snap out of it

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 snap out of it

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MessageSujet: snap out of it    Mer 15 Mar - 1:00

snap ouf of it
/ Ana & Thomas  /
Ils avaient été envahis, enfermés, et tués pour certain. En sortant du poste de police dans lequel il a été détenu durant deux jours, le jeune homme ne reconnait plus le paysage. Il est complètement paumé, avec tous les changements. Il n’a aucune idée de ce qu’il était supposé faire à présent. Par réflexe, il avait pensé à rentrer chez lui mais on lui avait fait savoir que certaines maisons avaient été réquisitionnées pour le confort des nouveaux arrivants. Il s’était donc clairement retrouvé à la rue. On lui avait attribué une nouvelle maison, avec une blinde de colocataires déjà à l’intérieur. Il était arrivé comme une petite fleur, prenant une chambre qui n’était plus la sienne. Il n’avait pas bronché, anesthésié par la douleur, animé par le néant, il ne réalisait pas ce qu’il se passait. C’était juste trop gros. Dans la maison, on lui avait expliqué les nouvelles règles, et comment ça devait se passer pour que les astoriens puissent continuer d’exister, ou plutôt de subsister.

En attendant, Thomas n’avait aucune affaire. Elles étaient toutes restées dans la maison. En y pensant, le blond eut le coeur brisé. Il craignait qu’ils aient tous jeter, brûler. Tous ses souvenirs, toute sa vie. Il s’était accroché à tout ça, et maintenant il n’avait plus rien. On lui disait de laisser tomber, de ne pas chercher à retourner là-bas, qu’on lui procurerait d’autres fringues, que ce n’était pas grave. Il avait toujours fait comme on lui disait, pour se faire oublier, mais là, Thomas devait s’avouer n’avoir aucune envie d’être raisonnable. On lui avait tout pris. Son futur, ses parents, sa ville, sa maison et son passé. Il ne voulait plus être personne. Il voulait récupérer ce qu’il lui était dû. Tant pis pour les conséquences. En dehors de sa vie, il n’avait rien à perdre, et si on l’écoutait, elle ne valait pas grand chose de toute façon.

Dans son malheur, il avait réussi à retrouver son chat, en sortant de prison. La pauvre bête était restée dehors durant 48 heures, un miracle qu’il ne se soit pas fait bouffer. Comme quoi, il n’était pas le seul à s’accrocher à sa vie. Les croquettes qui se trouvaient également dans son ancienne maison le poussa à trouver le courage de s’y rendre. Il était dix-huit heures et le bûcheron emporta un sac de sport avec lui, et se dirigea droit vers la maison, le coeur battant. Il avait cru comprendre que les membres de ce clan étaient tout sauf conciliants et il y avait de fortes chances pour qu’il se fasse envoyer balader ; pourtant Tom devait essayer. Il toqua à la porte, le coeur anxieux.
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MessageSujet: Re: snap out of it    Mer 15 Mar - 16:07

snap ouf of it
/ Ana & Thomas  /
Ce qu'ils faisaient n'était pas bien, et Ana s'étonnait d'en être encore surprise. La vraie vermine du monde, ça n'était pas les rôdeurs à l'extérieur du camp, mais bien les hommes qui venaient de le prendre. Les dernières quarante-huit heures en étaient le parfait exemple, le camp echo dont elle faisait partie malgré elle avait prit le camp d'astoria par la force tuant sur son passage une vingtaine de personnes qui jusque là avaient survécu à l'apocalypse. Chaque mort résonnait dans l'esprit d'Ana et même si elle n'avait pas été celle les perpétrant -attendant à l'arrière avec d'autres que le camp soit prit- elle s'en sentait terriblement coupable. Mais qu'aurait-elle pu faire ? Elle n'avait jamais été de taille et ne le serait probablement jamais face à ces monstres. Les hommes d'Echo étaient redoutables, de ceux que personne ne souhaite croiser et cela faisait presque un an qu'elle cohabitait avec eux. Contre son gré d'abord, puis par dépit. La mort de Joshua n'avait pas été la liberté qu'elle avait imaginé être, elle était restée piégée dans le camp qu'il avait choisi et même disparu son image continuait de la hanter. Sans issue.

On était venu les chercher, sourire aux lèvres. "On a réussi." qu'ils avaient clamé en arrivant. Astoria leur appartenait, après des mois d'essais sans succès la victoire était enfin là. Et le prix se comptait par litres de sang. Ana le savait, n'était jamais dupe et gardait les pieds sur terre. Ce qu'ils faisaient n'était pas bien, leur camp leur suffisait et ce n'était qu'une question de pouvoir si Echo avait décidé de prendre Astoria. Tout ce à quoi elle aspirait, finalement, c'était une vie tranquille. Paisible. Calme. Comme celle qui s'était arrêtée ce jour de janvier dans un bar de Portland. Elle était restée en retrait toute la journée, laissant comme toujours les autres prendre des décisions. Certaines maisons des habitants d'Astoria avaient été annexées pour ceux d'Echo, on avait délogé des familles pour y mettre des sauvages à la place et même si, fatiguée, elle avait hâte qu'on lui désigne ses prochains quartiers elle ne pouvait s'empêcher de trouver cela malsain. Le regard parfois haineux, parfois apeuré des astoriens ne faisait qu'amplifier l'impression. Alors Ana se faisait discrète, loin des coqs fanfaronnant d'Echo et s'empressa de rejoindre la maison qu'on lui avait donné.

Ses affaires personnelles se limitaient à quelques vêtements, un ou deux livres, une photo d'elle et son frère entourés des bras de leur mère lorsqu'ils devaient avoir à peine dix et treize ans. Une chaîne en argent qu'elle portait toujours et depuis laquelle pendait la planète de saturne, cadeau de sa mère pour ses vingt ans. Rien de plus, elle avait perdu beaucoup de ses possessions avant de s'installer à Echo et à la mort de Joshua, avait jeté tout ce qu'il lui avait offert. Comme pour essayer de tourner la page. La maison dans laquelle elle venait de mettre les pieds était des plus normales, petite, quelques pièces tout au plus. Mais il y avait dans son agencement quelque chose d'étrange, comme si celle-ci n'avait pas bougé depuis l'épidémie. Un bout de réalité préservé dans le cauchemar au milieu duquel Ana vivait. Elle observa les pièces sans plus de curiosité, ne s'attardant pas sur les détails. Allait-elle refaire sa vie ici ? Elle l'aurait bien espéré s'il n'y avait pas encore ce sentiment de voler quelqu'un en s'installant ici. Mal à l'aise, elle posa ses affaires dans la première chambre sur laquelle elle tomba. À en juger par la décoration, elle devait appartenir à un homme. Celle-ci lui arracha un sourire bref lorsque son regard s'accrocha à quelques figurines qu'elle reconnu immédiatement. Elle n'en avait pas vu depuis l'épidémie et s'approcha de ces dernières profitant de ce moment seule pour se laisser aller à de vieux souvenirs. Son esprit divagua de visage en visage, de personne en personne desquelles elle n'avait plus de nouvelles. Dans un soupire, elle reposa la figurine où elle l'avait trouvé.

Ana s'attarda un peu plus sur cette pièce qu'elle avait inconsciemment décidé de faire sienne. Elle deviendrait sa chambre, Echo le lui imposait alors que jamais elle n'aurait eu le culot de déloger quelqu'un pour prendre sa place d'ordinaire. Sur une commode, elle attrapa un cadre photo et observa les visages sur ce dernier. Deux femmes, dont elle reconnue celle attachée comme spectacle macabre au milieu de la ville. Mears ? Quelque chose comme ça. Puis un garçon.

Dont le visage lui était familier.

Son estomac se noua alors que le chemin de ses pensées la menait peu à peu vers l'horrible vérité. D'une main incertaine, elle attrapa un autre cadre où le visage avait vieilli, juste assez pour qu'elle comprenne. Son coeur s'emballa soudainement alors qu'elle réalisait chez qui elle avait mis les pieds, qui était la femme transformée en rôdeur. Elle aurait du s'en rendre compte plus tôt, elle connaissait son nom. Elle connaissait même sa couleur préféré, pour dire. Elle se précipita dans le couloir, manquant de glisser sur le parquet alors qu'elle ne portait que ses chaussettes, son regard se posant sur chacune des photos qu'elle décrochait des murs dès qu'elle passait devant. Elle devait agir vite car dès qu'ils s'en rendraient compte, nul doute qu'ils viendraient effacer le moindre souvenir des Mears qui vivait entre ces murs.

C'était la maison de Thomas.

Ana s'empressa de rassembler tout ce qui pouvait avoir une valeur plus ou moins sentimentale dans un carton. Il devait être là. C'était obligé. Sinon la maison serait déjà vidée de toutes ces photos. Sa mère n'aurait surement pas supporté de voir son visage partout où elle allait s'il avait tragiquement disparu. Il devait être vivant. Des dizaines de questions ricochaient entre ses tempes alors que ses mains tremblantes décrochaient les cadres des murs. Etait-il vraiment là ? Si oui, où l'avait-on emmené pour que sa maison devienne une propriété des echo ? Allait-il bien ? Se souvenait-il d'elle ? Ses mains tremblantes s'affairaient fébrilement et le carton fut rapidement rempli puis caché dans le bureau de la maison. Elle avait la gorge nouée, se sentait coupable. Se détestait d'avoir à faire ça. Mais elle n'eut pas bien le temps d'y penser qu'on frappa à la porte.

Reprenant son souffle, Ana se dirigea naturellement vers la porte espérant de tout coeur qu'il ne s'agisse pas de membres d'echo car elle n'aurait pas la force -pas ce soir- de supporter leurs coups bas, leurs joutes verbales. Sur le passage, elle remarqua une photo qu'elle avait oublié d'enlever et l'attrapa sans réfléchir, cachant sa main dans son dos. De l'autre, elle ouvrit la porte doucement, craignant la personne pouvant se trouver derrière celle-ci. Son visage se décomposa. C'était Thomas. Evidemment.

Elle inspira, anxieuse, surprise aussi puis elle se pinça les lèvres. Que devait-elle dire ? "Bonjour" ? "Comment vas-tu ?" ? "Ça fait longtemps." ? Ce serait presque un manque de respect que d'occulter le fait qu'ici, elle n'était pas la bienvenue. Que le camp echo avait tué des astoriens, des proches de Thomas. Et se trouver chez lui sans qu'il ne puisse y être en était déjà un en soit, pas besoin d'en rajouter. Pendant une poignée de seconde, elle resta silencieuse, se contentant de le fixer n'osant pas prendre la parole. Clairement prise de coup. Et puis finalement c'est "Je suis désolée" qu'elle choisit, les yeux humides, mal à l'aise.

Désolée d'avoir fui sans se retourner ce jour là au bar. Désolée de faire partie de ceux qui ont fait de sa vie un enfer. Désolée qu'il ait eu à vivre la mort de sa mère. Désolée que les siens aient subi tant de pertes. Désolée qu'il ait été délogé. Désolée d'être là, tout simplement.
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MessageSujet: Re: snap out of it    Mer 15 Mar - 18:22

snap ouf of it
/ Ana & Thomas  /
Thomas était bien loin de se douter de ce qu’il se passait en ce moment même dans sa maison. Dans sa tête, il était certain que tous les membres du clan d’Echo étaient des brutes sans âmes. Comment pouvait-on se regarder dans le miroir, sans ça ? Après avoir été témoins de pareilles atrocités. Il comprenait qu’au nom de la survie, il était possible de faire des choses qui nous semblaient improbables mais là, ça allait au delà du besoin vital. Astoria a toujours été un havre de pays, prêt à accueillir n’importe qui, du moment qu’il se prêtait au règles et se rendait utile sur le camp. Depuis le départ, Echo et son clan ont refusé une alliance, préférant visiblement s’attribuer des choses qui ne leur reviennent pas. La solution de facilité car il était plus facile de diviser plutôt que de co-exister et de s'entraider. Les espoirs de survie étaient déjà minces avant, et il avait fallu ajouter le facteur terroristes dans la donne. Comme si les zombies, le manque de ressources ne compliquaient pas suffisamment les choses.

Il ne lui restait plus que quelques mètres. Thomas marchait de plus en plus lentement, comme pour se donner le courage. Et s’il frappait et que personne ne répondait ? Rentrait-il ? Après tout, la porte n’était certainement pas fermée. Il avait les clés. Et s’il se faisait attraper pendant qu’il récupérait ses affaires ? Quelle était la solution qui l’empêcherait de finir à nouveau dans une cellule ou tout simplement mort ? Il réfléchissait à tout ça en réduisant la distance qui l'éloigne de sa porte d’entrée, de sa maison, qu’il avait louée il y a quelques années. Il ne pouvait s’empêcher d’y repenser maintenant. C’était bête mais c’était son premier bien, la chose qui était à lui et à personne d’autre et maintenant, il l’avait perdue, elle aussi.

Alors il prend une profonde inspiration, essaie de rattraper son courage qui s’était barré au moment où il était arrivé devant l’entrée et toque, toque, et toque. Il attend, impatiemment, prêt à abandonner, bien que ses jambes restent bloquées sur place. Non, il n’a pas envie de partir. Il les veut ses affaires, ce sont les siennes. Le coeur battant, subissant la montée d’adrénaline, il en vient finalement à rater plusieurs battements à la suite lorsqu’il découvre le visage en face de lui. Chez lui.

Ana.

Thomas bloque complètement. Il écarquille les yeux de surprise. Il est d’abord surpris, puis heureux, puis choqué, puis plein d’interrogations. Dans son cerveau, ça déraille complètement. Il est tellement soulagé de la savoir en vie, troublé de l’avoir en face de lui, qu’il en oublie le temps d’une vingtaine de secondes ce que cela impliquait réellement. “Ana??” Son regard clair planté dans le sien, il voyait son visage se décomposer, tout comme le sien d’ailleurs, puisqu’en l’entendant s’excuser, la réalité revient le frapper en pleine face.

Echo.

Elle faisait partie de ces gens là, de ces monstres. Ceux qui avaient humiliés, tués, transformés, volés, torturés les siens.  Il déglutit nerveusement, alors que ses sourcils finissent par se froncer progressivement.  Il n’arrivait pas à y croire.  Comment quelqu’un comme elle pouvait atterrir avec des gens comme eux ? C’était juste improbable. On ne pouvait pas changer du tout au tout, comme ça, si ? Tant de questions, et si peu de dialogues, il n’avait toujours pas rouvert la bouche. “ Je… ben… j’venais chercher des affaires à moi, si c’est possible…? ”Demandait-il, d’un ton hésitant et méfiant à la fois.

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MessageSujet: Re: snap out of it    Mer 15 Mar - 19:00

snap ouf of it
/ Ana & Thomas  /
Elle est totalement perdue, ne sait pas quoi faire, quoi dire. Il y a le temps d'abord qui s'est écoulé, emportant avec lui des torrents de possibilités. Et leurs camps, tout simplement. Même si jamais Ana ne se dira Echo. Ce camp, elle ne l'a pas choisi, n'en veut pas et si ça ne tenait qu'à elle, elle serait partie depuis bien longtemps mais il n'y a pas de déserteur chez eux. Que des cadavres dont on ne parle pas. Après la surprise, qu'elle avait pu appréhender un petit peu avant son arrivée grâce aux photos, c'est une vague de soulagement qui la frappe. Elle lui avait silencieusement enlevé le droit d'être mort en découvrant sa maison, préférant s'accrocher à cette infime probabilité qu'il puisse être bien en vie et que ces photos ne soient pas juste là pour rappeler son existence. Entendre son nom dans la bouche de Thomas l'avait ramené sur terre. Elle avait oublié sa voix, son visage aussi un peu, progressivement, et si les photos avaient été une chose elle n'avait pas pris le temps de le regarder. Là, par contre, c'était différent. Et ses souvenirs revenaient par flash les uns après les autres : leurs conversations jusque tard le soir, leurs parties en ligne, leur rencontre au bar. Ses yeux détaillent son visage, encore figée malgré le soulagement qu'elle pouvait ressentir.

Rapidement, ce dernier fit place au malaise à nouveau lorsqu'il lui rappela en une phrase la situation dans laquelle ils se trouvaient. Cette maison n'était plus la sienne, Echo la lui avait enlevé. Et Ana pouvait faire ou dire ce qu'elle voulait, ça ne changerait rien : elle était condamnée à être liée à ce groupe. Aux personnes qui avaient enlevés, torturés, trahis et tués ceux d'Astoria, dont la propre mère de son ami. Si elle pouvait encore l'appeler ami. Le regard méfiant qu'il lui lançait, sourcils froncés, laissait entendre que ça ne serait pas si facile. Elle ne savait pas quoi penser, Ana. Les deux années écoulées et les atrocités que les Echo avaient fait subir aux astoriens avaient peut-être affaibli le lien particulier qui les avait poussé à se voir dans ce bar. Ana n'en savait rien, n'y avait pas réfléchi, tout ce qu'elle savait là, maintenant, c'était que dans son malheur elle était heureuse de le revoir. Et qu'elle n'avait rien contre lui. Contrairement aux autres Echo, elle ne considérait pas les astoriens comme des moins que rien ou des ennemis mais comme des pairs, des victimes du même groupe qui la tenait en joug depuis tant de temps. “ Je… ben… j’venais chercher des affaires à moi, si c’est possible…? ”  Immédiatement, elle recula d'un pas, ouvrant la porte un peu plus pour le laisser passer.

L'envie de le prendre dans ses bras se fit sentir. Malgré tout, il restait Thomas. Et si elle n'avait aucune idée de ce qu'il avait vécu tout ce temps, elle savait au moins qu'il venait de perdre quelqu'un d'extrêmement cher. Cependant, elle ne fit rien malgré l'envie mordante. Elle avait beau retrouver une personne de son passé, une personne chère, cette guerre entre leurs camps la faisait douter de tout. "Oui, oui bien sûr." commença-t-elle d'une voix basse, incertaine. Elle ne savait même pas si elle en avait le droit. Mais d'après les règles d'Echo, cette maison était à présent sienne -ce qui était complètement faux-. "Je..." Elle ne savait pas par où commencer. Devait-elle être directe et lui dire qu'elle n'était pas comme les autres ? La croirait-elle ? Il avait toutes les raisons de ne pas le faire. "Je suis contente de te savoir en vie." dit-elle alors simplement, sa voix trahissant toute la gêne qu'elle pouvait éprouver maintenant. Elle ne voulait pas de ce camp, elle ne voulait pas de cette maison, si elle était celle qui prenait les décisions, elle la rendrait sur le champ à Thomas. Tout comme elle ferait en sorte que le camp Echo parte, sans les suivre. Sans savoir où aller finalement car elle n'était pas astorienne après tout.

La méfiance dans la voix de Thomas était compréhensible. Même si jamais on ne l'aurait pensé pouvoir rejoindre un camp tel que les Echo, elle était l'une des leurs. Et cela levait beaucoup de questions, plaçait beaucoup de doutes. Elle pouvait avoir totalement changé, comme Joshua. Rien n'indiquait le contraire, même si son comportement disait le contraire. Plus hésitante, plus effacée qu'avant mais pas plus méchante. Ana ferma la porte derrière lui et s'y adossa. "J'ai enlevé les photos et les objets qui avaient l'air d'être de valeur pour que personne ne les vole. Ou les jette." expliqua-t-elle avant qu'il ne pose de question. Une attention qui dans le monde dans lequel ils vivaient voulait dire beaucoup. Mais elle tournait autour du pot, le vrai sujet de conversation ne devrait pas être la place des photos. Mais la leur.
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MessageSujet: Re: snap out of it    Mer 15 Mar - 19:42

snap ouf of it
/ Ana & Thomas  /
C’est le gros choc pour Thomas qui ne s’attendait absolument pas à se retrouver face à Ana. On ne pouvait pas dire qu’il l’avait oubliée, mais cela faisait longtemps que son prénom, son visage et encore plus sa voix n’avait pas atteint ses pensées. Leurs souvenirs étaient devenus plus flous, avec le temps, parce qu’il y avait eu trop de choses, et pas assez en même temps. Il ne l’avait tout simplement plus revue. Volatilisée, comme si elle n’avait jamais existée, comme s’ils n’avaient jamais été en contact. Ce n’était bien sûr, de la faute à personne. Il y a eu ce qu’ils appellent à présent des rôdeurs, pour gâcher le moment qu’ils partageaient. Et puis ce scénario catastrophe qui se concrétisait. Il se souvenait avoir déjà eu des conversations à ce sujet, “imagine s’il y a une invasion de zombies, qu’est ce que tu ferais ?” c’était abstrait, c’était pour le fun. Et maintenant plus personne ne rigolait. C’était surréaliste, quand on y pensait et pourtant, c’était leur réalité. Digne d’un film de science fiction de mauvais goût, avec des plot twists, des morts, des zombies et des connards qui, au lieu d’aider ne faisaient qu’empirer les choses avec leur loi du plus fort.

Et elle faisait partie de ces connards. C’était ça, alors le revirement de situation. Deux ans sans nouvelles, pour finalement se rendre compte qu’ils ne font pas partie du même clan. IL y avait ceux qui s’accrochaient sur ce bâteau et ceux qui les faisaient tomber. C’était dingue car avant, il aurait été le premier à lâcher prise. Il n’avait plus foi, il s’en fichait, se disait qu’ils finiraient tous par crever… mais depuis qu’Echo avait débarqué, la colère avait changé la donne. Il n’était plus complètement abattu ou blasé. Il était gavé, las de cette vie qui continuait à s’acharner alors qu’ils n’avaient rien fait pour mériter toutes ces injustices. Toutes ces personnes mortes au nom de quoi ? D’un égo surdimensionné. Quelque chose était mort, mais une autre s’était réveillée. On disait qu’en touchant le fond, on ne pouvait pas aller plus bas, et c’était probablement ce qu’il se produisait chez Thomas. Il allait bien finir par remonter, non ? En tout cas, il essayerait. S’il parvient à ne pas se dégonfler.

En attendant, il est bien incapable de dire quoi que ce soit dans les secondes qui viennent. Elle s’excuse, mais de quoi exactement ? Ce n’était pas elle la responsable. Du moins, c’est ce qu’il espérait et se doutait, bien que le fait qu’elle soit dans ce clan suggérait qu’elle n’avait rien d’une blanche colombe. De ce qu’ils avaient entendus, ils faisaient partie d’une élite impitoyable qui abattait tout sur son passage, ne laissant que désolation et destruction.  Lorsqu’il ouvrit enfin la bouche, ce fut pour lui expliquer la raison de sa venue. Il lui demandait la permission de pouvoir entrer chez lui,ou plutôt chez elle à présent afin de récupérer des affaires. Ana lui répondit par l’affirmative en se poussant pour le laisser entrer sans hésiter. Tom hocha la tête, dans un espèce de remerciement silencieux pour ne pas en rajouter une couche. Cette situation était bien trop étrange, et dans sa tête, c’était le bordel.

Il jetait un coup d’oeil dans l’entrée, puis tout autour de lui. Il constate que certaines choses, des photos manquaient à l’appel, et son coeur se resserra. Les avaient-ils jetées ? Il n’osa l’interroger, mais son regard se reposait sur elle, en entendant son début de phrase, qu’elle poursuivit en lui confiant être contente de le savoir en vie. Thomas se pinça la lèvre inférieure. Il ne savait que penser, et pourtant, il avait le sentiment qu’elle était sincère lorsqu’elle lui disait ça. “ Vraiment ? ” Dit-il, loin d’être sur la défensive. Il était juste perdu dans ce flot d’émotions qui l’animait depuis qu’il avait toqué à cette porte. Il l’observait refermer la porte, et nota qu’elle tenait une photo entre ses mains. Avant qu’il ne l'interroge à ce sujet, elle s’expliquait, en quelque sorte - ce qui lui valu un soulagement énorme. Thomas soupira, en fermant un court instant les yeux. “ T’étais en train de le faire, j’imagine ? ” Il baissa les yeux sur la photo qu’elle portait encore et ajouta en déglutissant : “ Merci, vraiment. ” Ses souvenirs, ils représentaient tout pour lui. Il aurait été effondré d’apprendre que tout son passé avait été balancé.  Il tenait toujours son gros sac sur son épaule, jetait un oeil tout autour de lui, nerveusement. “ T’es toute seule…?  Je ferai pas long, promis. ” Lui assurait-il, en se faisant déjà une check list de toutes les choses qu’il devait récupérées. Il commença d’ailleurs par se rendre dans la cuisine qu’il fouillait pour retrouver  le fameux paquet de croquettes, soulagé qu’il soit toujours là, lui aussi. Il agissait, sans réfléchir, et ce n’était pas plus mal. Il était bien trop nerveux sur le moment, et ses mains s’agitaient, tremblaient presque sous la pression. .
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MessageSujet: Re: snap out of it    Mer 15 Mar - 21:28

snap ouf of it
/ Ana & Thomas  /
Comment pouvait-il douter d'elle lorsqu'elle avouait être soulagée de le voir en vie ? Elle ne le releva pas, cependant, se contenta de détourner son regard du sien dans un soupire. Tout était si compliqué à présent. Même les plus simples retrouvailles devenaient aussi complexes qu'un jeu d'échec et Ana avait l'impression de marcher sur des oeufs. Peut-être n'aurait-elle pas du le dire, ça ne lui avait fait ni chaud ni froid. C'était sorti tout seul, une vérité qu'elle avait eu besoin de partager. Elle fixa le sol, lui trouva un intérêt particulier en attendant qu'il reprenne la parole. Mal à l'aise. Dans le timbre de sa voix, elle senti le soulagement qu'il devait éprouver. Quant à elle, elle donnerait tout pour rentrer chez elle. Elle se pinça les lèvres un instant, repensant à l'endroit qui l'avait vu grandir et qu'elle ne verra probablement plus. Tout comme sa mère. Ou son frère. Ils étaient surement morts et quelque part, Ana le souhaitait. De cette manière, ils ne subiraient pas ce qu'on lui faisait subir à elle et mourir était devenu un luxe. “ Merci, vraiment. ” Sans reposer son regard sur lui, elle lui répondit en retrait. "C'est normal." sans plus, relevant enfin la tête pour remarquer qu'il fixait la photo qu'elle tenait encore entre ses mains. Lorsqu'elle avait vu qu'il s'agissait de lui, elle avait cessé de cacher le cadre sans s'en rendre compte. Ana finit par le lui tendre sans faire de pas vers lui. Il lui appartenait, ça n'avait pas de sens qu'elle le garde plus longtemps. "Tiens." Ce n'était qu'une photo parmi tant d'autres, dans le bureau il y avait un carton plein de cadres de tailles différentes sur lesquels les deux femmes apparaissaient en compagnie de Thomas ou seules et inversement. Ana, elle, n'avait plus qu'une photo usée de sa petite famille dont les traces de pliures barraient le visage de sa mère. Elle s'était faites à l'idée que d'ici quelques années, la photo serait trop abîmée pour survivre encore sans cadre. Peut-être pourrait-elle en garder un, ou en acheter un. Thomas la tira de ses pensées. “ T’es toute seule…?  Je ferai pas long, promis. ”

Il était anxieux, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure et c'était triste car il était chez lui. Encore une fois, Ana se sentit loin d'être à sa place et fut surprise par sa question. "Ah... oui pour ce soir." commença-t-elle, un peu étonnée. "Mais à partir de demain il y aura quelqu'un d'autre." finit-elle sans rajouter plus de détails. Elle aurait pu lui dire que Joshua était mort en novembre, elle lui avait surement déjà parlé de lui à l'époque. Et que ça n'était pas une grande perte. Elle aurait aussi pu lui dire que ce quelqu'un, ce n'était qu'Hailey et qu'il n'était pas dangereux. Que les réparations n'étaient pas terminées. Mais elle préféra garder le silence, trop parler lui avait souvent donné des bleus et elle s'était habituée à n'être qu'évasive. Autant à cause de Joshua, qu'à cause des Echo qui avaient la fâcheuse tendance à utiliser ce que l'on disait contre nous. Thomas n'attendit pas sa réponse pour se ruer vers la cuisine. Ana le laissa faire, garda ses distances. Il voulait faire vite et elle ne voulait pas le gêner.

Elle ne voulait pas qu'il parte aussi subitement qu'il était apparu, mais elle n'aurait pas son mot à dire sur cela. Leurs clans en avaient décidé autrement. Il semblait la prendre pour une des leurs, pour une echo. Et elle ne pouvait pas nier le fait qu'il était un astorien. Par contre, elle refuserait qu'il la voit comme eux. Elle préférait n'être rien qu'être Echo. Ana s'approcha de lui tout en gardant ses distances, craignant la proximité. "Tu as besoin d'aide ?" lui demanda-t-elle. La situation était déplacée et étrange, mais le voir s'agiter sans rien faire la rendait plus encore nerveuse.
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MessageSujet: Re: snap out of it    Jeu 16 Mar - 16:11

snap ouf of it
/ Ana & Thomas  /
Thomas ne savait pas quoi penser, ce n’était pas méchant lorsqu’il remettait ses propos en question. Il avait l’impression de ne plus la connaître. C’était pourtant bête, c’était le seul fait de la savoir de l’autre côté de la ligne qui le faisait autant douter. Parce qu’autrement, il était certain qu’ils se connaissaient plutôt bien. Ce n’est pas comme s’ils n’avaient pas parlé durant des heures, que ce soit en ligne, au téléphone. Ça devait bien compter pour quelque chose ? Force est de constater, en même temps, qu’en deux ans, bien des choses s’étaient passées et qu’il n’était pas le seul à avoir subi quelques changements. Il avait changé, bien que son ancien lui, était certainement encore là, quelque part, enfoui. Il n’a jamais eu une énorme confiance en lui mais pour sûr, il préférait la version ultérieure de sa personnalité. A présent, sans les grognements, il ressemblait plus à un rôdeur qu’autre chose. Vidé de tout espoir, de toute envie, il attendait que le temps passe, que son heure n’arrive tout simplement, en subissant les pertes terribles de ses proches tout autour de lui.

Ses proches, qu’il avait justement perdus, le jeune homme continuait de les faire vivre à travers des souvenirs, qu’il ne retrouva pas, en premier lieu lorsqu’il se retrouva dans le couloir. Paniqué, il la remercia finalement lorsqu’il apprit qu’elle s’était chargée de les cacher, pour ne pas qu’ils finissent aux ordures. Il est tellement soulagé, il aurait presque envie de la serrer dans ses bras mais se retient contre toute attente.  En revanche, il constate qu’elle a gardé une photo dans ses mains, et fait finalement un pas vers Ana pour la récupérer. Il la prit, dévisageait ce portrait de famille et senti une nouvelle boule se former dans sa gorge. Ils avaient l’air tellement heureux sur cette photo, tous les trois. Aujourd’hui, il n’y avait plus que lui.

Il l’observait à nouveau, en lui demandant si elle était seule. Après tout, elle n’allait pas vivre dans cette maison toute seule, si ? Il craignait de trop traîner, et qu’on finisse par le chasser d’ici. Il fut soulagé qu’il n’allait pas être pris par le temps, lorsqu’Ana lui répondit, que ce serait le cas ce soir. Il hocha la tête, sans réellement demander plus de détails. Ça ne le regardait pas de toute manière. Pourtant, il avait tellement de questions en tête, voulait savoir ce qu’il lui était arrivé, durant tout ce temps mais n’osa pas. Toujours sponsorisé par l’anxiété, le blond rejoignit la cuisine. Il était dépassé, et fouillait pour retrouver les croquettes qu’il se devait de ramener si son chat ne voulait pas crever la dalle.  Et puis, il ne voulait pas déranger.  Il cogitait à mort, en se refaisant la liste de tout ce qu’il devait prendre, mais si ça avait été clair chez lui, à présent, il avait quasiment tout oublié. Il sursauta légèrement en entendant sa voix derrière lui, qui semblait lui proposer son aide. Il jeta un coup d’œil à son sac de sport vide, puis passait ses mains agitées sur son visage. « Hum... ben. Je… je sais pas ce que j’suis censé prendre. J’veux dire, j’avais fait une liste, mais en arrivant, j’ai tout oublié. » Il posa les croquettes dans le sac, puis se mit à marcher pour rejoindre sa chambre en reprenant la parole, toujours aussi nerveusement. « Mais j’sais pas ce que je suis censé prendre, par où commencer ? J’ai tellement d’affaires, et pas assez de place mais en même temps j’aurai pas besoin de tout ça. » Dit-il en désignant le vide. « C’est pas si important du coup, c’est pas comme si on allait vivre encore longtemps comme ça, alors… alors… j’sais pas. J’vais prendre des habits, voilà, c’est une bonne idée, non ? » Soufflait-il, pour se rassurer lui-même, que c’était par là qu’il devrait commencer… Il craquait complètement, sur le moment, bien trop dépassé. Il est, d'habitude, bien plus calme mais cela faisait des jours qu'il n'avait pas fumer de joints. Thomas finit par s’arrêter net, en arrivant dans sa chambre, ou plutôt son ancienne chambre ou des affaires qui n’étaient pas à lui étaient déjà posées sur le lit. A nouveau, son cœur se resserra. Sur le moment, il n’était certainement pas en condition de relativiser. Faut dire que même s’il ne s’en rendait pas compte, il était clairement chanceux que sa maison soit habitée par Ana.  Il se retourna pour croiser le regard de la jeune femme, avant d'entrer dans la pièce.
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MessageSujet: Re: snap out of it    Jeu 16 Mar - 21:56

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/ Ana & Thomas  /
Le voir comme ça lui faisait du mal. Non seulement parce qu'elle l'avait connu autrement, calme et souriant, mais aussi parce que leurs retrouvailles étaient loin de ce qu'elle avait pu imaginer aux premières heures de l'épidémie. Après bien sûr son souvenir était passé au second plan, puis troisième, avait même disparu un temps ne revenant que ponctuellement quand elle pensait le reconnaître parmi d'autres groupes de survivants. Finalement, elle l'avait oublié et voilà qu'il réapparaissait subitement, certainement au moment le plus chaotique de sa vie. Son clan était profondément mauvais, elle en avait toujours eu pleinement conscience. Mais Ana n'avait jamais rien fait contre, se sentant incapable de faire quelque chose contre ces hommes et femmes monstrueux. Elle avait accepté ce destin dont elle ne voulait pas par pur instinct de survie car elle savait que seule elle n'y serait jamais arrivé. Et Joshua l'avait longtemps empêché de faire quoi que ce soit. À présent, elle le regrettait amèrement. Ana inspira profondément, les yeux humides, les lèvres tremblantes qu'elle pinça à nouveau. Elle se sentait terriblement coupable alors qu'elle n'avait rien fait, mais les agissements de son camp devenaient les siens dans les yeux de ceux qui ne la connaissaient pas. Dans ceux de Thomas peut-être aussi. Il ne disait rien, évidemment, mais elle se doutait qu'il la jugeait quelque part.

Si l'angoisse de Thomas était clairement visible, celle d'Ana l'était beaucoup moins. Elle avait appris tous ces mois à feindre l'impassibilité pour s'éviter des soucis, des moqueries. Et si son visage elle avait appris à le contrôler, ses yeux la trahissaient toujours, trop expressifs. La respiration laborieuse par l'anxiété qui lui serrait la gorge, elle posa son regard dans celui de Thomas complètement dépassé parce qu'il se passait. C'était tout à fait normal, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Elle s'en voulait à elle-même avant tout de toute façon. Ana remarqua le paquet qu'il venait de mettre dans son sac du coin de l'oeil et s'interrogea sur son utilité, avait-il un animal de compagnie ? Comment était-ce possible dans le monde dans lequel ils vivaient aujourd'hui. Des questions, toujours des questions sans jamais avoir de réponse. La situation était ridicule. Ça n'aurait pas dû se passer comme ça. Lui qui passait en coup de vent prendre des affaires dans la maison qu'on l'obligeait à céder à Ana et à d'autres. Elle qui l'observait impuissante. Aussi distants que deux inconnus. À croire que deux années remplies d'horreurs avaient été suffisantes pour les rendre à l'état de lointaines connaissances. Son coeur se serra à nouveau alors qu'il s'éloignait, devinant son trajet jusqu'à la chambre dans laquelle elle avait posé ses affaires. Son regard était triste. "Thomas..." souffla-t-elle en le suivant de loin, réalisant une fois prononcé l'étrangeté de son nom dans sa voix. Mais il ne semblait pas l'avoir entendu, l'esprit surement trop embrumé par ce qu'il s'était passé ces derniers jours, ces dernières minutes. Dans l'embrasure de la porte, elle retenta cette fois plus fort. "Thomas." dit-elle hésitante, la voix brisé par la boule qui s'était formée dans sa gorge. Lorsqu'elle réussi à capter son attention, Ana se senti soudainement toute petite. Au fond, elle aurait aimé l'être.

En vérité, elle ne savait pas comment formuler ses pensées. Elle aurait aimé lui dire ne pas prendre son temps au contraire et de lui parler. Lui raconter ce qu'il lui était arrivé, ce qu'il s'était passé après ce jour là dans le bar. Peut-être la rassurer un peu aussi. Après tout, ils venaient tous deux de se retrouver, de récupérer un visage du passé qu'ils appréciaient. Et tout ce qu'ils faisaient, c'était à peine oser se regarder en face, remplir un sac d'affaires pour partir vite, loin, se séparer à nouveau comme s'ils ne s'étaient jamais connu. Une situation qu'on leur avait imposé mais qu'ils pouvaient probablement ignorer, non ? Ana soupira, las. "Qu'est-ce qu'il nous est arrivé ?" lui demanda-t-elle incertaine. Personne en les observant n'aurait parié qu'ils se connaissaient plus que de mesure. Elle détourna le regard, levant les yeux en l'air ravalant ce qui menaçait de s'en échapper avant de s'approcher de lui et vider silencieusement son sac des vêtements qu'il avait hâtivement mis dedans. Puis elle entama de les plier consciencieusement afin qu'ils ne soient pas froissés et de les remettre dans le sac de Thomas avec attention. Sans dire un mot de plus, les mains tremblantes malgré les gestes simples. Bouleversée sans vouloir le montrer.
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MessageSujet: Re: snap out of it    Ven 17 Mar - 8:20

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/ Ana & Thomas  /
Tom est tellement déstabilisé. Devant la porte, le jeune homme avait réussi à apporter le semblant de confidence qu’il avait en lui, mais tout s’était envolé lorsqu’elle s’était ouverte. Il en oubliait presque toutes les choses qu’il s’était juré d’emporter dans sa nouvelle maison. C’est stupide, mais de revoir la jeune femme lui a grillé le cerveau. C’était la dernière chose à laquelle il s’attendait, aujourd’hui. Cela faisait bien longtemps qu’il s’était fait une raison. Dans sa tête, elle devait être morte, ou en train de bouffer une cervelle… mais au final, c’en était presque pire, ce qui leur arrivaient aujourd’hui. Ils n’étaient pas du même côté. Il savait qu’il s’emballait dans son processus de pensée, car au fond, il n’avait pas suffisamment échangé avec Ana pour connaître son histoire. Ce n’est pas l’envie qui lui manque pourtant, mais autre chose. C’est surprenant, surtout lorsque l’on connait leur passé. Il n’a jamais été un tombeur, ou à l’aise avec les filles, parce qu’il est maladroit, et peu assuré… mais avec la jolie Ana, ça a toujours été différent. Il n’a jamais été mal à l’aise en sa compagnie. Il s’est toujours senti lui-même, ou plutôt autorisé à l’être.

Maintenant, Tom panique, craint de rester trop longtemps et commence à s’agiter dans tous les sens pour déguerpir au plus vite. Il n’a pas encore de croiser d’autres membres de son clan ou encore de dépasser le fameux couvre-feu. La fameuse « prison », il avait déjà donné pendant deux jours. Deux jours à ruminer, dans une cellule, à se retaper le film des événements, notamment lorsque sa mère avait été mordue. Il ne l’avait pas revue depuis mais avait entendu qu’ils ne l’avaient pas « relâchée ». Sa pauvre mère se trouvait encore à l’exact endroit où elle lui avait souri une dernière fois. Comment pouvait-on faire preuve d’autant de cruauté ? Il l’ignorait, ne cherchait pas à psychanalyser les esprits tordus des assaillants pour autant. Ce n’était pas le moment. Là, la priorité était de rejoindre sa chambre. Il continuait de blablater, alors qu’il n’entendit pas la première fois qu’elle l’interpella. C’est seulement à la deuxième, que son regard vient se poser sur elle, l’air interrogatif. « Oui ? » Demandait-il, alors qu’il ouvrait ses commodes, pour en ressortir le plus de fringues possibles pour les enfiler dans son sac.

La réponse ne tarda pas à suivre. Thomas relevait la tête, légèrement surpris par la question qu’elle lui posait. Qu’est-ce qu’il leur était arrivé ? « L’apocalypse. » Voilà ce qui était arrivé. La fin du monde, la désolation, la coupure, la peine, le deuil, la misère, la solitude, les regrets. Il pourrait continuer encore longtemps cette checklist mentale, à dire vrai. Elle s’était mise à plier ses affaires, et lui, il la regardait, un peu incrédule. Il se mordit la lèvre inférieure, en se maudissant de ne rien dire de plus. Il restait bloqué, comme un con. Il la voyait bien, bouleversée et n’aimait pas ça. Tom aimerait faire quelque chose, et finit, après quelques secondes de silence, à reprendre la parole, en posant sa main sur la sienne. « Toi, qu’est ce qui t’es arrivée après le bar… ? » Osait-il lui demander en passant sa main de libre sur sa nuque. « J’suis jamais parti d’ici moi… » L’informait Tom, en tentant d’instaurer un dialogue plus… évident, après le choc de ses retrouvailles inattendues dont il avait encore du mal à réaliser.

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MessageSujet: Re: snap out of it    Ven 17 Mar - 11:35

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/ Ana & Thomas  /
Elle avait encore du mal à réaliser qu'il était bien là, qu'elle l'était aussi. Le contexte semblait totalement irréel, digne des pires séries télévisées. Digne des jeux vidéos auxquels ils avaient joués des heures ensemble d'un bout à l'autre du pays. Mais aujourd'hui, ça n'avait plus l'air d'un jeux. Impossible de mettre pause, d'entendre sa voix lui raconter des bêtises, de relancer la mission ou de la recommencer sans plus de problème. Si l'un d'eux mourrait, il ne suffirait pas de retourner dans le menu et malgré tout dans leur malheur ils avaient eu la chance de se retrouver. De la chance, Ana n'en était pas si sûre. La situation n'avait rien de chanceuse, son arrivée avait précédée plusieurs morts et dans un sens en était la cause. Elle soupira, essayant de trouver dans le geste répétitif du pliage un semblant de calme dont elle avait besoin. Mais ses mains continuaient de s'agiter et elle devait parfois s'y prendre à deux fois. Derrière elle, il continuait de fouiller dans ses propres tiroirs qu'elle ne viderait probablement jamais de toute façon. Maintenant qu'elle savait à qui appartenait la maison, l'envie de s'y installer s'était envolée pour laisser place à la culpabilité et ses affaires resteraient dans son sac ou ne prendraient qu'une petite place dans son armoire, là où il aura enlevé quelques vêtements. Rien de plus. La perspective de dormir dans son lit la gênait également, consciente qu'elle n'avait pas été invitée et que c'était -purement- du vol. Elle se pinça les lèvres, tentant de perdre ses pensées en se concentrant sur ce qu'elle faisait mais son attention était irrémédiablement attirée par Thomas. L'esprit plein d'interrogations, d'auto-accusation. L'apocalypse. Voilà ce qui leur était arrivé, tout et rien à la fois. C'était vague comme concept, mais cela résumait bien les choses. Il leur était arrivé le pire. Mais ils étaient encore là et elle aurait trouvé ça plein d'espoir si le contexte n'était pas aussi tordu.

Elle sursauta lorsqu'il posa sa main sur la sienne, se crispa même, les muscles tendus. Vestiges d'années insupportables passées auprès d'un monstre. Les gestes tendres, il n'y en avait pas eu et même après sa disparition la violence avait toujours été mère. Les gestes les plus banals pouvaient être annonciateurs de douleur et une main posée nonchalamment sur une autre était souvent le début d'une entorse. Elle l'avait appris à ses dépends, ça l'avait rendu craintive des contacts les plus simples lorsqu'elle n'en était pas l'instigatrice. Là encore, elle réagissait comme une proie, un animal battu s'attendant à recevoir le coup de bâton qu'il avait -forcément- mérité. Cependant, elle ne retira pas sa main -ce qu'elle aurait fait d'ordinaire-. Se contenta de rester immobile, de fixer la manière avec laquelle la sienne disparaissait sous celle de Thomas. Interdite. « Toi, qu’est ce qui t’es arrivée après le bar… ? » Il fallut qu'il prenne la parole pour qu'elle ne retrouve les pieds sur terre, cherche son regard du sien. Il n'y avait aucune animosité dans celui de Thomas, au contraire, et Ana se surprise à se détendre un peu, acceptant enfin son geste. « J’suis jamais parti d’ici moi… » Elle se tourna entièrement vers lui, sans jamais quitter sa main, ne sachant pas par où commencer. Il y avait à la fois trop à dire et pas assez. Des détails qui lui paraissaient futiles mais qui étaient en réalité important. D'autres qu'elle préférait taire pour le moment. "Hm..." elle réfléchissait, avait du mal à formuler ses pensées. "On a fuit comme tout le monde" dit-elle en incluant silencieusement Joshua, le simple fait de le mentionner lui nouait l'estomac, la rendait malade. Mais elle continua. "On est allé de groupe en groupe. Joshua a été accepté chez les Echo." C'était suffisant pour comprendre quel genre d'homme il avait été. "Je n'ai pas eu le choix." rajouta-t-elle, presque soulagée d'enfin expliquer les choses, mais l'expression torturée dans ses yeux trahissait quelque chose qu'elle ne voulait pas dire. Pas tout de suite. Elle n'en parlait à personne, de toute façon tout le monde chez les Echo le savaient. Joshua n'avait jamais été quelqu'un de discret. "Il est mort en novembre" souffla-t-elle sans émotion, et avant que Thomas n'ait le temps de s'interroger sur ce manque de compassion, elle conclut. "Il a eu ce qu'il méritait.", sa main qui jusque là avait été immobile sous celle de Thomas entrelaça ses doigts aux siens d'une poigne faible, presque inconsciemment. Elle s'y accrochait, alors qu'elle prononçait pour la première fois ces terribles mots. Finalement, elle détourna le regard, faisant mine de balayer la chambre des yeux. Et puis, "Et depuis, rien. Echo n'est pas un camp qu'on quitte comme ça..." sa voix tremblait un peu, ses mots couplés aux dernières actions du camp étaient suffisamment évocateurs pour qu'il comprenne ce qu'on faisait des déserteurs. Ana plante enfin ses yeux dans ceux de Thomas, après avoir longuement hésité, silencieuse. "Je ne voulais pas venir ici. Ni tout ça, tu sais." de toute façon qui aurait pu le vouloir. Elle s'arrêta là. Elle avait omis de grands détails, avait romancés quelques trucs pour se protéger elle-même de la dure réalité des mots. Dire certaines choses, c'était les rendre plus vraies encore. Les encrer quelques part. Elle n'osa pas rajouter quoi que ce soit, laissant le temps à Thomas de faire sens de ses dires.


Dernière édition par Ana Tellers le Ven 17 Mar - 22:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: snap out of it    Ven 17 Mar - 21:17

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Thomas ne lui en voulait pas personnellement. Il sait que la jeune femme n’est pas l’investigatrice de tout ceci. Il en est certain, parce que c’est juste impossible qu’une femme comme elle puisse être le cerveau d’un stratagème si tordu que celui d’Echo. Pour ce qu’il avait compris, il y avait les chefs et ceux qui suivaient, plus ou moins avec volonté. Il savait bien que tout n’était pas noir ou blanc, et que dans un contexte comme le leur, il était possible de faire des choses qui allaient à l’encontre de nos principes habituels.  Pourquoi ? Parce qu’ils étaient bien loin de cette vie qu’ils avaient connue. Elle semblait être un vague souvenir, matière à des anecdotes qui finissaient par être oubliées avec le temps. Comme si elle n’avait jamais existé et qu’ils avaient passés leur vie dans des camps, à vivre d’une manière primitive. C’est comme ça qu’il ressentait les choses à présent. Le blond avait des souvenirs, qu’il commençait presque à confondre avec des rêves tant tout lui semblait hors de sa portée. Ils ne vivront plus comme avant, n’auront probablement plus l’occasion de bloquer devant des émissions télévisées, de jouer en ligne durant des heures, de faire des appels vidéos ou tout simplement de se rendre à un fast food ouvert H24 à la sortie d’un concert.

Et ça, il l’avait difficilement accepté. Tout finissait par l’être, à un moment ou à un autre. Il ne lui en voulait donc pas d’être celle qui squatterait sa chambre. Ça avait quelque chose de réconfortant, dans toute cette misère que ce soit elle, et pas un autre barbare. Il savait qu’elle avait tout de même un minimum de considération pour lui, pour sa maison, et même ses affaires d’après ce qu’il avait pu en voir. Ça le touchait, ça avait une grande importance pour lui, et surtout : le confortait dans l’idée qu’il n’y avait pas que les méchants versus les « gentils » dans cette histoire, qu’il y avait une nuance, et qu’il suffisait tout simplement de prendre le temps de s’y intéressé. C’est ce que Tom finit d’ailleurs par faire, en posant sa main sur la jeune femme, en l’interrogeant. Un moment de flottement en suivi, et Thomas se pinça la lèvre, n’étant pas certain de la manière que son geste fût interprété. Il hésita à retirer sa main lorsqu’elle sursauta.  Et puis son attention se portait sur les explications que la brune lui fournissait. Elle avait fui, comme tout le monde, s’était retrouvée dans différents groupes, avec Joshua. Thomas ne l’avait pas oublié puisqu’il était le copain de l’époque. Il baissa un instant les yeux face à ce rappel, tentant de se souvenir du personnage, qui dans ses souvenirs, une fois de plus, ne semblait pas être le genre à virer psycho. Les gens étaient donc capables du pire dans des situations extrêmes… mais le jeune homme est mort, en novembre. Il ne cachait pas sa surprise, n’eut pas le temps de répondre, qu’Ana lui répondit qu’il avait eu ce qu’il méritait. Oh. Il ne dit toujours rien, mais sentait les doigts d’Ana s’entrelacer aux siens. Thomas resserrait légèrement ses doigts autour des siens, à défaut de la couper dans ses explications. C’est seulement lorsqu’elle eut terminé, qu’il reprit la parole.

« Du coup j’dois pas être désolé, pour Joshua ? » Relevait-il, embêté, mais en même temps, le jeune homme se souvenait que sa mère lui avait parlé d’un type d’Echo qu’un des leurs avait tué en novembre. Thomas fit rapidement la connexion. « J’imagine qu’il est mort ici, c’est ça ? » Il l’avait dit d’un ton neutre, parce qu’il ne l’avait pas vu et qu’à l’époque, il restait loin de tout ça, il avait subi, était rentré chez lui. S’il connaissait tous ces détails, c’était parce que sa mère était la fondatrice du camp, et de ce fait, lui en avait parlé. Son regard restait scotché dans le sien, il relevait les tremblements dans sa voix, lorsqu’elle s’était expliquée. « Je t’en veux pas, tsais. » Déclarait Tom, en haussant les épaules, avec impuissance. « C’est pas comme si c’était toi qui avait orchestré tout ça. T’as juste fait ce qu’il fallait pour survivre. » Voilà, ça se résumait à ça, maintenant. Faire ce qu’il fallait, pour ne pas claquer. « Et moi aussi, j’suis content de te savoir toujours en vie. » En concluait le blond, timidement,  pas franchement doué avec les déclarations à cœur ouvert, mais c’était sincère.


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MessageSujet: Re: snap out of it    Sam 18 Mar - 0:12

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Elle était fébrile. Parce qu'en répondant à sa question des souvenirs qu'elle pensait loin étaient revenus à la surface. Les groupes qui s'étaient enchaînés les uns après les autres, connaissant tous des fins tragiques dans le chaos et les cris. Joshua, simplement. Et puis ces derniers mois auprès d'Echo qui ne l'avaient que rendue plus discrète, s'effaçant sous la présence des bêtes que pouvaient être les membres de ce groupe. Quoiqu'elle fasse, elle ne pouvait ignorer cette partie de sa vie bien qu'elle aimerait avoir la possibilité de le faire. Décider de ce dont elle se souviendrait, de ce qu'elle oublierait semblait être tellement plus facile. Sa gorge était plus serrée que jamais et sa poitrine peinait à se soulever tant elle était anxieuse. Sa main serra un peu plus la sienne et toute l'attention d'Ana était concentrée sur ce contact, ce geste rassurant. Et c'était étrange que de parler et de partager son regard tout en ayant pleinement conscience que plus bas leurs mains se mêlaient sans qu'aucun ne le relève. Pourtant, aussi curieux cela pouvait-il être, Ana se rendait maintenant compte d'à quel point ça lui avait manqué. Alors la plus petite des attentions prenait à présent des dimensions plus profondes. Lorsqu'il mentionna Joshua elle baissa les yeux, presque honteuse de ne rien éprouver à la suite de sa mort. Thomas l'avait connue amoureuse de ce type dont elle ventait les mérites, et maintenant, elle avouait qu'il méritait sa mort. Un grand écart qui devait nourrir des dizaines de questions dans l'esprit du jeune homme. Des questions auxquelles Ana ne savait pas si elle pouvait encore répondre. " Ne sois pas désolé, non. " soupira-t-elle en secouant la tête doucement avant qu'il ne pose à nouveau une question sur la disparition de son ex. " Oui. " se contenta-t-elle de répondre évasivement, ne voulant pas s'étaler sur ce sujet. Après sa disparition, elle s'était promise de ne plus parler de lui et de ne rendre l'emprise qu'il avait eu sur elle qu'anecdotique. Il ne méritait pas de vivre à travers les stigmates qu'il lui avait laissé.

« Je t’en veux pas, tsais. » elle releva les yeux pour se perdre dans ceux azures de Thomas, pressant sa main contre la sienne comme pour acquiescer silencieusement. Lui faire comprendre qu'il avait raison de ne pas lui en vouloir. Son coeur se serra à mesure qu'il parlait, perdue quelque part entre le soulagement et la satisfaction. Savoir qu'il n'avait rien contre elle lui faisait plus de bien qu'elle ne le laissait paraître, tandis qu'elle hochait doucement la tête pour appuyer ses propos. Il avait l'air de comprendre malgré l'horreur, que tout ce temps elle n'avait qu'essayait de conserver la tête hors de l'eau. « Et moi aussi, j’suis content de te savoir toujours en vie. » finit-il un peu hésitant. Cela lui arracha un sourire, son premier depuis qu'elle était arrivée. Bref, mais bien là. Elle baissa la tête comme pour le cacher avant de remonter son regard vers Thomas sans rien dire de plus. Moment flottant où il n'y avait qu'eux, elle en oubliait presque l'endroit où ils se trouvaient son attention uniquement tournée vers Thomas qu'elle redécouvrait. Leurs mains toujours liées. D'autres se serraient pris dans les bras sous l'euphorie du moment, Ana préféra tracer une ligne sur la peau du jeune homme à l'aide de son pouce dans une caresse subtile. Puis elle brisa le silence.

"Tu sais, tu peux venir ici quand tu le veux." lui expliqua-t-elle. Elle ne voulait pas le lui interdire, ce n'était pas parce qu'Echo avait décidé d'expulser certains habitants de leurs demeures que ces derniers ne pouvaient plus y mettre les pieds. "C'est chez toi avant tout." continua-t-elle la voix plus stable. "Je te promets de faire attention." ajouta-t-elle dans l'ombre d'un rictus, presque d'un ton léger. C'était une promesse stupide, digne d'enfants à qui on demande de bien faire mais dans leur contexte, cela voulait dire beaucoup. Comme si au lieu de s'imposer, Ana empruntait cet endroit pour un temps donné car au fond elle espérait que ça ne soit pas définitif. Vivre sous le commandement d'Echo n'était pas chose aisée et elle espérait qu'un jour, les astoriens reprendraient ce qui était à eux. C'était un peu tôt pour le dire, mais Ana avait totalement conscience du vol qu'ils commettaient et un jour ou l'autre, cela se retournerait contre eux. "Et si tu as besoin de quelque chose, je serais là." elle marqua une pause, comme pour réfléchir. "Même si je ne suis personne chez les Echo, je ferais mon possible."  se sentit-elle alors obligée de rectifier. Elle ne pouvait pas faire grand chose, mais elle essaierait quitte à être une porte entrouverte vers les Echo.  
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MessageSujet: Re: snap out of it    Sam 18 Mar - 21:21

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/ Ana & Thomas  /
Thomas en vient à se demander s’il devait être désolé pour la mort de son petit-ami. Du moins, il n’a aucune idée d’où ils en étaient après, dans leur relation mais aux dernières nouvelles, ça allait bien entre eux. Il y a sans doute quelque chose qui a changé entre eux, et surtout chez ce type. Il ne le connaissait pas vraiment, ne l’a pas vu non plus, mis à part en photos. Ce n’était pas vraiment son genre de personne à l’époque – et puis il fallait avouer que Thomas s’était rapproché d’Ana, et la voyait autrement que comme une amie. Il s’était longtemps demandé ce qu’il aurait advenu d’eux, s’ils avaient eu l’occasion de poursuivre leur soirée ensemble. Juste par curiosité, juste pour rester dans le dernier souvenir qu’il avait eu d’elle avant qu’elle ne disparaisse. Ce foutu rôdeur, qui avait été le début d’une longue série de drama. Ces derniers lui avaient décidément fait tout perdre. A l’époque, ils ne comprenaient pas ce qu’il se passait, et aujourd’hui, il n’est pas certain de l’avoir vraiment pigé. Tout est arrivé si vite. Il est certain que les autorités étaient au courant depuis un bon moment, mais eux, les pauvres civiles qui, du jour au lendemain se sont retrouvés au milieu d’une scène post apocalyptique, sont restés dans l’ignorance la plus complète. Ils n’avaient plus qu’à subir l’épidémie et les conséquences qu’elle avait eue sur le monde.

Et deux ans après, les deux anciens amis se rendaient compte à quel point ils avaient changé. Ils n’étaient plus les mêmes personnes, et pourtant, en resserrant sa main contre la sienne, Thomas semblait s’accrocher à l’idée qu’il y avait toujours une part d’eux, leurs anciennes versions, quelque part au fond d’eux. Il avait hoché la tête en silence, sans rien ajouter de plus concernant Joshua, et ne commentait non plus pas lorsqu’elle lui confirmait qu’il était décédé sur ce même sol. Il avait bel et bien été ce type qui avait terrorisé une bonne partie de la population avec ces propos menaçants, mais surtout son sadisme hors du commun. Lorsqu’il reprit la parole, c’est avec une pointe de timidité. Il était sincère lorsqu’il lui disait ne pas lui en vouloir, et surtout qu’il était content que rien de mortel ne lui était arrivé. Ses retrouvailles lui semblent surréalistes et a l’impression de dire de la merde, ou de passer à côté de l’essentiel, tandis qu’il sera certain que les bons mots lui viendront plus tard, lorsqu’il sera rentré.

Leurs regards s’accrochèrent un moment, il arborait un léger sourire en sentant son pouce caresser la paume de sa main. Moment de tendresse non négligeable, qui lui faisait l’effet d’un certain baume au cœur. Il en oublierait presque tout ce qui se trouvait autour d’eux… mais ce n’était que le temps de quelques minutes. Lorsqu’Ana lui soufflait qu’il pouvait venir ici quand il le souhaitait, lui rappelant que c’était sa maison et qu’elle y ferait attention, Thomas arbora un sourire. Quelque chose en lui lui disait qu’il n’en doutait pas de toute façon. « Je m’inquiète pas pour ma maison. » Dit-il, en haussant les épaules, mais il est vrai que dans son malheur, il était plutôt chanceux pour ce coup-là. « Merci en tout cas, c’est sûr que ça m’enlève une épine dans l’pied, d’savoir que c’est toi qui est là, plutôt que quelqu’un d’autre. » Et puis elle lui proposait son aide. Il hochait la tête, signe qu’il avait entendu, bien qu’il ne voyait pas trop comment elle pourrait les aider. « Si tu peux négocier pour qu’ils ne nous tuent pas tous, ce sera déjà bien, enfin… j’sais pas si tu peux faire ça, mais bon. En tout cas, prends pas des risques non plus. » Finit-il par dire en haussant les épaules. Il n’avait pas spécialement envie que quelque chose lui arrive pour les aider. Ils trouveront bien une façon de survivre dans ce nouveau régime. Un peu à contre cœur, le fond s’éloigna, pour faire le tour de sa chambre, cherchant quelque chose qu’il n’aimerait pas oublier dans le paysage maintenant que ses fringues étaient dans son sac, puis se souvint de ce qu’elle avait dit au sujet des photos. « J’ai une cave, en bas, j’peux mettre les cadres que t’as enlevé là bas, si tu veux ? »

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MessageSujet: Re: snap out of it    Lun 20 Mar - 1:12

snap ouf of it
/ Ana & Thomas  /
Le sourire de Thomas la rassura. Toutes les horreurs qu’il avait dû vivre n’avaient pas réussies à le rendre amer et dur, et quelque part, le jeune homme qu’elle connaissait et pour qui elle avait traversé le pays sur un coup de tête était encore là. Elle le sentait dans sa main autour de le sienne, dans son sourire et sa voix. Le temps sembla s’arrêter un instant avant qu’il ne reprenne la parole, les ramenant dans une réalité qui était la leur mais qui semblait totalement improbable. Il disait ne pas être inquiet, Ana s’en étonnait. À sa place, elle aurait certainement était dans une panique monstre de savoir que quelqu’un vivrait dans le seul endroit qu’elle aurait réussi à préserver de l’épidémie. Car cette maison devait être chère à Thomas, un rappel d’une vie antérieure mais également le signe qu’ils pouvaient encore y arriver : vivre presque comme avant. Ça devait avoir quelque chose de rassurant que de vivre encore dans le confort de son chez-soi malgré l’apocalypse. Ana savait que c’était impossible pour elle, Phoenix était bien trop loin à présent et les moyens qu’ils disposaient étaient trop minimes pour faire un si long voyage. Qui plus est, c’était trop dangereux que de quitter un camp et traverser une partie du pays seule ou accompagnée : les rôdeurs pouvaient surgir de nulle part, tout comme les survivants que maintenant elle craignait autant que les morts-vivants. Peut-être était-elle trop matérialiste, mais elle ne pouvait nier le fait que parfois elle espérait se réveiller chez elle en sécurité. Thomas la remercia, ce qui eu l’effet de lui arracher un petit sourire qui ne resta pourtant pas bien longtemps sur ses lèvres. Elle hocha la tête, ne cherchant pas à répondre mais acceptant ce qu’il disait. Dans leur malheur ils avaient eu de la chance. D’abord de se retrouver, puis qu’elle soit celle prenant sa maison. Un autre ne se serait pas gêné pour détruire toutes ces années de vie accumulées en remarquant qu’elle appartenait au fils d’Octavia Mears. Ses pensées se tournant vers ce qu’ils avaient tous été obligé de regarder, elle se demanda le coeur serré comment pouvait-il encore tenir debout et sa haine contre son propre camp n’en fut que plus profonde. Mais Ana n’osa pas lui poser de question à ce sujet, elles viendraient plus tard. Ce n’était pas le moment.

Si Thomas n'était pas certain qu'elle puisse négocier, Ana en était certaine. Les personnes du camp Echo n'étaient pas de ceux que l'on pouvait raisonner. La négociation, ça n'existait pas vraiment. Et le simple fait de demander ou d'attendre un peu de compassion de leur part était perçu comme une faiblesse. L'on devenait alors le dernier maillon de leur chaine hiérarchique, délaissé et dénigré. Ana n'en dit rien pour autant, relevant seulement sa dernière phrase. Prendre des risques. Pendant presque deux ans, elle s'était contentée de suivre Joshua et à présent libre de son emprise, elle goûtait à une liberté partielle grignotée par Echo. Mais une liberté quand même, dans laquelle elle prenait ses propres décisions et ses propres risques. Cacher les affaires de Thomas en était un -minime, certes- car l'empathie envers les astoriens pouvait être considéré comme un acte de trahison, attirer l'attention. Sympathiser avec l'ennemi devait certainement être mal vu et interdit. Et si en étant elle-même, elle devenait traitre alors soit, qu'importe. Elle était las de devoir baisser la tête et voulait à présent se relever. Mais elle préféra se taire, se contentant d'hocher la tête nonchalamment sans faire de promesse qu'elle ne pourrait pas tenir.

Il s'éloigna, coupant court à leur discussion. Ana l'observa un instant, perplexe. Un peu perdue surtout quant à ce qu'il venait de se passer mais ses questions attendraient un autre jour, sa peine aussi. Elle le laissa faire le tour de la pièce en rangeant méticuleusement les derniers vêtements dans son sac. « J’ai une cave, en bas, j’peux mettre les cadres que t’as enlevé là bas, si tu veux ? » Sa proposition l'a prise de court mais elle réfléchit rapidement. Ana n'avait pas encore eu le temps d'y descendre, mais s'il jugeait que l'endroit pouvait être adéquat alors tant mieux, il connaissait mieux la maison qu'elle de toute façon. "Oui pourquoi pas, je garderais la clé sur moi juste au cas ou." répondit-elle. Et Dieu seul savait qu'il pouvait y avoir un nombre incalculable de complications. Surtout dans le monde dans lequel ils vivaient maintenant. Elle lui offrit un sourire qui se voulait rassurant, rare chez elle depuis quelques temps. "Le carton est dans ton bureau, il est déjà bien plein, je n'pense pas pouvoir le porter moi-même..." annonça-t-elle sans douter que lui en serait capable. Elle y avait mis tous les cadres sur lesquels Thomas ou sa famille apparaissaient, ainsi que tous les objets qui lui semblaient importants. Elle avait pu en louper certains, mais l'essentiel devait être là. C'était le principal. "Tu devrais faire un tour, si ça se trouve j'ai oublié quelques trucs ?" lui proposa-t-elle également, inquiète. Et puis soudain, une question lui traversa l'esprit. Quelque chose qui maintenant qu'elle y pensait lui paraissait tellement évident à poser. "Tu sais où est-ce que tu dors ce soir ?" lui demanda-t-elle enfin. Ana savait qu'elle dormirait certainement dans cette même pièce, ne laissant personne d'autre le droit d'y séjourner. Pour Thomas avant tout. Mais aussi parce que quelque part, ça la rassurait. Elle n'y était pas totalement étrangère, se souvenait de certaines conversations tardives sur skype où ils avaient parlé des heures par caméra interposées. Et elle avait pu se faire à ce décor. Maintenant, ses souvenirs étaient flous, brouillés, mais la sensation restait la même. Cette chambre serait la sienne autant de temps que Thomas le lui permettrait.

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MessageSujet: Re: snap out of it    Mer 22 Mar - 18:51

snap ouf of it
/ Ana & Thomas  /
Non, Thomas ne s’inquiétait pas pour sa maison. Elle était importante à ses yeux, bien évidemment mais plus le temps passait, et plus Thomas se détachait gentiment mais sûrement de toutes ces choses matérielles. On lui avait déjà pris tant de choses qui lui était importantes. A part sa vie, il ne lui restait pas grand-chose. Ça remettait certaines choses en perspective. Alors oui, il aurait préféré pouvoir rester dans sa maison, puisqu’elle est le dernier vestige de sa vie d’autant, mais il n’a pas le choix et n’a étrangement pas envie de mourir en contestant le choix des assaillants. Ils devaient se faire violence s’ils voulaient pouvoir continuer à vivre ici. Ils avaient refermé les portes en arrivant et n’étaient pas autorisés à fuir. Ils devaient subir et se la fermer et éviter de faire des vagues. Ils n’avaient pas le choix, et Thomas s’était trouvé une nouvelle rage de vivre. Il ne voulait plus attendre que son heure arrive. Il n’est pas certain du pourquoi du comment, mais l’accumulation de merdes l’a forcé à relever la tête et ce n’est pas plus mal.  Il n’a non plus pas envie de voir Ana plaider leur cause. Il se doute bien que ce n’était pas un bon choix stratégique et que ça pouvait lui créer des ennuis. Il n’a pas envie de la savoir en danger. Ils venaient de se retrouver, ce n’était pas pour la perdre à nouveau. Ce serait terrible.

Loin de là l’envie de mettre court à cet échange et même de leur rapprochement, Thomas s’éloigna tout de même de quelques pas, histoire de faire un tour dans la pièce, afin de ne rien oublier. Il sait qu’il pourra certainement trouver une façon de revenir, au cas où, maintenant qu’il connaissait la propriétaire, mais s’il était venu ici, ce n’était non plus pas pour repartir les mains vides. Il voulait prendre le plus de choses possibles, mais se souvenait des propos d’Ana concernant des photos qu’elle avait mises dans des cartons. Il se tourna à nouveau vers elle pour lui faire part de ses pensées. « Ouais, je vais aller checker, alors ! Et puis y a pas de problème, je peux descendre le carton, t’embêtes pas. » Proposait-il en haussant les épaules. Après tout, c’était ses affaires, il n’allait pas les lui faire porter.  Et puis la jeune femme l’interrogea sur le lieu où il dormira ce soir. Il soupira. « Hmm… ouais, ma tante m’a aidé à trouver une chambre, dans une maison, un peu plus loin. » Répondit Tom, pas franchement emballé. Faut dire qu’il n’est pas un grand fan de colocations, encore moins avec des personnes qu’il ne connaissait pas… mais dans des temps aussi désespérés, on ne peut pas dire qu’il pouvait faire la fine bouche. C’était déjà bien qu’il ait un toit où dormir. « Et toi alors, ton nouveau coloc… tu heu, t’entends bien avec ? » Lui demandait-il, en passant une main sur sa nuque.
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MessageSujet: Re: snap out of it    

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