître normale auprès des mioches qui lui ont été collé dans les mains. Niveau fiabilité : 10/20. (AVANT : a commencé dans la brigade de surveillance extérieure, devenue par une suite logique d'événements bras droit du chef de la sécurité depuis avril 2016 / supervise en particulier la brigade de surveillance externe, en tant qu'ancienne)
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MessageSujet: Re: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptyDim 12 Mar - 14:52

« Astoria est tombée, Misia. » C’est donc cela. Le glas sonne et la sentence tombe. Le cœur est lourd, mais elle s’y était résignée, elle avait eu le temps de s’y préparer, à ça, à l’odeur de mort dans le camp, au vide qu’elle avait craint de retrouver. La mine grave, elle soupire : elle s’y attendait, mais l’annonce n’en est pas plus légère et l’acception des faits pas plus aisée. Elle s’y refuse même. Elle ne dit rien, le laisse enchaîner, toujours contre lui, les souffles mêlés, à se scruter mutuellement, à ne plus vouloir se séparer. « Tu es revenue, tu - tu es en vie, c'est l'essentiel. » Elle déglutit, hoche la tête, les yeux de nouveau brillants. Ils s’accordent sur l’essentiel, elle qui avait tant eu peur de l’avoir perdu. Ils se regardent, ils se voient, vraiment, plus clairement qu’ils ne se sont jamais vus, se déchiffrent pour de bon, à ouvrir silencieusement leurs cœurs l’un à l’autre alors qu’ils se savent au bord du gouffre.

Elle ne tient plus, elle ne réfléchit pas, ils se fixent, quelques secondes encore, et elle finit par tendre le cou, une de ses mains qui s’accroche à la nuque du barbu. Les lèvres se joignent, s’éraflent, en un baiser passionné, rendu nécessaire après tant de temps à se chercher sans se trouver, à se frôler, à dormir ensemble et à s’enlacer sans aller plus loin, sans oser tenter quoi que ce soit, rendu nécessaire par cette chienne de vie qui n’a fait que les éloigner à chaque instant où ils auraient pu se trouver. Ce baiser, frustre, brusque, loin d’avoir été planifié, il dit tout ça, et il dit bien d’autres choses encore.

Un coup de feu dans le lointain les interrompt, à l’extérieur, suivi de cris qui doivent venir du bout d’Higgins Hills ou d’ailleurs. Le visage de la brune qui avait vrillé vers la fenêtre et l’extérieur, au bout du couloir, revient vers l’Allemand. Astoria est tombée, il lui a dit. Et l’ancienne soldate sait bien que le son n’était pas simplement un pétard ou un feu d’artifice. « Astoria est tombée, hein. », elle répète, pour s’y faire, à cette situation donnée. Pour peut-être s’y résigner. Mais c’est loin d’être le cas. Les morts, elle les apprendra progressivement. Elle sortira le matin, et elle saura pour Hänsel, Jaro, Iris, et Max Baldwin, de la surveillance ; elle saura pour Isaac Davenport, leur ancien colocataire, elle saura encore pour Lorna, Lana, Jayden, Gretel, Cullen, Soledad, Olivia et Duncan, et pour les autres encore. Elle saura et voudra les décimer, tous ces occupants qui se sont crus en terrain conquis. Elle sait déjà pour certains cela dit, mais est encore dans le déni, le refus, malgré les balles qui ont été suivies par moments de cris horrifiés, de prénoms hurlés comme pour déjouer la tragédie.

Pour l’heure, elle ignore encore, mais elle contemple le visage de son ami de toujours, de son ancien amant, de son compagnon d’aujourd’hui, et elle se jure silencieusement que s’ils touchent à un seul de ses cheveux, elle les saignera jusqu’au dernier, jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de souffle dans sa cage thoracique, jusqu’à ce qu’Echo expire bel et bien.
Et d’une voix déterminée, mais basse, elle avoue : « Je peux pas rester sans rien faire. Pas quand je sais que j’ai une putain de responsabilité et que j’ai laissé entrer les loups dans la bergerie. » Et pourtant, elle ne sait pas encore quoi faire, et elle n’a pas connaissance de ce qui a pu se passer pendant les deux jours passés enfermée. Il saura, lui. Il a toujours su. Et il saura aussi qu’elle saura faire attention à elle, puisqu’elle le lui a promis à l’issue de leur engueulade monumentale, la première depuis un long moment. « Astoria est tombée en apparence, mais va bien y avoir des gens qui vont vouloir les envoyer au diable, hein ? » La question qu’elle ne prononce pas, c’est de savoir s’il a lui même abandonné tout espoir, ou s’il attendait de savoir si elle s’en ressortirait, ou s’il n’a pas attendu et qu’il a déjà réfléchi à toute cette histoire.
Parce que sans lui, elle va pas y arriver.

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PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
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MessageSujet: Re: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptyLun 13 Mar - 3:28

Il s'y attend, sans réellement s'y attendre. Un geste simple, longtemps attendu, longtemps cran aussi. Simple contact de lèvres contre lèvres, simple geste affection.
Et tant d'autres choses, aussi.
Un coeur dans la gorge, la pulsation trop puissante, dans ses veines. La  panique dans son ventre, le malaise dans ses tripes. Une part de lui hurle, face aux gestes. Une part de lui juge, incapable de répondre quoique ce soit face à l'élan d'affection, et craint. Craint le geste, pour tout ce qu'il représente, tout ce qu'il ramène à la surface, sur les parts sombres de son être.
Alfons garde les yeux ouverts, pour se calmer, pour se rassurer. Pour se rappeler que c'est elle, et non l'autre, qui l'embrasse. Et après quelques secondes de panique, il parvient à appuyer une pareille pression, sur ses lèvres, et à lui répondre tendrement, avec moins d'ardeur qu'elle certainement, mais avec la part honnête de son coeur, de ses sentiments. Ses lèvres tremblent, contre les siennes, et ses bras aussi, contre le corps de l'italienne, mais aucun des deux n'y porte attention, ou ne fait de commentaires.
Peut-être ne s'en rend-t-elle pas compte, aussi. Dans tous les cas, l'absence de mots en rapport à cela lui apporte un peu de force. L'allemand n'a pas envie d'en parler. Pas envie de s'expliquer.
Son souffle est léger, un peu rapide et saccadé, lorsque le baiser disparaît. La tête tourne, non pas l'élan d'affection, mais pas la montée d'adrénaline. Le corps a cherché, pendant un instant, à se défendre face au geste surprenant. Souvenir d'un événement passé qu'il essaie encore d'oublier. De nier.
Il n'entend pas ses premières paroles, Alfons. Trop perdu dans son esprit, peut-être, à essayer d'enfouir les sombres souvenirs qui se sont montrés. Il lui faut un moment pour se reprendre ; son expression reste stoïque, indéchiffrable. Il n'a pas envie de l'inquiéter, à propos de cela. Ni qu'elle se sente responsable de quoique ce soit. Elle en fait déjà trop, pour lui, et cela peut-être même sans le savoir.
Lorsqu'elle parle de nouveau, il l'entend parfaitement. « Je peux pas rester sans rien faire. Pas quand je sais que j’ai une putain de responsabilité et que j’ai laissé entrer les loups dans la bergerie. » Un soupir quitte ses lèvres, tandis qu'une ride apparaît de nouveau, entre ses sourcils. Il s'y attendait, Alfons, à ce qu'elle parle d'une pareille chose. Comment aurait-elle faire autrement ? Elle n'aurait pas été Misia, son Artemisia, si elle avait fait autrement, pensé autrement. Il pince ses lèvres pourtant, incapable de répondre. Il aimerait éviter un pareil bordel ; éviter le bordel du monde entier, et connaître quelque chose de simple, normal, pour une fois. Mais il ne veut pas se mentir, non plus ; même avant l'épidémie, leur histoire n'a jamais été simple, encore moins normal. Autant l'accepter. S'il le peut, du moins. « Astoria est tombée en apparence, mais va bien y avoir des gens qui vont vouloir les envoyer au diable, hein ? » L'homme la dévisage, silencieux, encore. Il scrute ses traits, cherche ses propres mots et des espoirs, peut-être, sa force aussi. Il la trouve en elle, comme toujours.
Ses bras la quittent, non pas car il désire la garder loin de lui, mais plutôt car leur intimité se détache de la situation. Une part de lui refuse de mélanger la crasse du monde à leur affection. Essaie de la garder pur, autant qu'il le peut, qu'importe s'il est lui-même sale.
- Ne porte pas le poids du monde, Artemisia. Tu ne t'appelles pas Atlas. La voix est douce, le regard tempête posé sur elle. Elle n'est pas l'unique responsable de ce bordel ; ils le sont tous, chacun à leur manière. Même lui, et il le sait parfaitement.
Il attend quelques secondes avant de continuer, attend d'avoir la confirmation dans son regard, celle qui dit qu'elle a compris. Puis, Alfons soupire, le poids du monde un peu sur ses épaules aussi, appuyant contre son dos déjà douloureux, et il continue.
- Ashley prépare quelque chose, je crois. Il va me tenir au courant, les paroles sont murmurées en allemand, par précaution peut-être bien. Il n'en dit pas plus ; il n'y a rien d'autres à dire. Parler des événements ne feraient que les blesser, et peut-être finiraient-ils par se disputer, encore.
Alors, il pose une main contre son épaule, et la presse doucement, pour lui dire, lui faire comprendre aussi, qu'il ne la quittera pas. Qu'il fera ce qu'il faut, dans les temps avenirs. Le geste est maladroit, certainement, comme ses pensées. Il ne sait pas encore quoi, ne sait pas non plus s'il est prêt ou fait pour de pareilles choses, mais il fera de son mieux, pour elle et pour les autres. Pour ceux qui sont morts, aussi, sans l'avoir demandé.
- Tu dois prendre soin de toi, Artemisia. Dans ton état, tu ne sers à rien ; les mots sont peut-être insultants, mais l'allemand s'inquiète, pour elle. Ses yeux lui jouent certainement un tour, mais il lui semble que ses joues sont plus creuses que la dernière fois. Il en caresse une du bout des doigts. S'il te plait.
Qu'il ajoute, pour qu'elle l'écoute.

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MessageSujet: Re: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptyMar 14 Mar - 0:28

A-t-elle senti la tension chez Alf ? Les tremblements ? Peut-être, peut-être pas. Elle n’en dit mot, n’esquisse pas d’excuses : ce n’est pas un sujet qu’il a envie d’aborder et elle l’a suffisamment brusqué pour mille ans. Le bruit de balle qui les arrache au baiser permet de passer à autre chose sans laisser de silence gêné planer, ou même la place de s’installer pour d’éventuels regrets. Ils se connaissent : elle est tout feu tout flamme, sanguine mais patiente aussi ; il est l’eau qui coule doucement mais peut se muer en torrent dévastateur.
Il l’aide à garder les pieds sur terre, tandis que leurs deux corps s’espacent quelque peu. « Ne porte pas le poids du monde, Artemisia. Tu ne t'appelles pas Atlas. » Une moue en coin, les billes noires croisent celles bleu tempête, elle hoche la tête après un temps de contemplation. Elle sait. C’est seulement souvent plus facile de ne blâmer que soi : on se nourrit de rage, contre l’ennemi et un peu contre soi-même. Il l’aide à ne pas se détester complètement, à faire la part des choses, à réduire la forme d’orgueil qui avait émergé, un peu aussi. La maison est bien calme, Javi, Isaac et Swan ont dû partir faire d’autres choses plus intéressantes. C’est pas plus mal, vu les sujets qu’ils abordent actuellement.
Mais quand même, Alfons prend la précaution de causer en allemand, dans une baraque où ça baragouine plutôt les langues latines et l’anglo-saxon basique. Et pour cause, la confidence qu’il lui fait est foutrement importante. « Ashley prépare quelque chose, je crois. Il va me tenir au courant » Une lueur éveillée scintille dans l’œil de la belle. Si Ashley est dans le coup, alors ça doit être lancé. Elle, sa maigre contribution -avant d’être foutue en prison et réduite à l’impuissance- n’a été que de suggérer un moyen de communication, et d’envoyer quelqu’un de sûr les chercher dans sa chambre. Elle a pas trop suivi ce qu’il s’est passé après, parce qu’elle s’est lancée à la recherche de deux-trois membres de la surveillance. Les responsabilités, encore une fois, tout ça… Bref. Villalobos est donc sur le coup : ce qu’elle a fait n’a pas été vain, et c’est rassurant. Elle pose sa main sur celle qu’Alfons a posé sur son épaule, une légère pression, un sourire un peu timide, pas encore vainqueur complètement. Ça va aller. Et Alf sera avec elle, aussi. Ça ira.

« Tu dois prendre soin de toi, Artemisia. Dans ton état, tu ne sers à rien. S’il te plait. » Un soupir s’échappe des narines de Misia, un maigre sourire s’étire sous la caresse, la confirmation compréhensive ourle ses paupières qui acquiescent en se baissant une fois. Elle voit qu’il est inquiet, et elle en connaît notamment la raison. Elle n’a pas repris l’intégralité du poids perdu en janvier -à ne pas dormir, à peu manger, ainsi de suite. Février a été relativement sec, aussi, et elle a été certes plus prudente, mais n’a quand même pas assez dormi, contrairement aux avis d’Alicia, et même ceux d’Alfons.
Elle sait aussi qu’elle va avoir besoin de toutes ses forces pour jouer la comédie de façon convaincante, et pour être efficace et utile aux rangs qui se forment dans l’ombre. Alors elle accepte et elle cède à la supplique d’Alf. Prendre soin d’elle. Elle peut le faire, hein ?

Une main glisse sur l’épaule d’Alfons alors qu’elle le contourne pour se rendre dans la salle de bains, allumant la lumière pour se regarder dans un miroir. Le spectacle lui arrache un sifflement catastrophé et elle fait couler de l’eau pour se la passer sur le visage. Certes, il y a de la crasse, de la poussière, un peu de sang séché, parce que ce fils de pute d’Archibald Holmes sait pas que ça ne se fait pas de cogner au visage -des grands coups de ranger dans la gueule, voilà ce qu’il va récolter quand ils reprendront le pouvoir. Dans le lavabo, une eau noire et rougie tourne et disparaît dans les conduits. Coup d’œil au reflet, ça va un peu mieux, mais reste quand même qu’elle a encore une sale gueule, même avec le visage nettoyé. Et elle a des joues bien creuses, des cernes en-veux-tu-en-voilà… « Eh ben c’est pas la grande forme. », commente-t-elle en contemplant les méfaits d’un régime sans nourriture pendant deux jours et deux nuits, accumulés à d’autres effets. Un réflexe naturel la fait lever le bras droit et renifler, avant de pousser une beuglante scandalisée contre elle-même : « Oh madonne, et je pue en plus ! » Elle cherche du regard Alfons, dans le miroir, et se retourne vers lui, à moitié choquée et désolée : « Je sens le vieux bouc et tu m’embrasses quand même ? T’es un grand malade ! », ajoute-t-elle en riant avec légèreté alors que son ventre grogne de n’avoir pas été rempli avec un truc consistant depuis plus de 48h, lui arrachant un râle d’agacement. On aurait du mal à croire que cette nana a passé deux jours sans voir le soleil, dans une taule, oscillant entre cellule et interrogatoires. La capacité de résilience, c’est ça qu’elle a en elle. Ça a aussi trouvé la force de reprendre le dessus lorsque le baiser a été rendu, lorsqu’ils ont arrêté les faux-semblants, lorsqu’elle a repris espoir.

Elle inspire, se colle deux petites claques sur les joues, ne serait-ce que pour leur redonner une vague couleur rosâtre, s’essuie le bout du nez rapidement. On s’y remet, Misia, on prend le taureau par les cornes et on lui nique bien sagement sa mère, on se laisse pas abattre, on va bien leur faire regretter d’avoir fait ça. Se répétant ces quelques slogans familiers d’auto-motivation, elle décide de passer sous la douche et commence par enlever son pull noir. Elle va pour virer le haut mais se ravise et interroge Alfons avant de se désaper totalement : « Si je te promets que je ne glisse pas dans la douche, tu peux me faire cuire du riz ou des pâtes ? Ou me réchauffer des restes, je crois que je pourrais avaler n’importe quoi, là. Comme ça, t’es pas obligé de rester planté là, et je me lave pour arrêter de sentir la mort. … Ou bien j’peux le faire, hein, t’es pas obligé, hein. » Être naturelle, elle s’y force, mais c’est quand même pas encore évident là, d’y revenir et d’occulter ces jours de merde.

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Alfons Böhm
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STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
ARME DE PRÉDILECTION : trouvaille d'y il a quelques mois, un coup de poing américain taser dont il ne se sert que très rarement.
ÂGE : trente-six années.


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MessageSujet: Re: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptyMar 14 Mar - 2:44

Les images s'effacent aussitôt qu'il le voit, une part de lui désirant ne pas voir, ne pas comprendre ce qu'il voit. Les bleus contre sa peau claire, les creux qui n'étaient pas là, autrefois, et le sang. Le sang qui craquelle, sur sa peau. Elle a perdu un peu de sa douceur, mais elle reste belle. Belle, dans sa douleur. C'est ce qu'elle, depuis qu'il l'a retrouvé, il y a quelque mois. Belle dans le bordel monstre d'un monde qu'ils n'ont jamais demandés, mais dans lequel, au moins, ils sont là, tous les deux. Peut-être ce n'est pas parfait - ils ne l'ont jamais été, de toute manière - et que les merdes sont plus présentes que les bonheurs, mais il n'a jamais été de ceux à être capricieux. Sa présence lui suffit, qu'importe ce qui se trouve autour. Il se contentait de la voir au travers de la fenêtre et dans les rues, dans les couloirs aussi, autrefois, lorsqu'il s'était séparés d'elle, lorsqu'ils étaient jeunes et cons. Il se contentait de la voir, même si elle était triste et loin de lui, même s'il était triste et loin d'elle, car c'était la chose à faire et à être. Et encore aujourd'hui il l'observe sans faire grand mouvement, certainement aussi con qu'à époque, mais espérant l'être un peu moins. Il s'appuie contre le cadre de la porte et l'observe du mieux qu'il peut, espérant oublier les douleurs qu'elle a pu ressentir au cours des derniers jours. Espérant les faire disparaître juste en les ignorant, comme il a ignoré tant de choses, dans sa vie, et aujourd'hui encore, pour qu'elles ne soient plus.
Mais aujourd'hui, un peu adulte, il ouvre les yeux et observe ce qu'il n'aime pas, et affronte un peu la réalité. Ce qu'il désire en affronter de cette réalité, du moins. Certaines choses restent encore sous clé.
Alors, il la dévisage, là, un bras appuyé contre le cadre de la porte, un regard sérieux, sévère, calme aussi, posé sur elle tandis qu'elle s'observe dans le miroir de la salle de bain. Il dévisage ses traits et voit apparaître les ecchymoses et les plaies, sur sa peau. Il serre les poings ; ressent une flèche de douleur lorsque ses ongles s'enfoncent dans ses blessures causées par le geste, il y a plusieurs heures. L'allemand se fait violence pour garder la bête de ses tripes, ignore la douleur qu'il ressent lorsqu'elle se met à ronger les os de ses côtes, affamée.
« Eh ben c’est pas la grande forme. » Sourire triste, sur ses lèvres. Peut-être ne le voit-elle pas, dans le reflet du miroir. Qu'importe. Il est plus faux pour lui que pour elle.
Et puis, le geste. Et puis, le ton, la voix, l'expression.
Elle. Juste elle, comme elle a toujours été.
« Oh madonne, et je pue en plus ! »
Et le rire, qui quitte les lèvres de l'homme, le surprend lui-même. C'est que, une seconde, un élan de rougeur se glisse sur ses joues, et lorsqu'elle se tourne vers lui, il a déjà porté une main devant ses traits, un peu pour se cacher, honteux, ricanant encore comme un gamin face à une blague puérile.
« Je sens le vieux bouc et tu m’embrasses quand même ? T’es un grand malade ! » La rougeur va jusqu'à ses oreilles, et il baisse les yeux, un peu con pour un homme de son âge, face à de telles paroles, d'avoir pareille réaction. Il se racle la gorge, quitte le pan de porte et se gratte la joue, un peu con, pour au final marmonner une quelconque réponse.  
- Je - C'est toi qui a -  hm.
Il abandonne et soupire, l'expression un peu conne, l'air d'un chien battu, le temps d'un instant, confus et heureux et plusieurs choses, aussi, mais surtout gêné par une connerie qu'il ne comprend. Des années qu'il la connait, et pourtant, elle arrive encore à le rendre coeur d’artichaut et bien paumé pour un rien.
Elle lui offre une porte de sortie, en parlant de douche, de nourriture, de ci et de ça. Il secoue sa tête de gauche à droite lorsqu'elle se perd au travers des mots et lui fait signe de la main, pour qu'elle arrête.
- C'est bon, je m'en occupe. Lave toi.
Un dernier regard, les joues encore un peu rouges, et il descend pour aller lui chercher quelque chose. Il se presse sans en connaître la raison, prend un plat déjà fait au hasard dans le frigo - les enchilladas maisons de Javier, fait avec amour et venant d'une recette de sa mama - les met à chauffer et tape du pied pendant ce temps, jette sans cesse un regard à la porte, aux escaliers, puis s'approche de la fenêtre, silencieux, calme et lent, mais des doutes aux tripes, pour voir si quelqu'un n'est pas là, un gun à la main, pour les buter. Le bruit du four lui arrache un sursaut et Alfons ferme les yeux quelques secondes, soupire longuement avant de ramasser le repas et de monter les escaliers à pleine vitesse ; il pense à ses joues creuses, à son ventre qui gronde et ouvre la porte de la salle de bain sans réellement y prêter attention.
Le pas stoppe ; un nuage de vapeur règne dans, et au travers de la porte de la douche, les courbes d'Artemisia lui font face, un peu dissimulée derrière les arabesques floues. Il baisse les yeux par respect même s'il a déjà tout vu, s'avance lentement et allant vers la cuvette.
- Je peux rester ici ? S'il te plait ; car il n'aime pas l'idée d'être trop longtemps éloigné d'elle, du moins pour aujourd'hui. Et ce, malgré l'inconfort dans ses tripes de la savoir nue, si proche de lui. Il l'a vu se changer plusieurs fois pourtant, au cours des derniers mois, mais le baiser change peut-être certainement choses, et la tête bourdonne de pensées confuses.
Il s'assoit sur la cuvette, le plat sur les cuisses, les ustensiles dans les mains, et prend quelques bouchées ; il n'a pas mangé depuis l'attaque, lui non plus. Par inquiétude, par le goût de la chair brûlée sur sa langue, aussi.

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Misia Sacramoni
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STATUT CIVIL : elle a besoin de lui, de ses bras, de leur langage germano-italo-américain, d'eux, pour tenir (#power couple zero chill)
ANCIEN MÉTIER : opératrice radio de l'armée américaine qui était présente à Sherwood avec son unité et a entendu en même temps que son supérieur l'ordre d'abandonner les civils. obviously, elle est restée.
PLACE DANS LE CAMP : DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU CAMP PAR ECHO : Misia a été balancée au gardiennage d'enfants, le lieu le plus loin des armes à feu possible, et le plus loin de tout en fait. Elle enrage, ronge son frein, vomit régulièrement et essaie de paraître normale auprès des mioches qui lui ont été collé dans les mains. Niveau fiabilité : 10/20. (AVANT : a commencé dans la brigade de surveillance extérieure, devenue par une suite logique d'événements bras droit du chef de la sécurité depuis avril 2016 / supervise en particulier la brigade de surveillance externe, en tant qu'ancienne)
HABITATION : Higgins Hill, #11 (w/ alf, javi, thomas, swan et maxou)
ARME DE PRÉDILECTION : Plus d'arme, plus rien que ses poings et ses pieds. Autant dire qu'elle est pas très heureuse de tout ça. (AVANT : un micro-uzi, mais cette merde s'enraye de temps en temps ; sinon une pelle qu'elle a améliorée joyeusement pour en faire une arme de choix, si si.)
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MessageSujet: Re: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptyMar 14 Mar - 16:50

Le rire de l’homme lui fait un bien fou. Elle a besoin de le voir sourire, de l’entendre rire, doucement ou aux éclats, alors forcément elle en rajoute une couche, l’italienne, à ne jamais vraiment faire dans la demi-mesure. Un sourire tendre alors qu’il est confus, ne sait pas trop ce qu’il veut dire et elle enquille sur la nécessité de prendre une douce pour arrêter de sentir le phoque. « C'est bon, je m'en occupe. Lave toi. », il intervient alors qu’elle s’emmêle les pinceaux. « T’es parfait, merci. » Les prunelles se croisent et elle se retrouve seule et ferme la porte -on sait jamais si les autres rentrent, ça serait bien qu’elle se foute pas à poil la porte grande ouverte.

Elle ferme aussi la porte parce que malgré ce coup de boost qu’il lui a donné, l’adrénaline est retombée et, mine de rien, ben ça va pas fort quand même. Le sang séché sur son visage, c’était que la partie émergée de l’iceberg. Le t-shirt est ôté, le pantalon et les chaussettes virés, en tas sur le sol. Elle regarde son reflet dans le miroir, le corps maigre, des muscles qui ressortent bien avec cette configuration. Des ecchymoses récentes au niveau des flancs, des traces de blessures remontant à janvier, d’autres plus anciennes. Elle jure en italien entre ses dents. Il fait frais dans la salle de bains, elle a les entrailles nouées, la bile remonte sans prévenir et Misia éructe au dessus du lavabo. Elle a rien à vomir, résultat, c’est que du liquide bilaire, ça lui crame la gorge, lui brûle l’œsophage et fait monter les larmes dans ses yeux encore un peu rouges. Elle reste penchée sur le lavabo un temps, les larmes qui coulent en silence, la bouche entrouverte, la peur d’être reprise par un reflux, elle essaie de reprendre en main sa respiration erratique. Et puis, après avoir compté jusqu’à trente, elle inspire un grand coup, expire, fait couler l’eau, rince sa bouche, ferme le robinet et puis vire enfin ses sous-vêtements pour finir sous la douche, de l’eau brûlante qui dégringole sur son corps, pour la débarrasser des souillures des derniers jours. Renversant la tête en arrière, elle laisse la cascade avoisinant les 40°C (voire plus) lui marteler le buste, puis tourne et soumet son dos au même traitement.

Elle ne sait pas combien de temps elle reste sous l’eau plus que chaude, peut-être assez pour vider le ballon d’eau à la longue, elle verra bien. Pour l’heure, elle en a besoin, de cette atmosphère chaleureuse qui se dégage, allant jusqu’à envahir la salle de bain d’un nuage de vapeur d’eau. Elle se masse le cuir chevelu, les yeux fermés, humidifie bien ses cheveux et entreprend de laver cette crinière bourrée de nœuds.

C’est le moment que choisit Alf pour revenir, alors qu’elle a fait une choucroute au shampooing avec ses cheveux et qu’elle se savonne le corps. « Je peux rester ici ? S'il te plait », qu’il lui demande. « Hein ? », elle demande, de la mousse de shampooing dans les oreilles, pas sûre de comprendre, et puis le temps que ça arrive au cerveau : « Oui, oui, bien sûr, reste, j’ai bientôt fini. » Bientôt fini, ça marchait quand elle avait pas des cheveux longs jusqu’au creux du dos à rincer. Elle termine de se savonner, puis ouvre l’eau -brûlante toujours, un régal- se rince les mains, le corps et entreprend de rincer ses cheveux, ce qui met mille ans, surtout pour ne pas s’en mettre dans les yeux.

Et soudain, un « Porca puttana troia ! » retentit, rugi par la jolie bouche de l’italo-américaine, furieuse, qui coupe l’eau aussi sec. « Cazzo ! Cazzo, cazzo di merda ! » poursuit-elle en ne s’adressant à personne en particulier sinon elle-même. Mouvement dans la cabine de douche, elle ausculte ses cheveux et scrute son corps à la recherche de reste de savon à rincer, priant la vierge Marie et tous les saints pour qu’elle ait réussi à se rincer complètement et n’ait pas besoin de le faire… Et forcément, elle jure derechef : « Meeerde, il en reste… », ayant peut-être oublié qu’elle n’est pas seule dans la salle de bains, et qu’on l’entend très bien grâce au carrelage qui provoque un écho. L’eau est ouverte de nouveau, et en serrant les dents, elle termine de se rincer, essore ses longs cheveux bouclés, et enfin sort et s’enroule aussitôt dans une grande serviette qui était posée sur le clou, couvrant ainsi de son buste jusqu’à ses genoux, les cheveux qui dégoulinent quand même d’eau dans son dos. Dépitée, elle commente : « Y a plus d’eau chaude. » Ça suffit à expliquer ses cris et jurons, considère-t-elle en esquissant un sourire en coin, un peu gêné.

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HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
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MessageSujet: Re: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptyJeu 16 Mar - 17:52

Il sourit un peu, malgré le rouge, malgré le peu de malaise qu'il ressent, à être là comme un con dans les wc avec elle. Mais il s'y fait, Alfons, car ils ont toujours été comme ça, au final, même dans les derniers mois. C'est peut-être le fantôme de ses lèvres contre les siennes qui, dans ses veines, ses entrailles, lui apporte un certain malaise. C'est la possibilité d'autres choses, celle qu'il ignore depuis qu'il l'a revu. Et il ferme les yeux, une seconde, inspire et puis prend une bouchée ; les enchilladas sont réconfortants, lui donnent un peu de force et il oublie un peu ses questions à la con. Il les écarte sans trop y penser, n'affronte pas le traumatisme qui plane dans ses veines depuis trop d'années déjà. Le corps se souvient encore des touchées, des caresses et des blessures invisibles. L'esprit reste le plus atteint ; les mots n'ont pas quitté ses lèvres, sauf une fois, et les gens ne l'ont pas cru, à ce moment là. Alors l'allemand s'est tu et le fait encore aujourd'hui, ignore la tentative de viol car ils l'ont dit ; ce n'est jamais arrivé, il a menti. Misia se pose peut-être des questions, il le sait ; mais jamais elle ne lui en a parlé, depuis leur retrouvaille. Elle reste là, à le dévisager avec ce regard qui sait tout, qui comprend à moitié, mais assez bien pour le soulager. Et elle attend ; malgré son caractère impatient, elle l'entend depuis le début de leur vie sans rechigner, sans demander quoique ce soit, sauf sa présence à ses côtés et quelques mots doux, parfois, et des touchés fantômes, si peu intimes, alors qu'il le peut.
Et puis sa voix aussi, elle aide. Avec ses insultes, et ses expressions. Il manque de s'étouffer, le grand con, tandis qu'il l'entend hurler, pendant une seconde. Le rouge quitte ses joues et un rire le prend, léger, à peine audible, mais assez pour mettre un fin sourire sur les lèvres de l'allemand. Il dévisage la forme floue qu'elle est, au travers de la porte de la douche, pendant une seconde, l'écoute attentivement en secouant légèrement de la tête, une certaine lueur dans les yeux.
- Ne laisse pas le shampoing gagner l'combat, Misia. C'est toi la plus forte ; un brin de malice, dans la voix. Une plaisanterie légère, mais nécessaire pour les calmer l'un comme l'autre, dans pareille situation.
L'eau se coupe ; il garde les yeux bas, les doigts un peu serrés sur sa fourchette, entend la porte s'ouvrir, ne lève pas les yeux, observe ses jambes, sa peau lisse, un peu blessée. Une inspiration, et l'allemand lève l'oeil vers elle, enfin.
Sa voix lui apporte un sourire aussi con que le sien, aussi petit, miroir de ses lèvres, et il se redresse, pose le plat sur le comptoir avant de prendre une autre serviette.
- Je prendrais ma douche plus tard, alors.
D'un signe de main, il lui montre la cuvette, pour qu'elle s'assoit, avant de lui mettre le plat entre les mains. Il en reste encore une bonne partie, et même si son ventre est encore un peu vide, l'allemand préfère lui laisser le reste ; elle en a plus de besoin que lui.
- Ça va être froid ; mange.
Les gestes sont lents ; de ses doigts, il prend la longue crinière de l'italienne, l'essore doucement avec la serviette. Alfons prend son temps, l'observe manger, détaille ses blessures des yeux ; l'esprit analyse et note ce dont il a de besoin pour soulager les plaies du mieux qu'il peut. Il se souvient de ce qu'il a dans les armoires, les pommades et les onguents. L'oeil tombe sur la serviette, une seconde ; y a-t-il des blessures cachées ? Certainement.
Alfons serre un peu des dents ; le plat est presque vide entre les mains de l'italienne, maintenant ; il ne s'est même pas rendu compte du temps passé. Les cheveux sont presque secs, aussi. Alors, il cesse. Il cesse et pose la serviette au sol, la laisse simplement tomber.
Et puis, un geste ; il tend les doigts vers le haut de son buste, hésite une seconde, croise son regard, retient son souffle et au final, comble la distance et atteint la serviette. Les doigts tremblent contre la peau, une seconde, et d'un geste lent, il la dénude tranquillement, l'oeil déjà posé sur son corps, cherchant les marques des jours passés. Il n'y a rien de sexuel, aucun désir dans l'iris. Juste de l'inquiétude, peut-être, et une vague de colère, énorme, qui le prend par les tripes, lorsque l'oeil se pose sur les tons de bleus et de violets qui règnent contre sa chair.
- Ces - Arschloch ; le mot lui échappe sans qu'il ne puisse le retenir. Les doigts s'aggripent au tissu, forts, et il lui faut une seconde pour se calmer. Ou plusieurs, peut-être. Il n'y arrive pas totalement, le regard un peu plus sombre, la machoire tendue par la haine. Et puis, un geste tendre ; les doigts tremblant se posent contre la chair meurtrie à quelques centimètres de son sein. Il l'effleure avec délicatesse, comme si le touché pouvait apaiser sa douleur. Sous ses doigts, un léger frisson ; il lève les yeux vers elle, inquiet.
- Pardon ; les doigts se retirent, le regard se fait coupable. Tu comptais m'le cacher longtemps ? Merde.
Dans ses tripes, un besoin de la toucher, de se rassurer lui même. La toucher pour savoir qu'elle est là, qu'elle est devenue, et qu'elle vit.
L'allemand se redresse, sans penser. Ses doigts glissent contre son visage, sans penser. Ses lèvres s'appuient contre les siennes, sans penser. Légères, fantômes presque, moins d'une seconde. Il sent son souffle contre sa bouche ; le sien s'apaise un peu. Et puis il s'éloigne, ouvre l'armoire et sort ce dont il a de besoin pour soigner du moins qu'il peut les blessures contre sa chair.

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PLACE DANS LE CAMP : DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU CAMP PAR ECHO : Misia a été balancée au gardiennage d'enfants, le lieu le plus loin des armes à feu possible, et le plus loin de tout en fait. Elle enrage, ronge son frein, vomit régulièrement et essaie de paraître normale auprès des mioches qui lui ont été collé dans les mains. Niveau fiabilité : 10/20. (AVANT : a commencé dans la brigade de surveillance extérieure, devenue par une suite logique d'événements bras droit du chef de la sécurité depuis avril 2016 / supervise en particulier la brigade de surveillance externe, en tant qu'ancienne)
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ARME DE PRÉDILECTION : Plus d'arme, plus rien que ses poings et ses pieds. Autant dire qu'elle est pas très heureuse de tout ça. (AVANT : un micro-uzi, mais cette merde s'enraye de temps en temps ; sinon une pelle qu'elle a améliorée joyeusement pour en faire une arme de choix, si si.)
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MessageSujet: Re: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptyMar 28 Mar - 11:53

« Je prendrais ma douche plus tard, alors. » Petit sourire désolé, elle obtempère à la proposition de se poser et prend ainsi place sur la cuvette et récupère de la nourriture odorante et encore tiède. Elle prend la fourchette dans le plat, se souciant peu de savoir s’il a mangé avec ou pas. Elle est pas à ça près, et les grognements de son ventre indiquent qu’elle a une de ces dalles. Elle le laisse essorer ses cheveux, et timidement elle porte la fourchette à ses lèvres. Une question reste en suspens : l’estomac va-t-il accepter les victuailles, ou tout rendre aussitôt que la nourriture sera avalée ? Qu’un seul moyen de le savoir : elle décide de tester.
Concentrée sur ce qu’elle mange, elle s’attarde moins sur ce que scrute Alf. Les enchilladas de Javi sont ingurgitées plus rapidement qu’elle ne l’aurait souhaité, et elle a une pensée affectueuse à l’égard de leur colocataire, dont elle espère qu’il se porte bien depuis l’invasion. Alf lui aurait dit, non ? Peut-être pas, cela dit. Les cheveux tirent de temps en temps, de façon infime, alors que les nœuds sont pressés dans la serviette que tient Alfons.

Repue, elle relève la tête vers son sauveur -pour la question de la nourriture, le reste, ils s’accorderont sur le fait qu’elle est capable de se sauver toute seule- et esquisse un sourire satisfait, qui s’efface assez vite quand elle croise les prunelles de l’Allemand et qu’elle comprend ce qu’il redoute. Elle ne dit mot, garde le plat quasi-vide sur ses cuisses et se redresse un peu sur son séant, sans pour autant se lever ou quoi. Elle le laisse faire, hoche la tête imperceptiblement, comme pour lui dire qu’elle a compris qu’il n’y aura rien de charnel dans l’acte à venir, juste une inquiétude à… « Ces - Arschloch ». Sourire triste qui répond en silence au juron du barbu. Elle ne bouge toujours pas, le buste dénudé, l’air encore vaporeux de la salle de bains qui lui évite d’avoir froid. Elle frissonne, quand même, quand il pose ses doigts sur elle, légèrement : il ne lui a pas tant fait mal, c’est surtout qu’il a les mains plus fraiches que la peau de Misia. Elle secoue la tête lorsqu’il s’excuse, et se met à regarder le sol quand il poursuit. Elle comptait le cacher aussi longtemps qu’il faudrait pour qu’elle ne voie pas dans ses yeux la lueur meurtrière qu’elle y a vu, cette envie d’aller les frapper, les tuer, la haine, la colère… Raté.

Elle n’a pas prévu la suite, mais répond au baiser éclair et le suit des yeux. Comprenant ce qu’il va récupérer, elle tend son bras et pose le plat par terre, au sol à côté de la cuvette des toilettes, histoire de pouvoir un peu se pencher en arrière sans être tendue à l’idée de faire glisser le plat. Elle explique, certaines des marques qu’elle a repérées lors de son auscultation pré-douche. « Tu sais, ça ne fait pas si mal que ça. Là », elle désigne une marque tout en long autour de son sein droit, « c’est la baleine de mon soutif qui a marqué, surtout… » Bon, un truc rectiligne et métallique, ça fait jamais du bien quand on le presse brutalement contre une partie du corps, certes, mais on va laisser cette précision de côté, hein ?
La pommade a une odeur qu’elle connaît, mais qu’elle n’arrive plus à nommer. L’eucalyptus lui vient à l’esprit, mais c’est pas du tout ça, elle reconnaitrait, non… Arnica ? Arnica, probablement. Ou autre chose. Elle ne sait pas. Elle le laisse prendre soin d’elle et soigner ses bobos, sans mot dire, sans rechigner. Quelques frissons, çà et là, parce que la pommade est quand même plus froide que le corps de Misia.

Devrait-elle être pudique devant lui ? Les pans de la serviette qu’il a écartés sont pliés, retombés de part et d’autre, croisés désormais sur le giron de la brune, deuxième couche de tissu-éponge par dessus celle dissimulant déjà le pubis, qui lui n’a pas été violenté. Si l’un de leurs colocataires venait à ouvrir la porte et les voir ainsi, des questions se poseraient, probablement. Mais ils sont seuls, et c’est tant mieux, dans un sens.
Lorsqu’il achève le recouvrement du dernier des hématomes, elle esquisse un « Merci. », un peu penaud, un peu désolé, un peu gêné.

Elle a les yeux un peu brillants, parce qu’elle ressent monter en elle cette bouffée d’angoisse qu’elle n’a eu de cesse de côtoyer quand elle était enfermée, alors elle hisse une main jusqu’au visage d’Alfons, se rassure en le touchant en retour qu’il n’est pas une illusion, qu’il est bien là, qu’il n’a pas disparu. Les doigts glissent vers le haut du crâne, caresse tendre et toute pleine de ces sentiments et émotions qu’ils ne formulent pas par des mots, et s’enfoncent dans les cheveux qui ont bien poussé depuis qu’il est arrivé à Astoria. Elle détourne la conversation sciemment, en l’interrogeant finalement, après quelques minutes à rester là, à le contempler sans mot dire, à vouloir l’embrasser, l’enlacer, ne faire plus qu’un avec lui, mais à ne pas agir car elle sait, elle a senti, elle n’ose plus bouger de peur de le brusquer. « Pas trop chaud, là-dessous ? », demande-t-elle donc avec un clin d’œil et un coup d’œil à la tignasse. « Y a du laisser-aller, hein. », elle poursuit, sans vraiment le penser, sans vraiment avoir l’air de le penser même, avant de concéder : « Remarque, c’était l’hiver, fallait pas que t’attrapes froid. » C’est loin, la dernière fois où elle l’a aidé à raccourcir sa tignasse -où elle l’avait raccourci, d’ailleurs, mais sur ses indications à lui. Quand ils étaient tous les deux, quand elle avait enfin divorcé de Teddy, et juste avant qu’il soit arrêté et que ça ne redevienne la merde. Elle hausse les épaules brièvement, laisse sa main glisser du crâne vers la nuque d'Alf et puis revenir sur ses cuisses à elle, se croiser avec l’autre, histoire d'arrêter de parler avec les mains constamment. « Bon, après, c’était pas grandiose ce que j’avais fait, donc j’peux comprendre que tu préfères trouver un autre coiffeur… »

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Fight, gentlemen of England! fight, bold yeomen! Draw, archers, draw your arrows to the head! Spur your proud horses hard, and ride in blood. Amaze the welkin with your broken staves! — Shakespeare.

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Alfons Böhm
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STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
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MessageSujet: Re: fuck 'em all (alf)   fuck 'em all (alf) EmptyMer 5 Avr - 0:12

Il reste attentif ; le moindre mouvement est accompagné d'un souffle retenu, d'un regard soutenu. Il fait attention, pour ne pas lui faire mal. Misia est forte, certes, mais Alfons n'est que maladresse, depuis le début de sa vie. Il sait ; sait que ses mains sont plutôt maladroites, parfois, et qu'il brise des choses sans réellement le vouloir. Il sait, au fond, qu'il y a une certaine part de noirceur, au fond de lui, et il l'accepte, mais l'écarte du bout des doigts, lorsque ses yeux se posent sur l'italienne, juste là, devant lui. Car elle est tout, si ce n'est pas le monde, l'unvers entier, et il n'est qu'un trou noir un peu bordélique, prêt à tout détruire de cette merveille qui l'entoure, sans réellement pouvoir contrôler quoique ce soit. Certes, peut-être est-il stable - l'est-il réellement - et il peut observer des heures durant les constellations qui dansent sur le bout de son nez, lors des jours d'été trop longues, et dévisager les galaxies qui miroitent dans ses yeux, lorsqu'elle le dévisage d'un air sérieux. Mais une part de lui a toujours cette peur, cette inquiétude.
Alors, il retient son souffle, entre chaque geste. Il le laisse couler ensuite, doucement, avant de recommencer et de nettoyer, tout, pour qu'elle soit propre. Il panse ses plaies en espérant pouvoir soigner un peu de son coeur. En espérant que ses gestes lui font comprendre ce qu'il ne peut dire, au travers de ses mots. Les langues ont beau être nombreux, il ne sait jamais, Alfons, ce qu'il doit lui dire, ou comment formuler les battements de son coeur en mot.
Trois langues qu'il connait, et aucun mot ne lui semble juste, soudain.
Ses doigts tremblent, une seconde, tandis qu'il s'occupe de la dernière blessure du mieux qu'il peut. L'ex-ambulancier ferme les yeux, ensuite. soufflant doucement, retenant son souffle, pourtant. Retenant son souffle, pourtant, lorsque les doigts de sa belle caresse son visage, tendrement. Il sent ; il sent, derrière ses paupières closes, un élan de larmes qui lui monte et qui, en chemin, serre sa gorge d'émotions. Alfons baisse la tête, un peu, et s'approche, sans réellement s'en rendre compte. Les peaux ne se touchent pas, mais il sent sa chaleur, la preuve de sa vie, contre sa peau.
Ça lui suffit.
Ça, et le mouvement de ses doigts, aussi, dans sa crinière folle.
Il pince les lèvres, Alfons, au travers du silence, et retient les larmes, tandis qu'aucun d'eux ne trouve le courage de parler, de dire les mots qui pèsent sur leur coeur.
Une larme s'évade, et tombe contre le tissu usé de son jeans. L'allemand ouvre les yeux et la dévisage, silencieux, reniflant sans bruits, presque timide, tandis que l'italienne parle, de nouveau.
Il écoute ses paroles et lui sourit simplement, la gorge se desserrant doucement, un poids un peu, au travers de tout ce merdique. Les mots sont légers, ne veulent pas dire grand chose, mais apaise la tempète étrange qui l'envahit, depuis des jours, déjà.
Elle le comprend certainement mieux qu'il ne se comprend lui-même. Ou peut-être ne sait-elle même pas ce qu'elle fait, pour l'aider. Peut-être a-t-elle simplement ce don, naturellement.
Son souffle lui revient un peu, étranger, lorsque ses doigts s'éloignent de lui. Alfons secoue la tête pour lui répondre, ignorant le malaise qui retient un peu, étrange.
- Non, je te fais confiance.
Une seconde, longue, et le trou noir observe les étoiles qui lui font fasse. Il sourit, un peu, à peine, un sourire qu'elle seule peut voir, avant de se redresser. D'un geste simple, naturel, l'homme retire son t-shirt et attrape d'un geste doux les mains d'Artemisia, les glisse une à la fois dans le vêtement chaud, l'habiller un peu. Le vêtement lui tombe sur les cuisses, trop grand pour elle, alors qu'elle se lève, et le coeur se serre.
Le ventre aussi, peut-être bien, mais l'homme n'y prête pas réellement attention.
Il prend le rasoir et s'assoit à son tour sur la cuvette, lui met entre les doigts, et penche la tête, simplement.
Il lui fait confiance, simplement.
il lui fait confiance, les yeux fermés, le coeur ouvert.
- Rase tout. On recommence à zéro.
Peu de mots qui, pour eux, veulent dire beaucoup de choses.

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