in the dark you are my light (artemisia)

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 in the dark you are my light (artemisia)

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member / settler of astoria
Alfons Böhm
INSCRIPTION : 05/12/2016
MESSAGES : 114
IDENTITÉ : FERN
FACECLAIM : matthias schoenaerts, alas.
MULTILINKS : lilith la démone & winnie the beuh
POINTS : 328
in the dark you are my light (artemisia) XDQXPDNj
STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
ARME DE PRÉDILECTION : trouvaille d'y il a quelques mois, un coup de poing américain taser dont il ne se sert que très rarement.
ÂGE : trente-six années.


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MessageSujet: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyLun 19 Déc - 3:18

Il craque ; un mouvement trop rapide, une tension trop immense. Alfons grimace, une seconde ; la tête se lève un peu, cogne brusquement contre la base du lit, et il gronde. Les mots restent pris entre ses lèvres, une seconde ; il ferme les yeux, essaie d'inspirer un peu, avant de finalement laisser la connerie sortir de ses lèvres ; mais contre sa langue. Contre sa langue, il sent la poussière, et la bouche se ferme, aussitôt. Les yeux sont plissés, face aux nuages de saletés ; il essaie de voir parmi eux, de trouver ce qu'il cherche, mais l'oeil n'est pas mystique et il ne parvient pas à voir quoique ce soit, dans la noirceur de la lumière. Il tente, pourtant ; une lampe torche entre les doigts, il tente de voir quelque chose, mais ne trouve rien. Rien que la saleté, celle si réconfortante qu'il a connu, pendant des années. Un grognement, encore ; il finit par bouger, un peu. Autant qu'il le peut, avec le dos douloureux ; il sent la tension qui monte, lourde et menaçante, et il tente. Tente de sortir de là, mais n'y parvient pas réellement.
La grimace reste, contre ses lèvres. Il reste une seconde, deux, trois, sans mouvements. Il ferme les yeux, presque honteux dans la noirceur de leur chambre ; leur chambre, oui, avant de laisser ses genoux glisser, contre le sol. Il ne bouge pas ; le regard observe les mousses sous le lit, les pensées s'agitent ; il faudrait nettoyer. Il faudrait nettoyer, et il devrait le faire, car elle n'a pas le temps. Il devrait, oui, et faire des cookies, peut-être bien, pour les autres de la maison. Pour se changer les idées, un peu. Swan en serait ravi, c'est certain, comme son petit. Mais l'oeil cherche, encore. Il cherche depuis trop longtemps, peut-être ; il a oublié ce qu'il désirait trouver, mais qu'importe ; il trouvera, lorsqu'il fera le ménage. C'est ce qu'il aime se dire, au fond. Une moue, légère ; il fronce des sourcils face à la noirceur, allonge un peu sa manche et ramasse le plus de mousses qu'il peut, sous leur lit, avant de se laisser glisser à reculons, pour sortir de sa cachette.
La porte s'ouvre, brusque.
L'allemand n'a pas le temps de dire quoique ce soit ; les pieds se recoivent un coup, et le juron sort sans qu'il ne le contrôle, lourd et italien, étrange entre ses lèvres, dit avec quelque peu de maladresse, mais adorable, entre ses lèvres boudeuses. Les pupilles se froncent, l'oeil dévisage ce qu'il voit, par la porte. Dans le couloir, les lumières sont allumées ; il n'a pas l'habitude, encore. Malgré les mois depuis son arrivé, il a perdu cette habitude, celle de l'électricité. Presque idiot, il tourne le regard vers sa lampe torche, qu'il éteint tranquillement, avant de se lever, non sans grimacer. Il oublie, quand elle n'est pas avec lui, lorsqu'il est soudain seul, dans une pièce. Il oublie qu'il n'est plus seul, dans le bois, et qu'il n'a pas besoin de vivre dans le noir, lorsque le soleil tombe et que la lune, lorsque généreuse, monte.
- Tu m'éblouis, qu'il bredouille en allemand, un petit sourire au bord des lèvres. Il tend les doigts, atteint l'interrupteur et ouvre la lumière, sur la table de chevet. Elle est maigre, mais elle suffit.
Ses yeux se posent sur elle, enfin. Il la dévisage un peu, sans réellement dire quoique ce soit. Peut-être oublie-t-il cela aussi ; qu'il l'a retrouvé, et qu'elle est là, toujours, en sa compagnie. Peut-être ne se remet-il pas de ce hasard, de cet bonté venant des cieux, si ceux-ci n'ont pas brûlés comme la terre des hommes. Alfons la dévisage, un peu longtemps ; le regard luit d'une lueur éternelle, celle de ces larmes qu'il possède toujours, comme si ses glandes lacrymoliques étaient trop pleines, toujours. Elle l'éblouit, elle l'émeut. Il ne sait réellement.
Il capte son regard, le long de son bras. L'allemand en rougit presque, avant de lisser sa chemise brune, envoyant au sol les mousses qu'il a capturé. Il baisse la tête, mais ne peut se cacher ; c'est qu'elle peut voir son visage, si petite qu'elle est.
- Je faisais un peu de ménage ; c'était sale, et la voix reste basse.
L'homme tente de se pencher, pour ramasser ses saletés ; mais le dos, il craque et la tension, elle le prend enfin, celle qui le menaçait depuis quelques minutes, déjà. Il grimace, sans mots, et décide plutôt de se laisser tomber sur le lit, doucement. Le blessé essaie de conserver un brin de dignité, devant la belle.

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member / settler of astoria
Misia Sacramoni
INSCRIPTION : 16/12/2016
MESSAGES : 619
IDENTITÉ : Arté, Agathe
FACECLAIM : morena baccarin, alfons-bb <3 (code sign©neon demon / gif©peterparker / bann bidon©arté)
MULTILINKS : la reine du squat, naine rouquine bigleuse (Queenie) + la psychopathe au crochet (Imogen)
POINTS : 1599
in the dark you are my light (artemisia) 190903-This-Is-War
STATUT CIVIL : elle a besoin de lui, de ses bras, de leur langage germano-italo-américain, d'eux, pour tenir (#power couple zero chill)
ANCIEN MÉTIER : opératrice radio de l'armée américaine qui était présente à Sherwood avec son unité et a entendu en même temps que son supérieur l'ordre d'abandonner les civils. obviously, elle est restée.
PLACE DANS LE CAMP : DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU CAMP PAR ECHO : Misia a été balancée au gardiennage d'enfants, le lieu le plus loin des armes à feu possible, et le plus loin de tout en fait. Elle enrage, ronge son frein, vomit régulièrement et essaie de paraître normale auprès des mioches qui lui ont été collé dans les mains. Niveau fiabilité : 10/20. (AVANT : a commencé dans la brigade de surveillance extérieure, devenue par une suite logique d'événements bras droit du chef de la sécurité depuis avril 2016 / supervise en particulier la brigade de surveillance externe, en tant qu'ancienne)
HABITATION : Higgins Hill, #11 (w/ alf, javi, thomas, swan et maxou)
ARME DE PRÉDILECTION : Plus d'arme, plus rien que ses poings et ses pieds. Autant dire qu'elle est pas très heureuse de tout ça. (AVANT : un micro-uzi, mais cette merde s'enraye de temps en temps ; sinon une pelle qu'elle a améliorée joyeusement pour en faire une arme de choix, si si.)
ÂGE : trente-huit ans (depuis le 17 février, youpi, les gens d'Echo lui ont vraiment fait un beau cadeau d'anniversaire en retard)


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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyLun 19 Déc - 11:31

Elle ne sait plus trop ce qu’elle venait chercher. Un anorak, peut-être, pour aller dehors et affronter le froid de décembre. Elle pensait pas qu’il était encore là, dans la chambre, donc elle a ouvert la porte un peu brusquement (un coup de pied dedans, elle avait les bras chargés de fringues sèches). Et vu que la porte était pas accrochée, elle s’est ouverte à la volée et s’est mise à crier soudainement, un juron italien. Elle savait pas que les portes parlaient.
En fait, c’est pas les portes, c’est lui. Elle en lâcherait presque les vêtements tant elle est confuse. Mais elle n’en fait rien, et alors que son ombre se découpe immense sur les quelques meubles de la chambre -de leur chambre- elle reste bloquée. Le plan, jusque là, était pourtant simple. Prendre les vêtements, profiter d’une pause pour les plier, histoire qu’il fasse pas tout. Ranger un peu, pas tout laisser en bordel. Et puis retourner superviser la surveillance et vérifier le moral des troupes de la brigade extérieure. Elle hésite encore à sortir avec eux pour cette patrouille. C’est pas que ça fait longtemps qu’elle a mis les pieds hors du camp, faut pas déconner, mais elle a pas forcément un bon sentiment pour cette nuit et elle se dit qu’elle sera probablement pas de trop si ça vire au chaos. Oh, elle leur fait confiance, à tous : ils savent ce qu’ils ont à faire et ils ont été entraînés et rodés au boulot. Mais si un grain de sable peut faire pencher la balance, un homme peut changer le cours du monde… Une femme même. Elle sait qu’elle pense à Mulan en pensant à ça, alors qu’elle ramassait les vêtements secs.

Bref, elle a ouvert la porte trop brusquement et c’est Alf qui était derrière.
- Désolée, elle grogne en allemand avec une moue pas fière alors qu’il se tend pour allumer la lumière. Ça roule avec l’accent italien, et elle le dit un peu lentement en détachant les syllabes. Faut que ça revienne, cette foutue langue. Elle reste debout, là, comme ça, plantée dans l’entrée, les bras chargés de fringues. Les habits tombent sur le lit, en tas qui va se froisser si ça reste comme ça longtemps. Elle, tout ce qu’elle veut faire, c’est l’aider à se relever. Le nerf de l’épaule droite lui dit merde et la lance salement, vieux souvenir d’Irak, même huit ans après, ça fait toujours chier. Elle est trop lente, aussi parce qu’elle essaie de comprendre comment il a fait pour avoir des moutons de poussière partout comme ça, en file indienne sur sa manche aussi. Elle hoche la tête alors qu’il a capté ce qu’elle mate, et s’explique. Elle reprend, naturellement en italien, langue maternelle :
- Ouais, et maintenant c’est toi qu’es sale, hein. T’as p-
Elle veut lui demander s’il a perdu quelque chose (sa dignité, un slip sale, une chaussette) mais elle n’en a pas le temps parce qu’il se tend -elle reconnaît le spasme sur ses traits, elle a le même quand son épaule joue à la plus maligne. Il écrase le tas de fringues, mais il a de plus gros soucis que des plis sur ses t-shirts, probablement.
- Merde, Alf ?
C’est bizarre, leurs rapports. Ça a jamais été simple, à part quand ils étaient gosses et avaient que comme souci de se souvenir de leurs tables de multiplication et des noms des couleurs. Et puis y a eu le lycée, leur histoire bancale, et cette monumentale engueulade qui aurait dû avoir raison d’eux à jamais. C’est à se demander par quel miracle le temps a pu apaiser les tensions. Le temps, la distance, les retrouvailles de temps à autre, pour les fêtes, à ne plus se souvenir pourquoi on ne se parlait plus. Oh, elle n’a jamais oublié ce qu’ils se sont balancé comme horreurs. Elle a jamais osé lui demander si c’était vrai, qu’il l’aimait plus depuis tout ce temps. Elle osera probablement pas de nouveau. Et pourtant, y a ce prénom qui la hante, celui qu’ils avaient dit -en blague- qu’ils donneraient à un de leur gosse. Celui qu’il a sorti pour parler d’une sacrifiée pour lui, à l’entrée du camp. Elle a jamais demandé d’explications.

Martha.

Bras libres, pantalon crotté kaki qui crisse alors qu’elle s’accroupit à côté du lit et s’appuie au cadre en bois, à sa hauteur.
- C’est la poussière qui t’a eu ?
Elle sait pas comment ça se fait, mais ils se sont reconstruits, peu à peu. Jusqu’à partager un lit, c’est dire. Doit y avoir de l’espoir, de part et d’autre, de ce radeau un peu troué, qui pourrait prendre l’eau à tout instant. - Ça va aller ?, elle demande. Va savoir de quoi elle parle : d'eux, de ce merdier, de la saleté, d'un mal invisible qui les ronge en silence.

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Alfons Böhm
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PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyLun 19 Déc - 18:47

Les yeux se lèvent vers elle ; il a ce maigre sourire sur les lèvres, celui qui est minime, mais qui veut tant dire, en fait. Car elle l'émeut, pour ses inquiétudes, car elle sait ; elle perçoit tout, sur ses traits. Il l'observe dans les yeux ou du moins, tente de le faire ; il la dévisage avec ce regard, celui qu'il a toujours conscience d'avoir, simplement avec elle. Avec le temps, il l'a recherché avec d'autres femmes, car elle avait trouvé un autre homme, mais il n'a jamais réellement pu. Certains soirs, il a cru en voir l'ombre, mais elle n'est pas restée, lorsque le soleil s'est levé. L'allemand baisse les yeux ; une part de lui essaie de contenir les élans d'émotion qu'il ressent. Il le fait depuis un moment, maintenant. Avant leur retrouvaille, avant ce bordel dans sa vie ; il le contient, simplement.
Le temps est long et les années se sont écoulés, depuis les baisers timides, dans l'ombre des couloirs. Et les battements de coeur, entrecoupés, qui le prenaient à la gorge, chaque jour, tandis qu'il observait par sa fenêtre la lueur mystique venant de la sienne. Il se souvient, encore ; le rouge aux joues, le noeud au ventre, tandis qu'il détournait les yeux, gêné, lorsque l'ombre nue de la beauté passait, devant les rideaux.
Ses lèvres se pincent et il secoue la tête, légèrement, l'allemand, pour chasser les pensées. Elles ne servent plus à grand chose, maintenant.
Il tente de bouger, un peu ; le dos hurle encore, de ce cri aigui qui le traverse tout entier, avant de stopper son mouvement. Le regard qu'il lui lance a la tristesse que porterait celui d'un chiot prisonnier sous la pluie. Alfons a presque honte ; elle a pris du temps, pour s'occuper des vêtements. Du temps qu'elle n'avait peut-être pas. Alors, il lisse ; de ses vieux doigts usés, il essaie de lisser les maigres vêtements qu'il n'écrase pas, avec son pauvre fessier.
- C’est la poussière qui t’a eu ?
Elle lui tire un rire ; il est con, ce rire. Un peu maladroit, comme s'il ne sortait pas souvent. Peut-être car c'est réellement le cas ; Alfons ne rit pas, souvent. Pas dernièrement, dans tous les cas. Il a oublié, avec le temps, et le corps n'a pas pris l'habitude. C'est comme l'interrupteur ou le fourneau ; il a oublié, et il oublie encore. Et le rire, il est enfantin ; un peu bas, mais portant le même son que celui d'un enfant, presque cristallin.
- Ça va aller ? qu'elle dit, avec sa voix.
Sa voix, qui le prend par les tripes, à chaque fois. Il lui semble qu'il inspire enfin, lorsqu'elle parle. Et il baisse les yeux vers elle, un instant, sans mots. Il la dévisage, simplement, comme s'il cherchait quelque chose, de ce regard grave qu'il porte, toujours. Il l'observe comme s'il cherchait le mystère du monde avant de, sans mots, sans rien, se laisser glisser, pour descendre du lit. Le dos a beau hurler, il n'y porte pas réellement attention. Alfons grimace et attrape un chandail qui l'a suivi, dans la chute.
L'homme l'observe, un peu étrange. Il lui appartient, à elle. D'une manière, ses doigts le serrent et il rejoint ses narines, avant qu'il ne le presse, contre lui. Sans gênes, simplement.
- Ce n'est que mon dos, qu'il dit, la regardant. Ses genoux touchent aux siens, et ses yeux, eux, s'accrochent à elle. Il la dévisage, encore, trop souvent peut-être. En a-t-elle l'habitude ? Ou déteste-t-elle cela ? Peut-être bien ; il saurait dire. Alfons ne pose pas de questions ; il oublie, toujours.
Il se contente de faire, simplement.
Soupir, et les doigts qui s'égarent dans ses propres cheveux ; il observe autour, un froncement présent, entre ses sourcils.
- J'trouve pas le collier de Martha. Tu l'as vu ?
Il aimerait se pencher de nouveau pour chercher mais le dos n'accepterait pas un nouveau mouvement, de sa part. Il reste là, alors. Il préfère, de toute manière ; rester là, devant elle, et l'observer. Un malaise reste présent, si finement entremêlé avec le confort ; il ne sait jamais réellement ce qu'il ressent, avec elle. Alfons n'a jamais su grand chose, à propos des sentiments. Ils sont trop nombreux et lui, trop simple pour les comprendre totalement. Mais il le sent ; ce noeud, lourd et doux, dans un endroit si profond de son être qu'il lui semble impossible d'exister.
- T'y retournes ? Dans sa voix, une onde d'accusation, d'inquiétude aussi. L'allemand dévisage les vêtements sales qu'elle porte, et il n'aime pas, non. Et sous ses yeux, il les voit, les cernes. Et les rides, aussi, délicates, comme des pattes d'oies.

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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyLun 19 Déc - 22:56

À quoi tu penses, elle lui demandait, des fois, quand ils étaient encore jeunes, pas encore rattrapés par l’horreur de l’existence. À quoi tu penses, à qui tu penses. Ils étaient allongés dans un champ, à regarder les étoiles. C’était bien. C’était calme. Maintenant, les années les ont usés, de cœur comme de corps. Son dos le lance, lui, son épaule et sa cuisse, elle. Ils se scrutent, ne sachant plus vraiment lire l’un en l’autre comme un livre ouvert. Elle hoche la tête, l’air de comprendre, l’air de ne pas avoir besoin de plus d’informations. Ils se cherchent et ne se trouvent que par bribes, dans une forêt d’incertitudes et de doutes. Il y a des gestes qui ne devraient pas tromper pourtant, cette tendresse maladroite qu’ils ont encore l’un envers l’autre, ces regards qu’ils échangent sans oser détourner les yeux, ces silences qui s’attardent. Celui qu’il a avec son pull à elle.
- J'trouve pas le collier de Martha. Tu l'as vu ?
Elle secoue la tête, de gauche à droite. Non, pas vu. Pas pris. Elle a aucune idée de l’aspect dudit collier -elle imagine une petite chaîne avec un pendentif fleur, ou quelque chose de ce genre. C’est ce qu’elle aurait pu offrir à cet enfant jamais né. Martha. Ça lui serre le cœur, ça, et ça se dépose sur la surface d’un lac de regrets assoupi, pour faire des ridules sur l’eau paisible. Elle déglutit, renifle et s’essuie le bout du nez du dos de la main. Quand elle était petite, sa mère la réprimandait pour ce geste peu hygiénique. Elle a trente-sept ans et n’a pas perdu cette sale habitude. Le dos de la main est machinalement essuyé sur le pantalon déjà crasseux. Un jour, il faudra qu’elle le lave : mais pour l’heure, il a trop de poches pratiques pour qu’elle se résigne à s’en débarrasser.
Oh, elle est consciente qu’il ne sent pas très frais, qu’il y a des taches de boue et de sang, qu’il commence à être usé et tout ça. Mais un pantalon avec autant de poches externes, qu’elle a rapidement ajusté pour que ça lui aille sans qu’elle ait besoin d’une ceinture, un peu de couture entre deux surveillances, elle l’utilise et l’usera jusqu’aux dernières fibres probablement.
Toujours accroupie, l’ancienne militaire dévisage son colocataire -voisin de lit, compagnon ? elle ne sait pas quel mot mettre sur cette histoire. Elle voudrait demander comment elle était, Martha. Si elle avait des yeux comme lui. Des cheveux blonds ou bruns. Et puis elle se tait, parce que derrière ces questions, il y en a une autre : c’est qui la mère ? Une femme qu’il a trouvé à sa sortie de l’internement ? Une qui avait été plus présente ? Une avec qui il était avant ça ? Elle se tait. Elle se tait, parce qu’elle ne veut pas savoir. Parce que, même si elle veut pas l’avouer, elle s’était imaginé une autre histoire que cette fin du monde chaotique avec un hasard rieur. Ils se sont reconstruits, oui, mais il manque des bouts dans ce puzzle bizarre. Elle se redresse, les genoux qui craquent. C’est qu’être accroupie, c’est quand même pas la position la plus cool du monde, et voilà qu’elle a des fourmis dans le pied droit, qu’elle secoue doucement pour pas relancer sa vieille sensation au niveau de la cuisse.
- T'y retournes ?, il demande. Reproche, crainte vis à vis de l’état dans lequel elle va lui revenir ? Elle suit son regard, détaille sa propre tenue. Elle sait qu’il n’est pas d’accord : y a pas besoin de lui demander, ça se voit. Elle hausse les épaules et fourre ses mains dans ses poches les plus hautes en s’adossant à l’armoire.
- J’ai vingt minutes encore. Elle est repassée en anglais, plus simple, plus naturel quand même. Vingt minutes pour plier le linge et trouver un anorak qui fasse l’affaire et entrave pas totalement ses mouvements avec sa pelle et son fusil à l’épaule. De toute façon, y en n’a pas trente-six, des anoraks, dans ce placard. Elle veut juste vérifier qu’il est pas gênant au cas où elle va dehors avec la brigade. Elle sait toujours si elle sort de l’enceinte ou si elle reste dedans. Ça dépendra en partie dudit anorak, de la disposition d’esprit des troupes, et de ce que rapportent les surveillants des barrières. Mais donc, vingt minutes à tuer : autant les tuer à l’intérieur de la maison plutôt que dehors, dans le froid. Il ressemble à quoi, le collier de ta fille ? Elle lui prend finalement la lampe torche des mains, doucement, et propose : Je t’aide à le chercher, quitte à nettoyer sous le lit encore, et tu plies une partie des fringues, vu que t’es tout rouillé. Deal ?

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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyMar 20 Déc - 6:17

L'oeil reste là, sur elle ; il l'observe sous toutes les coutures qu'il peut bien voir, là, tandis qu'il le peut. Une part de lui sait ; sait ce qu'il tente de ne pas croire, depuis qu'il est arrivé ici, depuis des mois, déjà. Il ne la connait plus vraiment, les années les ont changés et les silences portent bien plus de mots que les paroles qu'ils osent s'échanger, lorsqu'ils s'attardent un peu trop longtemps, dans la même pièce. Il lui semble que les choses sont étranges, depuis trop longtemps ; il lui semble que la terre s'est arrêtée soudain, après toutes ces années de courses folles qu'ils ont connus, et il ne sait pas, ni elle non plus, d'ailleurs, comment réellement agir. Alors ils s'observent ; l'oeil un peu hésitant, les lèvres pincées et les gestes, si maladroits. Il lui semble qu'ils se jugent du regard depuis bien longtemps déjà, partageant un lit mais n'ouvrant pas autre chose à l'autre, par la peur de quelque chose. Mais de quoi ? Le monde est déjà un bordel monstre, et les pires conneries, ils les ont déjà connus, ensemble.
Alfons fronce des sourcils, un peu ; il dévisage son geste, simple et pourtant, fort en réponse. Les mains de la belle dans ses poches salis, et le regard qu'elle a, sombre. Elle se plaignait, lorsqu'ils étaient jeunes ; elle se plaignait de la noirceur de ses pupilles et enviait son regard trop bleu ; Alfons ne lui a jamais dit, de son côté, il voyait plus de choses dans ses yeux que dans les siens. Il a préféré se taire, à l'époque ; car il a si souvent mis les pieds dans le plat, pour un simple mot prononcé en trop.
Et il se tait, encore ; il n'ose pas réellement un mot, peut-être car il doute de ce qu'il pourrait dire, lui-même. Il sait ; sait qu'il a des problèmes, qu'il n'est pas le meilleur des hommes, ni même le plus fort. Il sait que ses tords sont nombreux et que ses blessures ne sont pas encore toutes cicatrisées, ou même si elles le peuvent réellement.
C'est peut-être pour cela.
Peut-être pour cela qu'il ne l'a pas embrassé encore, malgré les quatre mois passés, depuis son arrivé ici, depuis leur retrouvaille. Peut-être est-ce pour cela qu'il la possède sans l'avoir encore touché, comme si tout deux ils savent qu'ils étaient l'un à l'autre, mais que le temps était aux blessures.
- J’ai vingt minutes encore. L'anglais le fait froncer des sourcils, un peu, à peine. Elle a beau lui être connu depuis sa tendre enfance, elle lui parait étrange, entre eux. Comme si les langues étrangères étaient à eux, uniquement à eux, et qu'ils se devaient de partager ce langage secret, mi-italien et allemand, pour n'être qu'eux.
Mais ils n'ont plus six ans, et le monde ne se résume plus à cette petite bulle qui était la leur, autrefois.
Cesse de rêver, Alfons ; le monde a bien changé. Regarde toi, regarde la.
Elle prend la lampe de ses mains, mais c'est les paroles qui brulent le rêve en milles fracas.
- Il ressemble à quoi, le collier de ta fille ? A-t-il beau ne pas en saisir tout les mots que l'essentiel atteint ses oreilles tout au moins. Alfons fronce des sourcils, soudain, brusque. De chiot abattu, il ressemble à la bête que l'on croise, à côté de la pancarte chien enragé. D'un ciel dégagé, le regard est passé à tempête menaçante. L'allemand n'en a pas réellement conscience ; il ne les contrôle pas totalement, ses expressions comme ses émotions. Il est sans mensonges.
- Quoi ? Allemand, le mot tonne. Alfons tenterait bien de se lever, mais le dos hurle encore. Il tend les bras, alors, et l'attire vers lui. Les jambes de la belle se logent entre celle de l'homme ; et il se casse presque le cou, pour l'observer.
- Tu - un rire quitte ses lèvres et elle disparaît, cette étrange colère de ses traits. Le choc passé, il a envie de rire, parce qu'elle a compris, mais si mal compris. Le front se pose contre le tissu sale de son kaki ; boue et sang contre le visage du blessé. Artemisia, je crois qu'il y a quelque chose dont nous devons parler.
Après les mousses, la manche essuie les saletés qu'il s'est pris en plein visage. Alfons tente de se redresser, pour se mettre à sa hauteur ; elle ne l'aide pas, elle sait. Sait qu'il froncera des sourcils, susceptible et humilié, si elle le fait. Le dos hurle ses maux mais l'homme ne l'écoute pas ou du moins, pas totalement. De nouveau, il s'assoit sur le lit, et passe main usée dans sa crinière folle.
Il cherche les mots.
Il cherche à comprendre, plutôt.
Putain, mais depuis combien de temps n'ont-ils pas réellement parlé ? Son regard, posé sur elle, luit d'un éclat de déception. Rêve-t-il trop encore ? Il a toujours été, après tout, le plus rêveur des deux. Elle se mariait et, assis chez lui, dans son appartement miteux, il l'imaginait cognant à sa porte comme Mary-Jane dans Spiderman 2, vêtue d'une sublime robe blanche.
- Tu crois que j'aurais pu appelé ma fille Martha ? Ma fille, pas la notre ? La voix est armée d'une douce certaine, si basse que les mots se lient et s'évadent ensemble de sa bouche, tous liés, comme une mélodie ou plutôt, un murmure. Les lèvres se pincent et d'autres sortent, accusateurs sans réellement le vouloir. - Tu l'aurais fait, toi ? T'as partagé d'nos rêves avec Teddy ?
Et il est craché, le prénom. L'homme est une tâche, à sa vie. Peut-être ne lui a-t-il serré la main qu'à quelques occasions dans les forêts enneigées du Vermont, mais Alfons reste immature, pour une part, et met certaines de ses fautes - ou de ses peurs - passés sur ses épaules.

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STATUT CIVIL : elle a besoin de lui, de ses bras, de leur langage germano-italo-américain, d'eux, pour tenir (#power couple zero chill)
ANCIEN MÉTIER : opératrice radio de l'armée américaine qui était présente à Sherwood avec son unité et a entendu en même temps que son supérieur l'ordre d'abandonner les civils. obviously, elle est restée.
PLACE DANS LE CAMP : DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU CAMP PAR ECHO : Misia a été balancée au gardiennage d'enfants, le lieu le plus loin des armes à feu possible, et le plus loin de tout en fait. Elle enrage, ronge son frein, vomit régulièrement et essaie de paraître normale auprès des mioches qui lui ont été collé dans les mains. Niveau fiabilité : 10/20. (AVANT : a commencé dans la brigade de surveillance extérieure, devenue par une suite logique d'événements bras droit du chef de la sécurité depuis avril 2016 / supervise en particulier la brigade de surveillance externe, en tant qu'ancienne)
HABITATION : Higgins Hill, #11 (w/ alf, javi, thomas, swan et maxou)
ARME DE PRÉDILECTION : Plus d'arme, plus rien que ses poings et ses pieds. Autant dire qu'elle est pas très heureuse de tout ça. (AVANT : un micro-uzi, mais cette merde s'enraye de temps en temps ; sinon une pelle qu'elle a améliorée joyeusement pour en faire une arme de choix, si si.)
ÂGE : trente-huit ans (depuis le 17 février, youpi, les gens d'Echo lui ont vraiment fait un beau cadeau d'anniversaire en retard)


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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyMar 20 Déc - 12:06

Elle regardait la lampe torche qu’elle lui a prise des mains. L’instant d’après, ses billes affrontent des cratères bleus, prêts à l’éruption. Le mot germain siffle et claque, l’incompréhension et la colère qui tirent les traits d’Alfons. Si elle n’était pas appuyée contre l’armoire, elle reculerait d’un pas, par un réflexe inconscient. Mais la chambre n’est pas grande, il n’a qu’à tendre le bras pour l’attirer à lui et couper toute retraite, et la dévisager en se dévissant les cervicales. Elle a l’œil humide, le noir brillant, et elle se mord l’intérieur des lèvres pour réprimer une envie de pleurer qui la prend alors qu’elle est plus fatiguée que réellement désespérée. À elle de ne plus comprendre lorsqu’un éclat de rire s’échappe du gosier américano-teuton, puis qu’il lui affirme qu’il y a quelque chose dont ils doivent parler.
Elle recule d’un pas alors qu’il semble vouloir se relever, n’étant plus tenue par l’homme. Histoire de lui laisser un peu de place et éviter qu’il retombe directement sur le lit. C’est toute l’aide qu’elle se permet de lui fournir. Il ne fait finalement que se redresser et elle croise les bras sous ses seins. Avant, elle aurait fait ça juste pour les faire paraître plus gros, quand ils étaient encore adolescents à peine sortis de l’enfance. Là, c’est plus un geste défensif, comme si elle avait peur de ce qu’il allait lui dire, comme si elle craignait qu’il se sente obligé de parler de cette gamine dont elle ne savait rien, à part qu’elle était morte -et sa mère probablement avec elle.

C’est pas qu’elle est bornée : c’est simplement qu’elle ne peut pas imaginer une autre explication, plus simple, à cette Martha. C’est con, hein. Y a pourtant mille raisons de se dire que non, mais à croire qu’elle a juste envie d’être malheureuse de base.

- Tu crois que j'aurais pu appelé ma fille Martha ? Ma fille, pas la notre ?
Y a qu’elle qui entend ça, en allemand. La porte est encore grande ouverte, mais y a personne dans le couloir et les autres portes sont fermées. Il dit ça d’un ton doux, mais qu’est-ce que ça coupe comme mille éclats de verre. Elle a encore la compréhension facile, donc elle découpe les mots les uns des autres naturellement, mais le sens met un temps un peu plus long à parvenir là-haut, et à froncer les sourcils de la belle tandis que la bouche esquisse une moue décontenancée et que les dents se serrent sur la lèvre intérieure. Elle renifle, se prend la marée dans la gueule et prend une nouvelle vague ne plein dans la face.
- Tu l'aurais fait, toi ? T'as partagé d'nos rêves avec Teddy ?
- Dis pas d’conneries, terrone. Bien sûr que non.
Elle est revenue à l’italien. Le traite de sudiste, en prime. De plouc provincial. D’imbécile. Évidemment que non qu’elle a pas partagé leurs rêves avec Teddy. Déjà parce qu’au départ, c’était des rêves d’enfants, qui leur appartenaient à eux seuls, à eux deux, à ce nous qui n’était plus depuis leur rupture bruyante au sortir du lycée. Et puis ensuite, parce qu'elle avait pas le temps d'envisager de fonder une famille avec Teddy alors qu'elle était encore en Irak. Mais ça, putain, il le sait bien pourtant. C'est bien pour ce "nous" possible entre eux, cette nouvelle donnée dans l'équation, qu'elle a voulu divorcer, pour de bon, de l'autre connard. Une main passe pour essuyer d’un revers le bout de son nez et elle renifle de nouveau. Et se ressaisit, pour finalement poser la question qu’il faut poser, à un moment, pour exorciser tout malentendu sur cette affaire.
Une clope, putain, ça lui ferait du bien, là. Ou un verre de vin. Mais y a rien, y a que des mots qui fusent, et d’autres qui sont encore tus et enfouis sous des apparences trompeuses. Elle est revenue contre cette armoire qui la soutient autant qu’elle peut, elle reste bras croisés, à attendre une réponse qu’elle n’a pas encore demandé, à imaginer l’horreur. Elle devrait peut-être pas rester, là. Elle pourrait partir maintenant, retrouver la brigade, et sortir du camp. Mais c’est une décision à la con, et même dans un état proche de zéro, elle le sait. Alors elle déglutit et demande, le cœur pétri d’angoisse, la voix qui se fait dure et agressive :
- C’est qui, alors, Martha ?
Elle se prépare au deuxième pire scénario possible, après celui de la gamine. S’il lui dit que c’était sa meuf, elle le frappe.

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STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
ARME DE PRÉDILECTION : trouvaille d'y il a quelques mois, un coup de poing américain taser dont il ne se sert que très rarement.
ÂGE : trente-six années.


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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyMar 20 Déc - 18:21

- Dis pas d’conneries, terrone. Bien sûr que non.
Alfons baisse de la tête, comme s'il se sentait coupable. Comme s'il était coupable de penser pareilles conneries, mais pourquoi le serait-il ? Les mots sont des ombres dans la nuit ; il ne les voit pas, jamais, ou alors, si peu. Ils ne parlent pas ; ils ne cessent de s'observer, un peu con, ou plutôt beaucoup et ne trouvent jamais quoi dire à l'autre. C'est les corps qui sont tendus et le cerveau qui envoie un signal depuis des lustres, pour les empêcher, peut-être. Alfons sait, tout au moins ; il sait qu'il se retient, lorsqu'elle est là. Qu'il disparait dans les coins poussièreux, pour nettoyer, pour ne plus penser. L'esprit de l'homme n'est que troubles profonds et ce, depuis des années. Le brouillard des médicaments ne s'est pas dissipé totalement, malgré les années de sevrage auxquels il a eu droit, sans réellement l'avoir demander.
Il se retient de la toucher.
De lui parler.
De complètement la regarder, aussi.
Les lèvres restent scellées et les peurs en sont presque oubliés. Une part de lui a peut-être cette peur, celle de complètement s'attacher à la femme, de se noyer dans ses sentiments.
Il n'a jamais aimé.
Jamais aimé, sauf elle.
Mais jamais, jamais il n'a pu l'aimer totalement, sans la naiveté de l'adolescence. Jamais il n'a pu se perdre dans l'émotion pure, sauf une fois, les mains liés contre un frêle cou, et la conscience loin, trop loin.
Il a peur.
- C’est qui, alors, Martha ? Et elle aussi.
Il le sait, simplement en l'observant. Il le voit depuis qu'il l'a retrouvé dans les parages, depuis qu'ils se noient dans les bras l'un de l'autre, mais jamaia assez longtemps pour se perdre totalement. Il le sait, à la manière dont elle se tient, à la manière dont ses yeux luisent et qu'une goutte morveuse scintille, au bout de son nez.
L'allemand pince ses lèvres, à l'observer. Une part de lui voudrait gronder de colère, si fort, et il ne comprend pas pourquoi. Il ne comprend pas réellement tout ce qui se déroule à l'intérieur de lui, depuis toujours. Peut-être est-ce pour cela que, quelque part, il s'est toujours éloigné d'elle, même si souvent, les raisons n'étaient pas les mêmes.
Mais il s'ignore, pour ne penser qu'à elle. Alfons tend les doigts, capture au moins l'un de ceux d'Artemisia entre les siens, et d'une simple pression, libère la main pour la prendre totalement, dans la sienne. L'homme observe les doigts sales, les ongles noircies et les écorchures, trop nombreuses. Il ne trouve plus la douceur de ses doigts, celle qu'elle avait autrefois, lorsqu'ils étaient encore purs, ou du moins, pas brisés par le monde.
Un pâle sourire sur ses lèvres ; il porte la main à sa joue, ferme les yeux et finit par l'embrasser, comme il aimerait le faire depuis des jours, des semaines, avec elle.
Mais il n'a jamais osé, car le ventre n'était que tensions gigantesques.
Un soupir s'évade et il lève les yeux vers lui. Ses doigts serrent délicatement les siens, pour la retenir.
- Martha était ... Il ferme les yeux. Il n'en a jamais réellement parlé, de Martha. Peut-être car elle était plus que ce qu'elle était, au final. Peut-être car elle a été son monde, son calmant, pendant de si nombreux mois qu'il n'est que dépouille, sans elle. Elle lui permettait de se lever, le matin, et de continuer, durant le jour. S'il cherchait de la nourriture, c'était bien plus souvent pour la belle que pour lui même. Elle l'a tenu en vie, les jours où il n'en avait plus envie.
Les épaules se secouent, un instant. Le geste est minime, mais fort détectable, pour une main posée sur une joue. L'allemand ouvre les yeux, ne voit pas grand chose ; les larmes ont déboulées, soudainement, et il ne contrôle plus totalement.
Sans grâce, il renifle et essuie sa faiblesse avec l'éternelle manche.
- Elle - Elle m'a sauvé la vie. Il lève les yeux vers elle, et il est si sincère, dans ses mots, pour une première fois depuis si longtemps, envers elle. Il s'ouvre, sans réellement s'en rendre compte, car il en ressent ce besoin.
- Elle était ma vie, Artemisia. Et qu'elle en comprenne ce qu'elle en voudra.

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PLACE DANS LE CAMP : DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU CAMP PAR ECHO : Misia a été balancée au gardiennage d'enfants, le lieu le plus loin des armes à feu possible, et le plus loin de tout en fait. Elle enrage, ronge son frein, vomit régulièrement et essaie de paraître normale auprès des mioches qui lui ont été collé dans les mains. Niveau fiabilité : 10/20. (AVANT : a commencé dans la brigade de surveillance extérieure, devenue par une suite logique d'événements bras droit du chef de la sécurité depuis avril 2016 / supervise en particulier la brigade de surveillance externe, en tant qu'ancienne)
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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyMer 21 Déc - 12:26


Il y a cette jalousie maladive qui lui broie le cœur alors qu’elle voit dans les yeux de son interlocuteur la douleur qu’il a eu à perdre cette Martha. Il y a cette peur de ne plus jamais le retrouver que par à-coups, moments éphémères, et à tâtons dans une pénombre grandissante. Oui, cela fait bien longtemps qu’ils n’ont pas vraiment parlé, et qu’ils se sont écoutés. Peut-être parce qu’elle n’a plus voulu l’écouter depuis ce moment, ou peut-être que cet autre moment tabou de leurs existences entremêlées est la pierre d’achoppement qui les empêche de revenir l’un vers l’autre sans restriction.
Il y a aussi cette tendresse qu’elle a encore, qu’elle aura toujours pour lui, et l’abandon qu’elle lui fait de sa main, passée en revue, détaillée dans ses moindres cales et crevasse. Il lit l’avenir ? Non, il observe c’est tout. Elle déglutit lorsqu’il embrasse sa main, et elle attend encore cette foutue réponse. Elle tremblerait presque, d’une colère sourde et déraisonnable, d’une angoisse qui lui étreint le cœur si fort, si durement. Croire le retrouver, pour apprendre qu’il n’est plus à elle, qu’elle n’est plus à lui, plus jamais. C’est ce qu’elle redoute, plus que tout, ce qu’elle n’ose s’avouer, rien qu’à elle-même. Noir contre bleu, de nouveau, les prunelles qui se guignent, s’accrochent, s’éraflent presque.

Elle sait pas, elle.
Elle peut pas deviner.

Il y a ces peines qu’on peut partager, et elle écoute, pour de vrai, pour de bon, pourtant. Elle ressent sa douleur, sa solitude, et sa propre jalousie s’estompe, lentement. Elle est morte, Martha. Elle est morte, elle est partie, elle ne reviendra plus. Et dans un sens, si elle le croit, c’est grâce à Martha qu’il a pu rester en vie, et lui revenir à peu près sain et sauf.
- Elle était ma vie, Artemisia.
Ça cogne, là-dedans, dans la tête où les émotions se font la guerre, dans le poitrail où le cœur se déchire et lutte pour se refermer aussitôt. Elle sait pas, Misia. Elle peut pas savoir qui était Martha, ce qu’elle était. Et elle ne veut plus savoir, peut-être, alors qu’elle lui renvoie un regard tout aussi humide que celui qu’il lève vers elle.
Elle peut pas lui en vouloir, à lui, ou bien même à elle, Martha. Elle avait le nom de leur enfant jamais né, mais c’était une coïncidence, c’est tout. Ce hasard moqueur, rieur, un peu bienveillant de temps en temps.
Oui, probablement qu’elle l’a perdu depuis bien longtemps.
Tant pis. Elle ne va pas lui en vouloir alors qu’il est aussi profondément dévasté.

Il y a ces petits instants de grâce, où l’on s’oublie pour ne penser plus qu’à l’autre, qui souffre face à soi. Misia fourre la lampe torche dans une poche, et elle se penche vers lui, plie un peu ses genoux -la cuisse droite qui hurle à l’agonie, mais elle n’y pense pas- et s’assied finalement à côté de lui sur le lit, et sur les habits secs désormais écrasés et froissés à vie, probablement. Elle s’en fiche. Elle le regarde, vraiment, tendrement, une petite moue navrée sur les lèvres, les yeux brillants de compassion. La main est encore sur la joue d’Alf, à lui caresser doucement la pommette du pouce.
- Je suis tellement désolée pour toi, Alfons.
Elle est sincère, et sa voix ne porte plus cet accent de vexation qu’elle avait précédemment. Elle a perdu des gens, elle aussi, mais des collègues, pas de personne qui comptait à ce point pour elle. On essaie de ne plus s’attacher. On le reste encore un peu à certains. Le temps s’est comme arrêté, tandis qu’elle l’attire à elle et l’enlace, doucement, tendrement, dans un geste plein d’un amour qui persiste et ne veut plus se nommer, ne pourra pas être à la hauteur, qu’elle pense. Le visage contre le cou du ravitailleur, la main qui lui caresse désormais les cheveux, elle l’embrasse sur la carotide et s’efforce d’enfoncer bien profondément sa propre douleur, quelque part dans un coin de son cœur à elle et de l’occulter. Elle s’en remettra, elle, hein ?
- Est-ce que je peux faire quelque chose ?, qu’elle demande, doucement, pas sûre qu’elle est dans son droit de proposer. Elle arrivera jamais à combler le trou laissé par la disparition de Martha, c’est sûr. Est-ce que ça vaut le coup d’essayer ? À lui de voir, maintenant.

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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyVen 23 Déc - 21:20

C'est un poids qui disparait de sa poitrine, étrangement, comme si les paroles étaient revenues prisonnières de ses entrailles depuis trop longtemps, déjà. Alfons baisse les yeux, laisse le flot couler un peu, légèrement, sans chercher à le retenir. Le souffle est coupé mais il est pur, chose si étrange, presque nouvelle, pour l'homme. Les yeux se ferment, une seconde, et un sourire se dessine sur ses lèvres. Il tremblote, par l'émotion trop forte. Parfois, il ose se tordre en une étrange moue de tristesse, mais il revient tout de même après quelques instants. Il se rend compte, l'allemand ; jamais il n'en a parlé totalement. Jamais les mots n'ont franchis ses lèvres. Car a-t-il beau noircir les feuilles de son carnet, il est tout autre chose de prononcer les paroles qui nous brisent le coeur. Et il était si craquelé, ce pauvre coeur. Qu'un amas de poussière si misérable qu'il le tient bien au coeur entre ses mains, fortement scellées, et qu'il se sent incapable d'ouvrir son coeur à la femme, juste là, qui mérite bien plus que ce fracas. Il se retient, si fort, depuis leur retrouvaille ; de lui dire que tout est terminé, et qu'elle devrait s'éloigner de lui. Car il n'est plus rien ; l'esprit a beau se dire des milliers de choses, il sait que l'acte sanglant l'a changé, comme son petit séjour chez les fous. Il sait, pour avoir noirci des pages à l'infini ; les yeux se noient parfois au travers des mots et la gorge se serre lourdement, le coeur serre ses battements et la honte noie ses veines; il est épouvantable, saletés humaine.
Mais il lui semble.
Il lui semble, par les maigres paroles avouées, qu'il a effacé un peu de cette noirceur, contre sa chair, son âme, son être entier. Et il sourit, un peu, malgré les larmes, car il le ressent, ce petit vide de comble, de bonheur certain.
Il ose croire, un instant ; il ose croire que peut-être pourra-t-il aller mieux, simplement, en parlant. En lui parlant, à elle. Il ne sait réellement si la chose va être facile, mais il s'accroche à ce petit brin d'espoir qui l'effleure, le temps d'un instant, et il se laisse emporter par l'émotion presque pur qu'il ressent.
Ils clignent vivement, les paupières, lorsqu'il sent la caresse de la main, contre sa joue. Les pensées étaient si nombreuses qu'il ne l'a pas senti s'approcher, s'asseoir, se coller.
- Je suis tellement désolée pour toi, Alfons.
Alfons ne lui sourit pas, l'observe pleinement, plutôt. La noirceur de son regard n'a rien d'effrayant ; elle est l'unique ténébre dans lequel il se permet de se perdre sans peur des abysses. Et il les ferme alors ses prunelles, tandis que la main aborde caresses tendres, contre la joue qu'il offre sans retenu. Le souffle s'évade de ses lèvres tandis qu'il se laisse emporter par l'étreinte qu'elle lui offre, ensuite, et il s'ouvre aux frissons qui le traversent, par les lèvres qui se posent contre sa peau. Ils sont si rares, maintenant, les élans d'affection.
Peut-être ont-ils encore peur, les amants maudits, mais qui pourrait bien leur en vouloir ?
L'un autant que l'autre, ils se contentent des miettes qu'ils s'offrent par élan de maladresse et de tendresse, incertains et craintifs, comme de pauvres bêtes sauvages.
Mais ils s'aiment, ou du moins osent le croire encore, et restent collés l'un à l'autre en attente d'une guérison miraculeuse face à une maladie absente.
- Est-ce que je peux faire quelque chose ?
Mais la douceur s'évade et le moment se brise, aussi rapidement qu'il est apparu. Il reste pourtant comme un baume sur la chair et Alfons se sent plus léger, plus droit, après cette étreinte.
Le soupir est léger, malgré la difficultée que lui apporte le geste ; celui de se défaire de la poigne de la femme. Il se perd un instant dans ses yeux, l'allemand, efface sans gênes, aucun, le petit amas de larmes qui déferle le long de ses joues. Rictus léger au bord des lèvres, les doigts caressent la crinière de la femme ; il ose prendre l'élastique qui retient ses cheveux, entre ses doigts, et de les défaire.
Petit silence ; il l'observe, envahi par un sentiment étrange. Alfons s'y accomode et passe ses doigts dans la crinière sauvage, avant d'hocher de la tête, un soupir au bord des lippes.
- Le collier...j'dois le trouver.
Il renifle sans grâce et cherche un peu, autour, des yeux. Mais l'objet n'est pas là et le coeur se serre, encore. Il la quitte, alors, malgré sa douceur, et se met à chercher de nouveau au travers de la pièce. Car il ne peut être ailleurs, n'est-ce pas ? Le dos hurle mais l'homme n'écoute pas et se penche sans plier les genoux - trop con - cherche, cherche, et cherche.
- C'est un choker noir tout à fait ordinaire, avec une médaille en forme d'os qui y pend. Rien n'est écrit dessus, je l'ai pris dans un petshop.


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STATUT CIVIL : elle a besoin de lui, de ses bras, de leur langage germano-italo-américain, d'eux, pour tenir (#power couple zero chill)
ANCIEN MÉTIER : opératrice radio de l'armée américaine qui était présente à Sherwood avec son unité et a entendu en même temps que son supérieur l'ordre d'abandonner les civils. obviously, elle est restée.
PLACE DANS LE CAMP : DEPUIS LA PRISE DE POSSESSION DU CAMP PAR ECHO : Misia a été balancée au gardiennage d'enfants, le lieu le plus loin des armes à feu possible, et le plus loin de tout en fait. Elle enrage, ronge son frein, vomit régulièrement et essaie de paraître normale auprès des mioches qui lui ont été collé dans les mains. Niveau fiabilité : 10/20. (AVANT : a commencé dans la brigade de surveillance extérieure, devenue par une suite logique d'événements bras droit du chef de la sécurité depuis avril 2016 / supervise en particulier la brigade de surveillance externe, en tant qu'ancienne)
HABITATION : Higgins Hill, #11 (w/ alf, javi, thomas, swan et maxou)
ARME DE PRÉDILECTION : Plus d'arme, plus rien que ses poings et ses pieds. Autant dire qu'elle est pas très heureuse de tout ça. (AVANT : un micro-uzi, mais cette merde s'enraye de temps en temps ; sinon une pelle qu'elle a améliorée joyeusement pour en faire une arme de choix, si si.)
ÂGE : trente-huit ans (depuis le 17 février, youpi, les gens d'Echo lui ont vraiment fait un beau cadeau d'anniversaire en retard)


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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyDim 25 Déc - 12:04

Artemisia n’avait pas été élevée pour baisser les bras : généralement, quand elle prenait une décision, c’était pour une raison positive, volontaire, et non pas contre une conséquence quelconque. Et pourtant, à l’instant, elle se résigne à abandonner tout espoir de connaître un bonheur qui n’a eu de cesse de les fuir, enfouissant sa douleur personnelle au plus profond de son cœur, refoulant cette envie de pleurer que lui cause cet abandon du rêve. Il se détache lentement alors qu’elle lui a proposé de l’aider de n’importe quelle façon. Ils se regardent, mais ne se voient pas. Elle a mal compris ce qu’il lui disait et s’imagine qu’elle n’arrivera jamais à la cheville même de cette Martha qu’il a adulé et qu’il pleure actuellement. Oh, elle est en paix avec elle-même : l’apocalypse n’aura fait que les rapprocher pour régler cette question pour de bon. Pour permettre de faire le deuil de cette relation qui n’a été que fracas et mauvais timing, qu’allers et retours, en vain. Ils ont été heureux, si, bien sûr, mais de façon éphémère, vouée presque à la destruction. Elle se repasse un film invisible, qu’elle réécrit progressivement, inconsciemment ; l’esprit reprenant des bribes qui expliquent ce naufrage, plus que l’ensemble qui montrait qu’au contraire, ils étaient peut-être voués à réussir, à se retrouver, à être comblés l’un par l’autre. Elle voulait y croire, elle ne voulait plus s’en persuader, et elle recule alors, gardant sa tendresse pour lui mais cherchant à tuer l’amour dans l’œuf, à l’étouffer aussi vite que possible, pour ne pas en être consumée entièrement. Facile à dire pour une femme entière comme elle.
De même, les gestes de tendresse qu’il a pour elle, qu’ils ont l’un pour l’autre, ne doivent pas la tromper, hein ? Ce ne sont que des souvenirs, des gestes machinaux, des caresses qui n’ont aucun sens. Elle a certes esquissé un sourire attendri alors qu’il lui ôtait l’élastique qui retenait ses cheveux, et voilà ses boucles noires qui coulent sur ses épaules, dans son dos, sous ses doigts.
- Le collier...j'dois le trouver.
Elle acquiesce : c’est donc le dernier objet qu’il a d’Elle. Elle l’aidera. Elle fera en sorte de lui rendre ce service, et puis, qui sait, elle sortira de sa vie, non ? On ne l’a pas élevée comme ça, mais elle est lasse de se battre, devant déjà user de toutes ses forces physiques pour repousser chaque avancée des rôdeurs, de ces menaces de l’extérieur. Un instant, un seul, elle se demande ce que ce serait de ne pas lever la pelle au dessus de sa tête et de ne pas l’abattre sur le crâne de ces fumiers morts-vivants. De se laisser mordre. De lâcher prise…
Mais elle ne peut s’y résigner. Elle se sent responsable de la sécurité de la communauté. Elle ne peut s’abandonner, elle doit rester droite, forte, déterminée. On l’attend, bientôt, dehors, à la porte sud pour aller faire une patrouille.
La brune suit Alfons du regard, ses gestes, ses mouvements, ses coups d’œil çà et là dans la pièce. Déjà, il doit mieux y voir que quand il n’était qu’avec la lampe torche. Elle ne le retient pas, sachant qu’il y a ce reste de fierté qui subsiste, ce refus d’être aidé physiquement, d’être reconnu comme blessé, chez l’homme. Elle respecte ça, consciente d’avoir été du même avis après sa blessure en Irak, et de l’être encore lorsqu’elle revenait éraflée du dehors, à se faire recoudre par Zelda en toute discrétion.
Elle écoute, d’une oreille presque distraite, les indications plus précises sur l’aspect du collier (qu’elle imaginait chaine fine avec pendentif floral au bout).
- C'est un choker noir tout à fait ordinaire, avec une médaille en forme d'os qui y pend. Rien n'est écrit dessus, je l'ai pris dans un petshop.
Et se fige, enfin, alors que la révélation la frappe comme la foudre.
- Pezzo di merda., qu'elle souffle, seule expression qui parvient à franchir ses lippes incrédules, stupéfaites.
La statue de sel mi-fusille du regard l’homme, mi-contemple sa stupidité propre. Un petshop. Un putain de petshop. Une médaille avec un os. Ce collier, c’est… Il a fallu la fin de la phrase pour que la lumière se fasse sur l’affaire, et que la femme bondisse sur ses rangers et toise de toute sa hauteur augmentée l’Allemand.
Le palpitant tambourine, le sang pulse, les tempes sifflent presque, et elle s’humecte les lèvres alors qu’elle peine à trouver ses mots. Elle tousse, elle fulmine, elle est furieuse contre elle-même et son imagination débordante, sa capacité à être bornée et à s’enfermer dans une conception erronée, cette promptitude à sauter aux conclusions.
Un chien.
Elle a failli abandonner tout espoir de bonheur avec l’Allemand pour une méprise impliquant un chien.

Un soupir de soulagement s’échappe de ses lèvres alors qu’elle le fixe sans rien dire, la respiration qui se calme, les mots qui butent encore contre son palais sans être prononcés, les yeux qui sourient au coin des prunelles. Consternée, elle dévisage l’homme qu’elle redécouvre. Elle voudrait dire quelque chose, n’importe quoi, une insulte, un juron, une engueulade, autre chose que simplement "morceaux de merde" qui n'est pas une expression très gracieuse et reste assez sibylline pour qui n'est pas dans son esprit, mais elle n’en a pas le temps car on est entré dans la baraque et on la cherche.
- Sacks ?, qu’on appelle de la cuisine.
- Ici !, elle ne détourne pas son visage, toujours bloqué sur Alf.
- On y va ?, les pas se rapprochent. Une ombre se découpe dans le couloir.
- J’arrive, confirme-t-elle, avant de se baisser, les yeux brillants, vers cet imbécile qui n’aurait pas pu être plus clair depuis le départ. Elle plie les genoux, son treillis sale crisse encore, se retrouve à la hauteur de son vieil ami et l’embrasse sur le front -trop timide, trop honteuse, pour oser poser ses lèvres ailleurs- avant de se redresser et de lui indiquer : - Y a deux pantalons et un pull à capuche dans les fringues lavées. Il est peut-être dans une des poches, j’ai pas vérifié… Tu… Tu peux les plier ? Je pensais avoir le temps, mais bon… Un signe vers derrière elle, vers la silhouette dans le couloir qui leur laisse un peu d’intimité. - Faut que j’y aille. À tout à l’heure ?



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Fight, gentlemen of England! fight, bold yeomen! Draw, archers, draw your arrows to the head! Spur your proud horses hard, and ride in blood. Amaze the welkin with your broken staves! — Shakespeare.

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Alfons Böhm
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IDENTITÉ : FERN
FACECLAIM : matthias schoenaerts, alas.
MULTILINKS : lilith la démone & winnie the beuh
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STATUT CIVIL : le coeur porte le fardeau d'un amour qui ne s'est jamais éteint, et les blessures d'un harakiri.
ANCIEN MÉTIER : ambulancier ; c'est qu'il tentait de sauver les âmes, perdant pourtant un bout de la sienne un peu plus à chaque fois.
PLACE DANS LE CAMP : ravitailleur dans la deuxième équipe.
HABITATION : dans la maison #11, avec des gens qui pansent son coeur et calme un peu ses tourments.
ARME DE PRÉDILECTION : trouvaille d'y il a quelques mois, un coup de poing américain taser dont il ne se sert que très rarement.
ÂGE : trente-six années.


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MessageSujet: Re: in the dark you are my light (artemisia)   in the dark you are my light (artemisia) EmptyLun 9 Jan - 1:28

Il ne remarque pas réellement.
Il ne remarque pas réellement se qui se passe autour de lui, tandis qu'il cherche, fouine, le dos douloureux, presque collé contre le sol.
Il n'entend pas réellement, non plus, les paroles qu'elle lui lance, aux premiers abords.
Non, il ne percoit rien.
Rien, sauf le silence, au bout d'un moment.
C'est le peu qu'il faut, ou le tout, plutôt, qu'il lui faut, pour qu'Alfons cesse ses recherches, une seconde.
Et puis deux, avant qu'il ne redresse la tête, sourcils froncés.
Et d'autres, aussi, des silences éphémères mais se suivants qui, au court des secondes qui s'écoulent.
Il ne comprend pas réellement, Alfons, ce sourire qu'elle aborde, encore moins cette lueur, dans le regard de la femme.
Il ne comprend rien, et ne cherche pas à comprendre, non plus. Il n'est pas de ceux qui cherchent à tout savoir, sur l'autre. À tout connaître.
À tout partager.
La bouche s'ouvre ; l'homme s'apprête à poser une question, tout au moins pour savoir si elle va bein, quand des bruits se font entendre.
Les sourcils se froncent, à peine, et des rides se creusent, sur son front. Il ressent une tension dans sa gorge, comme un noeud autour de son cou, mais la chose est brève et l'allemand n'y prête pas réellement attendre.
Artemisia leur répond et Alfons n'a pas le temps de tout saisir qu'elle est là, proche de lui, et qu'elle pose ses lèvres contre son front.
Les yeux se ferment, une seconde ; le coeur aborde un battement étrange et l'homme retient son souffle, comme un enfant. Contre sa peau, il sent une chaleur, malgré le fait qu'elle est déjà éloignée ses lèvres.
Alfons aimerait le retenir, mais le geste qu'elle envoie vers la porte ainsi que les mots qu'elle débite rapidement l'en empêchent. Il se contente de froncer des sourcils, hoche de la tête et pose une main sur le sol, pour se redresser.
Le corps hurle mais l'homme y parvient ; elle n'a pas encore quitté la pièce, vers il est devant la porte.
- Je le ferais, sans soucis.
Le regard s'attarde sur les vêtements avant qu'il ne tourne la tête vers la personne qui attend, derrière lui. Il la dévisage, enregistre son visage. Alfons essaie de savoir qui sont les collègues de Misia, essaie de juger, sans les connaître, pour savoir qu'il peut leur faire confiance ou non, avec sa vie, à elle.
Au final, il a confiance en elle, et c'est bien tout ce qui importe.
Son regard revient vers elle et il hoche de la tête de nouveau, avant de se pencher ; elle est plus petite. Ses lèvres effleurent sa joue sale, caressent la fente de ses lèvres, avant qu'il ne se pousse d'un pas, pour la laisser sortir.
- Tâche de faire attention.

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