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MessageSujet: open window :: w/alfons   Jeu 15 Déc - 10:14

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If wishes were trees, the trees would be falling. Listen to reason, reason is calling. Your feet are going to be on the ground. Your head is there to move you around.
Depuis qu’une équipe de survivants d’Astoria étaient partie pour ne plus revenir, j’avais l’impression d’errer à la même lenteur que semblait errer le temps. Désœuvrée, j’avais passé ces derniers jours à lire, sans réellement parvenir à rester concentrée, ou à marcher en tournant dans le camp comme un lion en cage. Ainsi, ce matin-là, alors qu’à l’Ouest l’horizon était encore sombre et clairsemé de quelques timides étoiles, je marchais déjà depuis une bonne demi-heure. Ou plutôt, je traînais la patte, une semelle raclant le bitume, et l’autre le tapotant à peine dans ce rythme décalé qu’avait ma démarche claudiquante. Si j’avais eu le choix, j’aurais couru, tous les jours, jusqu’à l’épuisement mais non, je devais me traîner comme une âme en peine, fantôme parmi les fantômes, à cause de cette putain d’entorse que je m’étais faite lors de mon dernier raid. Et s’il n’y avait pas eu ça…

Pinçant les lèvres, je secouais la tête en fermant un instant les yeux. Je sortis mes mains des poches de ma veste en cuir pour les frotter l’une contre l’autre puis, j’enfonçai un peu plus mon bonnet sur mes oreilles pour les protéger de la bise hivernale qui sifflait douloureusement à mes tympans. Je crois que j’aurais donné n’importe quoi pour pouvoir y coller des écouteurs, pousser la musique à fond et y disparaître un instant. Ne plus entendre le vent, ni les mugissements des morts que parfois il portait jusqu’à moi dans le calme mortel de l’aube et, surtout, ne plus entendre mes pensées. Étouffer tout ça et, juste un instant, disparaître. Disparaître, comme… Juste disparaître.

Je m’arrêtai. Je ne savais pas pourquoi, sur le coup, mais quand je tournai la tête et vis les murs de briques de la chapelle, quelque chose me poussa à remonter la petite allée qui menait aux portes de bois. Je les ouvris, lentement, et leur grincement résonnant sous les voûtes me fit remonter un frisson le long de la colonne vertébrale. Le pas lent et traînant, je m’avançai dans l’allée, les yeux rivés vers l’arche vitrée qui surmontait l’autel et baignait le chœur d’une lumière pâle et froide. Arrivée à mi-chemin, je stoppai ma marche et, me glissant sur le côté, me laissai tomber sur un banc en poussant un soupir.

Le silence en ces lieux sacrés était encore plus terrible qu’à l’extérieur. Comme cherchant à le meubler, les échos de mon esprit semblèrent se mettre à résonner plus fort encore à l’intérieur de mon crâne. Je ne tardai pas à comprendre que j’avais fait une erreur en venant ici. M’agrippant du bout des doigts au bord du banc, je m’apprêtai à me lever quand quelque chose attira mon regard : un petit calepin, déposé à l’autre bout, et vers lequel je n’hésitai pas longtemps à me pencher, tendant le bras pour l’attraper. Je le fis tourner précautionneusement dans mes mains, étudiant la couverture sur laquelle je passai le bout de l’index, mais je ne relevai aucun détail intéressant. Par curiosité éhontée, ou par soulagement d’avoir quelque chose pour me distraire de mes pensées — ou peut-être les deux — j’ouvris le carnet au hasard, et plissai les yeux en découvrant des lignes manuscrites dont la calligraphie parfois tortueuse nécessita un instant avant que je ne m’y habituasse. Cela n’avait pas beaucoup de sens, des réflexions qui me semblaient décousues, confuses, sans narration fixe. Machinalement, je tournai la page.

Alors, je sentis mes yeux s’écarquiller et mes entrailles se serrer tandis que je découvrais le récit glaçant des pensées d’un homme face à un terrible dilemme : se laisser mourir de faim, ou abattre et dévorer sa compagne de route.

Je déglutis, et passai rapidement quelques pages, jusqu’à trouver la mention de son arrivée à Astoria. Relevant alors les yeux vers l’arche au coin du cadre de laquelle un soleil pâle commençait à poindre, je laissai mon regard se perdre dans le vide tandis que les souvenirs de mon propre périple avant d’arriver au camp défilaient dans mon esprit dans un léger accéléré, comme un vieux film en noir et blanc.

Et soudain, je sursautai alors que retentissait à nouveau le grincement des portes de la chapelle et, bondissant sur mes pieds tout en me tournant vers l’entrée, je portai par réflexe la main à mon flanc pour y trouver mon fusil qui n’était, évidemment, pas dans mon dos puisque j’étais à l’intérieur du camp, non pas à l’extérieur ; et la Leto de l’intérieur n’était pas censée avoir besoin de son fusil. À moins que, comme me le laissait croire ce carnet, ne se trouvât dans l’enceinte du camp un potentiel cannibale
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IDENTITÉ : FERN
FACECLAIM : matthias schoenaerts, alas.
MULTILINKS : lilith la démone & winnie the beuh
POINTS : 328

STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
ARME DE PRÉDILECTION : trouvaille d'y il a quelques mois, un coup de poing américain taser dont il ne se sert que très rarement.
ÂGE : trente-six années.


MessageSujet: Re: open window :: w/alfons   Ven 16 Déc - 3:13

Le frison est long, lourd, contre l'échine de l'homme ; il reste pourtant. Le corps ne bouge pas, ou du moins, seulement les doigts ; et il écrit. Il écrit les mots, trop nombreux mais inaudibles, trop rapidement peut-être pour s'appliquer. Alfons ne prête pas attention, il écrit simplement, le plus rapidement possible, car il ne peut. Il ne peut non, rester trop longtemps dans cette tanière étrange ; l'aura religieuse danse autour de lui, et il la sent qui caresse chaque parcelle de son être, essayant de faire quelque chose, de sa triste âme. Le dérangé n'aime pas cette sensation ; il la sent comme une morsure, contre sa chair, et le corps s'agite souvent d'une seconde, comme s'il essayait de chasser un insecte se trouvant sur ses vêtements. Mais rien ne fait ; il lève les yeux, un peu agité, trop pour l'être calme qu'il est, souvent, avant de replonger son regard sur les écrits. Pendant ce temps, la main s'agite encore, quitte la ligne mais revient avec le mot suivant, et tous ses tourments. Et cette oppression, contre sa chair ; elle le démange, silencieuse, trop durement. L'oeil se soulève de nouveau et la plume cesse ses mouvements. La mine se casse, contre le papier noircie, et Alfons soupire, simplement. Il pince ses lèvres, un bref instant, avant de se relever simplement ; il doit quitter. Le crayon est brisé, de toute manière, et il n'a pas envie de rester dans les parages plus longtemps. Le calme a beau être roi, la sensation est lourde, contre son échine. Et il remonte son écharpe contre sa nuque, tandis qu'il descend le long de l'allée, pour franchir les lourdes portes.
Le pas cesse, au milieu des herbes folles. Il sent, Alfons, le long de son dos, le regard lourd des cloches de la chapelle. Lèvres pincées, il ose tourné la tête, dévisager le bâtiment qui, à ses yeux, possède l'aura puissante d'un grand personnage ; il aimerait pouvoir hurler, lui dire de ne plus le regarder de la sorte, ou continuer sa route. Mais la main se glisse au travers de son veston terne et il sent ; il sent l'absence trop profonde dans sa poche, le vide du carnet, contre son coeur. Et il manque un battement, le dit coeur, tandis que la sueur froide naît et que les yeux, attentifs, voit l'ombre d'une sirène, se glisser dans la chapelle.

Il reste un moment sans mouvements, pourtant ; peut-être a-t-il du mal à comprendre réellement la situation, par le choc qui le traverse. Peut-être pense-t-il a trop de choses à la fois, ce pauvre Alfons. Il ne sait réellement ; mais il voit, malgré tout. Le coeur aborde des battements de plus en plus incertains, tandis que les secondes s'écoulent.

Les yeux se baissent ; il souffle doucement. Les lèvres se pincent ; un éclat d'instant, et deux dents se rencontrent, à l'intérieur de la joue, arrachant un bout de chair. Une seconde encore, et il rebrousse chemin, enfin. Mais le pas est lent, et les gestes précis, et le coeur reste calme, ou du moins tente de ne pas s'affoler. Car les bancs sont nombreux, dans la chapelle, et l'inconnue n'a certainement pas trouvé le carnet aussi rapidement.

Et pourtant.
Pourtant, elle est là ; Alfons la voit aussitôt ; la diablesse qui possède, là, entre ses doigts, les plus sombres de ses secrets. Le regard s'assombrit, un brin ; la lueur reste luisante, dans son oeil. Elle l'observe ; et lui, tout autant, sans mouvements, fait de même. Le corps est marbre, le regard presque triste, trop émotif pour l'absence de gestes qu'il aborde. Alfons ose à peine observer pleinement l'objet, par peur de céder totalement. Il fait un pas ; léger, presque inexistant.

- Belle journée pour saluer le Seigneur, qu'il dit, ne sachant que dire réellement, peut-être, tout en s'approchant.

Et il est tendu ; son souffle est presque absent et son corps, trop lourd. Il parvient proche d'elle, deux allées les séparant encore ; et l'oeil, toujours, allant vers le carnet. Il le dévisage, comme un assoiffé regarderait une gourde, ou un rôdeur une gorge. Il stoppe son pas ; sa main se pose contre le dos de l'un des bancs, et il sourit, faiblement, tristement. Les questions sont nombreuses, dans son esprit, et le calme est absent, malgré les apparences. Il panique, de l'intérieur. A-t-elle lu quoique ce soit ? Sait-elle quelque chose qu'il ne désirait pas partager ?

Il fronce des sourcils, malgré lui ; une ombre traverse le visage torturé, mais les prunelles restent au bord du larmoyant.

- L'as-tu ouvert ? La voix gronde, presque. Il reste ainsi, au milieu de l'allée centrale, lui bloquant presque le passage. As-tu lu quoique ce soit ? Dis moi. Le dernier mot tonne presque.

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MessageSujet: Re: open window :: w/alfons   Jeu 5 Jan - 3:37

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If wishes were trees, the trees would be falling. Listen to reason, reason is calling. Your feet are going to be on the ground. Your head is there to move you around.
C’était l’instinct qui m’avait d’abord mouvée, me faisant bondir sur mes pieds et chercher après mon arme ; puis, la raison m’avait rappelée que je n’étais pas censée craindre d’ennemis au sein du camp ; néanmoins, ce fut cette même raison qui me souffla — avec des notes me rappelant les intonations de Josh — que peu importe l’endroit où je me trouvais, je ne serais jamais en sécurité et qu’une vigilance constante était de mise. C’est pourquoi, alors que l’inconnu s’approchait, je ne laissai mes muscles se relâcher, les tenant prêts à agir, attraper, lancer, fuir même, si dernier recours se faisait ; surtout, je ne détachai pas mon regard du sien. Et dans ce regard, il y avait quelque chose qui ne tarda pas à me faire flancher. Si j’avais un instant, à la lecture des quelques lignes qui m’étaient tombées sous les doigts, bataillé entre l’élan de devoir d’une bonne citoyenne qui me poussait à aller rapporter ma découverte, et le sentiment incongru de compréhension dans le cœur de la survivante que j’étais et qui avait elle-même, plus d’une fois, considéré des actes auxquels elle n’aurait jamais songé de par le passé, quelque chose de nouveau s’était immiscé en moi, sinuant sur le fil de contact glacé qui liait nos regards. Mes doigts se crispèrent sur le calepin et je le trouvai étrangement chaud contre ma paume, comme si les mots dont j’avais violé l’intimité se vengeaient par une brûlure qui trouvait elle-même écho dans ces prunelles perçantes ; elles me jaugeaient derrière un voile humide qui pourtant ne retirait rien à la pression qui, à chaque pas que l’homme prenait vers moi, m’apposait un nouveau poids sur les épaules jusqu’à trouver son apogée lorsque la voix, grave comme d’outre-tombe sous la voûte de l’église, s’enquit de l’intégrité des secrets que j’avais foulés. Et, terrible et accablante, l’évidence me frappa : moi, Leto, citoyenne, survivante, pécheresse, j’étais face au propriétaire.

Je soutenais cependant son regard, bien décidée à ne courber ni les épaules, ni la nuque. Déjà, ma réponse se préparait dans une inspiration. J’aurais pu mentir, et c’était ce que mon instinct me hurlait de faire : la vérité n’est pas toujours bonne à dire, Leto, elle peut être dangereuse, insolente, prédatrice — sauve-toi, Leto.
« Oui. »
L’instinct avait perdu face à cette part plus sombre de mon âme et qu’on entendit dans ma voix qui, comme un chœur sinistre, rejoignit à travers ce simple mot l’écho de ceux de cet homme qui aurait pu briser ma tête entre ses paumes sans verser une goutte de sueur. Je ne sais qui, sur l’instant, je redoutais le plus entre lui et moi. Il était encore temps de feindre l’innocence, de prétendre n’avoir balayé que quelques mots sans grande importance mais je me savais leurrée, comme un papillon qui flirtait dangereusement avec une flamme brillant dans la nuit.
« Un peu, » précisai-je.
Il était trop tard : l’adrénaline déjà me portait dans mes veines, vicieuse, et délicieuse. J’en redemandai. Du bout des doigts, qu’on aurait pu deviner tremblants en y collant le nez, je haussai le carnet à hauteur de nos regards, et repris :
« Juste assez pour me douter que son propriétaire doit avoir fort intérêt à remettre la patte dessus. »
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STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
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MessageSujet: Re: open window :: w/alfons   Jeu 19 Jan - 23:52

L'oeil est fixe, sans mouvement. Il dévisage ; dévisage la femme qui siège au coeur du lieu sacré, droite et sombre, par ses airs. Alfons lorgne sur sa personne, incapable du moindre mot, du moins après ses dernières paroles. Le coeur bat si fort qu'il se demande si elle peut en percevoir les cris, de l'endroit où elle se trouve.
Contre le banc, les phalanges blanchissent. L'homme guette les gestes de l'inconnue et tente d'apaiser la bête qui hurle, en son sein. Le regard s'attarde sur ce qu'il voit ; il essaie de percevoir une plaie, une blessure, un handicap. Quelque chose pour la faire taire, d'un geste brusque, pour récupérer son carnet. Une part de lui sait ; s'il en vient à attaquer une personne du camp, il sera exclu. Mais à l'instant, le carnet lui semble bien plus important que sa place au sein des saints.
Car de toute manière, Lucifer n'était-il pas le plus beau des anges ?
Elle parle ; les paroles amènent une soif étrange, à l'intérieur de son être.
Alfons ferme les yeux, un bref instant ; il essaie de taire la folie qui danse, au coeur de ses entrailles, et qui ne demande qu'une chose.
Sa disparition.
L'inspiration est profonde mais pas suffisante pour le calmer. Le visage se contracte sous la colère lourde, mais reste froide, un mélange peu rassurant, sur les traits de l'homme.
Si elle le connaissait, peut-être serait-elle encore moins rassurée qu'elle semble l'être.
- Eh... dommage. qu'il dit, dans un murmure rauque, comme une contrainte. Comme s'il cédait, soudain, à cet éclat sombre qui apparaît soudain, au revers de son être.
Alfons suit le carnet du regard, tandis qu'elle le met à la hauteur des yeux, entre eux ; il les dévisage alors tout deux, et si une part de lui a envie de créer un réel massacre, l'autre est sur le point de fondre en larmes. Et les paroles qu'elle lui adresse n'aident en rien.
Ses doigts sont douloureux, maintenant ; il lâche le banc d'un mouvement lent, serre son poing puis l'autre, à plusieurs reprises.
Un rictus glisse au bord de ses fines lèvres ; un rire le suit, léger, et lourd. Un rire vide de toutes choses, ou trop plein de celles que l'on préfère ignorer.
D'une main, il cache une part de son faciès, comme pour faire taire la démence de son ricanement.
- C'est une femme futée que voilà, on dirait ; la main descend le long de son corps, tandis qu'il souffle ses paroles, avançant.
Il ne reste qu'une rangée, entre eux. Moins d'un mètre.
L'oeil s'attarde sur les détails de son visage. Son regard est semblable à celui de Misia, qu'il remarque.
Et la chose, pour une certaine raison, le met encore plus en colère.
La machoire se braque et il expire, lentement, le plus qu'il peut, en fait. Si bien que, au final, les poumons se vident presque totalement. Une douleur légère écrase sa poitrine mais la folie reste en place, domptée.
Du moins, pour l'instant.
Il tend les doigts, l'air docile.
- Puis-je reprendre mon bien ?
C'est qu'il lui arracherait des mains, s'il s'écoutait. Mais une part de lui essaie d'être raisonnable.

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MessageSujet: Re: open window :: w/alfons   Jeu 26 Jan - 9:48

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If wishes were trees, the trees would be falling. Listen to reason, reason is calling. Your feet are going to be on the ground. Your head is there to move you around.
Il y avait une crispation dans ma mâchoire, comme si elle eût voulu se fermer d’elle-même pour m’empêcher de parler mais c’était trop tard : la provocation avait été lancée et je ne pouvais revenir dessus. Peut-être n’étais-je néanmoins pas encore condamnée, peut-être pouvais-je encore baisser les yeux et m’asseoir sur ma bravade, me présenter soumise, faible et repentante pour prouver à cet homme que mon existence insignifiante ne représentait aucun danger pour la sienne. Après tout, qui étais-je pour prétendre à exercer une quelconque justice au nom de cette communauté qui était la nôtre ? Et qui étais-je pour juger une personne d’après quelques mots griffonnés à la va-vite sans précision de fantasme ou réalité ? Je ne pouvais savoir réellement à qui j’avais affaire ; tout compte fait, il n’avait fait que demander à récupérer son bien et n’importe qui en aurait fait autant, contenu compromettant ou non. Mais dans l’éventualité où ce que j’avais lu pouvait être vrai… Je savais que les règles du camp étaient censées me protéger d’une attaque, mais je ne pouvais savoir s’il était le genre de personne qui en avait ou non quelque chose à carrer de se faire mettre à la porte. Cependant, tout dans son attitude, de son regard glacé, ses poings crispés à son rire de prédateur, le tout rehaussé par le souvenir de ces lignes qui me hantaient encore l’esprit, ne semblait augurer que le pire. Encore une fois, mon instinct me soufflait la prudence. Je reculai d’un pas alors qu’il en prenait un vers moi et ma main toujours levée se crispa sur le carnet. Mais je ne baissai pas les yeux. Vigilante, cette fois, mais peut-être encore un peu défiante, appel provocateur sous couvert de bonne conscience citoyenne comme curieuse, sans aller jusqu’à me l’avouer, de voir ce dont il était capable. À sa requête, je gardai un instant le silence puis, lentement, hochai la tête.
« Bien sûr, » répondis-je avec un flegme inattendu. 
Je laissai néanmoins retomber mon bras le long de mon flanc, remettant ainsi quelques centimètres de distance entre le carnet et son propriétaire. Circonspecte, je tapotai l’objet du bout de l’index.
« Mais avant, il va falloir qu’on discute. »
Ma voix resta détachée mais il y pointait une note de fermeté annonçant l’ébauche d’un marché. Jusqu’ici et contre toute prudence, j’étais restée honnête ; tout naturellement, j’étais poussée à continuer sur ma lancée. Je me disais que c’était pour pouvoir aller me coucher la conscience tranquille ce soir-là. Une autre part de moi, plus discrète, voulait peut-être néanmoins savoir quel était le pourcentage de chance que je pusse rejoindre mon lit, et dans quel état.
« Je vais être franche : ma première pensée avant ton arrivée était d’aller trouver la sécurité pour leur remettre ce carnet. »
La bombe était larguée. De ma main libre, je m’appuyai contre l’angle du dossier d’un banc, signalant ainsi une certaine décontraction plutôt qu’une réelle menace.
« Mais je ne te connais pas. Je ne sais pas pourquoi tu as écrit ça ni même, » j’appuyai ces mots, « si c’est toi qui l’as écrit, à vrai dire. Alors, j’aimerais juste que tu me dises pourquoi je peux te rendre ce carnet en toute bonne conscience et aller me coucher ce soir sans avoir à me demander si j’ai ou non bien fait. »
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