Can you see it? The worst is over (Cecil)

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 Can you see it? The worst is over (Cecil)

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MessageSujet: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Sam 22 Oct - 17:21



Depuis son arrivée à Astoria, la jeune femme a été affectée au poste de babysitter. Ce n’est pas le métier qui lui était destiné mais ce n’est pas quelque chose qui la gêne réellement. Jill aime se rendre utile, c’est important pour elle. Alors à défaut de trifouiller les pensées des autres, elle se contente de les accueillir et de tenter de les faire se sentir, au mieux, chez eux, ici dans ce campement. Ce n’est pas facile, mais comme dans tout ce qu’elle entreprend, la jolie brune se donne à fond. Elle trouve ça plus glorifiant, et plus intéressant également. Jillian aime être en contact avec les gens. Des enfants, des vieux, des jeunes… elle s’en moque, du moment qu’il y a un échange. On pourrait dire qu’elle ne supporte pas la solitude. Jill, c’est la fille qui a toujours besoin d’être entourée. Elle a beau avoir ces petits moments où elle préfère s’isoler, mais ceux-ci sont bien rares. Elle se souvenait à quel point les premiers jours à Astoria furent compliqué pour elle, mais depuis, elle aime penser que tout le campement est une sorte de grande famille. Une utopie qu’elle cultive en accueillant ces petits nouveaux.

Elle se rend alors, comme à son habitude, dans le secteur nord, un peu isolé du camp, pour rejoindre les maisons où vivent les nouveaux en quarantaine. Trajet quotidien, sous l’air plus frais d’automne. Elle salue l’homme posté devant l’une des maisons, tout sourire, puis entre à l’intérieur, avant de se diriger vers le dortoir, à la recherche du jeune homme qu’elle devait voir aujourd’hui : Cecil. Le psychologue lui a pourtant fait savoir que ce n’était pas un cas facile, qu’il ne parlait pas, s’ouvrait peu, mais la jeune femme aime les challenges, et surtout, aimerait pouvoir l’aider. Ce n’est pas la première fois qu’ils se rencontrent, et la babysitter ignore si elle l’aide réellement – ce dernier était particulièrement instable.  Elle sait que la plupart de ces hommes et femmes qui arrivent sur le campement ont passé des mois à lutter, à se battre, à subir, à fuir. Jill, elle, a eu de la chance de pouvoir se réfugier à Astoria dès le départ. Elle n’a pas eu à craindre pour sa vie. Jillian reconnait alors Cecil, un peu isolé, au fond du dortoir, et s’approche doucement de ce dernier.

« Cecil ? » Elle lui adressa un sourire chaleureux, et ne tarda pas à reprendre la parole : « Bien dormi ? Je sais que c’est pas le Hilton, mais je te promets qu’une fois que tu seras sorti, t’auras un oreiller en plus, et ça, ça change tout ! » Elle l’observait, attendant une réponse de sa part. Elle devait le préparer à sa sortie, car mine de rien, le jeune homme était resté bien plus longtemps que les autres en quarantaine. « Figure toi que j’ai une surprise pour toi, jeune homme, tu pourras me remercier en répétant à tout le monde que je suis la meilleure babysitter, si tu veux. » Ajoutait-elle, non sans un certain enthousiasme. Oui, elle s’était démenée pour qu’on lui accorde cette toute petite faveur, et espère que ça fera plaisir à son interlocuteur.


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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Mer 26 Oct - 18:54

Assis sur le rebord de la fenêtre, Cecil s’adonnait à son passe-temps favori : les yeux rivés sur le bois de la fenêtre, il cherchait dans les motifs de la peinture écaillée les divers objets, plantes et animaux qui s’y cachaient. Depuis le temps, il en avait déjà compté une bonne vingtaine et parmi ses dernières trouvailles du jour se trouvaient : un nuage grognon, un squelette qui dansait la claquette et une libellule de fox-terrier. Il aimait particulièrement ce dernier, qui se cachait dans le coin supérieur droit, sous une toile d’araignée, comme essayant de s’en échapper. Cecil songea à retirer la toile pour libérer l’image de ce drôle d’hybride ; il tendit son index dans l’idée d’enrouler la toile autour mais, soudain, se figea en voyant une araignée sortir d’une fente dans le bois pour regagner son domaine, et ajouter quelques fils à son œuvre. Cecil poussa un petit soupir de soulagement. Juste à temps ! Il allait faire une grosse bêtise en privant cette pauvre bête de sa maison.

Il replia les jambes contre son torse, passant ses bras autour, et déposa son menton sur ses genoux, tout en fixant le travail de l’araignée avec une fascination visible. Bientôt, ses doigts commencèrent à s’agiter, nerveusement, impatiemment ; la méticulosité de la fileuse réveillait en lui le besoin de s’affairer sur les travaux minutieux qu’il appréciait tant lui-même.

Et soudain, ses doigts se crispèrent, de même que tout son corps, alors qu’il tournait une nuque raide, un visage blême et des pupilles dilatées vers la porte du dortoir qu’il venait d’entendre s’ouvrir. Heureusement, et malgré son instant de panique, il reconnut aussitôt Jillian, et ses doigts plantés comme des serres sur ses genoux se détendirent quelques peu, lâchant bientôt prise pour que Cecil posât les pieds à terre et se redressât, juste quand Jill venait se planter devant lui, toute sourire et gaillarde, comme à son habitude. Et miracle, l’espace peut-être de trois quarts de seconde, Cecil, après un instant de considération, parvint à se fendre d’une esquisse de sourire comme première réponse à la question de sa baby-sitter. Ce n’était pas si dur que ça, finalement ; il faut dire que Cecil avait plus de facilité à se détendre avec les gens d’à peu près son âge, et d’autant plus lorsqu’il s’agissait de filles ; Cain, c’était l’exception qui soit prouvait la règle, soit resterait inexpliquée. Heureusement que le garçon n’était pas du genre à se poser trop de questions, sinon il n’en aurait plus dormi. Ah mais d’ailleurs, c’est vrai : pour répondre à la question de Jill, Cecil n’avait pas dormi, du moins, pas vraiment. Il était resté allongé sur le dos, à fixer le plafond, attendant l’épuisement qui n’était venu qu’aux premières lueurs du jour ; il avait tout juste pu grappiller une vingtaine de minutes de sommeil, avant que l’agitation des autres occupants de la quarantaine ne le tirât du lit. Cette anecdote, il la traduisit donc à Jill par un éloquent « hmmhmm », accompagné d’un hochement de tête. Ça commençait très bien. Et quand la jeune femme enchaîna, lui parlant d’une surprise puis d’être la meilleure baby-sitter au monde, Cecil prit presque une minute de réflexion pour considérer cette proposition, avant de se fendre d’un :
« D’accord. »
Cré vingt dieux, c’est qu’il était décidément bavard aujourd’hui, le garçon ! Allez en revanche savoir s’il disait d’accord pour la surprise — que, pendant sa réflexion, il avait eu le temps de considérer puis d’éliminer comme une potentielle mauvaise surprise — ou s’il approuvait l’idée d’aller raconter à tout le monde que Jill était la meilleure baby-sitter qui soit, ce qui vis-à-vis de Cecil ne devait pas être bien difficile à accomplir, puisque toutes les baby-sitters qu’il avait eues étant petit avaient démissionné les unes à la suite des autres, après seulement un après-midi d’essai, contrairement à Jill qui, aujourd’hui, était encore là.

Sans détacher son regard d’elle, comme s’il la surveillait pour ne pas qu’elle s’échappe — ou peut-être pour se tenir prêt à se défendre si besoin se faisait — Cecil marcha en crabe jusqu’à sa couchette, sur laquelle il récupéra son sweatshirt, qu’il roula afin de pouvoir directement passer sa tête dans le col, s’assurant ainsi de ne pas avoir la vue obstruée plus d’une fraction de seconde. Il enfila ensuite ses bras dans les manches le plus rapidement possible — ne pas rester trop longtemps avec les mouvements limités — puis tira sur le bas de son sweat et, enfin, écarta légèrement les mains, faisant signe à Jill qu’il était prêt.
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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Jeu 27 Oct - 1:45


Toujours autant de bonne humeur, la jeune femme s’invita dans l’une des maisons. Elle serait bien du genre à s’exclamer pour saluer toute la populasse mais se retient, en préférant se concentrer sur le jeune homme qu’elle devait voir aujourd’hui. Certains visages lui étaient familiers, dans cette quarantaine, et c’est toute sourire qu’elle retrouva Cecil, un peu à l’écart. Elle avait appris que ce dernier semblait avoir créer des affinités avec un autre résident. Elle ne pouvait que trouver ça « bien », quelque part, un signe qu’il n’était pas complètement renfermé sur lui-même. La brune espérait de tout son cœur qu’il parviendrait à se faire une place sur le camp. Elle faisait bien plus que l’espérer, d’ailleurs. Elle était certaine qu’il était temps pour lui de sortir de cette maison et d’enfin pouvoir faire sa vie, de repartir sur de bonnes bases, des plus sécurisantes et apaisantes malgré les circonstances. Elle le saluait, et ne put que relever un semblant de sourire qui s’affichait sur le visage de Cecil. C’est déjà bien plus qu’auparavant, et forcément, ça lui fait plaisir. « Tu devrais sourire plus souvent, ça te va bien ! » Relevait-elle, avec douceur, avant de s’enjailler à nouveau lorsqu’il était question de lui annoncer qu’elle lui réservait une surprise. Peu expressif – mais suffisamment en comparaison aux autres moments passés en sa compagnie, la jeune femme ne réprima à nouveau pas un sourire lorsqu’il se contenta d’un simple « d’accord » en guise de réponse. Il ne semblait pas plus curieux d’apprendre ce qu’elle lui réservait, mais Jillian ne lui en tenait pas rigueur.

« Ah bah en voilà un enthousiasme comme je les aime ! » Elle se marra, bien qu’elle ne l’imaginât absolument pas aller répéter à qui le voulait qu’elle fût la meilleure babysitter. Il n’était clairement pas du genre bavard, alors si c’était pour aller vanter ses mérites… ça lui semblait encore plus improbable. Cecil récupéra son sweat, qu’il enfilait bien rapidement. La jeune femme patienta donc, en glissant ses mains dans ses poches. Loin d’imaginer tout ce qu’il se passait dans sa tête durant ce léger moment, elle reprit finalement la parole :

« T’es prêt ? Super, on va pouvoir y aller, monsieur ! On a de la chance, il n’fait pas trop dégueu dehors, on va pouvoir profiter du soleil. » Elle, en tout cas, ça la rendait heureuse. Bien qu’elle ne fasse pas partie de ceux qui faisaient des dépressions à cause du mauvais temps, il fallait avouer que la brume et la pluie n’étaient pas ses meilleures amies. Jillian l’incitait donc à la suivre, d’un signe de la main. Pourtant quelqu’un de tactile, la brune ne se permettrait pourtant pas d’agir de cette manière avec Cecil. « On a un peu de marche à faire, mais ça te permettra de voir un peu le camp. » Lui expliquait-elle dans un sourire, alors qu’ils sortaient enfin de la maison. Jillian ne fit pas durer le suspense bien longtemps et lui annonça : « Tu m’as dit que t’aimais les animaux, alors je me suis dit qu’on pourrait aller en voir, à la ferme. » Dévoilait-elle sans le quitter des yeux, et en espérant une légère réaction positive.


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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Lun 31 Oct - 18:17


Quand Jill parla du soleil qui brillait ce jour-là, Cecil tourna la tête pour regarder vers la fenêtre ; quelques minutes plus tôt, alors qu’il était perdu dans son monde imaginaire, il n’avait même pas fait attention à l’extérieur ; à vrai dire, ça l’arrangeait, de ne pas trop penser à ce qu’il y avait dehors. Il appréhendait sa sortie de quarantaine, il ne savait pas sur quoi, et surtout sur qui, il allait tomber. Et pourtant, bizarrement, l’idée de quitter les lieux aujourd’hui ne le stressait pas plus que ça ; peut-être parce qu’il était accompagné de Jill et que la jeune femme avait cet effet rassurant, voire carrément enthousiasmant. Alors, ce n’était même pas parce qu’elle lui en avait fait la remarque un peu plus tôt, ni même en songeant à sa balade que Cecil, à nouveau, alors qu’il tournait la tête vers Jill, esquissa un sourire : c’était tout naturel, un réflexe sympathique provoqué par la bonne humeur réellement contagieuse de sa baby-sitter.

Il garda son petit sourire, à peine visible mais suffisamment pour illuminer un tantinet son visage d’habitude si renfermé, alors que Jill lui faisait signe de la suivre, et ce fut sans hésitation, dans une légèreté qu’il ne s’était pas connue depuis un bout de temps, qu’il lui emboîta le pas. Il eut néanmoins un petit frisson quand ils arrivèrent en bas des escaliers et qu’il leur fallut traverser la pièce commune avant d’atteindre la sortie : il y avait du monde, dont des visages qui étaient encore inconnus à Cecil. Le garçon mit les mains dans les poches de son sweat, baissa le nez et rentra la tête dans les épaules, son visage se fermant à nouveau et se faisant même légèrement blême lorsqu’un jeune homme lança d’une voix tonitruante à travers la salle, faisant sursauter Cecil : « Ta mère suce des queues en Enfer ! » avant de se mettre à rire grassement, suivis par ses compères. Instinctivement, Cecil se rapprocha un peu de Jill, allant même jusqu’à effleurer brièvement son épaule de la sienne, presque comme dans un appel au secours. Roulant des yeux de droite à gauche pour surveiller ses alentours, il se tordait les doigts dans l’intérieur de ses poches quand ils rencontrèrent de petits objets, cachés dans les replis de la polaire brute. La curiosité prit alors le pas sur la nervosité de Cecil qui, d’un air tout ingénu, regarda les six bonbons qu’il venait d’attraper dans le creux de sa paume. Oublié les beaufs qui, quelques mètres dans leurs dos, gueulaient encore comme des putois mal embouchés ( « Tu dis ça parce que j’suis Black ?! » ) ; oubliés, les mauvaises rencontres qu’il risquait de faire à l’extérieur ; oubliés même, les zombies qui rôdaient autour des murs d’Astoria et dont on entendait parfois les mugissements dans la nuit ; présentement, Cecil, comme un gamin au pied du sapin de Noël, n’avait plus d’yeux que pour ces trésors apparus il ne savait comment au fond de ses poches, et quand Jill mentionna finalement le but de leur promenade, ce fut pour le garçon la cerise sur le gâteau. Alors, avec un sourire radieux, il attira l’attention de Jill d’un signe de la main, avant de lui montrer sa trouvaille. Il gardait le bras tendu vers elle, paume ouverte, en offrant le contenu à Jill. C’était manifestement sa façon silencieuse de la remercier de son attention*, et de lui signifier qu’il était plus que partant pour cette escapade. Cecil attendit que Jill se soit servie avant de lui-même s’ouvrir un bonbon et de le fourrer dans sa bouche. Les yeux se perdant dans le vague, il prit quelques secondes pour essayer d’identifier le goût ; il semblait s’agir de caramels, mais ils devaient dater, car derrière la vague de sucre dont la puissance était décuplée par l’éternité depuis laquelle Cecil n’avait pas mangé de bonbon, on devinait un petit goût rance. Mais franchement, après tout ce temps, Cecil s’en foutait : rance ou pas, ces caramels, il les aurait bouffés sur la tête d’un teigneux. D’un coup d’œil, il interrogea Jill pour avoir son avis sur la question, soucieux de savoir si cela lui avait fait plaisir ou pas.
 
 

*et de lui permettre de gagner des points en mettant facilement l’action-défi dans sa réponse Arrow
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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Lun 31 Oct - 23:29


Jillian savait Cecil peu bavard, mais s’il parlait peu, la jeune femme avait bien compris qu’il l’écoutait tout de même et ses réactions allaient dans le sens des paroles qui s’extirpaient de sa bouche. Elle n’était jamais bien longtemps silencieuse. Si ça pouvait épuiser, d’autres appréciaient ce trait de caractère. Sans doute était-ce rassurant dans ce genre de moments où les mots pouvaient manquer, quand on en venait à ne plus savoir quoi dire. Jillian était là, à tout faire pour vous arracher un maigre sourire, comme une bouffée d’air frais, un petit rayon de soleil au milieu d’un hiver glacial. C’était son but. Le monde partait en live mais Jillian cultivait cet espoir que tout finirait par s’arranger. En avançant, en faisant des efforts, ils finissaient bien par être récompensés à un moment ou à un autre. Comme avec Cecil, par exemple. Elle a l’impression d’avoir progressé avec ce dernier, qui pourtant était beaucoup plus renfermé lorsqu’elle avait commencé à le voir. Là, il se montrait plus souriant, et cela faisait plaisir à voir. L’idée d’aller dehors ne semblait pas le gêner, et Jill ne put qu’en être ravie.

Ils parcouraient la maison, non sans être interrompus par certains résidents. Jill arqua un sourcil, et soufflait à l’attention de celui qui s’était mis à rire. « Oh, l’exorciste, tu te calmes. » Soufflait-elle, en souriant. Elle ne l’avait pas dit méchamment, mais son attention se reportait rapidement sur le jeune homme à ses côtes. Il s’était rapproché d’elle, et Jillian laissa sa main se poser quelques secondes sur son bras, alors qu’ils continuaient à marcher. Les cris continuaient de se faire entendre dans la maison, mais les deux jeunes ne trainaient pas et se retrouvèrent dehors, au soleil, qui caressait sa peau. Elle ronronnait presque à ce contact. Profitant d’être plus au calme, Jillian finit par lui expliquer le but de leur sortie. Elle attendait bien sûr une réaction (positive) de la part de Cecil, dont le sourire illuminait complètement son visage. C’était la première fois qu’il semblait si ravi et Jillian ne pouvait qu’en être satisfaite. « Je savais que ça allait te plaire ! » Ajoutait-elle, toujours aussi enthousiaste. Intriguée par son geste, Jillian se rapprocha finalement de lui, tandis qu’elle pouvait apercevoir des bonbons dans le creux de sa main. Bien qu’elle ignorât leur provenance, la jeune femme ne se fit pas prier, et tendit la main pour en attraper un. « Je peux ? Oh et bien, t’es plein de surprises, toi aussi aujourd’hui ! » Elle ria légèrement et ne tarda pas à imiter son geste, en venant fourrer le caramel dans sa bouche. Bien sûr, ce dernier n’était plus aussi frais qu’aux premiers jours, mais ça faisait tout de même l’affaire. « Merci, c’est adorable. » Terminait-elle par dire, en se pinçant la lèvre. Ils continuaient de marcher, en direction de la fameuse ferme, mais la demoiselle lui montra au passage une maison, à quelques mètres d’eux et lui indiqua : « C’est ici que j’habite. Dès que tu seras sorti de quarantaine, hésite pas à venir me voir si t’as besoin de quelque chose, ça me ferait plaisir. Ça te va ? » Dit-elle, sérieusement en reposant son regard sur Cecil.



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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Mer 2 Nov - 5:15

Il ne parlait pas beaucoup, Cecil ; ça n’avait jamais été un secret pour personne, et pour ceux qui ne le connaissaient pas ou peu, ça ne mettait jamais bien longtemps à s’imposer comme une évidence. Le garçon n’aimait pas parler pour ne rien dire ; peut-être qu’il aurait pu faire la conversation comme le premier venu, mais il n’en voyait pas l’utilité. Ça ne voulait pas pour autant dire qu’il ne communiquait pas : chez Cecil, cette communication se traduisait plutôt dans les attentions qu’il pouvait avoir envers les personnes qui entraient dans sa sphère. Elles n’étaient pas nombreuses, et c’était d’autant plus vrai en ces jours, mais Cecil était conscient de leur présence, conscient de ce qu’elles faisaient pour lui. C’était valable pour Cain, pour Jill, mais aussi pour ceux qui l’avaient tiré de sa misère dans sa grotte pour le ramener à Astoria, ceux qui l’avaient accueilli et installé en quarantaine ; même sans rien savoir d’eux, et même en gardant une partie de méfiance envers eux, Cecil leur était reconnaissant. Et cette reconnaissance, il l’exprimait aujourd’hui à son adorable baby-sitter en partageant avec elle son trésor de gamin. Il pouvait voir et entendre que ça lui avait fait plaisir, et il se fit la note mentale de garder les quatre caramels restants afin d’en profiter durant leur promenade, comptant bien les partager équitablement avec Jill.

Toujours souriant, il remit les bonbons et les mains dans les poches de son sweat, emboîtant le pas à Jill. Il regardait attentivement autour de lui, à mi-chemin entre la curiosité enfantine et la nécessité nerveuse de surveiller son environnement. Chaque détail caractéristique qu’il pouvait trouver sur son chemin — un lampadaire tordu, une fente dans le bitume, un vieux rosier broussailleux au portail d’une maison — était méticuleusement rangé dans un coin de son cerveau, autant dans l’optique de mémoriser son parcours afin de pouvoir le retracer si besoin se faisait, que par pure appréciation de ces motifs que lui offrait les caprices du macrocosme.

Ainsi, lorsque Jill stoppa la marche, désignant ce qu’elle expliqua être comme sa maison, Cecil avait déjà enregistré la demeure dans sa carte mentale du quartier, et il ne lui fallut pas plus d’une seconde pour signifier d’un hochement de tête à la jeune femme qu’il avait bien compris et qu’il n’oublierait pas. Un nouveau petit sourire par là-dessus pour lui laisser savoir qu’il appréciait et acceptait sa proposition de venir la trouver si nécessaire, et il reprenait la marche à ses côtés, de même que son observation infinie.

Il y avait, comme elle l’avait promis, effectivement un beau soleil ce jour-là ; pourtant, il faisait frisquet et de temps en temps, Cecil sortait ses mains de ses poches pour souffler dedans et les frotter l’une contre l’autre. Il n’y avait pas grand-chose dans le baluchon qui avait survécu à plus d’un an d’errances post-apocalyptiques, un autre sweat un peu moisi, peut-être, mais pas de manteau. L’hiver promettait d’être rude, mais au moins, il aurait un toit au-dessus de la tête pour dormir, et la chaleur de la compagnie des animaux durant la journée. À cette pensée, il sentit une impatience toute enfantine monter en lui, et quand, bientôt, il vit les enclos apparaître à une petite centaine de mètres devant eux, il se mit inconsciemment à presser le pas.
« Il y a des chats ? » demanda-t-il soudain à Jill, brisant le silence d’une voix à la clarté inattendue. « J’aime bien les chats. Les lapins aussi. Il y a des lapins ? »
On aurait pu croire que c’était pour faire la conversation mais, comme établi, ce n’était pas le genre de Cecil ; s’il posait la question, c’est qu’elle avait son importance.
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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Mer 2 Nov - 6:03


Jillian trouvait l’attention de Cecil touchante. Il aurait pu ne pas partager, il n’aurait pu rien lui dire tout court, mais il ne l’a pas fait. Il a tenu à partager ce caramel avait la demoiselle, et ça la touchait. Ce n’était pas son genre mais elle savait que dans un pareil contexte, certaines personnes avaient plus tendance à se montrer plus égoïste, à garder pour soi les quelques petits trésors trouvés qui leur rappelaient toutes les bonnes choses que la vie leur offrait auparavant et qui sont devenues rares à présent. Il y avait tellement de choses qui faisaient saliver la jolie brune. Elle pensait à de la nourriture – surtout à base de chocolat, des bons plats cuisinés, qui ont été remplacés par des conserves ou tout simplement des boissons, comme le fanta auquel la babysitter était accro il y a encore quelques années de cela. Parfois, Jillian rêvait de la vie, telle qu’ils la connaissaient avant. Des situations banales, comme de se rendre dans un supermarché ou d’aller boire un coup avec ses amis. Le simple souvenir de ce pub irlandais où de nombreuses soirées se sont passées et des nombreux souvenirs forgés. Au réveil, Jillian n’était pas triste, juste nostalgique mais ça lui rappelait également qu’il fallait continuer à se battre parce que ça en valait la peine, la souffrance, car elle était certaine qu’un jour, ce ne sera plus comme ça.

Alors si elle avait encore un peu de joie, elle tentait par tous les moyens de la transmettre, que ce soit à la personne qu’elle croisait dans la cuisine le matin, dans la rue, ou tout simplement avec les hommes et femmes qu’elle accueillait en quarantaine. Aujourd’hui, elle n’avait pas la prétention de penser qu’elle pourrait faire une différence dans le quotidien de Cecil, mais avait la petite fierté personnelle de se dire qu’elle était parvenue à le dérider. Il continuait à sourire alors qu’ils poursuivaient leur marche vers lesdits animaux. Elle aussi, les aimait, mais avait appris à faire la part des choses. Dans ce monde, il n’y avait peu de place pour des animaux de compagnie. Ils étaient faits pour nourrir la population. C’était ainsi, c’était dur, mais à la fin de la journée, ça permettait de préserver une certaine forme de vie.

Jillian s’arrêta un instant, le temps de lui désigner sa maison. Il acquiesça à sa proposition, sans un mot, mais ça lui suffisait. Elle lui offrait un énième sourire chaleureux avant de reprendre leur route. Ils n’étaient plus très loin à présent. D’où ils se trouvaient, ils pouvaient déjà apercevoir les enclos apparaître sous leurs yeux. Et c’était donc sans être surprise, qu’elle entendit le son de la voix du jeune homme à ses côtés l’interroger. Elle tourna la tête dans sa direction, alors qu’elle se pinça la lèvre, un instant avant d’hocher la tête et d’ouvrir la bouche à son tour. « Il me semble que j’ai déjà vus des chats trainer dans le coin… je n’sais pas s’ils ont été adoptés depuis ou non… mais ils étaient adorables, difficiles à approcher, cela dit, mais je le sens bien aujourd’hui, on aura de la chance ! » Elle sourit, en apprenant qu’il aimait les chats, et les lapins, au passage. Par contre, je peux t’assurer qu’il y a des lapins ! Oh, et puis j'y pense, il me semble que j'ai aperçu un homme qui avait un chien, en quarantaine, il y a quelques semaines, je ne sais pas si tu l'as vu ? » Jillian faisait référence à cet homme qui se nommait Cullen, ce dernier était arrivé avec un chien. Enfin, alors qu’ils arrivaient enfin à la hauteur des enclos, la jeune femme, qui clairement, ne comptait pas s’arrêter là, ne tardait pas à chercher un moyen d’y entrer. « Tu avais des animaux de compagnie, Cecil ? ’ L’interrogeait-elle, en espérant le pousser à se dévoiler un petit peu plus.

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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Sam 5 Nov - 16:59

Cecil tourna vivement la tête vers Jillian quand celle-ci lui répondit par la positive, et une nouvelle lueur d’excitation s’alluma dans les prunelles du jeune homme. Écoutant attentivement le discours de sa baby-sitter, il se mit à regarder tout autour de lui, non plus pour se repérer dans l’espace, mais dans l’espoir d’apercevoir les chats dont elle parlait. Sans grand succès, mais elle venait de dire qu’elle pensait qu’aujourd’hui, ils auraient de la chance, et Cecil voulait y croire également ; il se sentait présentement trop léger pour s’imaginer le scénario contraire — qu’il était bon de retrouver un peu d’insouciance.

Il reporta son attention sur Jill quand cette dernière lui posa une question ; il fallut un petit instant à Cecil pour faire le lien entre ses paroles et la réalité, et quand ce fut fait, il hocha la tête, le visage un peu détaché. Effectivement, il avait vu un chien en quarantaine, mais il n’avait pas osé l’approcher : l’homme qui était toujours avec lui semblait étrange à Cecil, peut-être pas dangereux, mais étrange, suffisamment pour le mettre mal à l’aise, il ne préférait donc pas prendre le risque.

Finalement, la dernière question de Jill eut pour effet de faire lentement fondre le sourire de Cecil. Il baissa les yeux, observant les sillons de poussière sur le bitume en se perdant dans ses pensées, ne répondant pas tout de suite. Il repensait à Usul, son chat. Oh, ce n’était pas la faute de Jill : le garçon avait déjà eu une pensée pour son vieil ami rien qu’en s’enquérant de la présence de félins à Astoria. Mais alors, pourquoi avoir évoqué le sujet, si c’était pour se torturer avec ce souvenir ? Ah, mais c’est que derrière cette question, il ne s’intéressait pas tellement aux chats, mais plus à Jillian : il avait été curieux de connaître son avis, son attitude, vis-à-vis de ces animaux qui comptaient beaucoup pour Cecil. Il pouvait en déduire beaucoup d’une personne selon son appréciation des petites bêtes qui faisaient autrefois partie de leur quotidien. Son père, par exemple, n’avait jamais été très gentil avec Usul, et cela avait culminé le jour où il avait refusé que Cecil l’emmène avec eux lorsqu’ils avaient fui la ville pour se réfugier dans la campagne. La réponse de Jill l’avait conforté dans l’idée qu’elle était quelqu’un de bien, quelqu’un à qui il pouvait faire confiance.

Mais pas trop, Cecil. Tu sais bien qu’il n’y a qu’à moi que tu puisses faire pleinement confiance. N’oublie pas…

Cecil, frissonna, se tordant les doigts dans les poches de son sweat. Il secoua la tête, prit une inspiration, et répondit enfin :
« Usul. C’est… c’était mon ami. »
Il avait hésité sur le temps à utiliser. Peut-être parce que, derrière sa question dirigée vers Jill, une petite partie de lui ne pouvait pas s’empêcher de caresser l’espoir qu’il savait pourtant fou de, un jour, retrouver Usul qui aurait parcouru des kilomètres rien que pour le retrouver, comme dans un film de Disney. Il déglutit et souffla un coup.
« Et toi ? » demanda-t-il, poursuivant ainsi son investigation sur le sujet.
C’est qu’une fois qu’il était lancé, on ne l’arrêtait plus ! Et puis, il préférait dévier sur l’expérience de Jill plutôt que sur la sienne, histoire d’éviter de ressasser des souvenirs trop douloureux. De plus, il ne voulait pas le laisser paraître, craignant de nouvelles questions ; alors, regardant Jill, il essaya de sourire, ne parvenant malheureusement qu’à esquisser un rictus un peu crispé, mais le cœur y était.
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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Dim 6 Nov - 9:16


La jeune femme tentait tout de même de faire la conversation. Elle n’a jamais été la fille la plus silencieuse qu’il soit, et ne se décourageait pas aussi facilement. Elle n’était pas une grande fan des grands silences. Alors bien qu’il lui répondît souvent par un hochement de tête, un sourire, la jeune femme poursuivait, alors qu’ils se retrouvaient dans l’enclos. Peut-être qu’ils croiseront des chats, avec un peu de chance. Elle espérait que ça puisse être le cas, surtout si ça pouvait apporter un peu de joie et de réconfort au garçon à ses côtés. Chaque moment de joie était bon à prendre, surtout dans un contexte pareil. Il fallait s’accrocher aux bons souvenirs, et Jillian avait l’extrême chance d’en avoir plus d’un dans sa manche, qu’elle gardait pour les jours de pluie. Qui plus est, Jillian avait également des personnes sur qui compter, pour lui remonter le moral. Elle savait que ce n’était pas le cas de tout le monde, qu’ils n’étaient pas aussi chanceux qu’elle, de pouvoir avoir le luxe d’être entourée de personnes aimantes au quotidien. Dans cette apocalypse, la jolie brune avait eu son lot de perte mais également s’était liée avec d’autres survivants qui avaient pris une grande place dans sa vie.

Jillian continuait de l’interroger, n’eut pas le tact de se dire qu’il pouvait être encore touché par le fait qu’il n’ait plus, à ce jour d’animal de compagnie. Elle ne pensait pas à tout, sur le moment, et regretta sa question en voyant le sourire du jeune homme s’éclipser progressivement de son visage. Jillian se pinça la lèvre inférieure, une vague de culpabilité dans le cœur. Jillian, quant à elle, a toujours adoré les animaux. Elle en avait, lorsqu’elle était plus jeune. Elle pouvait savoir à quel point cela faisait mal de s’attacher à un animal, que l’on considérait comme un membre de sa famille, et… de le perdre tout simplement. C’était un deuil à faire.

« Oh...Je suis désolée pour ton ami, Cecil. » Jillian était sincère, elle baissa un instant les yeux, en cherchant un moyen, une parole rassurante, mais sur le moment, rien ne parut assez bien, et se conforta dans un léger silence, qui fut brisé par la question de Cecil. « Quand j’étais petite, j’avais un chien… et puis, il est mort de vieillesse, mais il a eu une belle vie ! C’était un chien génial, je l’adorais. En grandissant, on a pas repris d’animal, parce que j’étais à l’université, et mes parents travaillaient beaucoup… » Elle se pinça la lèvre, en réalisant que cela faisait des mois qu’elle n’avait pas parlé d’eux. Elle eut un sourire un peu triste, de ceux qui tentaient de dissimuler leur peine, mais se reprit pour ajouter : « Mais ma colocataire – bien qu’on en avait pas le droit, sur le campus, avait adopté un hamster, c’était un peu notre bébé. » Lui confiait-elle dans un sourire nostalgique. Son attention se détournait de Cecil, un instant, car elle aperçut un veau, au loin.


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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Jeu 10 Nov - 3:40

Oui, il avait un peu de mal à sourire, Cecil ; et pourtant, soudain, ça se fit tout seul, naturellement, sincèrement. Pourquoi ? Car Jill, en lui disant qu’elle était désolée pour Usul, venait d’alléger un poids que le garçon avait porté depuis bien longtemps. Ça n’avait l’air de rien mais pour Cecil, c’était une libération, un réel cadeau : la reconnaissance de sa peine, du fait qu’il avait droit d’être triste pour cela, que ce n’était pas rien, pas « juste un chat » mais bel et bien un ami qu’il avait perdu. Ça n’avait pas de prix. Surtout que même elle, elle n’avait jamais su le lui dire…

Cecil ? Cecil ! À quoi tu penses, là ? Je n’aime pas ça du tout, Cecil !

Grognant légèrement dans sa gorge, Cecil se mit une petite tape sur le crâne et secoua la tête, le cœur battant. Il reporta aussitôt son attention sur Jill qui lui parlait désormais de son chien, et le garçon se sentit à nouveau plus léger. Son petit sourire rêveur aux lèvres, il écoutait attentivement les paroles de sa baby-sitter, se faisant un film mental dans lequel une petite Jill courrait en riant, dans un jardin vert et fleuri, en compagnie de son vieil ami à quatre pattes. Il aurait bien aimé savoir à quoi avait ressemblé ce chien, et quel était son nom, mais il n’osait poser la question, de crainte de pousser Jill dans des souvenirs un peu trop douloureux, comme cela avait été le cas pour lui avec l’évocation d’Usul. Si elle voulait lui en parler, elle le ferait d’elle-même. Mais non, elle enchaînait sur une histoire de hamster et là, incroyable, Cecil se fendit carrément d’un petit rire. Oh, il fut à peine audible et ne dura que l’espace d’un court souffle mais pourtant, il avait bel et bien passé la barrière de ses lèvres. Il faut dire que Cecil ne pouvait pas s’empêcher d’imaginer comment Jill et sa colocataire avaient pu manigancer pour contourner les règles et installer le petit rongeur chez elles et cela l’amusait, cette audace, intensifiée par l’imagination fertile de Cecil qui allait jusqu’à inventer tout un système de cachette à coulisses dans le mur, un peu comme la planque d’armes dans Men in Black sauf que là, au lieu de flingues ultra badass, c’était une minuscules boule de poils joufflues qui apparaissait quand on appuyait sur le bouton secret.

Bientôt, ils arrivèrent près d’un enclos. Un peu dans la lune, dans un monde se situant entre la réalité et les petits films qui étaient projetés dans un coin de sa tête, Cecil faillit se manger la barrière mais se rattrape tout juste en s’y agrippant, et il eut même l’occasion de faire comme si de rien n’était en s’y accoudant, comme si c’était exactement ce qu’il voulait faire depuis le début.

Penché en avant, il observait le petit veau qui, curieux de l’arrivée de ces inconnus, s’avançait lentement vers eux. Cecil revenait peu à peu à la réalité, son regard se faisant de moins en moins lointain à mesure que l’animal approchait. Finalement, le garçon tourna la tête vers Jill. Il ne souriait plus, mais il n’avait pas l’air accablé non plus, et c’est avec une étrange platitude qu’il déclara :
« Je t’aime bien, Jill. »
Il reporta alors aussitôt son attention sur le veau, qui s’était arrêté devant eux. Cecil tendit doucement la main vers son museau et l’animal renifla un moment ses doigts, avant d’y déposer un coup de langue.
« Il va être mangé, n’est-ce pas. »
Encore une fois, sa voix était détachée, non pas froide, mais factuelle. Se penchant un peu plus par-dessus la clôture, Cecil flatta alors le flanc du petit ruminant.
« Au moins, on peut faire en sorte qu’il ait une belle vie avant d’en arriver là. » Il regarda Jill. « Tu crois que je vais vraiment pouvoir travailler ici ? »
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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Jeu 10 Nov - 10:08

Sur le moment, Jill n’avait pas réfléchi et s’en voulu en se rendant compte que le jeune homme pouvait peut-être être encore affecté par la disparition/la mort de son animal de compagnie. Elle oubliait, avec le temps, à quel point regarder en arrière pouvait être douloureux. Jillian préférait se souvenir des bons moments avec nostalgie plutôt que de ressasser les mauvais. A quoi bon ? Jillian avait passé les premiers mois à Astoria à se faire du mal, à ruminer, à pleurer les morts, les siens, ceux qu’elle ne reverra plus jamais, puis le temps a passé, les larmes se sont séchées, les souvenirs de moins en moins douloureux. Le temps était l’ingrédient miracle et secret des peines, des pertes. Cela dépendait des individus, bien évidemment, mais Jillan pensait aux autres, constamment, et ça l’aidait de se rendre utile. Elle osait penser que ça aurait rendu ses parents fiers. Ils seraient également rassurés de voir qu’elle a su s’entourer, sans pour autant remplacer sa famille, mais de se sentir bien dans cette communauté qu’était Astoria. Elle pensait à eux, en évoquant son chien, celui avec lequel elle avait grandi, celui qui avait dû supporter son poids lorsque bébé Jillian le prenait pour un cheval. Il a été loyal, il a eu une vie heureuse, et s’en est allé bien avant que cette épidémie ne commence. Et puis, la brune évoqua le petit hamster, une anecdote qui arracha un très léger rire à Cecil. Jillian le releva aussitôt et il ne lui en fallait pas plus pour sourire, ravie que son souvenir ait pu être une source d’amusement pour le jeune homme.

Elle en oubliait alors la peine, celle de ne pas savoir ce qu’était devenue sa colocataire ou encore cet hamster. Jillian n’y pensait plus, ou pas. Son regard s’attardait sur un veau, qui passait à quelques mètres. Ils continuaient de marcher, justement dans cette direction, pour atteindre l’enclos dans lequel l’animal était. La jeune femme ne remarquait pas que Cecil manqua pas de se prendre la barrière. Elle s’y accoudait, en observant l’animal qui avançait dans leur direction. Dans ses pensées, durant un instant, Jillian tourna finalement la tête vers Cecil en sentant le regard de celui-ci sur elle.

Là, il lui fit une confidence, sortie de nulle part, qui la fit sourire radieusement, bien que surprise. « Moi aussi, je t’aime bien, Cecil. » Répondit-elle aussitôt, alors qu’il tendit la main vers le veau. Il l’interrogeait sur le destin de celui-ci. Jill hocha doucement la tête. Elle ne chercha pas à relativiser, Cecil semblait le faire à sa place, ce qui, il fallait l’avouer, ne put que lui faire plaisir. En effet, Jillian n’était pas ravie, mais entre protection des animaux et survie humaine, le choix était rapidement fait.

« C’est vrai…  et puis j’aime penser qu’un jour, on aura plus besoin de tuer pour survivre. » Lançait-elle, en se pinçant la lèvre inférieure. Elle observait le veau, puis finalement son interlocuteur. « Bien sûr, si c’est quelque chose qui te plairait, y a des places de libre, il me semble. J’en toucherai un mot à l’un des recruteurs, si tu veux. » Proposait-elle en esquissant un sourire encourageant.


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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Lun 28 Nov - 21:11


Comme il l’a déjà été établi plus tôt, Cecil ne parlait jamais sans bonne raison, même si ces dernières restaient souvent énigmatiques pour ses interlocuteurs. En l’occurrence, la situation était bien particulière. En effet, la conversation qu’avait lancée Cecil avait peut-être, en surface, pour but de le rassurer sur la condition des animaux de la ferme d’Astoria qui n’était clairement pas un petting-zoo mais belle et bien une réserve de ressources pour les survivants du camp. Cela allait en grande partie contre les principes de Cecil, qui aurait été incapable de faire du mal à un animal même si sa survie en dépendait ; en revanche il pouvait comprendre que d’autres personnes ne réagissaient pas comme lui et qu’ils avaient besoin de cela pour être bien, et qui était Cecil pour se mettre en travers du bien-être d’autrui ? Alors il ne comptait pas non plus se la jouer activiste écolo en profitant d’une éventuelle place de travailleur à la ferme pour rendre leur liberté à ces pauvres bêtes qui, de toute façon, ne seraient sûrement pas capable de survivre seules une fois rendues à la nature sauvage. Il espérait juste pouvoir faire la différence en s’occupant du mieux possible des animaux pour que leur vie, si courte devait-elle être, fut heureuse. C’était plutôt un bon compromis.
« Oui, ça me plairait, » confirma-t-il à la jeune femme. « Merci, Jill. »
Il essayait alors de lui refaire un sourire, mais ne parvint pas à dissimuler la crispation dans ses traits. Car en effet, en profondeur, l’autre raison pour laquelle Cecil avait lancé cette conversation était bien plus particulière qu’elle ne semblait l’être. Il se trouvait que, dès que le garçon avait ouvert la bouche pour signifier à Jill l’affection qu’il portait à cette dernière, Sam s’était mise à s’offusquer avec véhémence dans ses oreilles, et ça n’avait fait qu’empirer quand Jillian avait répondu qu’elle aussi éprouvait de l’affection envers Cecil.

Comment ça tu l’aimes bien ? COMMENT ÇA ELLE T’AIME BIEN ?! Mais elle OSE ?! Cecil, j’aime pas ça du tout !! Elle veut prendre ma place, tu m’entends ?! ELLE VEUT PRENDRE MA PLACE !! Je l’aime pas, oooh je l’aime pas du tout !! Elle va t’attirer des ennuis, j’en suis certaine. Elle fait sa gentille mais elle est trop mignonne pour être honnête. Elle te mène par le bout du nez, Cecil !!

Ainsi, c’était pour tenter d’échapper aux remontrances de sa sœur que Cecil s’était efforcé, dans un effort inattendu, de parler d’autre chose, pour essayer de calmer Sam voire carrément de l’ignorer.

CECIL, NOM DE DIEU, TU M’ÉCOUTES ?!

C’était étrange, lui qui écoutait toujours docilement ce qu’avait à lui dire sa sœur… Mais là, non, Cecil n’était pas d’accord, et ça ne faisait qu’enrager encore plus Sam qui ne cessait de monter dans les tons.

ÇA VA MAL SE TERMINER C’EST MOI QUI TE LE DIS, CECIL !!

Le garçon écrasa les paupières en se plaquant les mains sur les tempes tout en laissant échapper un grognement entre ses dents serrées. Il commençait à avoir sérieusement mal à la tête… pire : petit à petit, ça tournait de plus en plus là-dedans, et quand il rouvrit les yeux, des points noirs s’agitaient dans son champ de vision, comme si Sam dansait la gigue irlandaise sur ses nerfs optiques.

Cecil était soudain pâlot. S’agrippant faiblement à la barrière, il eut juste le temps de souffler :
« Je… Je me sens pas très bien. »
Et pouf, rideau. Il avait perdu conscience avant même que son corps ne s’écroule sous ses jambes qui venaient de le lâcher pour le laisser s’écraser lourdement sur le sol.

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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Mar 29 Nov - 5:30

Il lui avait dit qu’il l’aimait bien. Venant de Cecil, Jillian ne pouvait que le croire, sans remettre ses paroles en question, sans douter de leur sincérité. Il était peu bavard, et n’était clairement pas du genre à faire de pareilles démonstrations d’affection à la première venue. Elle le savait, sans pouvoir prétendre de l’avoir complètement cerné, mais Jill commençait gentiment à comprendre le jeune homme en face d’elle. Il continuait à la surprendre, bien évidemment, mais cette surprise, Jill en reprendrait bien à toutes les sauces et ne réprimait donc pas un sourire qui traduisait son état d’esprit sur l’instant. Elle ne s’attardait cependant pas, puisqu’il évoquait son envie de travailler dans cette ferme. Rien dans cette idée ne lui semblait absurde, bien au contraire. C’est pour cette raison qu’elle comptait bien l’aider à accéder à sa requête. Il aimait les animaux, était beaucoup plus à l’aise avec eux, qu’avec de nombreux autres humains, et Jillian se disait que travailler ici, parmi eux, ne pouvait que rendre le quotidien de Cecil plus vivable, plus facile. Ça lui ferait plaisir de l’aider, c’est d’ailleurs ce qu’elle lui soufflait d’ailleurs, avec un enthousiasme non dissimulé.

« ça me fait plaisir. » Dit-elle, en reposant son attention sur le paysage devant elle – sans se douter du combat qui se déroulait dans la tête du garçon à ses côtés. La main de la brune atteignait le veau qu’elle caressait un instant, alors que les secondes passaient. C’est seulement en entendant un léger grognement – qui sortait de la bouche de Cecil, que son attention se portait sur lui. Il avait ses mains plaqués sur son visage, ses tempes surtout. « Ça va ? » Il devenait de plus en plus pâle, son regard cherchait le sien, mais la jeune femme le sentait tourner de l’œil, et n’eut pas le temps de faire quoi que ce soit, qu’elle le vit s’écrouler sur le sol. Impuissante.

« Cecil ??? » S’exclamait-elle, le cœur battant, tandis qu’elle s’accroupit pour être à son hauteur. Son premier réflexe fut de le secouer légèrement, un peu bêtement, avant de finalement s’assurer qu’il respirait encore, en se penchant au-dessus de lui. Elle continuait de l’appeler, passant cette fois, une main qui se voulait douce sur sa joue pour le faire reprendre ses esprits – tandis que son autre main, se souvenait qu’il avait des caramels dans sa poche. Elle se permit d’en ressortir un, en voyant l’une de ses paupières légèrement bouger. « Bah alors, qu’est ce que tu nous as fait ? » Dit-elle, d’une voix douce, alors qu’elle déballait le caramel, pour pouvoir le lui donner.





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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Mar 29 Nov - 20:01

Quand Cecil commença à émerger, il eut d’abord conscience de la dureté du sol dont les cailloux lui rentraient douloureusement dans les reins et les omoplates. Ses oreilles bourdonnaient, et il n’entendait absolument rien, ni la voix de Sam, ni celle de Jill, ni même le bruit de son propre cœur. Il n’y avait que ces foutus cailloux… et soudain, un contact au niveau de son ventre, quelque chose qui sinuait, fouinait, agrippait…

Cecil ouvrit brusquement des yeux ronds, les pupilles serrées d’effroi et, d’un mouvement sec et rapide, attrapa le poignet de Jill, juste après qu’elle ait retiré sa main de la poche de son sweatshirt, le temps qu’il lui avait fallu pour émerger de son étourdissement et pouvoir réagir. Malgré cela, et malgré le fait qu’il pouvait clairement comprendre qu’il avait affaire à Jillian, une personne à qui il avait même pas dix minutes auparavant verbalement déclaré sa confiance et son attachement, Cecil n’était pas encore à même de comprendre que non, elle ne lui voulait aucun mal. Il était encore à moitié ailleurs, à moitié dans un cauchemar, son cauchemar, celui qui lui revenait si souvent depuis qu’il avait été séparé de Sam, trop souvent, quand il laissait l’obscurité s’abattre sur lui. Alors, la fixant sans ciller avec une lueur de profonde terreur dans ses yeux qui semblaient soudain immenses sur la pâleur extrême de son visage, il gardait les doigts crispés sur le poignet de la jeune femme, ses ongles commençant même à s’enfoncer dans sa peau, tandis que sa main, et même son bras, non, tout son corps, tremblait violemment.

Et puis, soudain, faisant remonter un frisson glacé le long de sa colonne vertébrale, il entendit la voix de Sam qui lui susurrait à l’oreille :
Je te l’avais dit, Cecil… Je te l’avais bien dit !

Cecil ferma les yeux de toutes ses forces dans une grimace désespérée alors que le ricanement de Sam s’élevait sinistrement, pour finalement s’estomper, et retomber tel un écho lointain. Enfin, brusquement, Cecil repoussa plus qu’il ne lâcha la main de Jill et, s’écrasant les poings sur les yeux, se recroquevilla sur lui-même pour se mettre à se balancer d’avant en arrière, son dos allant cogner contre un piquet de la clôture qui grinçait à chaque heurt, ponctuant les petits gémissements étranglés que Cecil laissait parfois échapper de sa gorge serrée tel un chiot blessé.
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MessageSujet: Re: Can you see it? The worst is over (Cecil)   Mer 30 Nov - 3:42

Il s’était évanoui. Comme ça, pouf. La jeune femme s’était abaissée, non sans s’avouer être légèrement paniquée. Elle ne l’avait jamais vu dans un pareil état, cherchait à le faire revenir à lui – et par la même occasion, s’était permise d’aller chercher dans la poche de son pull, un bonbon qu’elle pourrait lui donner pour qu’il puisse reprendre un peu de couleur sur ses joues. Seulement, voilà qu’à peine eut elle trouvé ce qu’elle cherchait, la main de Cecil lui agrippait le poignet. Elle sursauta, sans s’attendre à un pareil geste de sa part tandis que leurs regards se croisèrent. « Cecil ? » Dit-elle, en jetant un coup d’œil sur son poignet encore emprisonné par les doigts du jeune homme. Il la fixait, d’une manière inédite, avec terreur, qui se lisait aisément dans le regard du brun. « Tu t’es évanoui, Cecil… je cherchais un caramel, pour que t’ailles mieux. Tu pourras d’ailleurs l’avoir si tu me rendais ma main. » Lui expliquait-elle, avec douceur, malgré la grimace qu’elle avait arboré sur son visage en sentant le jeune homme resserrer son emprise sur son poignet. Son regard ne le quittait pas. Jillian n’avait pas peur, à dire vrai, elle s’inquiétait davantage pour lui.

Et puis, il finit par lâcher sa main. Elle l’observait, alors qu’il avait à présent les yeux fermés, et commençait à se balancer, recroquevillé sur lui-même en heurtant la barrière derrière eux. Jillian se pinça la lèvre inférieure. Elle n’en était pas certaine, mais ne pouvait qu’en conclure que c’était – en partie, son geste qui l’avait mis dans un pareil état – et ne cherchait donc pas à reproduire la même erreur en se montrant tactile. Elle se contenterait d’utiliser sa voix, en cherchant à se montrer rassurante. Après quelques secondes passées dans le silence, la jolie brune reprit la parole, avec assurance. « Je voulais pas te faire peur, je suis désolée. » Lançait-elle, en se mettant en face du jeune homme. « Tu es en sécurité ici, Cecil. » Ajoutait-elle, sans le quitter des yeux. « Personne s’en prendra à toi, je te promets. Tu me fais confiance, non ? » L’interrogeait Jillian, en cherchant à attirer son attention, avec sa question. Elle espérait que ses propos puissent l’atteindre, quelque part, et le pousser à s’arrêter, à relever la tête, ouvrir les yeux. Elle ne se décourageait pas.


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