Perfect somehow. (Odd) - Page 2

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 Perfect somehow. (Odd)

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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptyLun 19 Déc - 1:00



perfect somehow
Dacre & Odd



“We all have one foot in a fairytale, and the other in the abyss.”


Le goût masculin tapissait encore son palais. Salé et charnel. Addictif. Tel un petit cachet déposé sur sa langue, il sentait que cette peau chaleureuse avait laissé sur sa lécheuse son existence savoureuse. Telle une drogue, il sentait encore les effets parcourir à une vitesse folle ses veines, mais aussi toutes les cellules de son corps. Toutes s'extasiaient, se bandaient de plaisir, le noyau vibrant pour les pensées obscènes et le cytoplasme bouillonnait pour les contacts brûlants, mais bien trop courts. Aucune partie n'échappait à l'ivresse sexuelle dans laquelle l'artiste s'était élancé, lèvres les premières, avec sa muse. Son inspiration. Son ami. Son amant. Son idéal. Odd avait entrepris cette descente dans un univers que Dacre ne connaissait pas. L'amour. L'homosexualité. Le risque pris en valait la chandelle, surtout maintenant que la semence s'était dispersée sur ce torse que la moustache avait effleuré quelques minutes plus tôt. Le risque en valait la chandelle, maintenant qu'Odd s'apprêtait lui même à libérer ses valseuses dans un plaisir sans pareil. Les doutes n'avaient plus lieu d'être. Les hésitations enterrées sous le matelas et les draps souillés par l'expérience. Dacre n'est pas comme ça, pas de ce bord. Les hommes vont avec les femmes, c'est naturel, logique. Il ne l'est pas. Il ne l'était pas. Il l'a toujours été, mais comme de nombreux hommes, comme Odd avant lui, cette facette était plus simple à cacher, ensevelir sous une hétérosexualité banale et ennuyante. Le pêcheur le savait. Il l'avait su dès l'instant où il avait vu le regard de Dacre se poser sur lui, les joues prendre une teinte rouge et le sourire se couvrir d'une timidité affreusement irrésistible. Mais comme tout homme encore dans le placard, ses réactions étaient complètement imprévisibles. Autant jouer avec un flingue presque vide. Mais Odd fatigué de vivre dans l'abstinence de gestes, de ne jamais prendre d’initiatives s'était laissé glisser jusqu'à l’appétissante bouche du sportif. Risquant la furie honteuse de l'homme non assumé, mais soulageant son cœur d'un poids énorme.
Galindo ne voulait pas juste tirer son coup. Si Dacre n'avait pas accepté les caresses ou les baisers, l'homme se serait bien tenu, attendant que l'autre soit demandeur. Galindo voulait goûter ses lèvres, posséder sa muse de mille façons. Il voulait arrêter de se mentir et enfin ouvrir les yeux sur les sentiments serrant sa gorge quand il le voyait. Lui. Le sprinter. Le médaillé. Le bouclé. Le mignon. Il ne suffisait pas d'être beau pour apparaître sur ses carnets. En réalité, tous les physiques y étaient représentés, mais dans les centaines et centaines de regards, un seul attirait son attention. Et bien plus.  
Comme toutes les premières relations, la patience était maîtresse. Odd se doutait qu'il n'allait pas le posséder cette fois. Pas complètement. Pas entièrement. Il ne tenta même pas de précipiter la chose, ne souhaitant pas brusquer son homme ni perdre cette avancée miraculeuse. Il pourrait bien s'en passer avec ou sans l'aide de Dacre, d'autres moyens d'atteindre le septième ciel était à porté. Le bouclé en revenait déjà. En sueur et ébouriffé. Les prunelles sombres complètement amoureuses du tableau parcouraient chaque millimètre. La dextre, elle, profitait pour toucher, caresser, frotter les volutes brunes qui le rendaient fou. Odd ne le montrait pas, mais il était soulagé de ne pas voir son ami s'enfuir une fois ses bourses vides. Il restait près de lui, le gratifiant encore de beaux regards et de gestes tendres. Finalement, peut-être, ceci n'était pas qu'une séance de cul, mais bien la consommation de sentiments tus depuis un moment.
L'organe masturbé lui arrachait de petits frissons, il se mordait la lèvre ou embrassait l'épiderme encore humide de Dacre pour ne pas faire de bruit. Le bouclé en avait fait assez pour deux, il ne s'était pas retenu et même si cela ne gênait pas Odd, ce dernier espérait que les colocataires n'aient rien entendu. La main s'arrêta quand le corps musclé glissa et se releva. La peur de finalement le voir partir, s'essuyer, se rhabiller et disparaître naquit dans les entrailles. Les iris inquiètes ne perdaient pas un geste tandis que la moustache se contracta. Sans s'en rendre compte, l'artiste était retombé sur le lit, le haut du corps relevé sur les coudes. Le boxer encore là et bossu. Bien que sa main reposait pas bien loin, il n'accordait plus aucune attention à son érection. Suspendu aux gestes de Dacre. Il se sentait déjà incapable de prendre un véritable plaisir si la chambre venait à connaître l'absence de l'autre. Surtout qu'il se savait incapable de lui demander de rester. Stupide ego.
Son palpitant loupa un battement quand le ravitailleur se retourna vers lui. Ce contact sur ses cuisses provoqua un sourire soulagé. Il n'allait pas partir. L'inquiétude l'abandonna entièrement sous le baiser de Dacre. Il ne le quittait plus des yeux, laissant au jeune le total contrôle. Relevant juste le fessier pour rentre la tâche plus facile et permettre au boxer de dévoiler entièrement son anatomie en glissant sur ses cuisses.
Son baiser. Un feu d'artifice éclata dans son cœur. L'une de ses mains agrippa la chevelure de son amant. Autant pour le garder près de lui que par pur plaisir. Il ne ressentit pas tout de suite les basses caresses de son être, trop obsédé par le goût de cette bouche contre la sienne. La fin arriva bien plus tôt qu'Odd ne le pensa, privé des lèvres de sa muse, il ouvrit les yeux. Prêt à y revenir quand une vague de plaisir le submergea. Pas encore l'orgasme, mais les prémisses. Les promesses d'une jouissance comme il avait connu que rarement. Il souhaita ouvrir la bouche, parler, lui dire qu'il espérait bien ne pas être oublié, qu'il avait eu peur, mais ses cordes vocales refusaient de laisser passer le moindre mot. Uniquement des râles et des soupires s'échappaient de ses lèvres crispées. Le coude céda et le moustachu se retrouva complètement allongé, son amant au dessus de lui. Ils partageaient le moment. La chaleur. Le plaisir. Son visage s'enfouit dans la crinière. Un murmure qu'il regretta aussitôt, mais par chance incompréhensible pour Dacre. Si faible qu'il ne l'avait sans doute même pas entendu. Odd l'espérait. Il n'y pensa pas bien longtemps car son bas ventre se contracta de même que tous ses muscles sous l'orgasme qui éclata. Un juron craché entre les lèvres. Le drap agrippé et malmené. La peau du sportif appréciée et aimée de l'autre main. Les yeux fermés, il chercha maladroitement la joue de son inspiration, puis le pouce partit à la recherche des lèvres qu'il emmena contre les siennes. Le souffle encore court, la poitrine soulevée par un cœur excité, il resta le plus longtemps possible à l'embrasser. Ce n'était définitivement pas un plan cul.
Les paupières s'ouvrirent sur un tout nouveau monde. Odd ne pensait plus à la mort qui rodait aux alentours, qui s'était invitée dans toutes les vies et la sienne. Il ne s'imaginait plus mourir le lendemain. Il ne voyait plus la vie si désespérante et triste. On lui avait volé Rory, mais à la place, comme un cadeau inespéré on lui avait glissé Dacre entre les lignes des cannes. Ça n'enlevait bien évidemment rien à la peine et au manque de sa première muse, mais ça lui permettait de gagner un peu d'espoir. De sourire sans se forcer comme quand il était heureux. La lèvre mordue, les mots se jetaient désespérément contre les parois internes. Une main attrapa celle de Dacre. « Tu peux rester si tu veux. » Un sourire timide d'un homme épuisé par toutes les émotions qu'il venait de traverser. Il ne quitta pas les yeux bruns de siens et avant même qu'une réponse puisse résonner dans cette chambre à présent bien silencieuse, il ouvrit de nouveau la bouche. « En fait non. » Soudainement il se redressa. Odd n'avait jamais été bien délicat, il avait s'en doute bousculé un peu son compagnon, mais il ne s'en était pas rendu compte. Du bout des doigts il ouvrit un tiroir et en sortit un mouchoir pour essuyer les traces blanchâtres sur sa nudité. Il ne lui fallu qu'une minute. Déposant la boule de papier sur la table de nuit, il accorda son attention à sa muse. Encore troublé par les révélations que son propre être venait de faire intérieurement. « Je veux que tu restes. On a encore quelques minutes devant nous pour... » Un rire gêné lui échappa. Ses yeux se posèrent partout, mais jamais dans ceux de Dacre. « Eh bien pour faire ce que tu veux. S'il te plaît. » Je veux que tu restes. J'ai envie que tu restes. J'ai besoin que tu restes. S'il te plaît. Encore quelques minutes que je puisse profiter car quand tu auras franchi cette porte plus rien ne sera jamais pareil.
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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptyLun 19 Déc - 2:55



perfect somehow
Odd & Dacre



“Hold on you.”


Plus rien n'avait de sens à cette heure-ci. D'ailleurs, quelle heure était-il ? Dacre n'en avait pas la moindre idée, et avait perdu toute notion du temps dans ces instants charnels. Il n'y avait qu'Odd, et lui, et tout autour d'eux se retrouvait éclipsé. Lorsque Dacre daignait se projeter hors de cette vision idyllique, c'était la peur qui lui déchirait les entrailles. Celles que les autres habitants de cette maison aient entendu leurs ébats, celle de devoir affronter leurs regards, celle qu'il avait redouté depuis toujours. La peur d'assumer. De porter sur ses épaules ce qu'il était réellement, ce qu'il aimait réellement. Dacre ne voulait pas en arriver là, pas tout de suite. Il ne se sentait terriblement pas prêt pour ça. Se retrouver dans le lit d'Odd, avec Odd, et avoir reçu et donné toutes ces caresses et ces baisers étaient déjà des actes très importants pour le sprinter. Pour une fois, Wentle se surprenait à ne pas vouloir aller trop vite. Prendre son temps avec Galindo. S'il connaissait l'homme en tant qu'ami, il ne le connaissait pas en tant qu'amant. Et cette tendresse était tellement bonne, tellement pure. Tant de sensations qu'il n'avait jamais ressenties avec autant d'intensité. Dacre redécouvrait l'essence même du mot plaisir, auprès d'Odd. Son admiration pour l'artiste, déjà conséquente, s'était vue grandie par tous ces petits gestes qu'ils s'échangeaient. Dacre avait peur, mais Dacre aimait. À la folie. Deux sentiments aux antipodes l'un de l'autre, mais indispensables, sinon quoi le ravitailleur aurait déjà récupéré ses affaires et franchi cette porte au pas de course. Mais non. Il était là. À camoufler ses râles, à se cambrer sous les assauts de l'extase. Et cet orgasme... qu'il devait à Odd, et à lui seul, quoique ses mains et sa bouche eussent été les éléments principaux de l'histoire. Dacre savait que c'était tôt, mais qu'y pouvait-il ? Plus d'un an sans avoir eu de relation sexuelle avec qui que ce soit, et toute cette passion refoulée depuis trop longtemps... il n'avait pas pu se retenir davantage. Explosion des sens, tout lui paraissait désormais comme décuplé. L'atmosphère était emplie d'une odeur de musc et de transpiration, de foutre et de passion. Les mains de Dacre parcouraient le corps d'Odd tel un homme perdu cherchant son chemin sur une carte. Il embrassait tantôt sa peau, tantôt ses lèvres. Avide d'en apprendre plus sur cet homme, il le dévorait littéralement du regard. Et comment le remercier sinon en lui rendant la pareille. Dacre n'était pas ingrat, et il avait vu la main de l'artiste filer en direction de son membre durci. Non, Dacre n'était pas un ingrat. Et surtout, il voulait faire plaisir à Odd. Lui donner l'occasion de souffler, de profiter. De l'aimer comme il pouvait l'aimer. Les caresses avaient d'abord été langoureuses, puis vives, propices à la libération du plaisir. Dacre ne loupait pas une seule miette des réactions de Galindo. Lorsque l'orgasme survint finalement, il ressentit lui aussi cette vague de chaleur qui traversa le corps de son amant, et il délaissa la vigueur pour poser sa main sur le torse du pêcheur. Il ne voulait pas que cela cesse. Jamais. Odd chercha ses lèvres et Dacre les lui offrit, démesurément épris. Ainsi au-dessus de Galindo, il avait tout le loisir de contempler ses traits, mais la douceur de leurs baisers restait ce qu'il préférait le plus au monde. Il sentit Galindo lui prendre la main, puis l'entendit prendre la parole. Tu peux rester si tu veux. Un grand sourire illumina le visage jusqu'ici paisible du sprinter. Il s'apprêtait à répondre, son regard noyé dans celui d'Odd, mais ce dernier ne lui en laissa pas le temps. Le cœur de Dacre se serra dans sa poitrine à l'entente de ce Non. Il crut qu'il allait paniquer, et ce fut sans doute ce qu'il se passa, mais Dacre demeura de glace, le palpitant parti dans un rythme effréné, à nouveau saisi par cette même terrible peur. Celle qu'Odd n'ait été intéressé que par une simple histoire de cul, rien de bien sérieux. Celle qu'il se soit servi de lui, celle qu'il lui demande de partir. Cette manière dont il s'était redressé, bien abrupte, l'avait quelque peu décontenancé, et le jeune Floridien s'était assis sur le lit, les yeux braqués sur Odd qui arpentait la pièce à la recherche d'un mouchoir. Puis, en quelques mots, la peur de Dacre se volatilisa. Je veux que tu restes. Malgré ses efforts pour s'en empêcher, il poussa un soupir de soulagement et laissa sa tête retomber entre ses bras, avant de poser ses prunelles sombres sur Odd. Il secoua la tête en repensant à la peur panique qui l'avait saisi. Quel idiot. La voix de Galindo le tira de ses pensées. Ce qu'il voulait ? Dacre se frotta doucement les yeux, puis il se leva. Il rejoignit son amant sans tergiverser, ne supportant étrangement pas de le voir si loin de lui. Il avait besoin de ses bras, de sa chaleur, de sa présence. De lui, tout simplement. Les mains de Dacre se posèrent de chaque côté des hanches du pêcheur, et il se hissa sur la pointe des pieds pour venir déposer un baiser sur ces lèvres dont il ne parvenait plus à se passer. Un baiser qu'il rompit pour enfouir son visage dans le cou d'Odd. « C'est... » commença-t-il d'une voix mal assurée. « C'est toi, que je veux, Odd. » Il s'écarta doucement pour le regarder en face. Il était nerveux, mais les mots sortaient étrangement tout seul. « J'ai jamais ressenti ça. Pour personne. » Ses mains remontèrent le long du corps de Galindo pour se poser sur son torse. Il baissa tête et yeux, conscient qu'il pouvait se heurter à un mur en se confiant de la sorte, mais son cœur était las du silence qu'on lui imposait et les mots qui sortaient de sa bouche étaient les siens. « Je te veux toi, » répéta-t-il. « J'ai besoin de toi. » Des vérités qui pouvaient effrayer Odd, mais Dacre n'avait pu faire autrement qu'être totalement honnête avec le pêcheur, même si en réalité, trois mots manquaient à l'appel. Trois petits mots qu'il avait pourtant sur le bout de la langue, trois mots qui n'attendaient que le bon moment pour être prononcés.
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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptyLun 19 Déc - 23:28



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Dacre & Odd



“We all have one foot in a fairytale, and the other in the abyss.”


Les jambes encore chancelantes de la passion qui venait de le dévorer tout entier, Odd se tenait bien loin de sa source de plaisir. Il ne savait pas vraiment pourquoi il avait ressenti cette envie, presque besoin de prendre ses distances. Tout était si parfait. Les deux hommes plus que satisfaits de leurs ébats s'apprêtaient à échanger quelques tendresses sentimentales. C'était bien ça qui l'avait poussé à aller chercher bien loin de quoi s'essuyer. Effacer les traces de ce manque de contrôle. Une muse est plus belle quand elle reste sauvage, mystérieuse, non touchée. Odd avait l'impression de presque tout connaître de Dacre, le plus important surtout et contrairement à toutes ses inspirations précédentes, il n'avait rien perdu de son éclat. Bien au contraire, il scintillait de plus belle. Des milliers d’étincelles venaient de naître dans les globes de l'artiste. Des avertissements. Tu sais pas aimer. Son cœur voulait rester dans le lit et apprécier le contact lointain d'une main posée sur le torse. Mais le corps se leva malgré tout. Un geste soudain que même l'acteur n'avait pas prémédité. Il s'était soulevé, bousculant au passage Dacre. Il s'était éloigné sans le regarder. Ils ne savent pas t'aimer. Les échos de son non résonnaient encore sur sa langue. Dacre ne pouvait pas rester s'il le voulait. Il le devait. Odd sentait malgré lui que cette séance artistique venait de marquer le début d'une nouvelle ère. Une nouvelle histoire s'annonçait, mais était-il prêt ? Étaient-ils prêts ? Non, nouvel écho à l'étonnante saveur de vérité.
Un gosse avec une moustache. Voilà à quoi ressemblait Odd, le regard évitant son reflet pour ne pas faiblir complètement. Un gosse drôlement bien foutu et à poil. Pendant un instant il se retrouva à la place du timide. Les mauvaises expériences dans un coin cruel de la cervelle. Après ce moment intime, il ne désirait pas se retrouver seul. Il désirait se retrouver qu'avec Dacre. Prolonger le moment autant qu'ils le pourraient. Jusqu'à la fin. Que deviendrait leur relation après son départ ? Comment se passera la prochaine rencontre ? Il ne voulait pas y penser, mais les questions le percutaient quand même. Impossible d'échapper au futur, surtout quand il semble si court. Le s'il te plaît sonna étrangement dans ses cordes. La prière d'un homme non croyant. Autant il avait gardé un sourire gêné pendant le début de sa phrase que ce dernier s'était éteint sur les trois derniers mots. La demande était sérieuse. L'artiste avait encore besoin de sa muse. L'admirateur de sa perfection. L'homme de son... L'homme avait besoin de sa moitié. Le silence ne dura sans doute pas longtemps, mais pour Odd se fut une éternité durant laquelle il n'osa pas regarder son amant. Il n'y avait que la forme floue du corps nu dans sa vision. Les prunelles du moustachu allant jusqu'au lit, mais jamais ne se baladant dessus. Étrangement. Stupidement. Il s'attendait à entendre le rire aigu et insupportable de son ex-femme. Le bouclier en place, les muscles crispés il attendait que les moqueries percutent sa cuirasse. Que les balles fusent dans sa direction. Il était prêt à subir une nouvelle humiliation. Le fessier posé contre le bureau, les yeux n'osaient pas se relever. Il les ferma un court instant. S'éloignant totalement de cet endroit, de ce moment.
Le vide. L'absence. Rien. Le crâne dépeuplé d'image, instant rare pour un artiste qui se voit noyé de lignes et de courbes depuis son adolescence. Il ne doit pas y penser. Il doit absolument y penser. Se souvenir déjà de ce moment. De ce visage déformé par la jouissance, mais il n'y arrive pas. La toile resta vierge jusqu'à ce qu'il vienne poser les mains sur ses hanches. Le contact était brûlant et pourtant ce fut un frisson glacial qui lui secoua l'échine. Ses paupières se soulevèrent en sentant se poser sur les lèvres un baiser. Complètement surpris, l'homme ne répondit pas à cet acte. On pourrait le croire de marbre si à l'intérieur il ne tremblait pas comme une feuille. Angoissé et heureux. Heureux et angoissé. Le visage contre son cou, les boucles venaient chatouiller sa mâchoire forçant l'une de ses mains à quitter la surface froide du bureau pour s'établir dans la tignasse sauvage. Éloignant quelques boucles rebelles des environs de sa bouche dans des gestes épris.
La bombe fut lâchée d'une voix timide. A l'impact, les lèvres s'ouvrirent sans qu'il ne puisse le contrôler. Elle se refermèrent aussitôt quand Dacre s'éloigna pour le regarder. Odd lui accorda ses iris, lui laissant le contact qu'il avait voulu éviter depuis quelques minutes. Le sérieux lui avait toujours donné un air méchant, froid et très féroce. Les sourcils froncés, le vieux écoutait attentivement la déclaration du bouclé. La main avait quitté les volutes, était descendue le long de la colonne vertébrale pour s'établir dans le creux des reins. Juste à la naissance de cette courbe appétissante d'un fessier musclé. Son autre main vint se poser sous le menton de Dacre qu'il releva. Mourant d'envie de replonger dans ses prunelles. Son pouce caressa affectueusement les lèvres de sa muse. Il attendit de faire un aller-retour avant de parler. « De moi ou de ma bouche ? » Un sourire en coin, il ignorait quoi répondre aux paroles qu'on venait de lui offrir. Il en avait rêver, venant d'autres, venant du sportif, mais une fois le moment arrivé, il ne savait pas quoi faire. « C'est la moustache qui rend le tout exceptionnel. » Un clin d’œil en guise de point. « Mais je t'interdis de te la laisser pousser, c'est mon truc ! » Un regard faussement menaçant posé sur Dacre, Odd laissa un rire résonner. Il se frotta le visage de cette main qui s'était posée sous le menton. Fatigué de jouer. Fatigué de se retenir. De se contrôler à cause de la peur de redevenir la poupée de chiffon. De redevenir faible et incapable. Stupide. « Je ne sais pas si c'est une bonne nouvelle, Dacre. » Un sérieux timide s'invita sur son visage. Son palpitant accéléra. Tiraillé entre l'envie de laisser le flot verbal se déverser dans l'air ambiant et celle de voir son amant partir avant même qu'il ait pu ouvrir de nouveau ses lèvres. « Je suis heureux d'apprendre que je suis le premier pour qui tu ressens ça. » Un faible bonheur traversa ses traits. Ses doigts caressèrent la peau dorsale pour prouver à Dacre que malgré la suite sans doute maladroite, il ressentait la même chose. « Mais je ne suis pas fait pour ça. » La peur maltraitait ses organes. Il sentait la bile remonter et lui laisser un goût acide dans la bouche. Il avait peur de détruire Dacre comme il avait été détruit par son ex-femme. Il avait peur de ne pas être à la hauteur. Il avait peur de le décevoir. Comme un message caché, un mystère que le sportif devait découvrir il déposa ses inquiétudes dans un doux baiser sur l'une des joues de son compagnon.
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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptyJeu 22 Déc - 1:43



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Odd & Dacre



“Hold on you.”


L'éloignement avait été cruel, le mouvement d'épaule brusque. Odd s'était éloigné sous l'apparence d'un lâche, bien que Dacre ne l'interpréta pas de la sorte. Pourtant la séparation fut telle que le ravitailleur en fut directement affecté. L'orgasme atteint, c'était dans les bras du gratteur de papier qu'il s'était imaginé passer la soirée. Mais voici que ce dernier mettait soudain un terme à une étreinte que Wentle aurait voulu voir continuer. Il avait tant de tendresse à revendre. Odd ne pouvait pas le laisser. Pas après ces moments passés ensemble, pas après cette proximité, ces caresses, ces baisers. C'était trop brutal pour un Dacre dont le palpitant n'avait jamais battu avec autant d'ardeur. Ce n'est que mon cœur qui cogne, se répétait le sprinter pour se rassurer de ce rythme lancinant qui vibrait en lui. Non, Dacre n'avait jamais connu cela. Pas à ce point. Il avait déjà éprouvé les prémices de ce qu'on pourrait appeler des sentiments pour cette fille qu'il avait connue à l'université, mais rien de vraiment comparable avec ceux éprouvés ce soir. Ni dans le fond, ni dans la forme. Odd avait tout chamboulé, et ce dès le départ. Il était l'Inespéré, le calme et la tempête, la force brute et la tendresse. Dacre avait appris à le connaître comme un animal sauvage se serait habitué à la présence de l'homme sur ses terres. L'osmose s'était faite graduellement, au fur et à mesure que les deux hommes apprenaient à se connaître, à définir les limites de l'un et de l'autre. Dacre avait appris. La survie en solitude l'avait rodé et avait ancré en lui une méfiance sans scrupule envers les étrangers, mais Odd... Odd y avait échappé. Les prunelles du sprinter s'étaient posées sur la carcasse finement sculptée du pêcheur, sur cette trogne bourrue, et la peur s'en était allée pour ne plus jamais revenir. Dacre ne pouvait se l'expliquer. Galindo n'avait jamais représenté la moindre menace à ses yeux. Bien au contraire. Plus comme une bouée de sauvetage, une bouée à laquelle il s'était accroché de toutes ses forces. Une bouée qui s'était transformée en ami, puis en amant. Une bouée dont il ne pouvait plus se passer, un indispensable, un sauveur. Et cette distance qui les séparait lui faisait réaliser ô combien il préférerait survivre en dehors de la ville que de perdre Odd à tout jamais. Ce fut sans doute ce qui poussa le sprinter à se lever pour rejoindre l'être aimé. Besoin de sa présence, de sa voix, besoin de lui, tout simplement. Cette distance lui crevait le cœur, Wentle avait besoin de tendresse, et il partit en quête de réconfort auprès de Galindo. Sa peau, brûlante, lui arracha un frisson lorsque se mains se posèrent sur ses hanches. Une étreinte de courte durée, le temps de cacher son visage dans le cou de son aîné, un peu à la manière d'un enfant demandant un câlin. La main d'Odd venue se perdre dans sa chevelure arracha un sourire au ravitailleur. Ce geste commençait à prendre des tournures d'habitude chez le pêcheur, et ce n'était pas pour lui déplaire. Et avec la caresses, la confession de Wentle se fit toute seule, alors que ses mains migraient des hanches jusqu'au torse de Galindo. Besoin de ce contact entre eux. Un contact que lui offrit Odd malgré son silence, par cette main ayant quitté sa chevelure pour venir se nicher au creux de ses reins. La sensation fit frissonner Dacre, qui ferma les yeux l'espace de quelques instants, avant de faire un pas en avant. Son menton rencontra une main, et l'athlète recouvra la vue pour plonger son regard dans celui d'Odd. La question qu'il lui souffla commença par faire rougir le sprinter, apportant à ses joues une teinte vaguement familière, puis il pouffa de rire. Il mordit sa lèvre inférieure en guise de réponse, manquant de peu le pouce du dessinateur. C'est la moustache qui rend le tout exceptionnel. Nouveau rire. Dacre devait bien l'avouer, cette moustache était exceptionnelle. L'interdiction ainsi que le regard menaçant le firent glousser si bien qu'il se sentit obligé de répondre : « Ton truc, hum ? Tu crois que ça me fait peur ? » Un brin d'insolence pour trois grains de mignonnerie. Dacre observa son ami et amant se frotter le visage, le dévorant presque du regard, épris, tant et tellement qu'il ne s'attendit pas à la phrase qui suivit. Le sérieux prit possession des traits du ravitailleur, plus attentif que jamais aux propos de Galindo. Suspendu à ses lèvres, qu'il était. Tel un alpiniste au bord d'un gouffre. Cette caresse en bas de son dos ne parvint pas à le rassurer, ni même ce baiser sur sa joue. Mais je ne suis pas fait pour ça. Le monde de Dacre sembla s'écrouler subitement. Il demeura un long moment à le regarder, imperturbable et le visage affublée d'une expression indéchiffrable qui durcissait grossièrement ses traits, jusqu'à ce qu'il ne répliqua d'un seul coup : « Je m'en fous. » Il patienta quelques secondes le temps d'être certain que le message soit passé, puis il secoua doucement la tête, déclenchant une avalanche de boucles brunes sur son front. « Je m'en fous, Odd. Tu es tel que tu es. Je ne te changerai pas, et je n'en ai pas l'intention. » Il se hissa sur la pointe des pieds et encadra le visage de Galindo de ses mains. « Je ne te demande rien, » souffla-t-il, la voix tremblante. Rattrapé par l'émotion, Wentle ajouta, la gorge serrée : « Juste d'être là. » Juste d'être là.
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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptyDim 25 Déc - 0:00



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Dacre & Odd



“We all have one foot in a fairytale, and the other in the abyss.”


Il riait et le cœur se remplissait d'un bonheur rare. Il rougissait et les lèvres moustachues s'étiraient automatiquement. Chaque geste provoquait une réaction. Chaque phrase prenait un sens nouveau. La voix de Dacre ne lui avait jamais paru aussi chaude. Aussi lourde. Les mots qu'il lui glissait pénétraient ses cellules avec l'intention de ne plus jamais repartir. Affreusement intimidants. Personne n'avait jamais voulu Odd comme Dacre semblait le vouloir. Personne n'avait jamais eu besoin d'Odd comme Dacre en avait besoin. C'était une déclaration qu'il venait de lui souffler. Le sportif levait le voile sur son coffre à sentiments. Un coffre à trésors dont la clef reposait présentement dans la main délicate de l'artiste. Les quarante années ne l'avaient pas préparé pour ça. Ni son mariage ni son idylle n'avait eu cette saveur aussi inédite.
Il en avait connu des hommes expressifs, des sentiments soudains et embellis. Dacre n'était pas le premier bouclé à se coller à lui en lui exprimant la signification des battements de son cœur. Odd en avait toujours ri, connaissant trop bien l'erreur de la précipitation. Engagé dans un mariage mensonger. Emprisonné dans un corps impuissant. Rendu à l'état d'esclave, de soumis juste pour les beaux yeux de la première manipulatrice. L'humour comme bouclier. Odd ne pouvait s'en empêcher l'inconfort gagnait son âme. Dacre savait-il réellement ce qu'il venait de dire ? Comprenait-il la signification et l'importance de tous ces mots ? La chaleur du moment passé enivrait peut-être encore son esprit et il se laissait aller à quelques désirs soudains et sans fondements. Pourtant dans son regard Odd avait tout vu. Les échos de ses paroles resplendissaient dans ses prunelles. Il savait que Wentle pensait exactement ce qu'il venait de lui dire et bien plus encore. L'humour pour ne pas être effrayé. L'humour pour ne pas laisser le gamin soumis refaire surface et se mettre à bégayer.
Le sérieux par respect. Pour l'importance de Dacre. Pour les belles boucles. Pour les sentiments naissants. Le mot était dit. Sentiment. L'artiste commençait à ressentir pour la muse bien plus qu'une attirance physique. Il sentit la peur étreindre ses tripes. S'installer au fond de sa gorge pour y faire sortir quelques réponses maladroites. Il s'en voulut directement. Il aurait pu faire preuve d'une délicatesse fragile, mais bienfaisante.
Protéger Dacre. Le préserver à tout prix. De tout. Même de lui. Même de l'artiste malheureusement en amour. Quasiment maudit et ne souhaitant pas partager son fardeau avec l'innocence du sportif. Soumis ou dominant, Odd ne connaissait que les deux. Avec le bouclé la soumission n'était pas envisageable. Elle ne l'était plus avec personne. Ça l'aurait tué le Galindo de devenir encore la chose de quelqu'un. Dominer Dacre. L'idée était plus que séduisante, le timide qui rougissait pour tout et rien ne devait pas être bien difficile à rendre servile. Néanmoins ce n'était pas ce qu'il voulait. Dacre ne serait pas le remplaçant de Rory. Il ne serait pas le reflet d'une relation passée. Il sera Dacre, l'homme qu'il a aimé pendant l'apocalypse. Il sera Dacre, l'homme qui l'a rendu meilleur. Il sera Dacre, celui qui fera d'Odd un mâle heureux alors que le ciel ne cessait d'abattre sang et drames sur les têtes des pauvres survivants.
Il l'avait embrassé sur la joue comme un simple ami tandis que sa main le caressait tel un amant éperdu. Galindo ou une contradiction à lui seul. Les lèvres disaient une chose que le corps contestait vivement. Il se perdait autant qu'il égarait les autres. Dacre devait le comprendre dans ce contact chaleureux, presque sensuel dans le creux de ses reins. La vérité devait passer entre leurs cellules pour qu'il sache que le palpitant du moustachu était rempli de pensées passionnées pour lui. Le bisou sur cette joue car il aurait été trop cruel de le déposer sur la bouche après cette révélation. La réponse donnée, Odd ne sut comment le prendre. Les trois mots avait tellement de significations, seul Dacre pouvait éclaircir ce point. Sa main cessa de le caresser, complètement immobilisée par l'inquiétude. Et si il se foutait de cette réponse, de lui. Et si finalement ça n'eut été pour le sprinter qu'un laisser-aller charnel et sa déclaration que des paroles irréfléchies. Son inquiétude fut balayée par cette amas de boucles. Cette masse brune et sublime. L'artiste émerveillé. L'artiste admiratif de cette nature quasi-parfaite. C'était bien la seule chose qu'il comptait dompter, cette folle chevelure qu'il réussira un beau jour à dessiner sans imperfection. La voix de Dacre le sortit de sa contemplation.
Qu'il se sentit stupide. Atrocement stupide. Égoïste aussi. Ses deux mains rejoignirent celles de son compagnon. Son regard s'était baissé à cause de la honte d'avoir réagit de la sorte. Odd n'avait jamais fuit ses sentiments et pourtant il le faisait avec le premier qui semblait réellement amoureux de lui. « Je ne peux pas te le promettre. » La voix cassante ne donnait à sa phrase qu'un air encore plus dramatique. « Je ne peux rien te promettre. » Ses bras retombèrent de chaque côté. Lourds. « Pas dans ce monde. » Ses doigts se placèrent sur chaque hanche musclée. Refermant l'étreinte et comme dans une valse Odd fit tourner son partenaire. Échangeant les places. Il poussa Dacre jusqu'à ce que ce dernier se retrouve contre le bureau. « Mais je veux essayer. » Son index descendit le long de la joue qu'il avait embrassée. Bien évidemment qu'il désirait essayer, incapable de perdre cette occasion auprès de Dacre. Le laisser s'en aller serait la pire de ses erreurs. « Dacre, je veux essayer. Je veux être là avec toi. Pour toi. » Les syllabes s'arrêtèrent le temps de déglutir, de chercher la suite de ses paroles. Il s'humidifia les lèvres.«Tu es exceptionnel pour un p'tit mec, ce serait tellement con que je passe à côté de ça. » Son sourire reprit sa place. Faisant des lèvres d'Odd un trône séduisant. Un univers complet et heureux qu'il plaqua passionnément sur la bouche du sprinter. Il se pencha en avant, collant de nouveau leurs corps. Ses mains prirent appui sur la surface du bureau. « Tu veux rester ce soir ? » Galindo priait intérieurement d'entendre une réponse positive, mais Dacre était-il prêt ?
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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptyMer 28 Déc - 17:13



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Odd & Dacre



“Hold on you.”


Dacre s'en fichait. Complètement. Bien évidemment. Il n'y avait qu'Odd. Odd et ses grands yeux sombres, semblables à deux trous noirs prêts à l'aspirer tout entier. Odd et l'affection qu'il taisait, car Dacre voyait bien ce qui se tramait tout au fond de ces prunelles. Mais à Odd, il ne cacherait rien. Comment pourrait-il ? Wentle en était tout simplement incapable. Trop honnête, trop authentique pour grimer ne serait-ce qu'une fraction de réaction. Il n'avait jamais su mentir, de toute manière, et cela ne changerait pas. Ses mains placées autour du visage de Galindo caressaient cette peau avec une tendresse infinie. C'était une mise à nu. Rien de plus ni moins. Dacre n'avait pas le cœur à freiner plus longtemps ce flot d'émotions qui déferlait en lui depuis que les lèvres de l'artiste avaient effleuré les siennes. Il n'avait pas non plus l'intention de faire semblant de quoi que ce soit avec Odd, c'était trop tard, bien trop tard. Loin d'assumer cependant, le ravitailleur souhaitait pourtant qu'Odd sache qu'il n'avait pas peur de lui dire ce qu'il éprouvait. Il n'y avait plus de retour en arrière possible, pas pour Dacre. Pas après ce qui venait de se passer entre eux. Et quand bien même un retour en arrière eût été possible, jamais Dacre ne l'aurait fait. L'audace de Galindo l'avait libéré d'un poids titanesque, celui de la peur et de la honte. Et son aîné avait laissé sur son passage des effluves de tendresse et de passion, que Wentle ressentait encore au plus profond de son être. Malgré la chaleur des draps délaissés et les vêtements loin de sa peau, Dacre ne ressentait pas la froid. Pas quand les mains d'Odd se trouvaient là, au creux de ses reins. Pas quand cet étrange feu l'animait. Odd, il ne le changerait pas. Et il ne souhaitait pas le changer. Trop attaché à cette moue boudeuse, à ce regard ô combien expressif. À ces mains d'artiste pourtant aussi rêches et abîmées que celles de n'importe quel artisan. À cet humour cassant qui avait pour effet de faire rougir ses joues. Non, tout cela, Dacre ne l'échangerait pour rien au monde. Sa présence, ses mots, ses caresses seraient amplement suffisants pour le sprinter qui, peu habitué à réclamer, s'était toujours contenté de ce qu'on lui donnait. Odd était le premier pour lequel il se livrait ainsi. L'esprit après le corps. Les pensées après les ébats. Qu'avait-il à perdre, après tout ? Tout ceci était un peu surréaliste aux yeux du coureur, une situation qu'il n'aurait imaginée pas même dans ses rêves les plus fous, tant il avait enfoui en lui cette facette longtemps considérée comme tare, absurdité, faiblesse. Une préférence dont il s'était toujours tenu éloigné, et qu'il embrassait aujourd'hui.

Les mains d'Odd rejoignant les siennes le sortirent de sa petite rêverie. Il observa curieusement Galindo baisser les yeux, et lorsque des mots franchirent enfin les lippes du pêcheur, cette voix cassante le prit aux tripes. Littéralement. Il se sentit déchiré tant et tellement qu'un long frisson le parcourut et qu'il se rapprocha un peu plus d'Odd. Je ne peux rien te promettre. Les mains d'Odd quittèrent les siennes et Dacre crut un instant qu'il allait chercher à se dégager, mais au lieu de cela, il sentit ses paumes se poser sur chacune de ses hanches. La suite se passa en un rien de temps, cinq secondes à peine. Momentanément surpris, Dacre se tint aux épaules d'Odd, jusqu'à ce qu'il se retrouve à la place de ce dernier, contre le bureau. Mais je veux essayer. Un sourire éclaira la mine jusqu'ici soucieuse de Wentle. Il ferma les yeux en sentant ce doigt descendre le long de sa joue, puis les rouvrit pour faire face à la déclaration de Galindo. Dacre en resta bouche bée, terriblement pas prêt à entendre ce qu'il avait entendu. Les lèvres d'Odd se posèrent sur les siennes et il s'abandonna complètement à ce baiser, tandis que ses doigts glissaient le long des bras de l'artiste et chutaient sur ses hanches, avant de migrer en direction de ce fessier sur lesquels ils s'arrêtèrent. Un geste qui le surprit lui-même, mais qui trahissait son grand trouble. Il n'avait jamais été plus heureux. Son corps se retrouva une nouvelle fois collé à celui de Galindo et Dacre laissa échapper un petit souffle lorsque le baiser prit fin. La question qu'il lui posa résonna dans son esprit comme dans une immense caverne, et Dacre, les mains occupées à modeler le fessier de son aîné, plongea son visage dans le cou du pêcheur. Un baiser fut déposé dans le cou d'Odd. « Je ne te quitte plus, » susurra-t-il doucement, blotti tout contre lui. Une étreinte dont il ne pourrait plus se passer, il le savait déjà. Ses pensées filèrent alors en direction de la prochaine mission de ravitaillement qui l'attendait, et le caractère précieux de cet instant lui apparut soudain dans toute sa rareté. Il chercha les lèvres de Galindo pour y déposer un baiser plein de langueur. Une saveur qu'il tenta de confiner dans sa mémoire, car jamais il ne voulait l'oublier.
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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptyVen 30 Déc - 18:49



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Dacre & Odd



“We all have one foot in a fairytale, and the other in the abyss.”


Il l'avait dans la peau. Sur la peau. L'épiderme conquis par les nombreux contacts laissant à chaque fois un peu plus de Dacre sur le moustachu. Arrivé maladroitement, il avait su se faire une place de choix aux côtés de l'artiste. Peut-être sans vraiment le vouloir. Peut-être totalement calculé. Il avait agité ses accroche-cœurs en sortant de l'eau, complètement emmêlé dans les lignes du pêcheur et le cœur de ce dernier s'était accroché. Tel l'hameçon planté dans le bras du sprinter, cette rencontre avait laissé une marque chez Odd. Invisible. Cachée par une première vague d'énervement, puis une autre glaciale avant que finalement l'ours ne concède et accorde sa faiblesse en laissant le chiot s'approcher. Odd avait su dès cette première rencontre, quand son cœur s'était serré dans sa cage thoracique. C'est qu'il était beau. Affreusement beau. Il avait quelque chose d'inexplicable. Quelque chose de presque magique chez cet homme. Il était cette beauté sortie du monde laid. Une respiration nouvelle, un souffle léger donnant envie de continuer à se battre. Galindo voulut Wentle dès cet instant. Ses carnet se virent marquer de boucles et de regards timides. Les doigts caressaient les lignes noires tandis que l'esprit imaginait la véritable courbe d'une épaule ou du fessier. Il devait être certain avant d'agir. Dacre était-il qu'une obsession passagère ? Une muse dont il usera et abîmera le corps jusqu'à s'ennuyer et en chercher une autre. L'homme, si réciproque était l'attirance, ne méritait pas un traitement de la sorte. Tout mignon. Tout timide. Les joues empourprées pour un rien qui voulait dire tout.
Aujourd'hui, sûr de lui, les lèvres prirent possession de celles tant désirées. Des gestes plus que des mots car Odd ne savait pas parler. Odd ne sait pas exprimer ce qu'il ressent, il préfère le montrer. Odd avait fait de Dacre sien aujourd'hui. Sa virilité sienne qu'il avait flattée et embrassée. Lui, le dominant. Mais Dacre ne serait pas traité comme les autres. Ne souhaitant pas le dominer comme les autres. Non. Lui, il voulait l'aimer.
Les jours s'allongeaient, mais la vie diminuaient. Jamais demain n'avait paru si loin et tellement hypothétique. Dans cette malchance d'être encore en vie, à devoir lutter pour survivre et subir une existence sans futur, il y avait cet homme qu'Odd pouvait considérer comme un cadeau. Dacre était enfin cette récompense après les nombreuses souffrances. Maintenant, le moustachu comprenait pourquoi il avait combattu. Pourquoi il s'était obstiné alors qu'il aurait été tellement plus simple de se laisser submerger par la vague et rejoindre Hadès dans son royaume. Aimer à en perdre la raison, il savait faire, il avait perdu virilité et même caractère. Ce qu'il ressentait déjà pour Dacre était beaucoup plus passionné et pourtant plus sain. Il lui était enfin donné d'aimer sans se détruire. La mort lui offrait un cadeau qu'il se promit de chérir jusqu'au dernier jour. Jusqu'à la dernière heure. Jusqu'à la dernière seconde. Jusqu'au dernier souffle rempli d'un amour unique et inoubliable.
Accro du corps à corps chaud, Odd se colla de nouveau à Dacre. Il n'avait pas réussi à avouer ses sentiments, pas directement. Un jour il en serait capable, il espérait juste que ce moment n'arriverait pas trop tard. Dans ce monde où une seconde est un siècle, une nuit est toute une vie. Et Odd était prêt à partager le restant de sa vie avec le ravitailleur si ce dernier le désirait. Rendu à l'état d'un gamin attendant la réponse de son premier amour à une invitation, il tentait de garder une fausse assurance. Les mains du sportif l'aidaient grandement. Il ne put s'empêcher de sourire en les sentant dégringoler le long de son dos pour se percher sur son fessier. Le visage de Dacre disparut dans son cou et les paupières en profitèrent pour se fermer. Les mains bien appuyées sur la surface du bureau mouraient d'envie de rejoindre le derme de son amant, mais elles ne firent rien. Je ne te quitte plus. Moi non plus. Jamais il n'eut plus beau sourire sur le visage d'Odd que maintenant. Entre soulagement et excitation. Le bonheur d'un homme comblé. Les mots de Wentle marquaient le début de leur relation sérieuse. Ils étaient un couple. L'artiste et son modèle. Dacre et Odd. Le corps à corps s'était transformé en cœur à cœur. Il répondit au baiser et le prolongea autant qu'il le put. Les lèvres se séparèrent, mais il savait que maintenant elles étaient siennes et qu'il pourrait y revenir encore et encore. « Dois-je dire aux autres qu'ils vont te voir beaucoup plus souvent ? » Les iris chaudes étaient accrochées à celles de Dacre. Odd se redressa, toujours un sourire en coin. Les yeux pétillaient d'un bonheur qu'il avait pensé ne jamais revivre. Il n'avait pas eu tort, car ce qu'il vivait à présent. C'était plus fort que tout. Plus fort que le début de ce mariage malheureux. Plus fort que cette passion pour la muse pleine de fougue. « Enfin, qu'ils vont surtout t'entendre, c'est que tu es pas très discret, Wentle. » Une de ses mains quitta le bureau, l'index entreprit de descendre le long du torse musclé du sportif. Doucement, il suivit les courbes, appréciant chaque centimètre de son périple. Il contourna le nombril et une fois au pubis, il mit fin à ce contact. L'artiste recula, abandonnant Dacre contre la table. Les yeux toujours ancrés à ceux du ravitailleur. « Tu peux aller prendre une douche pendant que je vais nous chercher de quoi reprendre des forces. »  Il le quitta des yeux pour aller chercher ses vêtements. Le boxer reprit rapidement sa place, mettant fin à la nudité d'Odd. « Je veux mon portrait. » dit-il en le regardant du coin de l’œil. Il voulait son souvenir de la journée.
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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptySam 31 Déc - 2:13



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Odd & Dacre



“Hold on you.”


Cela aurait pu durer des heures que Dacre ne se serait jamais lassé de leur étreinte, de leurs peaux ne faisant plus qu'une, des baisers échangés et des regards partagés. Même contre ce bureau, loin du lit, des draps et du repos que leurs ébats auraient mérité, Dacre ne voulait plus partir. Cela lui suffisait. Odd lui suffisait. Rien que lui. Tout était devenu plus clair dans l'esprit du sprinter depuis qu'il avait abattu les barrières de peur et de honte qui obstruaient son chemin. Non sans l'aide de Galindo, bien entendu. L'artiste y était pour beaucoup dans cette histoire ; sans lui, jamais Dacre n'aurait ne serait-ce qu'osé s'approché comme Odd l'avait fait. Trop timide, déjà. Puis trop complexé. Il ignorait encore si Galindo avait tenté un coup de poker en l'embrassant, ou s'il s'était rendu compte qu'il n'était pas insensible à ses charmes. Après tout, même avec la meilleure volonté du monde, Dacre n'avait jamais été bon pour jouer la comédie ou cacher des choses, même pour mentir. Trop authentique, pas assez sournois. Wentle n'y arrivait pas. Odd avait dû lire en lui comme dans un livre ouvert... ce qui n'avait pas été une si mauvaise chose, en fin de compte. Car si Dacre n'avait pas été si maladroit dans ses efforts pour nier son attirance pour les hommes, sans doute que Galindo n'aurait jamais tenté quoi que ce soit. Le monde avait beau avoir changé, la population humaine diminué plus que de moitié, Dacre ne pouvait s'empêcher de craindre le regard d'autrui. Ici, dans cette chambre, à l'abri des regards indiscrets, Dacre se sentait bien. La possibilité que quelqu'un ouvre la porte de la chambre et les découvre dans cet état ne lui avait même pas effleuré l'esprit. Le sprinter était en paix. Intérieurement comme extérieurement. Il ne pensait pas aux prétendues menaces qui pouvaient nuire à cette paix, et lorsque celles-ci parvenaient à se faire une place dans sa caboche, il se disait que personne ne saurait jamais. Du moins, pas pour le moment. Il était conscient qu'il ne pourrait pas cacher cette relation trop longtemps, ne serait-ce que pas respect pour Odd. Ce n'était pas non plus le genre d'amour qu'il voulait vivre. Seulement, pour le moment, il n'y arrivait pas. Imaginer les autres au courant de la situation faisait naître au creux de sa gorge une boule de nervosité et d'anxiété. Pour se rassurer, ses mains avaient dévalé le corps de Galindo et étaient parties se poser sur ce fessier rebondi. Une sensation, au toucher, qui n'était pas des plus déplaisantes. Non, Dacre ne quitterait plus Odd. Plus maintenant. Pas avec ce qui était en train de se construire entre eux. Il sourit en sentant le pêcheur chercher à prolonger le baiser le plus possible, et lorsque leurs lèvres durent pourtant se séparer, il les plaqua dans son cou, parsemant la peau légèrement barbue de mille et un baisers. La question d'Odd le sortit de sa rêverie. Dois-je dire aux autres qu'ils vont te voir beaucoup plus souvent ? L'anxiété refit surface sur le visage du sprinter sans que celui-ci ne puisse faire quoi que ce soit. Il baissa les yeux, déglutissant, cherchant comment répondre, quoi dire pour qu'il comprenne. À ce qu'ajouta l'artiste, cette fois, ce furent ses joues qui réagirent, à se teinter d'un rouge des plus écarlates dans la seconde qui suivit. En même temps, un sourire étira un coin des lèvres du jeune homme. Dacre s'éclaircit la gorge. « C'est que... » balbutia-t-il, gêné. « C'est de ta faute... » Il fut surpris par la main d'Odd qui dégringolait doucement le long de son torse. Au passage de l'index le long de son nombril, Wentle laissa échapper un petit gémissement, incontrôlable, imperceptible, mais qu'Odd pouvait très bien entendre. Comme le doigt descendait plus bas encore, le ravitailleur se cambra et son regard se voila... jusqu'à ce que le contact disparaisse. Revenant à lui, Dacre suivit du regard Odd qui s'éloignait. Tu peux aller prendre une douche pendant que je vais nous chercher de quoi reprendre des forces. Odd se rhabillait et Dacre en ressentit comme une déception, presque trop attaché à cette nudité. Il voulait son portrait, et Wentle ne pouvait qu'essayer de comprendre ce caprice d'artiste. Il répliqua : « Je sens si mauvais que ça ? » La lueur espiègle dans son regard indiquait à Galindo que la question était à prendre au second degré. D'un seul coup, le visage du sprinter s'assombrit. « Écoute... » Il fit quelques pas pour se retrouver à nouveau près d'Odd. Sa main droite vint effleurer la sienne, puis il la prit avec douceur. « En fait, pour toi et moi... j'aimerai que ça reste... entre nous. Si ça ne te dérange pas. » Il dansait d'un pied sur l'autre, tel un enfant demandant une faveur qu'il savait trop importante. Le ravitailleur continua : « J'ai besoin d'un peu de temps pour... assumer tout ça. » Le mot était prononcé. Wentle déglutit difficilement. De sa main libre, il se frotta les yeux. La fatigue commençait à s'installer. Il décida de changer de sujet, car il sentait le stress l'assaillir de toutes parts et il n'en voulait pas. Il plongea son regard dans celui d'Odd et cela eut pour effet de le calmer, petit à petit. La chaleur de ce regard l'enveloppa comme les rayons d'un soleil, et tout malaise disparut chez le sprinter. « Et puis d'abord, » dit-il. « Tu ne sens pas la rose, toi non plus... » Il se pencha sur son aîné pour non pas l'embrasser, mais attraper délicatement sa lèvre inférieure entre ses dents et la mordiller légèrement.
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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptyLun 2 Jan - 22:00



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Dacre & Odd



“We all have one foot in a fairytale, and the other in the abyss.”


Un couple, voilà ce qu'ils étaient. Pour la première fois depuis des années, Odd ne devait plus se considérer comme seul. A présent il était accompagné. Il était une moitié d'un tout. Pour la première fois il se sentait à l'aise dans une véritable relation. Il n'avait rien à craindre de voir Dacre se révéler. Enlever son déguisement, son masque d'innocent et parfait compagnon pour devenir un monstre. Il ne pouvait pas l'être. Jamais Odd ne pourrait vivre deux fois la même chose. Le sprinter était sa chance, sans doute la dernière, d'un jour vivre une histoire merveilleuse. Ce n'était pas réellement cette dernière chance de vivre une relation alors que le monde extérieur partait en cacahuète qui lui importait. C'était de vivre ça avec Dacre, à ses côtés. C'était de l'avoir pour survivre et qu'il était et serait la meilleure chose qu'il ait pu lui arriver pendant toutes ces années. Dacre était l'ange tombé du ciel. Un rayon éblouissant dans ces ténèbres angoissantes. En déposant ses fines lèvres sur les appétissantes jumelles de Dacre, il lui laissait un goût de désire et d'espoir. Un mélange irrésistible.  Un mélange qu'il n'avait encore jamais goûté sur d'autres lippes. Il se sentait déjà terriblement accro à cette saveur. A ce corps musclé et cette âme pourtant si timide.  Cette silhouette d'homme cachant une certaine fragilité. Odd s'était promis de ne jamais ressentir de sentiments qu'ils ne pourraient contrôler comme il contrôlait les hommes entrant dans sa vie. Mais les promesses étaient faites pour être brisées et cette rencontre avec le sportif en avait été l'arme. Brisé en mille morceaux, tous éparpillés ici et là. Le bouclier balancé loin avec ce premier baiser. La vie était bien trop courte pour ne rien tenter. Et voilà maintenant, les bourses vides et le cœur rempli de joie, le moustachu se retrouvait collé à sa muse. Non, il était tout contre son compagnon.
Un sourcil moqueur, faussement outré se leva quand l'accusation fut lancée. Accompagné d'un rire, la fierté gonfla sa poitrine. Sa faute ? Et pourtant il n'avait encore rien vu. Le gémissement écarta les lèvres dans un demi-sourire de victoire. Il était sensible le Dacre. Chaud comme la braise. Odd se mordit la lèvre inférieure tout en mettant fin à ce contact. Aller plus bas, il en avait envie, mais le dominant prit les devants. La question de son amant provoqua un rire. Son jeans remonta le long de ses jambes. Le torse encore nu, il avait oublié où avait terminé sa chemise. Sa recherche fut interrompue par une main s'accrochant à la sienne. Odd accorda toute son attention à Dacre. Un sourire pour le rassurer car il sentait déjà une certaine tension émaner du sprinter.
Assumer. Le mot était lancé. Comme une honte, il avait eu sa propre intonation. Assumer ses sentiments pour un homme. Pour Odd. Le cœur de ce dernier se resserra dans sa poitrine. Agrippé par une main invisible. Dure et froide. Les sentiments déferlaient. Les souvenirs remontaient. Lui aussi avait eu besoin de temps pour assumer et pourtant il éprouva une certaine tristesse à entendre Dacre prononcer ces mots. Si seulement il pouvait porter pour lui ce fardeau et faire de ce malaise le sien. L'aider à ne pas redouter les autres et leurs regards. Bien évidemment que certains jugeront méchamment cette union, mais pourquoi donner de l'importance à ceux qui ne le méritent pas. Il se souvenait de la difficulté à aimer pleinement l'autre quand lui-même n'arrivait pas à s'aimer. La pensée de ne pas être totalement normal, d'être raté l'avait rendu malade, mais il avait fait de ce sentiment piquant une force. Il avait le droit d'aimer les hommes autant qu'il avait aimé les femmes. Il avait le droit de laisser ses mains caresser une virilité autre que la sienne et d'embrasser un torse d'homme sans en avoir honte. Il en avait le droit car il était ainsi. Personne ne pouvant tourner le dos éternellement à sa nature. Il s'apprêta à lui répondre quand Dacre ouvrit la bouche. La main d'Odd avait renforcé sa prise, resserrant encore plus celle de son ami. C'était sa réponse, sa façon de lui dire de prendre tout le temps dont il aurait besoin. Que ça ne changerait rien entre eux. Qu'Odd était prêt à attendre des jours et des mois tant qu'il pouvait les passer avec lui même à se cacher. La bouche s'entrouvrit de surprise, il ne s'était pas attendu à une telle riposte. Il regarda le ravitailleur faire, souriant de cette initiative. Libérant sa main, il vint plaquer les deux paumes sur le fessier musclé du sportif, le ramenant contre lui. « Serait-ce une invitation, Wentle? » Les yeux joueurs ne quittèrent pas leurs reflets. Complètement amusé par la situation, il observait Dacre prendre de l'assurance. «Si je viens avec toi, il faudra assumer. » Sa langue passa sur sa lèvre supérieure. Son visage s'approcha de celui de Wentle, effleurant ses lèvres, il dévia au dernier moment vers la droite. Amenant sa bouche tout près de son oreille. « Et tu risques de gémir encore plus fort. » Même si Dacre ne pouvait pas le voir, Odd souriait. Ses mains caressèrent le fessier avec sensualité puis force. « Tu es vraiment prêt à recommencer ? » La tête recula, une des mains quitta sa bonne position pour venir attraper le menton du ravitailleur. Il voulait le regarder dans les yeux et le voir donner sa réponse.
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MessageSujet: Re: Perfect somehow. (Odd)   Perfect somehow. (Odd) - Page 2 EmptyMar 3 Jan - 1:07



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Odd & Dacre



“Hold on you.”


Dacre était terriblement novice en amour, et doublé d'un incorrigible romantique. Odd ne tarderait pas à s'en rendre compte, mais qu'à cela ne tienne. À contrario de ses préférences sexuelles, c'était une chose que le sprinter assumait totalement. En outre, c'était un aspect de sa personnalité auquel il ne pouvait absolument rien, fortement lié à sa grande sensibilité. Wentle se doutait que Galindo n'était pas vraiment de cette trempe-là, mais il ne s'en faisait pas. Il avait autant besoin de ce qui le liait au pêcheur que de ce qui les différenciait. Avec ce changement dans leur vie, cela ne faisait aucun doute que les deux hommes apprendraient à se connaître plus encore. Dacre voulait tout savoir d'Odd, même s'il était pour le moment trop poli pour poser mille et une questions concernant son passé. Il voulait partager tellement de choses avec Odd. De belles choses. Le ravitailleur se sentait et se savait à l'aube d'une incroyable aventure, et celle-ci portait les traits du dessinateur. À elle seule, la présence de Galindo suffisait à le rassurer lorsque les doutes ou la peur l'assaillaient. Il était son bloc, sa force. Et désormais, bien plus encore. Celui pour qui son cœur battait, celui pour qui il donnerait tout. Quitterait tout. Odd était bien plus important que tout le reste. Au-delà des sentiments, il y avait les sensations. Le plaisir et l'extase que lui procuraient les caresses assurées de son aîné étaient un tout nouvel univers que Dacre avait hâte d'explorer. Avec la façon qu'avait Odd de prendre les choses en main – et pas seulement la situation – Dacre se savait sous bonne tutelle. Quelque part, toute la frustration emmagasinée en lui pendant toutes ces années était en train de ressortir ce soir, et son désir pour Galindo n'avait jamais été aussi fort, aussi intense. D'où sa réaction lorsque la main de l'artiste s'égara le long de son corps et descendit jusqu'à son pubis. Une partie de lui qu'il n'aurait jamais cru aussi sensible, avant ça. Bien sûr que c'était la faute d'Odd. C'était ses mots, c'était le rocailleux de sa voix, c'était la pulpe de ses doigts. Sa faute. Galindo s'éloigna et l'anxiété s'installa chez le ravitailleur. Il préférait que le tournant qu'avait pris leur relation restent entre eux, et le bégaya timidement à son compagnon avec l'espoir qu'il comprenne et surtout accepte cette demande. Beaucoup de choses s'étaient passées pour lui, et en si peu de temps. Il se croyait en plein rêve, et il lui faudrait assimiler tout ça lorsqu'il se réveillerait. Lorsqu'il sentit Odd lui serrer la main avec compassion, un sourire apparut sur son visage. Il ne pouvait pas lui faire de plus beau cadeau. La pression et le stress le quittèrent une fois de plus, terrassés par la bonté qui émanaient de Galindo. Le tout fut remplacé par ce diable de désir, et Dacre se retrouva à mordiller la lèvre d'Odd, plus joueur et plus rassuré que jamais. Ce rapprochement permit à celui-ci de poser ses mains sur les fesses du sprinter, et celui-ci se dandina légèrement sur place, juste pour sentir les paumes de Galindo se déplaçant sur lui. Il libéra sa lèvre. Serait-ce une invitation, Wentle ? « On dirait bien, Galindo, » répliqua-t-il d'un air espiègle, l'imitant copieusement. Il observa Odd passer sa langue sur ses lèvres en souhaitant que soit les siennes, et au moment où son aîné se penchait sur lui pour l'embrasser, il dévia sur son oreille. Et tu risques de gémir encore plus fort. Dacre s'était agrippé au jean de Galindo, sur lequel il tirait doucement. Il répliqua, son souffle chaud s'écrasant sur la joue de son amant : « Et ce sera encore et toujours de ta faute. » La manière qu'avait Odd de modeler son fessier lui donnait des envies qu'il savait prématurées. S'il était prêt à recommencer ? Il cligna des yeux quand Odd se recula légèrement et que sa main vint attraper son menton. Comme il le dominait en taille, Dacre devait lever la tête, et ce fut ce qu'il fit. Il tira encore un peu sur le rebord du jean de Galindo, puis répondit : « Et comment... » Avant de s'emparer des lèvres de l'artiste dans un baiser plein de désespoir et de passion, s'abandonnant totalement à ces lippes et cet homme dont il ne pouvait plus se passer.


FIN
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