pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)

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 pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)

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MessageSujet: pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)   Lun 24 Oct - 21:36

pour oublier ton corps,
pour mieux tourner la page
iris et fynn


La journée terminait par la zone de quarantaine où quelques fils dénudés émettaient de dangereuses étincelles menaçant d’électrocuter quelqu’un ou de foutre le feu à la baraque – bien fâcheux n’est-ce pas ? Cela faisait un moment qu’il cherchait le temps pour aller jusque-là. Il y avait toujours quelque chose à faire pour lui, toujours une merde ou l’autre à remplacer, à réparer, à colmater. Il y avait donc parfois une liste de priorités et celle-ci passait en dernière pour ce jour. Des journées comme celles-ci, il en sortait souvent noir de crasses, jusque sur le visage parfois, comme c’était le cas aujourd’hui. Il avait dû réparer quelques tuyauteries, huiler quelques portes entre deux interventions. Mais malgré tout ça, le sourire pour les gens qu’il aidait et qui le recevaient pendant son travail.

Les maisons de la quarantaine émergèrent à sa vue, des souvenirs qui l’assaillent alors qu’il se souvient de son passage dans ces dortoirs impersonnels. A l’époque, ces lits lui avaient semblé être des king size de luxe. Aujourd’hui, il n’échangerait quand même pas sa chambre pour revenir en ces lieux. Il avait appris à apprécier son petit confort. Et dormir avec la môme était plus confortable sur un matelas deux places que sur un lit de camp. Il travaille accompagné dans cette zone, afin de ne pas être approché de trop près par les nouveaux arrivants. Les surveillants se relayent, sans qu’il n’ait aucune idée de qui sera posté à ce poste ce soir-là. Ce n’est qu’en arrivant aux abords de la maison dans laquelle il doit effectuer les réparations qu’il découvre le visage d’Iris Todd, baisser sur une babiole qu’elle fait tourner entre ses mains. Assise sur les marches de l’entrée, elle semble l’attendre depuis un moment.

Alors Fynn perd un peu son entrain naturel, pour une aisance un peu plus fausse. Quand il arrive à sa hauteur avec sa caisse à outils, il la regarde à peine, occupé à aller ouvrir la porte. « Bonsoir, désolé du retard. On sait toujours quand la journée commence, pas quand elle finit. » Il dit ces mots sur un ton léger, engageant. Mais ce n’est que par politesse qu’il s’excuse. Depuis son arrivée il savait qu’elle était là. Mais depuis son arrivée il avait refusé de reconnaitre qui elle est. Comme une défense, son cerveau avait bloqué l’accès aux souvenirs, aux sentiments. Il savait qui elle était, mais ne voulait pas le reconnaitre. C’était plus simple ainsi. Il n’avait pas envie de revivre les douleurs qu’il avait ressenties en la croyant morte. Il avait encore moins envie d’affronter d’autres vérités qu’il ne servait à rien de remuer. Ainsi, il ne perd pas de temps en paroles et entre dans le bâtiment, la mâchoire légèrement crispée. « Le problème se situe où ? » On lui avait rapporté l’affaire, mais il n’avait pas encore pu passer voir l’ampleur des dégâts. Il osait espérer que ce ne serait pas trop long à réparer. Il avait déjà envie d’en finir.

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MessageSujet: Re: pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)   Lun 31 Oct - 23:12

Elle se fait longue, la journée. Monotone aussi. Et comme deux fois dans l'année, Iris regarde le ciel sans trop savoir si c'est l'heure d'enfin quitter son poste ou non. Changement d'horaire, rumeur qui a parcouru le camp quand plus personne ne fait attention à la date ou à l'heure précise. La nuit est tombée, Astoria n'est plus qu'éclairé par ces quelques lampadaires posés dans le camp aux endroits stratégiques. Le temps s'est considérablement rafraîchi au point que la veste en cuir ne suffit plus à Iris pour avoir chaud. Son souffle ressort sous forme de buée, ses doigts s'engourdissent. Oui, elle aimerait rentrer pour une fois, espérer que ses colocataires lui auront laissé assez d'eau chaude pour qu'elle puisse en profiter. Pour une fois, la brune aimerait se glisser sous les couvertures, profiter du confort du matelas. Même si ce n'était que pour passer des heures les yeux ouverts, pensées en vrac, l'idée la séduisait bien plus que de rester assise sur le porche d'une des maisons du secteur de quarantaine. Seulement voilà, elle n'avait pas le choix. Aujourd'hui, enfin, quelqu'un devait venir s'occuper des fils électriques partis en vrille dans l'une des maisons. Ce genre de détail embêtant au premier abord, puis inquiétant quand on imaginait que quelques étincelles suffiraient à foutre le feu. C'était un travail d'électricien et en toute franchise, si elle avait eu quelques notions, elle s'en serait volontiers occupée.

À la place, elle attendait, patientait sagement. Appréhendait, aussi. Bien qu'elle croise chaque nouvel arrivant, qu'elle les détaille tous un par un pendant quarante jours, elle ne faisait pas souvent attention à ce qu'ils devenaient, les rôles qui leur étaient attribués. Et dans le camp, certains postes lui échappait totalement. La répartition des denrées, la secrétaire médicale, les professeurs. Tant que le travail était fait et qu'elle ne devait pas mettre sa vie entre leurs mains, elle s'en fichait assez vulgairement. Il en allait de même pour les travaux de maintenance. L'unique personne qu'elle connaissait là-bas, elle n'avait pas envie de le voir. Vraiment pas. Alors la belle attendait en comptant sur sa bonne chance en jouant avec une pièce, trouvée au sol. C'était drôle, dans un sens. L'argent qui avait fait fonctionner un monde, corrompu es plus respectables d'entre eux, n'avait plus aucune importance aujourd'hui. On pouvait brûler les billets, enterrer les pièces sans savoir où les retrouver. Cela n'importait plus à personne.

Et finalement, le signal de la fin de journée se fait entendre. Un soulagement doublé d'un sacré fléau. Si son visage reste impassible, la main qui tient la pièce la trahit en se resserrant dessus, l'emprisonnant de sa poigne. Fynn, bien sûr. Pourquoi en serait-il autrement. Des mois à s'ignorer dans un camp de 130 personnes peut-être, on ne pouvait pas espérer un miracle sur une trop longue durée. « Tant que la journée se finit rapidement. » Parce qu'elle a envie de rentrer, de continuer à le fuir. Même son regard ne se perd pas à l'observer alors qu'elle se lève prestement pour rentrer dans la maison, arpenter le couloir jusqu'aux escaliers. « C'est à l'étage. » Les marches grimpées, elle se dirige vers le lieu du problème, le présente d'un signe de main blasé. Même à ses yeux, cela a l'air simple : un amateur a installé un boîtier électrique pour l'étage, mais rien n'a été protégé. « Le bois s'est assombri, j'pense que y a un problème d'isolation derrière. » Elle reste concentrée sur le fameux mur un instant, observe les câbles isolés et débranchés, prêts à cracher de l'électricité. « Dis moi que tu peux réparer ça ce soir. » Et qu'il ne sera pas obligé de revenir. Qu'enfin, un problème soit réglé sur cette interminable liste de tout ce qui ne va pas à Astoria, et dans la vie des survivants en général.
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MessageSujet: Re: pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)   Mer 2 Nov - 21:55

pour oublier ton corps,
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iris et fynn

S’il avait remarqué à quel point sa présence semblait emballer Iris, il ne semble pas s’en formaliser outre mesure. Fynn ne la connait pas. Il ne la connait plus. C’est plus facile ainsi. Il ne devait ainsi pas se souvenir d’elle, de son visage, de la texture de sa peau, de l’intensité de ses baisers. Il ne devait pas se souvenir de cette admiration qu’il éprouvait pour elle. Il ne devait pas se souvenir de tout ce qu’elle lui a appris pour survivre. Il ne devrait pas non plus se souvenir de la déception, du sentiment de trahison, ni d’autres souvenirs plus marquants. Déstabilisants. Des souvenirs qu’il n’oubliera jamais, mais qui sont plus faciles à ignorer si elle n’est pas dans les parages pour lui renvoyer en pleine figure toutes ces images, toutes ces émotions. Ces choses horribles qu’il a vécu, qu’il a fait … Sans elle. Parce qu’elle a préféré sauver sa peau, sans penser aux siens. Quelque part, il ne lui en veut pas. Pas pour tout. Mais de l’autre, il est plus facile pour lui de l’ignorer, complètement.

A sa remarque, il ricane. « Tout le monde ne finit pas ses journées à heure fixe. » Il la regarde et ponctue d’un clin d’œil, en boutade. Mais ça n’a rien d’aussi chaleureux que ses boutades habituelles. Parce que ça s’adresse à Iris. Parce qu’il y a un mur entre eux aujourd’hui, qu’il refuse de baisser. De peur de laisser les souvenirs le submerger. Et la douleur serait telle. Il la laisse alors passer devant pour lui montrer le chemin, il voit sans vraiment voir ses hanches qui ondulent devant lui, il pense à autre chose. Il espérait que Jasmine soit là ce soir, pour lui raconter sa journée peut-être, ou juste l’écouter raconter la sienne. Il pourrait s’endormir rien qu’à l’écouter décrire une recette de cuisine. Elle a un effet apaisant la môme, comme l’impression de revenir à un monde normal quand elle est là. Alors qu’Iris est tout le contraire d’un monde normal.

Il s’avance dans la pièce et pose sa boite à outils près du problème. Rien de bien compliqué. Simple travail de précision. Il s’accroupit, analysant correctement les choses, mais il s’agit là de quelques fils dénudés. « Ouais, j’peux faire ça ce soir … Si t’es attendue nulle-part. » Il ouvre sa boite à outil et regarde ce qu’il a avec lui pour arranger tout ça. « Sinon j’peux poser un patch et revenir demain à la première heure pour consolider tout ça. » Il dit cela toujours sans la regarder, fouillant dans ses affaires à la recherche de son matériel. Il manque un peu d’organisation parfois, mais il ne laissera personne réorganiser sa boite à outils, même s’il voit bien que Jasmine tourne autour avec un mauvais regard. « Mais avant toute chose, j’veux bien que tu coupes l’électricité, histoire que j’évite de cramer ce soir. » Il n’avait pas survécu à toute cette merde pour se prendre du jus d’une manière aussi idiote. Il sort une lampe torche et quelques affaires, prêt à commencer. « Dès que c’est fait, je m’y met et la journée sera terminée. » Il ponctue d’un sourire charmant, mais sans chaleur. Fynn se contente de politesse, là où il pourrait se montrer nettement plus agréable, avec d’autres personnes.

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MessageSujet: Re: pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)   Dim 6 Nov - 16:00

C'est d'une fausseté. Cette décontraction, ces sourires plus polis que spontanés, l'attitude qui voudrait croire qu'ils ne se connaissent pas plus que de nom. Ils sont seuls et pourtant, ils s'acharnent à jouer la comédie. À quoi bon, honnêtement ? Iris préfère le silence, bien plus lourd, mais significatif. Parce qu'elle est bien trop différente de Fynn ; elle ne sait pas feinter les émotions, les humeurs. Le clin d'oeil, l'enjouement, cela ne contribue qu'à l'agacer, titiller ses nerfs déjà mis à dure épreuve par sa présence. Elle a envie de partir et sait qu'il faudra prendre son mal en patience. Les ennuis qu'elle risquerait d'avoir en laissant le jeune homme seul dans l'une des maisons de quarantaine ne valaient pas le coup face à peut-être une ou deux heures de patience mal contenue. Ce serait bien moins difficile qu'enfin jouer cartes sur table, arrêter de s'ignorer après peut-être un an. C'est tout ce à quoi elle pense alors qu'elle l'observe analyser le problème, chercher la solution dans un boîtier électrique défaillant. Elle se demande vaguement, ce qu'il en pense. Ce qu'il a pensé de son départ, de son absence. S'il l'a vue filer en ignorant volontairement toutes ces âmes qui auraient eu besoin d'aide. Elle se sent assez monstrueuse à réaliser qu'elle ne regrette pas la moindre seconde d'avoir laissé des centaines de gens mourir alors qu'elle aurait pu en embarquer avec elle, dans l'immeuble. Ils ne perdaient rien de cette nouvelle étape sur Terre de toute manière, où chacun vivait avec la peur de se faire bouffer par un putain de mort-vivant.

Elle soupire sans trop savoir si c'est de soulagement ou d'agacement. Il y en a pour un moment vu l'allure du problème, apparemment. « Tu fais ça ce soir. » Autant s'en débarrasser maintenant. Avec la malchance qu'elle avait, il pourrait manquer une pièce, nécessiter qu'il revienne un autre jour. Mieux valait ne pas prendre le risque de le revoir un troisième jour. Ils étaient déjà en train de compléter leur quota pour l'année. L'idée de couper l'électricité la fait grogner, instinctivement. Pas d'électricité, pas de lumière. « Juste ici. » Ce n'est pas aimable, rien qui ne trahisse son envie d'aider. Elle se contente juste d'abaisser l'un des minuscules leviers, faisant sauter le courant à l'étage. « Va falloir travailler comme ça. » Elle accompagne ses mots d'un jet de lumière craché par sa lampe-torche. Des fois qu'ils ne soient déjà pas assez proches, ils allaient devoir se débrouiller avec leurs quatre mains. C'était de pire en pire. « T'as plus qu'à régler ça. Je dois avouer que je te serais assez reconnaissante si ça ne s'éternisait pas trop. Longue journée. » Comme si c'était la seule raison. « Et puis j'aimerais qu'on n'interdise pas l'étage trop longtemps. Les nouveaux confinés dans le salon, c'est pas forcément une bonne idée. » Parce qu'il arrivait que les nerfs lâchent. Chose qui allait finir par lui arriver, si ça continuait.
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MessageSujet: Re: pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)   Dim 6 Nov - 23:43

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Tu fais ça ce soir. En d’autre temps, il aurait ri, de bon cœur même. Mais là, il n’a un ricanement grinçant. « Bien chef. » Lui aussi est pressé de finir la journée. Il n’est pas plus réjouit qu’elle de se retrouver coincé dans cette pièce avec son ombre dans son dos. Mais on ne sait jamais à l’avance sur qui on va tomber n’est-ce pas ? Ils donnent les ordres et on obéit. Pour le moment cela suffisait à Fynn. Ne s’occuper de rien, n’avoir la responsabilité que de sa propre personne, de son propre boulot. Et n’avoir aucune vie qui dépende de lui. C’était surtout. La responsabilité des autres. Voilà pourquoi il se planquait. Il était utile, mais on n’attendait pas de lui qu’il prenne les armes et qu’il protège les siens. Fynn considère qu’il a assez donné… pour le moment. La présence d’Iris à son côté ne fait que renforcer ce besoin de fuir au plus loin les armes et les frontières du camp. S’il n’était pas assez idiot pour se sentir en sécurité en ces murs, il ne l’était pas plus pour avoir envie de se retrouver sur les lignes de front. Un jour peut-être. Un jour, il sera bien obligé. Mais il recule le moment. Toujours. A cause de Jasmine, à cause de ce gosse, Nolan. A cause d’Iris. De ses parents.

Elle éteint les fusibles, les plongeant dans le noir. Il lui faut un peu de temps pour s’adapter, mais tout de suite, Iris allume sa lampe torche et lui éclairant les fils dénudés. Il s’empare de sa pince pour évaluer les dégâts, trifouillant dans les fils pendant qu’elle lui expliquait qu’elle aimerait bien ne pas passer toute sa soirée ici. Pour elle. Mais aussi à cause des nouveaux qui grouillent en bas, lui rappelant la précarité de la situation de tout ce monde agglutiné dans ces maisons. « Ouais … J’me souviens. » Des nerfs qui lâchent, des bagarres qui éclatent et des mots lancés plus hauts que d’autres. Son séjour ici n’était pas si ancien que ça. Il avait apprécié chaque minute de cette nouvelle vie, de ce confort. Quand d’autres s’impatientaient, Flynn avait pris les choses avec calme, gardant toujours Jasmine à ses côtés pour lui éviter les mauvaises rencontres. Cela avait été son seul souci. Parce que Jasmine était un morceau de pureté dans cet environnement sale et nauséabond. S’il avait apprécié les repas chauds et un vrai lit, il avait été soulagé néanmoins une fois installé dans une vraie maison. Aujourd’hui, il ne retournerait dans ces quartiers pour rien au monde.

« Ca n’a pas l’air trop gros à réparer. » Quelques fils dénudés, mais aucun de fissuré. Il se mit au travail sur le champ. « Compte trois-quarts d’heure, à tout casser. » Le reste se passa en silence. Concentré, Fynn se mit au boulot sans rien dire. Au début. Mais très vite, il se mit à siffler. Par habitude. Yellow Submarine. Cela lui manquait la musique. Depuis quelques temps, il s’était remis à siffler. Comme avant. Cela avait le don d’énerver sa colocataire au plus haut point. Reese. Ça lui avait donné encore plus de cœur à l’ouvrage. Les Beatles. Rolling Stones. Puis Red Hot Chili Peppers. Ca lui manquait. Il sifflait encore à Seattle. Au début. Mais quand les choses se sont corsées, il a cessé. La précarité de la situation lui sautant au visage. Cela n’avait pas changé, leur situation était toujours aussi misérable. Mais ils avaient un sursis. Le camp était bien mieux organisé que le précédent. Jasmine était en sécurité, lui aussi. C’était ce qui importait.  

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MessageSujet: Re: pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)   Jeu 10 Nov - 11:03

Elle ne dit pas grand chose Iris, laisse Fynn parler, prétendre être de bonne humeur. Elle le laisse juste travailler, lampe torche rivée sur les fils électriques. Parce qu'elle n'a rien à lui dire, n'a pas envie de parler. Elle préférerait l'ignorer, faire comme s'il n'était pas là. Difficile, quand ils sont à moins d'un mètre de l'autre dans le silence des plus complets, quand ils peuvent même s'entendre respirer. Le regard de la brune essaye de fuir, de trouver un échappatoire. Mais la fenêtre est trop loin, le noir trop présent quand l'espace n'est pas éclairé par la lampe. C'est au point qu'Iris finit par céder, planter son regard sur Fynn. Il est concentré sur son ouvrage, ne voit pas l'instant de trouble qui passe sur le visage de la jeune femme. Elle se rappelle des heures passées à l'observer, sur un lit de fortune ou dans les coins reculés du camp, celui qui n'était pas surveillé, celui où ils se pensaient saufs. Ce temps passer à s'embrasser, défouler leur détresse sur l'autre pendant des ébats fiévreux, des étreintes étouffantes. C'était précaire comme réconfort et pourtant, cela fonctionnait. Iris tenait à lui, c'était indéniable. Mais elle avait tenu davantage à sa vie, s'était enfuie sans même s'inquiéter pour ses proches. Parce qu'elle était égoïste et individualiste. La survie fait faire de drôles de choses aux gens, révèle des comportements primaires parfois inquiétants. Fynn lui rappelait ce qu'elle pouvait être, oppressée par le danger.

Il vient troubler le silence en sifflotant. Un air qu'elle reconnaît, écoute un peu trop attentivement. La musique s'était faite rare à cause du besoin de silence. Les CD n'avaient pas été les premières choses à sauver. En un an pourtant, Iris avait réussi à se faire une minuscule collection dans sa chambre, un vieux lecteur CD, quelques disques rayés pour la plupart. Cachés dans un tiroir de la commode, ils prenaient la poussière, ressemblaient à des antiquités du monde passés. Mais ils fonctionnaient. Iris a envie de lancer l'invitation, proposer au brun de venir chez elle pour profiter de la rare électricité à écouter de la musique. Pourtant, rien ne sort de ses lèvres, seulement un soupir qui vient troubler ce sifflotement léger.

La lampe torche clignote, émet un grésillement avant de s'éteindre. Appuyer sur le bouton n'y change rien. « Fais chier. Pile foutue. » Elle grogne, reprend contenance à travers son agacement. « La journée est terminée, faut croire. » Ils sont juste plongés dans le noir, dans l'impossibilité de rallumer l'électricité vu l'état précaire des fils. Une étincelle de trop et ils pourraient avoir droit à un incendie. Mais au moins, dans le noir, les choses semblent plus simples. Pas de regard à assumer, pas de réaction à constater. « Comment t'es arrivé ici ? » à Astoria. Comment cela s'est passé après l'écroulement du camp, la fin de cette sécurité toute relative ? Elle pose la question sans vouloir savoir. Cela ne servira à rien de raviver cette relation qui les liait. Ce sera un poison, une faiblesse. Une perte de temps. Les choses ont changées, le temps a passé. Ce n'est pas parce qu'ils sont condamnés qu'ils peuvent agir de manière déraisonnée.
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MessageSujet: Re: pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)   Ven 11 Nov - 22:27

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En travaillant, il peut presque oublier le regard braqué dans sa nuque. Presque. Les fils abîmés demandent un peu de patience et de minutieux, mais le travail n’est pas dur en soi. Il ne lui faudrait pas plus de quelques minutes pour terminer ce qu’il est en train de faire. Toujours sur Yellow Submarine, Fynn avance vite et bien. Ses cours d’électricité auront fini par lui servir à quelque chose, qu’il ait apprécié ou non. Le reste, les détails pratiques, c’est en s’exerçant sur le terrain qu’il avait pu apprendre et se rendre véritablement utile au camp. Cela avait pris le temps, mais aujourd’hui on l’appelait souvent pour des petits riens. Être profondément sociable, Fynn se plaisait à rendre service. Ces petits soucis du quotidien l’aidaient à oublier les soucis du dehors. Juste l’espace de quelques heures, sa vie avait des allures presque normales … bien qu’il est loin d’être le grand ingénieur civil qu’il avait rêvé d’être. Les inventions qu’il avait commencées ne verront jamais le jour.

La lampe torche crachote quelques éclats de lumière. Il accélère d’un bloc pour enrouler les fils dans un patch temporaire afin d’avoir partiellement isolé les fils au moment où la lampe s’éteint pour de bon. Iris jure. Fynn a arrêté de siffler. Soupir. « Ouais, j’pense bien. » Il n’était pas mécontent de rentrer chez lui. La journée avait été longue et il prenait conscience de la présence d’Iris à ses côtés, une silhouette sombre dans la pénombre. Il pouvait entendre sa respiration non loin de lui. Ses mâchoires se crispent un peu. Il n’a pas envie de se souvenir d’elle. D’avant. Et pourtant ces idées lui reviennent à l’esprit alors qu’elle se tient là, tout près. Les regards se perdent dans le noir, plus facile à supporter. Iris lui rappelait ce qu’il avait fait pour en arriver là. Il avait eu tellement peur ce soir-là, en ne la voyant pas. Il pensait qu’il ne serait pas capable d’en sortir. Jusqu’à ce que les autres le trouvent. Ce n’est que quand il a vu les parents d’Iris, Jasmine et le gamin qu’il avait réagi. Qu’il les avait tous sorti de là. Pour finir par devoir achever le père de la jeune femme, à peine en sécurité loin du camp, à cause d’une morsure de rôdeur. Il ne pouvait pas la regarder. Mais ici, dans le noir, il pouvait. Elle semblait plus irréelle.

Jusqu’à ce que ; Comment t'es arrivé ici ? Il se fige. Réagissant enfin, il se détourne, cherchant à tâtons sa boite à outils afin de la ranger. Comme si le silence était trop lourd, il ne se gêne pas pour faire du bruit, pour ne plus l’entendre, pour oublier sa présence. Il claque le coffre de sa boite sans ménagement avant de répondre. « Qu’est-ce que ça peut te foutre ? » Après l’avoir évité tout ce temps, sans un mot, sans un regard digne d’intérêt, il fallait que le sujet tombe. C’était à prévoir. Depuis le jour où il l’avait vue en ces murs, il avait décidé d’ignorer sa présence. Elle n’avait pas posé de question. Braquée par le regard indifférent du brun, ils s’étaient tenus éloignés l’un de l’autre, par un accord tacite. Mais il faut croire qu’il n’est pas le seul à trouver la pénombre plus sécurisante. Elle ne lui aurait pas posé la question dehors, en plein jour. Il en était certain. Il avait tellement fait attention à l’éviter dans ce camp qu’il en avait oublié ses fonctions à elle, et l’éventualité qu’elle soit un jour affectée à sa surveillance lors d’un de ses petits boulots. Comme ce fut le cas ce soir. « Je ne veux pas en parler. » Il n’en parlait à personne. Jamais. Même avec Jasmine, s’il l’écoutait souvent le soir, il n’en parlait pas. Refusant de revenir sur des événements qui l’avaient presque achevé s’il n’avait pas été trouvé par un groupe de ravitaillement d’Astoria.

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MessageSujet: Re: pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)   Dim 20 Nov - 17:58

Le plus tragique dans cette histoire, leur histoire, c'était que si jamais cela devait être à refaire, Iris n'y changerait rien. Elle aurait quand même quitté le camp sans sauver ses proches, serait quand même partie se barricader pour sauver sa peau. C'est égoïste, elle en a bien conscience, mais ce n'est pas suffisant pour faire naître des remords. Elle s'était épargné la vue d'un massacre total, la vision de centaines de réfugiés transformés en morts-vivants. Il y avait déjà bien assez de cauchemars pour pourrir ses nuits, cela n'aurait pas valu la peine de rajouter des idées à son subconscient affolé. Au fond, la brune préférait envisager le pire que de cultiver le peu d'espoir que la situation permettait. Tout le monde y passerait à un moment ou à un autre ; il n'y avait pas de justice. Les plus faibles étaient déjà morts, malgré les quelques exceptions. Les plus forts rallongeaient juste la durée de leur survie, le temps qu'il leur restait avant l'inévitable. Ils étaient tous condamnés par le simple fait qu'ils ne pourraient pas éternellement subvenir à leurs besoins. Les magasins les plus proches étaient pillés, amputés de la toute dernière ressource avant proposée. Il fallait s'éloigner de plus en plus pour trouver à manger, pour avoir des médicaments. Le petit potager, les trois bestioles élevées et la solidarité ne suffiraient jamais.

Alors elle ne devrait pas s'intéresser à ce qui ne serait qu'éphémère. Elle regrette sa question à peine celle-ci formulée, tant elle se rend compte qu'elle ne tient pas à savoir. Ce n'est pas forcément une chance de survivre. S'ils sont vivants, elle n'a pas besoin de profiter de ce temps pour avoir le poids de la culpabilité ou du manque d'attention. Fynn la remet rapidement en place. D'une certaine manière, ça la fait sourire dans le noir. Peut-être à cause de cette satisfaction de ne pas tomber dans la facilité ou le sentiment. « Tu préfères que je prétende m'en foutre éperdument ? Suffit de demander. » Elle hausse les épaules, essaye de percer le noir du regard. Pas pour observer le jeune homme mais plutôt pour aviser les escaliers. Ils feraient de toute façon mieux de descendre, quitter le secteur de quarantaine, rentrer chez eux et s'oublier une bonne fois pour toute. Elle attend, patiente juste qu'il range ses outils, finisse avec ces bruits de fracas. Tout ça pour se radoucir, finalement. Pas envie d'en parler. Ça la fait soupirer plutôt qu'autre chose. « Comme tu veux. J'suis pas la mieux placée pour écouter. Mais on est tous passé par les mêmes galères dans ce camp, t'aurais peut-être intérêt à en parler. Tu trouveras que des esprits compréhensifs. » Elle dit ça pour aider.

Maintenant, il faut quitter les lieux. « Sois sûr que tu n'as pas laissé le moindre outil. On veut éviter les dérapages. Et même si tu sais te défendre, j'aimerais que tu me suives de près. Un nouveau qui décide de faire sa loi, ça arrive vite. » Elle ne lui laisse pas trop le temps d'y penser qu'elle lui attrape le poignet, l'entraîne à sa suite jusqu'au bout du couloir, dans les escaliers qu'elle descend prudemment. La lumière du salon les éclaire assez pour ne pas se vautrer dans les marches. Un bref coup d'oeil pour s'assurer qu'il n'y a pas de comité d'accueil, puis elle le pousse gentiment mais fermement jusqu'à la porte de derrière. « Demain, première heure pour finir de réparer ça. Je demanderai à quelqu'un de prendre ma place, t'en fais pas. » Ce sera plus simple pour eux deux.
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MessageSujet: Re: pour oublier ton corps, pour mieux tourner la page. (iris)   Sam 3 Déc - 23:45

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Parce que les responsabilités qui lui incombaient avant Astoria étaient lourdes à porter. Et qu’il n’était toujours pas prêt à les assumer. Surtout devant elle, surtout sous son regard. Elle ne sait pas. Elle ne sait rien du tout. Et il ne veut pas qu’elle sache. Il n’est pas prêt à affronter son jugement, quel qu’il soit. Il avait beau lui en vouloir pour l’avoir abandonné seul avec tout ce poids sur ses épaules, elle le détestera d’autant plus quand elle saura ce qui s’est passé. En réalité, il avait peur de ce moment. Mais si Iris avait vraiment voulu, elle aurait pu lui tirer les vers du nez bien plus tôt. Il se rassurait en pensant que peut-être, elle non plus, n’était pas prête à faire face. Le silence radio entre les deux individus depuis l’arrivée de Fynn au camp était plutôt éloquent en soi. Ni l’un ni l’autre ne souhaitait s’affronter.

Il a un rictus amer alors que la jeune femme lui répond de façon nonchalante. On a tous vécu les mêmes galères. Peut-être, mais il n’avait pas envie d’en parler pour autant. Il n’existe pas de cercle de soutien dans ce camp. Ce serait chose stupide et inutile. Ses esprits compréhensifs, elle pouvait bien se les foutre où il pensait. Elle ne savait pas ce qu’il avait vécu et ne voulait pas qu’elle soit au courant. Si ça avait été dur pour elle, elle devait comprendre qu’il y avait des choses que l’on préfère taire. « J’ai Jasmine. C’est suffisant. » Même s’il ne se déchargeait pas sur elle, il savait qu’elle était là, et c’était le principal. Dans le fond, c’était lui le pilier de Jasmine, il le sait pertinemment. Et Iris n’avait peut-être pas tort. Mais rappeler Jasmine à Iris n’était pas dans l’unique but de lui répondre. Lui rappeler la Môme, c’était lui rappeler le lien qui s’était développé entre eux. Un lien qui n’existait pas à Seattle. Jasmine et Fynn étaient proches, à tel point qu’ils devaient ressembler à un couple vu de l’extérieur. Il n’en était rien, mais ils ne se justifiaient pas pour autant.

C’était également rappeler à la jeune femme ce lien qui n’existait plus entre eux. Et qui avait pourtant tant compté à une période de leur vie où ils n’avaient plus rien de tangible à quoi se raccrocher. Quand le monde s’écroulait, il avait trouvé en Iris le réconfort dont il avait eu besoin pour survivre dans ce camp misérable. Il espérait lui avoir rendu la pareille à l’époque. Suivant les remontrances de la Belle, il se retrouve entrainé par sa poigne pour quitter le bâtiment, rapidement. Elle l’entraine vers la porte de derrière, le pousse fermement jusque dehors, voulant réellement se débarrasser de lui. Qu’à cela tienne, il pensait pareil. Peut-être plus parce que plus il passait du temps avec elle, plus il se rappelait de choses qu’il avait pourtant décidé d’enterrer. Quand il est dehors et qu’elle l’assure qu’elle ne sera pas là, demain. Il a comme un regret. Une sensation fulgurante, qui ne dure qu’un instant. Il la regarde dans la semi-pénombre, glissant son regard sur elle de bas en haut, de haut en bas, avant de se détourner. « Ouais… J’m’en fais pas. » Il secoue la tête et s’éloigne, la boite à outils dans la main. Dans le fond, quatre mois sans se retrouver coincé avec elle est bel et bien un exploit.


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