Save me from myself -- Ernst

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 Save me from myself -- Ernst

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MessageSujet: Save me from myself -- Ernst    Mer 18 Jan - 19:01

Durant la journée elle a laissé s'éparpiller sa joie et son émerveillement, elle a fait envoler son rire dans l'air et les objets. Chacune de ses paroles respirait la bienveillance et l'amour, quand elle parlait aux enfants tout en elle se livrait à une patience infinie, à la douceur du jour. A l'aube elle s'était levée en imaginant que cette journée allait être la meilleure, comme tous les jours, car ses pensées demeurent toujours aussi pures et ondoyantes. Elle ne pense jamais à mal, elle ne pense jamais aux démons qui sommeillent en elle, depuis si longtemps maintenant, depuis le jour où l'on a abusé d'elle, depuis le jour où son innocence à reçu sa première gifle. 
Alors elle répand cette indubitable allégresse autour d'elle, cette grâce qui lui va si bien au corps, et qui habille ses pensées et son visage de poupée. Elle ne pense jamais au mal et c'est ce qui la perd.

Elle rentre chez elle en cette fin de journée chargée de lumière et d'optimisme. Elle a fait son travail d'institutrice aux petits enfants, qui sont là pour égailler sa vie et pour lui rendre l'espoir qu'elle cherche toujours. Elle a rit, elle a joué, peut-être beaucoup trop. Parfois, elle va dans le trop, elle court dans l'excès, et alors ses pensées ne se suivent plus, elles partent haut et loin, impossible à rattraper. De manière frénétique et euphorique son corps se mouve et se laisse aller, comme si elle était possédée par quelque chose qui la dépasse. Quelque chose de grand. Mary-Sully, elle appelle ça Dieu. L'entité divine qui gouverne le monde et qui nous possède depuis le jour où nous sommes nés, jusqu'au jour où nous mourrons. Mais on ne peut pas tout remettre dans les mains de Dieu.

Elle enlève ses chaussures, dehors il fait nuit. Personne dans cette maison qu'elle partage avec Mercy et Rusty. Personne. Ses pieds prennent place sur le plancher de la maison, la solitude ce n'est pas son fort. Une vague de frisson lui vient du bout des orteils jusqu'au haut des cuisses sous sa longue jupe noire et épaisse. Elle a la gorge encore presque irritée des rires et des contes qu'elle a récité aujourd'hui, trop de joie pour une si petite personne. Et maintenant elle se retrouve seule, sa voix s'est éteinte, presque aussi subitement. Elle part dans la cuisine pour mettre la bouilloire en marche, un thé chaud lui fera du bien. Sa moue se fait morose, comme si tout à coup tout le bonheur qu'elle avait rencontré aujourd'hui était remis en question. A quoi bon ? 
Elle n'est pas aussi connectée que ça avec ses émotions, elle ne se pose pas ce genre de questions. Elle ne fait que vivre ce qui émerge en elle, et là, maintenant, elle ressent une profonde peine. Une de ces peines qui n'a pas de raison, mais qui est bien présente, ancrée, profonde, comme une plaie qui ne s'est jamais refermée.

C'est dont cela qu'elle est, telle une plaie ouverte au monde, qui s'affecte à tout, et qui s'infecte à tous les coups.

Elle remplit une grande tasse en verre et l'amène à ses lèvres, elle observe la vapeur chaude onduler, et brûle lentement sa langue et l'intérieur de sa gorge en une grande gorgée. La douleur la saisit de premières larmes, mais on ne sait de quelle douleur il s'agit. Elle lâche subitement le verre des mains, ce dernier s'éclate au sol en multiple morceaux. Comme le verre, brisée, elle s'étale au sol en pleurant, cette fois de vive voix, comme si elle venait de perdre un être cher. Elle se sent comme perdre l'intérêt de tout ce qu'il y a autour d'elle, elle pense à sa famille qu'elle a laissé en Irlande, elle n'éprouve aucun manque, aucune empathie. Qu'ils soient tous morts ou vivants, peu importe. Que tout le monde ici dans ce camp meurt tout de suite ou plus tard, qu'importe. Qu'elle meurt maintenant, qu'importe. Elle se recroqueville sur elle-même, se donne une gifle pour penser à ces choses là, comme si dans un sens profond et caché elle aurait envie de meurtre. De tuer toutes les personnes qu'elle a croisé aujourd'hui. Elle se sent folle, ne comprend pas pourquoi ces pulsions soudaines, elle qui allait si bien. Trop bien peut-être. Comme une grande redescente de montagnes russes, elle se sent vriller de l'autre côté du miroir. Elle pense à Dieu, comment peut-il laisser passer des choses comme ça ? Parfois elle pense en avoir finit avec Dieu. Mais son éducation s'est ancrée en elle comme un poids écrasant. En reniflant elle prend un bout de verre gisant au sol et l'observe attentivement, comme si elle cherchait le sens profond de tout ça : elle, la vie, Dieu, le camp, l'épidémie, cette chose qui la dépossède d'elle-même à des moments où elle ne s'y attend pas. Elle s'imagine qu'une force céleste souhaite peut-être lui faire passer un message. Il y a bien un sens à tout ça, non ? Pitié, faites qu'il y est un sens à tout ça ! Se dit-elle sûrement. 

Alors avec intensité et détermination elle se relève et sort de la maison en se dirigeant vers la chapelle. Pieds nus elle pénètre dans le lieu en faisant grincer le plancher. Il fait froid et noir, la lumière de la lune éclaire la salle de par les rayons traversant les fenêtres.  Aussitôt elle s'agenouille sur l'estrade, joint ses mains pour prier, le long bout de verre entre elles, semblant à une épée précieuse. Elle marmonne de longues phrase rapidement, un débit de paroles effrénées s'envolent de ses lèvres, comme une séance d'incantation récitée avec avidité. Les yeux fermés et plissés elle se crispe de plus en plus sur le bout de verre qui lui coupe petit à petit les paumes de ses mains. Sa voix se fait de plus en plus forte, elle pleure, suffoque.

« Dieu ! Pourquoi m'as-tu abandonné ?! Pourquoi suis-je ici ?! Tu m'as promis tant de choses ! »

La colère l'envahit, elle se sent trahie, humiliée. Son corps n'est plus à elle, cela fait bien longtemps qu'elle n'arrive plus à le contrôler, et il a été bien des fois mutilé et salit par le monde. Elle se redresse et dévaste ce qui se trouve sur son chemin, en jetant sèchement les livres, bougies et diverses objets posés sur les bancs et les tables. Furie elle laisse sortir de sa gorge un cris rauque et animal, son visage caché de moitié par sa longue chevelure en pagaille, elle donne de grands coups, récitant frénétiquement les paroles bibliques.


« La lumière de la lampe chez toi ne brillera jamais plus...
La voix du jeune époux et de l’épousée chez toi ne s’entendra jamais plus...
Car tes marchands étaient les princes de la terre, et tes sortilèges ont fourvoyé tous les peuples...  
Et c’est en elle que l’on a vu le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui furent égorgés sur la terre... »

En ces derniers mots elle s'effondre au sol, la main ensanglantée et le front en sueur comme prise d'une violente fièvre. Il se passe quelque chose en elle, dans son corps, lorsqu'elle la mélancolie lui monte à la gorge. C'est physique. Ses hallucinations prennent le pas sur toute notion de réalité, sa conscience s'évapore, dans une porosité entre le réel et l'imaginaire, le dedans et le dehors. Elle sent en elle le désir de s'assassiner, et en même temps elle se rassure elle-même en se balançant doucement, s'enlaçant elle-même. Elle prend ses mains à sa bouche dans un mouvement anxieux, tâchant son visage d'un rouge luisant. Le goût du sang ne la perturbe pas, puis elle tourne la tête, et aperçoit une ombre au pas de la porte de la chapelle. Apeurée, honteuse et en proie à sa colère elle reprend le morceau de verre et le tend devant elle, menaçante. A mesure que la personne s'approche elle reconnaît Ernst. Son doux, merveilleux Ernst. Mais elle n'est pas dans un état normal, et elle renie totalement ce qu'il représente pour elle.

« Ne t'approches pas. »


Dernière édition par Mary-Sully O'Keeffe le Jeu 23 Fév - 19:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Save me from myself -- Ernst    Ven 10 Fév - 0:53

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La nuit est tombée. A côté de lui, Margot s’est endormie. Ernst contemple son visage qui lui parait si paisible. Elle a l’air si légère, tout semble plus facile. Il aperçoit le léger sourire qui se dessine sur ses lèvres et se surprend à en faire de même. Il s’approche, l’embrasse sur le front, puis caresse du bout des doigts sa joue en se demandant à quoi est ce qu’elle peut bien rêver. Il l’envie tellement à cet instant, de pouvoir s’échapper si loin, tellement loin qu’on pourrait croire qu’elle ne reviendra jamais. Doucement, il quitte les draps pour s’installer vers la fenêtre. Comme à chaque fois qu’il ne parvient pas à trouver le sommeil, il part à la recherche d’une distraction. Il observe le monde à travers la vitre, fixe le quartier vide en s’imaginant mille et unes scènes qui se sont produites quelques heures plus tôt. Ses idées grouillent, ses pensées se bousculent dans sa tête. Ca tourne et ça tourne, si vite qu’il entendrait presque les rouages de son cerveau. Et soudain, une silhouette perdue apparait sur son champ de vision. Pieds nus, elle marche à vive allure, déterminée, le regard droit. Ernst fronce des sourcils, plisse des yeux pour tenter de reconnaitre cette femme qui ne lui semble pas inconnue mais ne parvient pas à la distinguer dans la pénombre. Ernst se tourne machinalement vers Margot, qui n’a pas bougé d’un cil, puis revient vers la femme, subitement disparue à l’autre bout de la rue. Piqué par la curiosité, Ernst s’habille de son jean et de sa chemise, attrape sa veste et part à sa poursuite. Hors de question de laisser une femme en détresse seule, son instinct lui hurle de la suivre et de l’aider à retrouver son chemin. Qui sait ce qui pourrait se passer s’il décidait de ne pas y aller ? Elle pourrait commettre l’irréparable. Ernst ne s’en remettrait jamais. Pas s’il savait qu’il aurait peut-être pu changer les choses. La froideur de l’extérieur le frappe en plein visage et le fait frissonner mais ne l’arrête pas dans sa course. Il accélère le pas quand il réalise qu’il n’a aucune idée d’où est-ce qu’elle peut bien se trouver. Il sait comme le temps est précieux dans ces instants, comme une seule seconde peut faire la différence. Dans la nuit noire, Ernst tourne en rond, se demande si c’est toujours une bonne idée de courir sans savoir où aller. Un soupir de lassitude s’échappe de ses lèvres, quand il entend un cri qui lui glace le sang. Son cœur rate un battement, puis reprend à une vitesse folle. L’homme se retourne. La chapelle lui fait face. Avec mille et une précautions, il se dirige vers l’entrée, subitement angoissé par l’image lui pète à la gueule. Il appréhende, Ernst, de voir quelque chose qui pourrait le hanter et plus encore. La porte est entre-ouverte, il s’y faufile, puis ne bouge plus. Mary-Sully termine ce qui semble être une prière dans une brutalité qui ne lui est pas familière, puis s’effondre sur le sol. Elle n’est plus elle-même, elle a complètement perdu pieds, et ça inquiète Ernst. L’incompréhension se lit dans ses yeux, son visage se décompose. Il ne comprend pas ce qui se passe en elle, son comportement est si curieux…, si inattendu. Pourtant, Mary, il la connait. Il a appris à l’apprécier, à sourire à ses yeux brillants, à s’attacher à son innocence. Y’a quelques heures, elle était si heureuse, si facile à vivre…, si facile à aimer. Que lui est-il arrivé ? Qu’est-ce qu’il a raté ? Il a peur, Ernst. Il a peur qu’elle fasse quelque chose qu’elle pourrait regretter, alors il fait un pas en avant, mais s’arrête bien vite, figé par l’image qu’elle lui offre. Elle a remarqué sa présence, s’est retournée vers lui. Ernst manque de jurer quand ses yeux font face au sang qui maquille son visage. Pas de doute là-dessus, c’est bien du sang. Du vrai sang. Son propre sang. Surprise, elle a repris son bout de verre et l’a pointé vers lui. « C’est moi, Ernst, » qu’il lance en levant les deux mains vers elle, lui montrant qu’il n’est pas dangereux pour elle. Sa voix n’est pas très assurée alors il se racle la gorge en essayant de reprendre contenance. « Je peux m’approcher ?  » Il demande sa permission avant de faire un nouveau pas. Il ne veut surtout pas l’effrayer. « Je ne te ferai aucun mal, Mary. »  ajoute-t-il, sans savoir si ses mots auront vraiment l’effet escompté. Il réalise comme il s’était trompé sur son compte, comme il pensait la connaitre. Il la savait fragile mais n’avait pas conscience qu’elle avait tant besoin d’aide. Il s’en veut, il aurait dû faire plus attention. C’est son rôle de faire attention aux autres, de prendre soin de ceux qui en ont besoin. Si seulement il avait su...
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MessageSujet: Re: Save me from myself -- Ernst    Jeu 23 Fév - 20:24

« Car tes marchands étaient les princes de la terre... »

Comme désenchantée, son visage caché par sa longue chevelure brune, ne portait plus aucune lumière. Son souffle chaud s'échappait de ses lèvres frémissantes, faisant trembler ses crins. Elle récitait, récitait encore...

« Et tes sortilèges ont fourvoyé tous les peuples... Oh seigneur.. »

Recroquevillée à même le sol elle observe l'homme devant elle, dans l'obscurité tout semble flou, derrière l'étoffe de ses mèches brunes elle enferme son regard dans le sien. L'arme coupante pointée vers lui, elle ne semble plus être elle-même, elle n'est plus cette femme au sourire lumineux qui chante des contines et rit à gorge déployée, elle n'est plus celle qui apporte la tasse de thé encore chaude le matin, elle n'est plus. Un état dans lequel elle ne reconnaît plus personne, un état dans lequel où les limites n'existent plus, où le monde perd de sa contenance. Elle se sent partir, comme mourante, inexistante, sa présence n'est plus que fantomatique. Rien ne lui apparaît plus comme précieux ni réel. Elle observe le visage d'Ernst, silencieuse, mais elle ne le voit pas, lui, tel qu'il est. Tout ce qu'il représente pour elle est endormi. Il ne reste que ces voix dans sa tête qui récitent et récitent encore des prières.

Les premiers sons de la voix du jeune homme retentirent dans la chapelle comme un son céleste qui la fit sortir de sa torpeur. Un son chaud, connu, familier. Dans l'obscurité tout ce qu'elle voit c'est la silhouette de l'homme percée par quelques rayons de lune à travers les fenêtres. « C'est moi, Ersnt. » Elle frémit soudainement, ses yeux prennent enfin vie, à la fois consciente et endormie elle entend ses paroles sans arriver à les comprendre, comme entre le rêve et le réel. Rien n'est encore délimité. Il lui parle à nouveau, il s'approche, et il lui parle encore. Elle ressent une douceur dans sa voix, une chaleur qui se veut rassurante.  Son bras tremble tandis que le bout de verre est toujours tendu vers lui, position défensive, elle halète, car sa voix la pénètre, parmi toute celles qu'elle entend. Des voix qui parlent à Dieu, des voix qui menacent, des voix qui ont peur, des voix qui hurlent. Celle d'Ernst vient se perdre dans ses incertitudes. Elle gémit, secoue la tête vivement en criant.

« Tais-toi tais-toi tais-toi ! »

Sans changer de position son arme elle ferme les yeux en plissant les paupières, cherchant à faire disparaître ses pensées persécutrices. Elle crie tais-toi à ces voix incessantes, elle crie tais-toi à cette force divine qu'elle croit la punir, elle se crie tais-toi à elle-même, elle crie tais-toi à Ernst comme pour lui supplier de ne pas mettre plus de désordre en elle.

« Oui tu vas me faire du mal... Ils me font tous du mal... Tous du mal... Pourquoi tu serais différent... »

Arrive t-elle à dire tandis qu'elle tente de reprendre ses esprits. Des images lui viennent comme des flashs foudroyants, des séquences éclatées d'hommes qui se sont emparé d'elle, qui ont pénétré son corps et son âme. Tout ces instants de vie où elle n'a jamais réussi à se défendre, ces schémas de soumission qui font d'elle ce qu'elle est aujourd'hui. Morcelée, fragile. Elle n'a toujours connu que le pire. Elle garde un lourd passé qui l'attaque chaque jour et qui abrase toutes les parties saines de son esprit. Elle relève alors à nouveau les yeux vers lui, le regard plein de férocité.

« Fais-moi du mal et j'te tranche. Avec.. Avec ça.. Pourquoi tu serais différent hein ! Pourquoi tu veux m'aider ?! »

Son bras tremblait de plus en plus, sa force commençait à s'estomper à mesure que la peur et le désespoir l'envahissait. Elle tenait fermement son arme, qui depuis le début faisait ruisseler du sang sur sa peau, l'adrénaline ne lui faisait pas ressentir la douleur.
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